Tulip et Papillons Célestes : Quel jeu butinera votre cœur ?
🌷 Spéculation tulipière ou 🦋 collection de lépidoptères ? Notre comparatif Tulip vs Papillons Célestes vous aide à choisir.
Tulip vs Papillons Célestes

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur les deux jeux. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur des jeux. Nous avons acquis et testé les deux jeux de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale des jeux, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
L’essentiel en 3 points :
- Tulip (3/5⭐) mise sur la spéculation tulipière du XVIIe siècle avec du chaos et jusqu’à 6 joueurs
- Papillons Célestes (3,5/5⭐) privilégie le contrôle stratégique en duel avec un draft tendu
- Les deux jeux coûtent moins de 12€ et durent environ 15-20 minutes
Entre le sable dans les cartes et la limonade renversée sur la table, jouer en été relève du défi – sauf si vous avez les bons jeux sous la main. Est-ce que le cas de Tulip et Papillons Célestes ?
C’est l’été, et quoi de mieux quand on est en vacances au bord de la mer (ou à la montagne, pour ceux qui préfèrent) que de s’adonner à un petit jeu avant d’aller se baigner ou partir en balade ? Ceux qui ont répondu apéro et barbecue, vous sortez… Enfin non d’ailleurs, ce n’est pas incompatible, loin de là. Et même si vous ne partez pas ou que vous êtes déjà rentrés, nous avons ce qu’il vous faut pour apporter un peu de couleurs estivales à votre quotidien. Voici un petit match entre Tulip et Papillons Célestes. Qui l’emportera ? Lequel vous conviendra le mieux ? Petite critique croisée !
(NB : photos prises par moi-même)
Faites entrer les challengers !
À ma gauche, accusant 84 cartes sur la balance, le petit nouveau, fleuron des Pays-Bas, j’ai nommé Tulip ! À ma droite, le vétéran aux ailes chatoyantes, 36 cartes et toutes ses dents, Papillons Célestes !
Ah, qu’est-ce qu’on est (pas) serrés, au fond de cette boîte
Tulip or not Tulip

Tulip est un jeu composé de 84 cartes et d’une petite règle de 4 pages. Difficile de faire plus sobre ! Si la boîte est colorée et fort joliment illustrée par Tony Rochon, on peut regretter que l’ensemble flotte un peu comme des bulbes perdus dans une caisse trop grande… Un petit insert en carton pour maintenir le tout, à minima, eût été bienvenu. Rien de bien grave toutefois, un élastique palliera aisément ce petit défaut. L’esthétisme simple et soigné des fleurs dessinées avec grâce fait un peu oublier ce tracas. Les cartes sont fines mais de bonne qualité, et la règle brille par sa concision et sa clarté.
Papillons de lumière

Papillons Célestes, quant à lui, a la bonne idée de penser à ce petit insert bien pratique. Même s’il est modeste, il fera le job de maintenir les cartes en place (surtout si la boîte est bringuebalée dans la valise à l’aéroport par les mains délicates, et qu’on sait attentionnées, du service bagagerie). Les 5 petits papillons blancs en carton rigide ont également leur petit logement attitré. Les 36 cartes superbement illustrées par Dejana Louise Watson (artiste tatoueuse de métier) sont en carton épais. C’est tout à fait satisfaisant au toucher et à la manipulation. Pour finir, la règle, sous la forme d’une feuille A4 pliée en 8, est parfaitement claire et synthétique. Agrémentée d’une petite légende japonaise, elle ajoute une touche de poésie qui, si elle est plaquée sur la mécanique du jeu, donne un peu de contexte à celui-ci.

Verdict : avantage à Papillons Célestes.
Sur les champs abandonnés, papillons et herbacées
Si les deux jeux vous proposent de constituer des collections (de fleurs pour l’un et d’insectes pour l’autre), les mécaniques employées diffèrent et impactent bien évidemment le gameplay.

Elles sont belles mes tulipes, elles sont belles !
Dans Tulip, vous êtes des marchands hollandais du XVIIe siècle dans le business de la tulipe (eh oui c’est réel, je vous jure, on y reviendra). Vous partirez au début de la partie avec 1 à 3 cartes dans votre boutique selon le nombre de joueurs, ainsi qu’une main de 4 cartes. À votre tour, vous devrez poser devant vous dans votre « jardin » l’une d’elles avant de repiocher une carte afin de compléter celle-ci. Les cartes sont de deux types, soit des cartes « tulipes » qui sont autant de fleurs qui viendront garnir votre collection (et votre score), soit des cartes « action » qui auront un effet immédiat sur la partie.

