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Jeux de plateau

6 prédictions pour les jeux de société en 2026

🔮 Trop de jeux, trop chers ? Nos prédictions des 6 tendances de 2026. Du « slow gaming » à la domination de Gamefound, tout va changer !


Nos prédictions 2026 : La fin de l’abondance, le début de l’excellence ?

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L’essentiel en 3 points :

  • Gamefound détrône Kickstarter : Le financement participatif devient « premium » et sécurisé, délaissant les projets hasardeux.
  • Moins mais mieux : Entre hausse des prix et virage écolo, l’industrie freine la surproduction.
  • Le solo est roi : Face au manque de temps, les jeux « snackables » et les modes solo robustes deviennent la norme absolue.

C’est une industrie qui pèse des milliards, mais qui agit parfois comme un ado en pleine crise existentielle. Bienvenue dans le jeu de société de 2026.

Alors que le monde a les yeux rivés sur les pixels de GTA VI attendus pour 2026 ou les dernières prouesses hardware de la tech, une autre révolution, plus silencieuse mais tout aussi tectonique, se joue sur nos tables de salon.

Non, le jeu de société n’est plus cette petite niche nostalgique qui résiste à l’envahisseur numérique. C’est une industrie lourde, complexe, qui affronte en ce début 2026 sa propre crise de maturité. Entre les restructurations géantes (au revoir Embracer, bonjour l’indépendance d’Asmodee), les crashs spectaculaires (l’onde de choc Mythic Games) et une conscience écologique forcée, le paysage ludique change de visage.

Nous avons analysé les rapports financiers, scruté les courbes de Gamefound et écouté les murmures des éditeurs sorti nos cartes de tarot, nos boules de cristal et lu dans le marc de café. Voici, rien que pour vous, les 6 grandes prédictions qui vont définir notre manière de jouer cette année. Spoiler : il va falloir faire de la place (et des économies).

Payer plus pour jouer propre

Soyons honnêtes, ça pique. Le temps où l’on s’offusquait d’une boîte à 80 € semble bien loin. Aujourd’hui, le ticket d’entrée pour le « vrai » jeu expert flirte avec les trois chiffres. C’est la tendance de la « luxification » : du matériel à profusion, des finitions impeccables, mais un coût qui met nos porte-monnaie en PLS.

Mais cette inflation cache une (très) bonne nouvelle : le virage écolo n’est plus une option, c’est la norme. Gigamic a ouvert la voie en bannissant le métal et le plastique superflu. En 2026, « jouer vert » devient un argument marketing aussi puissant que la mécanique elle-même. On paye le prix fort, oui, mais pour du carton sourcé, du bois certifié ou recyclé (ReWood) et des boîtes sans cellophane (vive les scellés papier !). La qualité et la durabilité deviennent les justiciers de l’inflation. Notre EcoScore (lancé il y a six ans déjà !) a peut-être accompagné le mouvement.

Le retour de la « guerre des machines ». IA et AR à table

C’est le sujet qui fâche, celui qui divise à la table. L’intelligence artificielle générative s’invite dans nos boîtes. Après les polémiques de Terraforming Mars et le tollé des visuels d’Essen, 2026 sera l’année de la régulation. Attendez-vous à voir fleurir des labels « 100% Humain » face à des éditeurs qui utiliseront l’IA pour le prototypage ou la narration procédurale.

Côté « tech bienveillante », la réalité augmentée (AR) arrête enfin d’être un gadget foireux. Avec des acteurs comme Tilt Five, voir un dragon en 3D cracher du feu sur votre plateau devient réalité. L’hybridation continue : on joue sur du carton, mais l’appli gère le maître du jeu. Le jeu de société 2.0 cherche son équilibre entre déconnexion tactile et immersion numérique.

Le crépuscule de Kickstarter, l’aube de Gamefound

C’est le grand schisme du financement. Kickstarter, le grand-père du crowdfunding, est en train de se faire manger tout cru par le jeune loup aux dents longues : Gamefound. On vous en parlait pas plus tard qu’hier.

Les chiffres ne mentent pas. Avec une plateforme conçue par des joueurs pour des joueurs (gestion des pledges, TVA, end-game, shipping), Gamefound a raflé les plus gros poissons, CMON en tête, ou même en s’associant à Hasbro. En 2026, le modèle change : fini le « Far West » où l’on backait des rêves. Les joueurs, échaudés par les faillites et les retards, deviennent des investisseurs prudents. On veut du concret, du sûr, et souvent, on attendra la sortie boutique. Le crowdfunding n’est plus un eldorado, c’est une précommande de luxe structurée.

