Gatsby : Un jeu chic et choc
🥂 Gatsby, le nouveau duel de Cathala & Maublanc ! Un jeu à 2 tendu, où chaque coup peut mener à la victoire… ou à la ruine.
Gatsby

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
En bref :
- Un excellent jeu en duel pour 2, intense et rapide (30 min).
- Un excellent mélange de 3 mécaniques (placement, course, majorité).
- Une direction artistique sublime et un thème parfaitement intégré.
Trouver le jeu à deux parfait, celui qui est rapide mais profond, beau mais malin, est une quête sans fin. Et si on l’avait trouvé ?
Allez, hop ! On a enfilé notre plus beau smoking et robe de soirée, ajusté notre nœud pap’ et on s’est plongé à corps perdu dans les soirées fastueuses de Gatsby, la dernière pépite pour deux joueurs et joueuses signée des Lyonnais de Catch Up Games. Est-ce que la fête est à la hauteur de la promesse ? On vous raconte tout. Ca va swinguer !
Gatsby est un jeu de société compétitif pour 2 qui nous transporte dans le Long Island des années 1920, en pleine effervescence des Années folles. Il s’agit d’une adaptation libre du roman Gatsby le Magnifique de F. Scott Fitzgerald, qui nous immerge dans un tourbillon de fêtes somptueuses, d’intrigues mondaines et de rivalités sociales. Tout un programme. Chaque joueur et joueuse incarne l’un des deux ambitieux protagonistes – Dorothy Williams ou James Miller – cherchant à étendre son influence parmi la haute société afin d’attirer l’attention du mystérieux millionnaire Jay Gatsby.
Aux manettes de cette petite bombe, on retrouve un duo qui pèse lourd dans le game (oui, c’est le cas de le dire) : Bruno Cathala (7 Wonders Duel, Abyss) et Ludovic Maublanc (Cyclades, Mr. Jack). Excusez du peu. Édité par nos potes lyonnais de Catch Up Games (qui nous ont déjà régalés avec Faraway ou Château Combo), le jeu promet des parties tendues d’environ 30 minutes. Préparez-vous à un duel au couteau, accessible dès 10 ans, et qui débarque dans nos crèmeries en juin 2025.
Et on se souvient de l’adaptation du roman de 2013 avec Leo :
Un matos qui en jette, ou bien ?
Un aperçu du plateau de Gatsby, illustré par Christine Alcouffe, avec ses jetons en bois et tuiles élégamment décorées. L’esthétique art déco renforce l’immersion dans l’univers mondain des années 1920.*
Première chose qui frappe en ouvrant la boîte : c’est magnifique. Visuellement, le jeu vous plonge sans détour dans cette ambiance Art déco si caractéristique. La DA de Christine Alcouffe est une pure merveille, avec des illustrations raffinées qui évoquent le luxe des années 20, aussi bien sur la boîte que sur le plateau.
Et comme d’habitude avec Catch Up, la qualité est ir-ré-pro-cha-ble. Le matos est soigné : les jetons d’influence sont de jolis pions en bois personnalisés, les tuiles sont épaisses et le plateau central est bien solide. On a même droit à un vernis sélectif sur le plateau, le genre de petit détail qui fait toute la différence. L’ergonomie n’est pas en reste, avec des icônes claires comme de l’eau de roche et une règle du jeu parfaitement rédigée. Et cerise sur le gâteau, la boîte est compacte, parfaite pour l’embarquer en week-end ou en soirée jeux. Bref, un sans-faute qui offre un écrin superbe au jeu, tout en assurant une lisibilité parfaite.