Money money money
Lorsque vous posez une carte tulipe, cela influe immédiatement sur le cours de cette dernière, selon la loi de l’offre et de la demande. En effet, plus il y a de tulipes d’une couleur, moins celles-ci auront de valeur. Concrètement, on fera baisser un curseur au milieu de la table, qui commence à 5 florins et se termine à… zéro. Seules les tulipes noires (au nombre de 6 seulement) sont exemptes de cette loi du marché, valant invariablement 3 florins.
Attention, si la valeur d’une tulipe atteint 0, un « krach » se produit : toutes les tulipes de cette couleur sont défaussées chez tous les joueurs !
Heureusement, les affaires reprendront dès qu’un joueur reposera une tulipe de cette couleur, refaisant passer sa valeur au maximum… jusqu’à la prochaine fois.
Les cartes « action » sont de trois types différents, et rapportent 1 point chacune en fin de partie, en plus de produire un effet chafouin :
- faire monter ou baisser le cours d’une couleur de tulipe d’un cran
- échanger une carte tulipe entre les jardins de deux joueurs (soi-même compris)
- voler une carte au hasard dans la main d’un adversaire et la jouer immédiatement
Crac boum hue
La partie se termine immédiatement lorsque le 4e « krach » se produit, lorsqu’une 4e tulipe noire est mise en jeu, ou lorsque la dernière carte de la pioche est prise. On pose alors sur la table toutes ses cartes en main, sans déclencher leurs effets (variation des cours et « action »). Puis on compte les points.
Les tours sont fluides et s’enchaînent rapidement, les règles sont simples à expliquer et à suivre. L’idée d’une mécanique essayant de mimer la loi de l’offre et de la demande, un peu comme dans l’excellent Jaipur ou même Souk, est particulièrement agréable. Il y a toujours une tension au moment de jouer une carte tulipe, sachant qu’on augmentera peut-être son score final, mais qu’on fait aussi potentiellement s’approcher celle-ci d’une dévaluation qui nous fera tout perdre…
Il faut donc trouver l’équilibre entre appât du gain et vision à long terme, et ça, c’est plutôt malin. Toutefois, si les cartes « action » amènent une interaction dynamique autour de la table, le hasard et un certain chaos règnent. On a l’impression parfois de ne pas maîtriser grand-chose, ce qui peut s’avérer frustrant pour les aficionados du contrôle. Heureusement les parties ne sont pas longues, et on aura vite fait d’en refaire une pour tenter de prendre sa revanche.

On me voit. On me voit plus. On me voit. On me voit plus.
Si Papillons Célestes ne s’embarrasse guère d’immersion (à part la petite légende mentionnée plus haut), il brille à contrario par une mécanique de jeu d’une simplicité et d’une efficacité désarmantes.
Au début de la partie, chaque petit lépidoptère (vous aurez appris un mot au moins, comme moi) est positionné selon un schéma déterminé au hasard par une carte « disposition » piochée aléatoirement. Cela assure une certaine nouveauté à chaque manche, une diversité dans les parties et une rejouabilité à long terme, ce qui est assez sympa.

Comme dans un 7 Wonders Duel, à son tour, la collecte d’une carte fait l’objet d’un draft soumis à la condition que celle-ci ne soit recouverte par aucune autre. Jusque-là, rien de bien original, mais comme les papillons sont des insectes complexes, certains exposent leurs ailes colorées aux yeux de tous de manière exhibitionniste, et d’autres plus pudiques, préfèrent demeurer cachés, et ne se dévoileront précisément que lorsqu’aucun autre ne les masque. Cela induit une tension supplémentaire dans le choix, car prendre la carte qui vous arrange peut offrir à votre adversaire la révélation d’une opportunité inespérée (chouette, mon 4e Monarque!).
Touche pas au grisbi
Heureusement, un papillon spécial (le Grand Bolina) et présent en un seul exemplaire permet de tempérer un peu ces fâcheux contretemps. En possession du joueur qui ne commence pas au début de la partie, s’il ne rapporte aucun point, il peut par contre venir se placer à la place de la carte que vous venez de prendre, bloquant l’accès à celle(s) qu’il recouvre… et obligeant votre adversaire à le prendre à son tour (ou attendre que vous le fassiez) pour avoir accès à la carte convoitée. Malin. De plus, en cas d’égalité, il donnera la victoire au joueur qui le détient. Fourbe. Mais jouissif.