L’overdose et le « slow gaming »

« 5 000 sorties par an ». Rien que de l’écrire, on a le vertige. Cette frénésie de production a créé chez nous tous une « pile de la honte » (ne mentez pas, on la voit d’ici) qui menace de s’effondrer.

Mais la résistance s’organise. L’annonce choc de Ludonaute de stopper ses activités a marqué les esprits en 2025. 2026 pourrait être l’année de la décroissance ludique choisie. Moins de jeux, mais mieux édités, mieux suivis. Les éditeurs misent sur les extensions et la pérennité de leurs « Evergreens » (les classiques indémodables) plutôt que de lancer des bouteilles à la mer. Coucou Stonemaier Games et son line-up de 2026 qui ralentit les nouveautés. On respire, on joue vraiment à ce qu’on achète. Le concept ? Le « slow gaming ».

Une table ouverte à toutes et tous

C’est peut-être la plus belle victoire. Le cliché du club de jeu au fond d’une cave humide, c’est terminé. Le public s’est féminisé (presque 50% de joueuses !), et les thématiques suivent. Molly House ou Spirit Island ont prouvé qu’on peut traiter de sujets queer, historiques ou décoloniaux avec des mécaniques en béton.

L’inclusivité n’est pas un vain mot : c’est une réalité économique et sociale. Le fossé entre le jeu « familial » et le jeu « expert » se comble, créant des passerelles pour que tout le monde, du néophyte au vieux briscard, trouve sa place autour du plateau.

Solo et « snackable »

Le temps est notre ressource la plus rare. Face à Netflix, le jeu de société s’adapte. D’un côté, le format « série TV » : des jeux intenses, installés en 2 minutes, joués en 45. On veut du plaisir immédiat, sans lire 40 pages de règles. C’est le « snackable gaming ». On joue en mode « snack ».

De l’autre, l’explosion du mode solo. Ce n’est plus une variante bricolée à la va-vite sur un coin de table. En 2026, un jeu expert sans un mode solo bétonné (voire un jeu exclusivement solo) part avec un handicap majeur. Jouer seul, le soir, loin des écrans, est devenu le nouveau yoga mental des urbains.

En résumé ? La maturité

2026 ne sera pas l’année de la folie, mais celle de la raison. Une industrie plus propre, plus inclusive, plus structurée technologiquement et financièrement. Le jeu de société a perdu son innocence d’artisanat sympathique, mais il a gagné ses galons de média culturel majeur. En 2026, le jeu de société arrête de faire l’enfant et devient adulte. Espérons juste qu’il ne devienne pas un « vieux con » ennuyeux !

Et vous, vous êtes prêts pour cette nouvelle ère ?

De ces 6 prédictions pour 2026, laquelle vous semble la plus pertinente ?

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2 Comments

  • patrikcarpentier

    Payer plus cher pour du banal carton +/- recyclé, et devoir oublier certaines belles boîtes en métal repoussé, franchement, ça ne me convient guère 🙁

    5000 jeux par an ? Trop, c’est trop. Même du temps des 2000 par an. On ne sait plus où donner de la tête. De plus, un bon jeu n’a pas le temps de faire son trou, il est chassé par des centaines de nouveautés qui poussent derrière son dos, sans oublier les éditeurs qui ne réimpriment plus ou qui ressortent un ancien jeu déguisé en nouveau, avec qq détails en plus ou en moins et souvent un prix à la hausse.
    Donc je suis pour une réduction du nombre de jeux et un écrémage naturel avant publication. La quantité, non ; la qualité, oui.

    La gestion du temps est un faux pb. Perso, je n’ai plus de télé depuis des décennies, je ne m’en porte pas plus mal. De plus, je regarde très peu de films sur ordi. Résultat, J’ai plein de temps devant moi, que j’essaye d’utiliser judicieusement.

    Si la maturité est à ce prix (inclusive, faussement écolo, moins artisanale), je préfère rester un gamin 😀

  • Fred de Gus&Co

    Une normalisation de l’effort écologique ? Un label « 100% human made » ? Du crowdfunding (enfin) bien cadré ? Un coup de frein à l’emballement (démentiel) du nombre de sorties annuelles ? Une inclusivité accrue, au sens large ? Des jeux plus simples et courts sans sacrifier la profondeur ? Evidemment que je souscris à tout ça ! Si seulement ça pouvait se concrétiser…

À vous de jouer ! Participez à la discussion

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