Emblèmes : Le jeu où trahir sa famille est enfin autorisé
👑 Emblèmes : le petit jeu d’enfoirés qui vous fera comploter en famille. Simple, malin et vicieux. On vous dit tout sur ce Game of Thrones de poche !
Emblèmes : royauté et coups fourrés

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
L’essentiel en 3 points :
- Un jeu de cartes simple mais stratégique où l’on place ses personnages dans différents lieux pour gagner des pièces d’or, avec des pouvoirs qui permettent de saboter ses adversaires
- Des trahisons à la pelle dans une atmosphère bon enfant, idéal pour jouer sans se fâcher (ou presque)
- Très bon jeu d’ambiance qui souffre d’une ressemblance avec Oriflamme, mais qui mérite sa place dans toute ludothèque aimant les coups bas élégants
Il existe deux types de joueurs : ceux qui trahissent, et ceux qui n’ont pas encore joué à Emblèmes.
Le roi est mort… vive le roi ! Enfin, presque… Car il n’a pas de descendant, et pour accéder au trône, la bataille fait rage. Intrigues, manœuvres, coups de Trafalgar : tout est bon pour damer le pion aux autres familles prétendantes et placer la couronne entre les mains de votre propre dynastie.
Il va falloir positionner judicieusement les membres de votre clan dans les principaux quartiers de la cité afin d’étendre votre influence, asseoir votre suprématie, et ainsi faire en sorte que votre emblème devienne aux yeux de tous celui du souverain ou de la souveraine incontestée du royaume !
I am the king of the woooorld!
Emblèmes est un gentil jeu d’enfoirés qui est passé dans mon radar il y a quelque temps déjà, et auquel j’avais très envie de jouer. Vous connaissez, depuis Regicide et son grand frère Regicide Legacy, mon attrait pour les jeux sur le thème de la noblesse et de l’aristocratie (on va finir par me surnommer le Stéphane Bern du jeu de société si ça continue)… Alors quand l’opportunité s’est présentée de rédiger une petite critique à son sujet pour Gus&Co, j’étais plus que ravi.
C’est donc avec un certain enthousiasme que, dès réception de l’exemplaire de test, j’ai déchiré le blister pour goûter ce nouvel opus de chez Savana Games, à qui l’on doit notamment Traîtres à Bord !. Qu’est-ce qu’on en pense ? Suivez-moi dans les rues pavées de la citadelle pour le découvrir…
Ouvrons le coffre royal

Ce qui frappe au premier coup d’œil, c’est une certaine élégance dans l’écrin cartonné qui abrite le jeu. Bien sûr, tout cela reste très subjectif, mais la petite boîte affiche une esthétique sobre et classe, avec un univers graphique évoquant la bande dessinée ou l’anime, dans la veine de Lady Oscar ou The Witcher : Le Cauchemar du Loup. La patte artistique de Janice Perreux crée d’emblée une ambiance de fourberie historique qui ne se prend pas trop au sérieux, à la manière d’un Game of Thrones accessible aux enfants (ce qui n’est absolument pas péjoratif).
À l’intérieur de la boîte, le soin apporté au matériel est perceptible : outre les 75 cartes de personnages (15 par emblème) illustrées avec la même signature légère mais raffinée, on trouve un jeton « épée » premier joueur en bois laqué, une centaine de jetons « pièces d’or » en carton épais de bonne facture, et 9 cartes lieu recto-verso. Tout cela est fort bien agencé dans un insert solide illustré aux couleurs de nos 5 lignées, ce qui donne une impression de qualité sans fioritures excessives. Bref, c’est un sans-faute au niveau de l’objet « jeu » lui-même. Plus de swag qu’une boîte de chocolats « Mon Chéri » au pied du sapin à Noël.
Le livret de règles de 8 pages, très bien illustré et agrémenté d’exemples, n’est pas en reste. Il permet de comprendre très rapidement les règles, par ailleurs fort simples, et le petit QR code pointant vers une vidéo explicative (comme c’est de plus en plus fréquent) ne fait qu’ajouter à l’ergonomie de l’ensemble. On ne peut donc que tirer notre révérence devant le travail accompli.
Le jeu des trônes