Attrapez-les tous
Les tours s’enchaînent ainsi jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de papillons disponibles, à ce moment-là on compte les points de la manche. Ces derniers sont fonction de la qualité de votre collection : 3 points pour une paire de Quatre-vingt-huit (ils existent vraiment!), 4 points pour un trio de Morphos bleus, etc. Chaque scoring est indiqué sur les cartes, ce qui est fort pratique. Le joueur au total le plus élevé remporte un marqueur papillon blanc, et le premier à en collecter trois remporte la partie.
Les scores sont en général assez serrés, les parties sont rapides, tendues et à rebondissements, avec une main sur ce qui se passe un peu plus importante, même si une part de hasard demeure.
Verdict : avantage à Papillons Célestes.
Verdict final : victoire aux points de…
Au moment de se prononcer enfin, difficile de départager véritablement Tulip et Papillons Célestes, même si vous l’aurez compris tout au long de cette critique, ma préférence va tout de même au second. Là où le plaisir s’est fait quelque peu attendre avec Tulip (les premiers tours sont un peu déconcertants, le temps que les cours de la tulipe fluctuent, on s’ennuie un peu, et on a le sentiment de ne pas pouvoir planifier grand-chose), il a été immédiat avec Papillons Célestes. Toutefois, rappelons quand même qu’ils ne jouent pas tout à fait dans la même catégorie, malgré leurs similitudes (jeux courts de collection, à partir de 8 ans, pour moins de 12€). En effet, Papillons Célestes est certes bon, mais il est limité à 2 joueurs, là où Tulip vous permettra d’aller jusqu’à 6.
De plus, il a l’avantage d’être fabriqué en France, ce qui à l’époque actuelle où tout vient de Chine, est un bel effort à louer (notons tout de même que son adversaire est fabriqué dans l’UE – Pologne – cependant). Enfin, il relate de manière ludique un pan méconnu de l’histoire, la tulipomanie (tulpenmanie en néerlandais) : il y eut au XVIIe siècle aux Pays-Bas un engouement tel autour du commerce de la fleur que les marchands se mirent à spéculer tant et si bien qu’un simple bulbe finit par atteindre en valeur 15 années de salaire d’un artisan.
En 1637, un « krach » se produisit. Ce fut l’éclatement de la première « bulle spéculative » économique, entraînant une décote de 95 à 99 % et la faillite de nombreux commerçants. Quel dommage qu’il ne soit fait aucune mention de cet intéressant épisode, ne serait-ce que par un petit encart, dans les règles ou sur la boîte du jeu…
« Le seul moyen de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu’elle s’interdit ». – Oscar Wilde
Après ma semi-déception sur Bellevue, j’aurais tant aimé chavirer pour Tulip, moi qui aime tant Amsterdam. Quoi qu’il en soit, il reste un jeu agréable, mais pas exempt de défauts certes. Et si vous en avez les moyens (et l’envie), je ne peux que vous conseiller d’acquérir les deux… Ne serait-ce que parce qu’ils vont très bien ensemble… Et il faut bien que ces jolis papillons butinent quelques belles fleurs !
On a aimé :
- Des parties rapides parfaites entre deux baignades (ou deux saucisses)
- Le prix mini qui ne ruinera pas vos vacances
- L’originalité thématique (qui savait que les tulipes avaient fait crasher une économie ?)
On a moins aimé :
- Le chaos de Tulip qui peut frustrer les stratèges en herbe
- Papillons Célestes limité à 2 joueurs (désolé belle-maman, vous regarderez)
- L’absence d’insert dans Tulip (les élastiques, c’est has-been)
C’est plutôt pour vous si…
- Vous cherchez un jeu rapide à sortir entre la poire et le fromage
- Vous aimez les jeux où on peut blâmer la chance plutôt que sa stratégie foireuse
- Votre budget jeux est parti dans le rosé de l’été
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous voulez un jeu épique de 3 heures avec 150 figs
- Vous détestez qu’on touche à vos cartes (les vols dans Tulip, ça pique)
- Vous êtes allergique aux fleurs ET aux insectes (là c’est compliqué)
Vous préférez spéculer sur des bulbes ? Ou collectionner des bestioles ailées ? Tulip et Papillons Célestes prouvent qu’on peut s’amuser pour le prix d’un cocktail en terrasse – et ça dure plus longtemps !
Notes finales :
Tulip
Sympathique.
Papillons Célestes
Pas mal !
Tulip
- Date de sortie : avril 2025
- Langue : Française
- Assemblé en : France
- ITHEM : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : A. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Oui. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Quentin Lammerant
- Illustrations : Tony Rochon
- Édition : Les Tontons Joueurs
- Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 5
- Âge conseillé : Dès 8 ans
- Durée : 15 minutes
- Thème : Economie et nature
- Mécaniques principales : Cartes, collection, gestion de main. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
Papillons Célestes
- Date de sortie : Juin 2022
- Langue : Française
- Assemblé en : Pologne
- ITHEM : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : A. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Oui. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Joël Lewis
- Illustrations : Dejana Louise Watson
- Édition : Lucky Duck Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 2
- Âge conseillé : Dès 8 ans
- Durée : 20 minutes
- Thème : Insectes, Papillons
- Mécaniques principales : Cartes, collection, draft. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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