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Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Krach 29 : La bourse s’effondre, et c’est votre faute !

📉 Krach 29 : Vendez, trichez, survivez ! Dans le chaos de Wall Street avec notre test complet. Un jeu pas pour les Bisounours !


Krach 29

Krach 29

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

En bref :

  • Un jeu de négociation brutal où l’on incarne des traders pendant le krach de 1929
  • Mécaniques simples mais chaotiques : échangez, trichez, vendez avant les autres
  • Note de 3/5 : fun mais déséquilibré, avec une rejouabilité limitée

Imaginez un jeu où tricher est encouragé, où trahir ses amis est stratégique, et où le gagnant est celui qui perd le moins. Vous venez de découvrir Krach 29.

Jeudi 24 octobre 1929, New York. La bourse perd 11 % à l’ouverture, et ce n’est que le début. Tout le monde veut vendre, mais personne ou presque ne veut acheter… Après une perte de 20 % à midi, les cinq plus grandes banques se réunissent et décident d’acheter pour relancer le marché, ce qui limitera les pertes à 2 % à la clôture. Mais cela ne suffira pas à rassurer les investisseurs et les cours continueront à descendre jusqu’en 1932. C’est le début de la Grande Dépression, qui reste jusqu’à maintenant la plus grande crise économique de l’histoire.

Krach 29 se propose de nous faire vivre cette journée (et les suivantes), en incarnant des investisseurs et investisseuses qui cherchent à réduire leurs pertes au minimum.

Krach 29 se joue avec trois tableaux de cours, chacun présentant quatre sociétés, 66 cartes Action (comme les actions d’une société, pas une action de jeu), 8 cartes Trader (pour les joueurs et joueuses), 8 cartes Offre de vente, 9 cartes Bénéfice, 9 cartes Préjudice et 12 jetons Contrat (un par société). Le recto des cartes Actions est divisé en deux, chaque moitié portant un sigle de société, et les cartes Offre de vente portent des valeurs (X2, X3, vide, 2, 1) et des numéros.

Les tableaux de cours sont placés de manière à être vus par tout le monde, et on place autant de cartes Offre de vente que de joueurs et joueuses autour de la table, en ligne, en allant de la plus petite carte à la plus grande (par numéro, pas par valeur). On tire deux cartes Action au hasard, la première faisant chuter la valeur des deux sociétés à -5, la deuxième à -2. Les deux cartes sont replacées avec les autres cartes Action et placées au milieu de la table. Chaque joueur et joueuse choisit un jeton de société qu’il ou elle place devant lui ou elle.

La partie se déroule en quatre manches, qui se décomposent en cinq phases :

  1. Distribution. Chaque joueur et joueuse reçoit cinq à huit cartes (selon la phase en cours). Elles sont distribuées face cachée et les joueurs et joueuses ne peuvent pas les consulter avant le début de la phase suivante.
  2. Échange. Lors de cette phase, les joueurs et joueuses vont chercher à échanger le plus rapidement possible leurs cartes, afin d’en avoir le plus possible de la même société. Les échanges se font toujours au taux d’une carte contre une carte, mais il n’est pas obligatoire d’être honnête…
  3. Vente. Quand un joueur ou une joueuse est satisfait(e) de sa main, il ou elle peut vendre les parts d’une société (au minimum deux), en plaçant les cartes correspondantes sur la plus haute carte Offre de vente disponible. Si son jeton est de la même couleur que les actions vendues, il ou elle peut l’ajouter aux cartes. Un joueur ou une joueuse ayant fait une vente ne peut plus participer aux échanges, et garde les cartes non vendues en main. Quand tout le monde a conclu une vente, la phase s’achève. Le joueur ou la joueuse ayant conclu la première vente prend une carte Bénéfice (qui lui apportera un bonus) et celui ou celle qui a conclu la dernière vente pioche une carte Préjudice.
  4. Décote. Pour chaque vente, on fait baisser le cours de l’action du nombre de cartes (modulo les valeurs de la carte Offre de vente). Cette baisse est reportée sur les tableaux de cours. Si une action atteint -30, la partie se termine sur une défaite pour tout le monde.
  5. Perte. Pour chaque action dans sa main, plus son jeton, chaque joueur et joueuse perd autant de points que la valeur en bourse de l’action.

