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Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Le(s) Renard(s) des Bois : Douceur rencontre malice

🦊 Le Renard des Bois : 2 jeux de plis pour couples rusés ! Coopératif ou duel ? Notre avis sur ces pépites d’Origames.


Le(s) Renard(s) des Bois : Jeux de plis malins pour joueurs et joueuses rusées

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur les deux jeux. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur des jeux. Nous avons acquis et testé les deux jeux de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale des jeux, basée sur notre propre expérience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • Deux jeux de plis pour 2 dans une ambiance conte de fées, avec des illustrations sublimes et des mécaniques innovantes.
  • Le premier propose un duel tactique où la cupidité est punie, le second un coop à communication limitée diablement difficile.
  • Réédition en boîte métal compacte, idéale pour voyager, à prix modique (environ 12€).

Pendant que tout le monde s’extasie sur le dernier Kickstarter à 250 figurines, deux petits renards rusés se glissent discrètement dans les rayons avec leurs 30 cartes et une promesse simple : la poésie peut battre la testostérone.

Que diriez-vous d’un peu de douceur dans votre ludothèque ? Si vous en avez assez des jeux ameritrash aux thématiques belliqueuses, si vous en avez soupé des kubenbois à la gestion de ressources sérieuse, nous avons peut-être ce qu’il vous faut… Deux petits opus ludiques au pelage roux tout doux, qui pointent à nouveau leurs museaux rusés à l’orée du bois en cet automne 2025.

Il était deux fois…

Le Renard des Bois et sa version Duo sont deux jeux de plis dans une ambiance de contes de fées. Ne fuyez pas tout de suite si vous n’êtes pas fan du genre, car ces goupils pourraient bien vous surprendre ! Ils ont en effet des atouts (au sens propre comme au figuré) à faire valoir, et nous allons vous en parler. Bien qu’un seul des deux porte le terme « duo » dans son titre, ils sont tous deux des jeux pour deux joueurs exclusivement, à partir de 10 ans, avec des parties d’environ 30 minutes. Il s’agit de la réédition par Origames de créations sorties respectivement en 2018 et 2020.

J’entends le loup, le renard et la belette (mais version métal)

La nouveauté de ces rééditions tient dans le choix d’un format plus compact, avec une boîte en métal rendant son transport (en voyage par exemple) bien plus aisé. C’est un choix qui n’est pas sans rappeler celui opéré pour des petits jeux comme L’Auberge des Pirates ou Zombie Life (du même éditeur). Si le résultat est du plus bel effet et leur assurera une protection optimale dans votre valise, on peut regretter l’utilisation de ce matériau dont on a déjà constaté qu’il n’était pas idéal d’un point de vue environnemental.

À l’intérieur de la boîte, une trentaine de cartes, des jetons en carton épais et des cartes supplémentaires d’aide de jeu. Sobre, élégant comme le petit canidé flamboyant. La version Duo se distingue par l’ajout d’un petit plateau de jeu « forêt » sur lequel évoluera le jeton d’équipe.

Les illustrations de Jennifer L. Meyer et Roanna Peroz sont de toute beauté. Si la première a œuvré dans les livres jeunesse, la seconde a quant à elle plutôt prêté son talent à l’univers du jeu vidéo avec League of Legends et Runeterra par exemple. L’une comme l’autre ont réussi à imprimer aux visuels des deux jeux d’Origames une simplicité et une poésie qui forcent l’admiration. On est tout simplement touché par tant de délicatesse dans les traits, au point qu’on se surprend à admirer les cartes qu’on a en main pendant que son adversaire/partenaire joue (hé, c’est à toi !). Il y a fort à parier que, comme nous, vous irez même de votre coup de cœur pour élire votre illustration préférée entre deux parties.

Pour finir, les règles sont concises, claires et bien rédigées, qui plus est agrémentées de petits textes d’ambiance ci et là. Cela confère cette atmosphère voulue comme féerique jusque dans un livret d’explications qui, sans cela, aurait l’air peut-être aussi déplumé qu’une dinde un soir de Thanksgiving.

Dès l’ouverture de la boîte donc, on sent que ces renards des bois entendent se singulariser des jeux de plis habituels en essayant d’y apposer leur empreinte (de pas) !