Mais alors, Emblèmes, ça se joue comment ? Eh bien, gentes dames et gentils damoiseaux, oyez céans ce qui suit.
Chaque joueur reçoit, en début de partie, le paquet de 15 cartes de sa noble famille. Ces quinze cartes sont identiques pour tous et représentent les personnages qui la composent. Chacun d’eux dispose d’une valeur (de 1 à 15) et d’un pouvoir spécifique qui peut être soit instantané (symbole éclair), soit différé en fin de manche (symbole sablier).
On dispose également sur la table, à la vue de tous, les 3 lieux (château, village, port) que vont se disputer les joueurs pour tenter d’asseoir leur domination (des versions alternatives de ces lieux existent, permettant de varier les parties).
Enfin, chaque joueur reçoit 3 pièces d’or pour toute richesse de départ (aristo, ça eût payé, mais ça ne paye plus), et mélange son paquet avant de piocher 6 cartes qui composeront sa main pour le tour.
La partie se joue en 3 manches, chacune comportant 3 ou 4 tours de jeu selon le nombre de joueurs.
Lors de chaque tour, chaque joueur choisit secrètement une carte de sa main qu’il souhaite jouer et la pose face cachée devant lui. Puis, en commençant par le premier joueur et dans le sens horaire, chacun révèle sa carte à tour de rôle et la place dans le lieu de son choix (c’est-à-dire à droite de celui-ci). Une fois le tout achevé, le jeton marqueur premier joueur passe au voisin de gauche.

À noter que les cartes doivent TOUJOURS être disposées dans l’ordre décroissant : par exemple, si vous posez un 6 (marchand) dans le port et qu’il y a déjà un 11 (voleuse) et un 2 (matelot) présents, votre carte vient s’intercaler entre les deux dans la file.
Cette règle est importante pour deux raisons : d’abord, cela peut influer sur les effets de certaines cartes qui agissent sur les cartes adjacentes ; ensuite, cela conditionne le nombre de pièces d’or que vous recevrez en récompense à la fin de la manche…

En effet, seules les 3 (ou 4, selon le nombre de joueurs) premières cartes de la file se verront rétribuées à la fin de la manche ! Et pour corser le tout, selon les lieux, le montant de la récompense varie, et il sera ainsi parfois plus intéressant d’être deuxième ou troisième que premier…
C’est donc un véritable jeu de trônes… enfin, de chaises musicales qui s’installe au fil des tours. Une fois la manche achevée, quand tout le monde a reçu son gain, les personnages rétribués sont défaussés, mais les autres restent en place et remontent dans la file pour la manche suivante… Votre 1 (chasseur) en queue de peloton peut ainsi se retrouver en tête (certes, sans doute pas pour longtemps) !
Chaque joueur pioche pour compléter sa main à 6 cartes, et c’est reparti pour un tour !
Lorsque la 3e manche s’achève, on compte ses sous pour déterminer qui est le plus riche : cette personne est désignée vainqueur (et roi ou reine), et peut se la raconter en obligeant les autres à baiser ses chausses et à l’appeler « Majesté » (ça, ce n’est pas dans les règles, c’est moi qui le rajoute).
Petits meurtres entre aristos

Emblèmes est vraiment un jeu fluide et simple, mais qui ne manque pas d’une certaine profondeur. On peut être assez désarçonné lors des premières parties, lorsqu’on découvre ou ne connaît pas bien les pouvoirs des différents personnages, ce qui peut engendrer un sentiment frustrant de confusion et d’absence de contrôle.
Toutefois, plus les parties s’enchaînent, plus on perçoit l’intérêt de jouer certaines cartes à des moments précis, et ce en fonction de sa place dans le tour de jeu. Il faut essayer de garder en tête ce qui a été joué par ses adversaires (et donc ne reviendra pas) et tenter de tirer son épingle du jeu en saisissant les opportunités qui se présentent, tout en prêtant attention au tempo du tour.
Bref, s’il y a du chaos (il faut le reconnaître), tout n’est pas si hasardeux et aléatoire qu’on peut le croire de prime abord. Il peut être très rageant de se faire couper l’herbe sous le pied par un coup bas de son adversaire, mais c’est aussi ce qui fait le sel du jeu : on a vraiment le sentiment de comploter, et d’être soit la victime d’une attaque sournoise (NOOOOOOOON !), soit l’intrigant sans scrupules qui a fomenté un piège… Mouahahaha (rire sadique).
Et puis les parties sont rapides et s’enchaînent facilement, ce qui permet de tenter de prendre sa revanche sur cet enfoiré ou cette enfoirée qui vous a injustement volé la victoire… On se trahit, mais dans la bonne humeur, et c’est ce qui rend aussi le jeu léger, agréable et familial, sans sombrer dans un simplisme barbant pour les joueurs plus aguerris.
Le reproche principal que l’on pourrait faire à Emblèmes, toutefois, est sa forte ressemblance avec ses cousins que sont Courtisans (chez Catch Up Games) et surtout Oriflamme (chez Studio H). Ce n’est que mon avis, mais si je le trouve sans peine meilleur que le premier, il est aussi moins abouti que le second… Il a cependant tout à fait sa place dans le paysage ludique (et votre ludothèque éventuellement), car il apporte, je trouve, un certain équilibre entre les deux.
Emblèmes, verdict

