Domemo Stonehenge : Le jeu qui vous fait lire dans les têtes
🪨 Tuiles mystérieuses et déduction futée : Domemo Stonehenge cartonne en 10 min ! Notre test complet d’un jeu aussi joli que mal traduit.
Domemo Stonehenge

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
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L’essentiel en 3 points :
- Un jeu de déduction où l’on devine ses propres tuiles grâce à celles visibles chez les autres
- Parties ultra-rapides (10 min), règles simples, accessible à tous dès qu’on sait lire des chiffres
- Très bon jeu malheureusement desservi par une traduction catastrophique des règles
« Sept ! » lance Marie avec assurance. Raté. Elle vient de prouver qu’elle n’a pas le 7, information précieuse pour ses adversaires.
Deviner les nombres cachés en les déduisant de ceux qui sont visibles : voilà un grand classique des jeux rapides, décliné sous différentes variations et mises en œuvre. Dans le cas de Domemo Stonehenge, il s’agit de deviner les tuiles placées devant soi en fonction de celles disposées devant les adversaires. Et oui, Domemo Stonehenge est la réédition de Figure it! (ou Code Mine, ou Décode, ou Domemo, un jeu sorti il y a… 50 ans en 1975).
Le jeu est composé de 28 tuiles numérotées, avec autant de tuiles que le nombre inscrit dessus (une tuile 1, deux tuiles 2… jusqu’à sept tuiles 7). Les tuiles sont mélangées face cachée au centre de la table, et chaque joueur en prend un certain nombre selon le nombre de participants. Les tuiles restantes sont alors mises de côté sans être retournées, ou retournées au milieu de la table (là aussi, selon le nombre de participants). Il y a toutefois toujours des tuiles cachées, quelle que soit la configuration (à peu près autant que le nombre de tuiles de chaque joueur).
Chacun dispose alors ses tuiles devant lui, de façon à montrer les chiffres aux autres tout en les gardant invisibles pour soi-même. Un premier joueur est désigné, et la partie commence. À son tour, le joueur actif tente de deviner un des nombres présents sur ses tuiles et annonce un chiffre. Si ce chiffre figure sur l’une de ses tuiles, son adversaire de gauche retire cette tuile et la place au milieu, face visible. Une seule tuile est retournée, même s’il y en a plusieurs portant le même chiffre. Le tour passe alors au joueur suivant.
La partie prend fin quand un joueur n’a plus de tuiles : il remporte alors la partie.
Le matériel
Le matériel de Domemo Stonehenge est simple : une boîte en carton et des tuiles en bois peintes en gris. Pas de superflu dans la boîte, ni au niveau du design d’ailleurs. On trouve quelques dessins sur les tuiles pour évoquer l’aspect caillou, mais c’est assez limité.
Le livret de règles en anglais est à la limite de l’incompréhensible. La traduction est particulièrement mauvaise, les termes sont mélangés et les phrases n’ont aucun sens. C’est assez étonnant pour un jeu développé à l’origine par un anglophone, et plutôt perturbant. Fort heureusement, les règles sont très simples (à part pour le mode hard), ce qui limite la gêne occasionnée.
Attention, la boîte nécessite un rangement précis. Jeter les tuiles en vrac ne suffira pas : il faudra faire un peu de Tetris pour pouvoir la fermer.

Le mécanisme
Domemo Stonehenge utilise un principe simple et bien connu : c’est ce qu’on appelle un jeu à connaissance imparfaite, aussi appelé jeu de déduction. Mais il ne s’agit pas de faire des propositions au hasard : il faudra faire preuve d’une certaine capacité d’analyse et réfléchir aux possibilités restantes en fonction des données disponibles. Ces données ne se limitent pas à ce qui est visible ; elles incluent également les propositions des autres joueurs.
Le nombre limité de dominos et la connaissance de la quantité de dominos de chaque sorte permettent de « lire » les annonces des adversaires et d’en déduire certaines de ses propres tuiles — ou plutôt celles qui ne sont pas devant nous. Cela fonctionne à condition que les autres joueurs ne proposent pas de chiffre impossible, involontairement ou non.
Domemo Stonehenge, verdict
Domemo Stonehenge est un jeu tout public. Il ne nécessite rien d’autre que la lecture des chiffres et un peu de mémoire. Il pourra se jouer avec tout le monde, d’autant plus qu’il est rapide à expliquer comme à jouer : une partie ne dépasse pas les 10 minutes.