On n’est point des voleurs de poules, messires…

Mais il n’y a pas que dans les choix artistiques que les deux jeux entendent se singulariser ! En effet, ils tentent d’apposer leur propre patte (!) particulière dans l’univers des jeux de plis.

Dans Le Renard des Bois…

On sera sur un duel presque classique, où chaque joueur va tenter de remporter des plis (comme à la belote ou au tarot). Sauf qu’il existe trois « couleurs » uniquement, à savoir les clés, les cloches et les lunes, numérotées de 1 à 11.

Au début de chaque manche, chaque joueur reçoit 13 cartes, et les 7 restantes constituent une pioche. On retourne la première carte de celle-ci qui est considérée comme le « décret » (couleur d’atout). Le joueur qui ouvre ensuite le pli pose une carte de sa main, et l’adversaire doit suivre avec une carte du même symbole s’il le peut (il n’est toutefois pas obligé de surenchérir sur la valeur).

S’il ne peut pas suivre, il peut jouer n’importe quelle carte de sa main. Le vainqueur du pli est le joueur qui joue la plus forte carte d’atout, ou à défaut, de la couleur d’ouverture (entame), et il ouvrira le pli suivant. Mais il y a des particularités par rapport à un jeu de plis classique !

La première, c’est que les cartes impaires sont dotées de pouvoirs :

  • Le 1 (cygne), tel un blanc sacrifice, permet d’ouvrir au prochain tour, même si vous avez perdu le pli.
  • Le 3 (renard) permet de ruser, et changer le symbole d’atout.
  • Le 5 (bûcheron), avec sa hache, élague une des cartes de sa main en la substituant avec une carte de la pioche.
  • Le 7 (trésor) est un gain précieux qui alloue un point de plus dans le pli.
  • Le 9 (sorcière) s’impose magiquement comme couleur d’atout s’il est le seul dans le pli.
  • Le 11 (monarque) contraint royalement l’adversaire à poser sa plus forte carte de la même couleur.

La manche s’arrête quand toutes les cartes ont été jouées, pour un total de 13 plis donc.

La deuxième particularité réside dans le calcul des points de la manche, qui n’est pas simplement égal au nombre de plis remportés. En effet, ils sont fonction d’un petit tableau qui récompensera la tempérance et punira la cupidité…

Ainsi, si remporter 7 à 9 plis donnera le jackpot de 6 points, être trop gourmand et en remporter 10 à 13 vous en donnera… 0. De même, l’humilité est une stratégie, car remporter 0 à 3 plis seulement rapporte le fameux maximum des 6 points. Comme dans les contes de fées, les méchants avides perdent à la fin (enfer et damnation, je me vengerai !), alors que les gentils parcimonieux vivront heureux (et auront beaucoup d’enfants… enfin, de points plutôt ici).

On enchaîne les manches jusqu’à ce qu’un joueur totalise au moins 21 points, auquel cas ce dernier remporte la partie. On peut moduler la durée des parties en fixant la barre à 16 points (partie courte) ou 35 points (partie longue). Sachant qu’on vous rappelle que ce n’est pas la taille qui compte.

« J’ai été attaqué par des renards tout à l’heure… »

Dans Le Renard des Bois Duo…

On reprend les mécaniques de son aîné, mais cette fois-ci il s’agira de coopérer, et non plus de s’affronter. Votre adversaire devient donc votre partenaire, à la vie à la mort bro, afin d’accomplir un objectif commun, à savoir ramasser des gemmes parsemées sur un sentier dans la forêt. Bon, pourquoi ça plus que des boulons ou des pneus, je ne sais pas. Ne commencez pas à chercher la logique, bon sang, c’est un conte de fées je vous rappelle. Là encore, 3 « couleurs » uniquement, qui cette fois-ci sont les roses, les colombes et les étoiles, numérotées de 1 à 10 seulement.

Le plateau de jeu figurant la forêt est placé entre les joueurs, et les 12 jetons rubis sont répartis comme indiqué le long du chemin central. Le jeton d’équipe est placé au centre, et on distribue 11 cartes à chaque joueur. Les 8 cartes restantes constituent la pioche, et on révèle la première pour déterminer l’atout, comme d’habitude.