Alors, Emblèmes, c’est bien ?
Oui, plutôt pas mal. Pas mal du tout, même !
Au-delà de ses forts beaux atours (même s’il n’y a pas que le physique dans la vie, ça compte), on est face à un petit jeu malin, bien conçu, intuitif dans ses règles, rapide à mettre en place et à jouer. Simple mais pas simpliste néanmoins, car il offre des phases de jeu tendues, où vous allez vous triturer les méninges à chaque tour pour décider de la carte que vous allez jouer… Un peu en mode Machiavel parano : « si je pose ça et qu’il met ça, je mettrai ça le tour d’après, mais s’il ne le fait pas, est-ce qu’il ne vaut pas mieux que je fasse plutôt ça ? »…
Bref, des dilemmes, des coups d’éclat et des trahisons, dans une ambiance assez légère qui ne risque pas de vous fâcher avec vos amis ou votre famille (et ça, c’est plutôt bien, je suis pour la paix des ménages). Tout au plus ragera-t-on parfois du petit coup de surin gratuit de son voisin (« mais… mais… pourquoi tu me fais ça à moi ? »), qui ne prête pas à conséquence tant que ça puisqu’on pourra prendre sa revanche très vite (« Non, je ne t’en veux pas… Tiens, prends ça dans les dents, quand même… »). Mais on n’est pas dans Intrigue non plus, et vous pouvez jouer avec votre conjoint ou votre petit dernier sans risque de devoir coucher sur le canapé ou de gérer des chouineries parce que vous êtes soi-disant « méchant » (tout de suite, les grands mots, pfff…).
Alors oui, il y a un peu de chaos quand même, donc les adeptes du contrôle seront peut-être frustrés. Et tout cela n’est pas sans rappeler furieusement ce petit bijou qu’est Oriflamme. Mais franchement, il possède aussi, comme on l’a vu plus haut, ses spécificités de gameplay et ses qualités propres, et rien que pour ça, il vaut le coup d’être essayé. Il n’est peut-être pas le roi, mais un dauphin ou un prince consort…
On aime
- Des règles simples pour un jeu qui n’est pas dénué de complexité (mais que même mamie comprendra)
- Des parties qui s’enchaînent vite (« allez, on en refait une et cette fois je vous latte, bande de bâtards ! »)
- Une esthétique et un matériel soignés (« vous reprendrez bien un peu de brioche, ma mie ? »)
On aime moins
- Une impression de chaos omniprésent (même s’il est possible de le tempérer à force d’y jouer)
- Une ressemblance trop marquée avec d’autres jeux (mais la consanguinité et la noblesse, c’est dans le thème ?)
- Le petit picotement du couteau de son voisin entre les omoplates (« Tu quoque mi fili ?! Argh… »)
C’est fait pour vous si…
- Vous avez toujours rêvé de figurer dans un numéro de Secrets d’Histoire
- Vous aimez les jeux familiaux, grand public, mais oh, pas chiants quand même
- Vous trouvez que poignarder son voisin avec le sourire, c’est classe
Ce n’est pas fait pour vous si…
- Vous êtes un obsédé du contrôle qui ne supporte pas le moindre grain de sable qu’un pauvre gueux pourrait apporter dans votre stratégie parfaite de domination totale du monde
- Après Oriflamme et Courtisans, vous en avez soupé des dorures et de la crinoline
- Vous avez honte et vous sentez déjà mal quand vous prenez la dernière part du gâteau à table

Emblèmes n’est peut-être pas le roi des jeux de bluff, mais c’est définitivement le prince charmant qui vous poignardera avec élégance. 🗡️👑
Très bon !
- Date de sortie : 17 octobre 2025
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 4 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 4 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : B. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Adrien Bonnard & Romaric Galonnier
- Illustrations : Janice Perreux
- Édition : Savana Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 3 à 5
- Âge conseillé : Dès 10 ans
- Durée : 20 minutes
- Thème : Médiéval
- Mécaniques principales : Bluff, cartes, placement. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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