À noter qu’il existe une variante « hard » du jeu : le joueur actif peut proposer plusieurs chiffres à son tour. Il gagne si tous sont présents, et perd si l’un est faux. Cette version rend le jeu plus complexe et sans doute un peu plus intéressant pour les joueurs aguerris. Mais aussi plus difficile à comprendre, surtout à cause de la traduction du livret de règles, qui n’a aucun sens. Il a été plus simple d’utiliser une traduction automatique du coréen vers le français pour comprendre les règles…
On a aimé :
- Le matériel sobre mais élégant (tuiles en bois façon menhir chic)
- La durée de partie parfaite pour un apéro ou un trou de 10 minutes
- La mécanique de déduction accessible mais qui fait quand même chauffer les neurones
- L’accessibilité totale : si vous savez compter jusqu’à 7, vous savez jouer
On a moins aimé :
- La traduction anglaise qui semble avoir été faite par un cromlechh sous acide
- Le rangement façon Tetris obligatoire (non, on ne peut pas juste balancer les tuiles)
- Le mode « hard » inexplicable sans recourir à Google Translate depuis le coréen
C’est plutôt pour vous si…
- Vous aimez les jeux où il faut déduire plutôt que deviner au hasard
- Vous cherchez un jeu rapide qui ne prend pas la tête à expliquer
- Vous êtes fan de Hanabi, Codenames ou autres jeux à information cachée
- Vous avez toujours rêvé d’avoir Stonehenge sur votre table (en plus compact)
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous avez besoin d’un livret de règles compréhensible pour dormir tranquille
- Les jeux abstraits vous laissent de marbre (comme les menhirs, d’ailleurs)
- Vous préférez les parties de 2h avec 47 extensions et un insert sur mesure
- Ranger des tuiles de façon précise vous donne des sueurs froides
Domemo Stonehenge : un monument de déduction… à condition de faire abstraction de sa traduction préhistorique. Un bon jeu de déduction, rapide, simple et joli, mais pénalisé par une traduction catastrophique.
Très bon !
- Date de sortie : 2025
- Langue : Coréen, anglais (plus ou moins)
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 4 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : D. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Alex Randolph
- Illustrations : Wanjing Gill
- Édition : Playte
- Nombre de joueurs et joueuses : 2 – 5
- Âge conseillé : dès 8 ans et +
- Durée : 10 minutes
- Thème : Dolmens
- Mécaniques principales : Devinettes et déductions. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici
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4 Comments
Ange
Bonjour, est-il bon à deux ? je n’arrive à m’en faire une idée ?
Gus
Hello Ange ! Alors oui, il tourne très bien à deux, mais l’ambiance change radicalement.
C’est moins « l’éclate » qu’à 3 ou 4 joueurs : ça devient un duel très tactique, froid et calculateur. Comme on laisse des tuiles cachées au milieu, il y a une vraie part de bluff et de prise de risque.
Si tu cherches un petit « brise-neurones » rapide pour l’apéro, c’est validé ! Juste un conseil : la règle française de cette édition est mal traduite, n’hésite pas à vérifier la VO si tu as un doute sur la mise en place.
Mr_Pooorc
Est-ce mieux que the lost code? qui me semble très similaire
Gus
Bien vu ! C’est vrai que le moteur est le même (on voit le jeu des autres, pas le sien, en mode Hanabi), mais ils ne jouent pas du tout dans la même cour.
C’est un peu comme comparer un espresso et un… grand café gourmand 😅🤔:
Domemo (Stonehenge), c’est du pur jeu d’apéro : 10 minutes, du bluff et du fun immédiat.
The Lost Code, c’est du « lourd » : une heure de jeu, des feuilles de notes et de la déduction qui fait fumer le cerveau.
Donc non, pas forcément « mieux », mais très différent. Perso, je dirais ça : si vous cherchez à vous marrer rapidement entre deux gros jeux, Domemo est imbattable. Si vous voulez plutôt un vrai casse-tête logique, il vous faut plutôt The Lost Code !
PS : notre critique complète de The Lost Code ici : https://gusandco.net/2023/06/28/the-lost-code-jeu-critique/