Les règles de plis restent identiques, sauf que cette fois le vainqueur du pli devra déplacer vers lui le jeton d’équipe d’un nombre de cases égal au nombre de petites traces de papattes (c’est-y pas mimi ?) figurant à côté des chiffres sur les deux cartes remportées ! S’il s’arrête sur un rubis, bingo, c’est cadeau, il peut le retirer du sentier. Le but étant de les enlever tous (hein, quoi, tous ?!) avant que trois manches soient achevées maximum. Ce qui est plus facile à dire qu’à faire.

Heureusement, là aussi les cartes impaires ont des pouvoirs :

  • Le 1 (musicien), tel le joueur de flûte de Hamelin, permet au vainqueur de choisir le sens de déplacement du jeton équipe.
  • Le 3 (renards) autorise un joueur rusé à échanger la carte d’atout avec une carte de sa main.
  • Le 5 (gazelle), agile, permet d’ignorer une des cartes porteuses de petites pattes du pli.
  • Le 7 (cadeau) permet d’échanger une carte de sa main avec son partenaire.
  • Le 9 (prince ou princesse) autorise avec mansuétude votre coéquipier à jouer la carte qu’il souhaite (vous êtes trop bon votre seigneurie).

Toute la difficulté va consister à faire des va-et-vient, façon tir à la corde, avec le jeton d’équipe afin de collecter tous les rubis, sans provoquer un mouvement qui l’amènerait en dehors du plateau… car si d’aventure cela devait arriver, on se perdrait dans la forêt tel ce boulet de Petit Poucet !

Pattes pas de trouille

Heureusement, les premiers égarements ne sont pas éliminatoires, et l’on peut repositionner alors le jeton équipe au milieu du plateau. Toutefois, cela aura une contrepartie (ce n’est pas encore Noël non plus), à savoir le raccourcissement du chemin. On rajoutera un jeton forêt à l’extrémité du côté où l’on s’est égaré ! La ou les éventuelles gemmes s’y trouvant sont rapatriées sur la case adjacente. Il n’y a que 4 jetons forêts, et s’ils sont tous utilisés, les petits renards se perdent pour toujours (snif), et la partie est perdue.

Une manche s’arrête quand toutes les cartes ont été jouées, pour un total de 11 plis donc. Là où ça se corse, c’est que pour la manche suivante, on rajoute une gemme sur les emplacements du sentier avec un petit symbole « + » dessus (!), et on raccourcit également le sentier avec un jeton forêt, pour peu qu’on en ait encore. Il y a un petit côté rétrécissement de la map qui n’est pas sans rappeler les battle royale à la Fortnite.

Vider enfin le plateau de ses pierres précieuses est d’autant plus difficile que la communication est limitée : interdit de se parler du contenu de sa main, ni de se donner des indices par des sous-entendus quelconques ! Et croyez-moi, ce n’est pas du gâteau… En plus, comme si ce n’était déjà pas assez compliqué comme ça, il y a une face B au plateau qui complique encore le défi (pour les masochistes hardcore… le martinet n’est pas fourni).

Contes de fées et tous comptes faits

Ces deux renards sont tous deux des jeux de plis fort plaisants (diantre, que me prend-il de jaser soudain ainsi ?). S’ils ont un fonctionnement similaire, ils ont chacun leur personnalité propre, ce qui en fait au final deux jeux différents. Si le premier s’avère un jeu d’opposition esthétique et malin mais qui reste somme toute classique, le second est (en plus d’être joli et futé) un coopératif à communication limitée qui vous promet de belles séances d’arrachage de cheveux (roux)…

En effet, il est plus facile de se cantonner à remporter des plis de façon habituelle (même s’il faudra se garder d’être trop gourmand) que de vaincre le casse-tête que représente la version duo ! Mais c’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce genre de jeux, le côté « die & retry » qui ne rend la victoire que plus belle (avec pas mal de risque de « ragequit » avant quand même, p*** de renards de m***).

Le(s) Renard(s) des Bois, verdict

Alors, ces deux Renards des Bois, c’est bien ?

Oui. Un grand oui.