Fin de partie

Au bout de quatre manches, si aucune action n’a atteint -30, le joueur ou la joueuse avec le score le plus petit remporte la partie.

Le matériel

Krach 29 n’est pas un jeu avec beaucoup de matériel, mais celui-ci est plutôt de bonne qualité. Les tableaux de cotation sont portés par des supports en bois, et les cartes et jetons sont réussis. Il n’y a pas beaucoup de détails dans les illustrations, mais ce n’est pas nécessaire, en tout cas pas pour ce jeu.

Le livret est complet, et même étonnamment long pour un jeu relativement simple, mais il contient aussi un peu de contexte historique sur la crise de 29, ainsi que des citations d’acteurs de cette époque, qui pourraient être hilarantes si toute l’histoire et ses conséquences n’étaient pas si tragiques…

Krach 29, verdict

Le mécanisme de Krach 29 est brouillon, comme la bourse. C’est donc plutôt un bon point, puisqu’on est ici en accord avec le thème. La phase d’échange est le cœur du jeu, c’est la partie la plus importante. Il faudra la jouer en mode requin de la finance, à couteaux tirés. Et en trichant, si possible. C’est comme ça que le jeu prendra tout son sel, et que le fun sera le plus élevé. Krach 29 n’est pas un jeu pour les Bisounours, c’est un jeu où il faut vouloir gagner, quitte à en laisser quelques-uns au bord de la route. Comme la bourse, quoi !

Il faudra quand même faire attention à deux choses. Ne pas tricher éhontément, car le risque de se couper des autres est réel, et l’échange est nécessaire à la victoire. On gagne seul mais pas sans les autres. Attention aussi à la limite des -30, le risque existe de faire perdre tout le monde en cherchant à minimiser ses pertes. C’est un point à conserver en mémoire et à surveiller.

Krach 29 présente au moins un défaut, c’est un certain manque d’équilibre. Le risque est fort qu’il y ait des valeurs qui ne descendent pas, en particulier s’il n’y a pas beaucoup de joueurs et joueuses. Ces sociétés deviendront alors des valeurs refuges, qui ne coûtent rien à garder. C’est tout bénéfice pour les joueurs et joueuses, mais cela pénalise le jeu, à mon avis.

Globalement, Krach 29 tourne bien, la mécanique est huilée et les tours s’enchaînent facilement. Mais la rejouabilité me semble limitée, pas forcément parce qu’on a fait le tour du jeu, mais plutôt par manque d’envie.

On a aimé :

L’ambiance « requin de la finance » où tricher fait partie du jeu, comme si Gordon Gekko avait designé un jeu de société après trois whiskys.

On a moins aimé :

Le déséquilibre qui crée des valeurs refuges – un peu comme avoir des actions Apple en 1929, ça casse l’immersion.

C’est plutôt pour vous si…

Vous trouvez que le Monopoly manque cruellement de trahisons et que vos soirées jeux ont besoin d’un peu plus de cris de désespoir.

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

Vous préférez les jeux où tout le monde gagne à la fin et où on se fait des câlins en comptant les points.

Krach 29 : le seul jeu où finir ruiné mais moins que les autres vous fait sentir comme le loup de Wall Street… version low-cost.

Un jeu qui tourne bien, mais sans effet Waouh !

Note : 3 sur 5.

  • Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Charlec, Christian Rubiella
  • Illustrations : Claude Davancens
  • Édition : Débalce jeux
  • Nombre de joueurs et joueuses : 3 à 8
  • Âge conseillé : 13+
  • Durée : 25 minutes
  • Thème : Bourse
  • Mécaniques principales : Échange, rapidité. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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