Je ne saurais que trop vous les conseiller si vous ne les connaissez pas, à l’occasion de leur réédition dans ces écrins métalliques (personnellement je préfère le charme suranné des boîtes en carton, mais bon) ! Déjà parce qu’ils sont d’excellents jeux pour deux, que ce soit avec votre dulcinée ou votre belle-mère, et qu’en plus ils portent en eux une douceur, une légèreté poétique qui est bien agréable dans cette époque de conflits internationaux et de crise économique et écologique…

Pour finir, si Le Renard des Bois se jouera plus volontiers tranquille avec une tisane au coin du feu, la version Duo, plus « challengeante », sera à réserver davantage à ceux plus aguerris qui n’ont pas peur de se frotter à la difficulté en équipe (au risque de se fâcher avec votre partenaire parce qu’il/elle n’a rien compris à vos signaux et qu’il/elle joue comme un pied, bien sûr). Et franchement, pour un prix modique, ils vous offriront de bonnes heures de divertissement/prise de tête, en fonction de la version que vous choisirez !

On aime

  • La poésie du thème et la beauté des illustrations
  • La simplicité et la sobriété du matériel
  • L’originalité des mécaniques apportées au jeu de plis

On n’aime moins

  • La boîte métal version cachou Lajaunie (bof)
  • Perdre encore et encore en coop (aargh !)
  • Rien d’autre… Ah si, les pièges à renards…

C’est fait pour vous si…

  • Vous cherchez des jeux à deux ingénieux et accessibles
  • Vous êtes particulièrement sensible à l’esthétique et la poésie dans un jeu
  • Vous vous sentez plus Goupil qu’Ysengrin

Ce n’est pas fait pour vous si…

  • Les jeux de plis tranquilles vous donnent de l’urticaire
  • Votre truc c’est les bagarres de figurines ou la gestion de cubes de ressources
  • Vous êtes un corbeau aimant le fromage, ou un fermier avec des poules

Ces renards ont réussi leur coup : transformer un simple jeu de plis en conte moderne où même les perdants vivent heureux et ont beaucoup de… parties à rejouer !

Très bon !

Note : 4 sur 5.

FAQ

Que sont Le Renard des Bois et Le Renard des Bois Duo ?
Deux jeux de plis pour 2 joueurs : le premier est un duel tactique, le second une coopération exigeante.

Quelle est la nouveauté de la réédition 2025 ?
Un format boîte métal compacte, pratique et protectrice.

À quel type de joueurs s’adressent-ils ?
À ceux qui veulent un jeu à deux poétique, esthétique et accessible, loin des gros jeux de gestion ou d’affrontement.

Comment se joue Le Renard des Bois (duel) ?
13 cartes chacun, atout déterminé par le “décret”. Objectif : viser un nombre précis de plis.

Qu’est-ce qui le rend original ?
Pouvoirs spéciaux des cartes impaires (ex. changer l’atout, forcer l’adversaire) et scoring qui récompense la mesure (0–3 ou 7–9 plis = 6 pts).

Comment fonctionne Le Renard des Bois Duo (coop) ?
Un plateau forêt, des gemmes à collecter en 3 manches. Le jeton avance selon les cartes jouées, pouvoirs adaptés à la coopération.

Pourquoi est-il réputé difficile ?
Communication interdite, risque de sortir du sentier, difficulté croissante et face B du plateau pour un défi extrême.

Quelles différences clés entre Duel et Duo ?
Duel = affrontement malin et psychologique.
Duo = casse-tête coopératif ardu et tendu.

Que penser de la direction artistique et du matériel ?
Illustrations sublimes, matériel soigné, règles claires. La boîte métal est robuste mais moins écologique que le carton.

Quelles sont les caractéristiques techniques ?
2 joueurs, dès 10 ans, parties de 30 min, prix autour de 12 €.


  • Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Joshua Bergel
  • Illustrations : Jennifer L. Meyer / Roanna Peroz
  • Édition : Origames
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2
  • Âge conseillé : Dès 10 ans
  • Durée : 20 minutes
  • Thème : Animaux, Contes de fées
  • Mécaniques principales : Cartes, plis, affrontement / coopératif. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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