Et dans le moteur, il y a quoi ?
Alors, comment il tourne, ce Gatsby ? Le cœur du réacteur, c’est un système de sélection d’actions tout simple mais diablement malin. Il y a un pion d’action commun que vous déplacez à tour de rôle sur une des quatre cases d’action. La seule règle ? Vous n’avez pas le droit de choisir l’action que votre adversaire vient de faire. Tout bête, mais cette contrainte vous oblige à constamment vous adapter et à anticiper. Fini les stratégies pépères où l’on répète le même coup en boucle !
Le plateau est divisé en trois zones, trois mini-jeux en un, où vous allez vous battre pour récupérer des tuiles Personnage.
- Le Cabaret : Le Tetris social. Ici, on place ses jetons pour tenter de former une ligne continue à sa couleur, reliant deux côtés opposés du cabaret. C’est un petit jeu de placement, de connexion et de blocage hyper tactique. On se croirait en train de slalomer entre les tables pour atteindre la star au fond du bar. Vicieux et jouissif ! Il y a même une tuile bonus pour celui qui occupera quatre cases spéciales, comme pour impressionner une personnalité influente.
- Le Centre financier : La course à l’étage. Une piste verticale où l’on fait grimper son pion « ascenseur » pour symboliser son ascension sociale. C’est une course pour atteindre les paliers les plus élevés et choper les tuiles Personnage qui s’y trouvent. Le truc cool, c’est qu’il y a un mécanisme de rattrapage : si vous êtes à la traîne, vous avancez de deux cases au lieu d’une. Ça maintient une tension de malade et un duel serré pour la première place.
- L’Hippodrome : La bataille des majo. Cinq pistes de course où vous placez vos jetons. Dès qu’une piste est pleine, on regarde qui a posé le plus de pions et le gagnant empoche la tuile Personnage associée. C’est un jeu de bluff, de timing et de majorité pure. Chaque placement peut vous rapprocher de la victoire ou offrir une ouverture à votre rival. Une fois la course terminée, la piste est fermée, resserrant le jeu sur les options restantes.
Le génie du truc, c’est que les actions vous permettent souvent de faire des combos dévastateurs en agissant sur deux lieux à la fois (par exemple « Cabaret + Centre financier »). Ajoutez à ça des cases bonus qui déclenchent des effets spéciaux (échanger des jetons, forcer l’action de l’autre…) et des tuiles Action Spéciale qui peuvent retourner la situation, et vous obtenez un cocktail ludique explosif !
Comment on gagne, alors ? Là aussi, c’est malin. Inspiré des meilleurs duels modernes, le jeu propose des victoires alternatives. Vous pouvez plier la partie sur-le-champ en réunissant soit 3 personnages de la même famille (couleur), soit 1 personnage de chacune des 5 familles. Ça met une pression et une tension de dingue, car il faut surveiller en permanence ce que l’autre collectionne. Si personne n’y arrive avant la fin, on compte les points de Prestige (des étoiles sur les tuiles). Ce système maintient le suspense jusqu’au bout, car un joueur à la traîne aux points peut toujours tenter un K.O. surprise.

Un cocktail littéraire dans la boîte ? Gatsby, du roman au plateau
Bon, on ne peut pas parler d’un jeu nommé Gatsby sans causer deux minutes du bouquin de F. Scott Fitzgerald. Est-ce que le thème est juste un prétexte, une jolie couche de vernis sur un jeu abstrait ? Ou est-ce que les auteurs ont réussi à capturer l’esprit du roman ?
Selon votre serviteur, la réponse est : la deuxième option, et avec brio !
L’idée de génie, c’est que vous n’incarnez PAS Gatsby. Dans le livre, Jay Gatsby est une énigme, une obsession, le soleil autour duquel tout le monde gravite. Le jeu retranscrit ça parfaitement : Gatsby n’est pas un pion sur le plateau, c’est le trophée final, l’objectif ultime de toute cette agitation mondaine. Nous, joueurs, incarnons des ambitieux qui se battent pour attirer sa lumière. C’est une transposition thématique brillante et franchement subtile.
Chaque zone du plateau fait écho à un aspect du roman :
- Le Cabaret, c’est l’incarnation des fêtes somptueuses et superficielles. On se fraie un chemin dans la foule pour être vu, on essaie de capter l’attention, on bloque les autres.
- Le Centre financier, c’est la quête effrénée du Rêve Américain, cette ascension sociale où tous les coups sont permis pour gravir les échelons de la respectabilité et de la richesse.
- L’Hippodrome, c’est le côté plus obscur de cette richesse : les paris, les affaires louches, la compétition brute pour la suprématie.
Les auteurs ont fait le choix judicieux de créer des personnages inédits (Dorothy et James) plutôt que de nous faire jouer Nick ou Daisy. Ça nous libère du carcan de l’histoire originale et nous permet de créer notre propre récit de rivalité dans ce monde décadent. Loin d’être un simple skin, le thème est brillamment infusé dans chaque mécanique. Il donne de la chair et du sens à nos actions, transformant un duel tactique en une véritable plongée dans l’ambiance électrique des Années folles. Chapeau bas.
Alors, on s’amuse ?
En un mot : oui ! Gatsby est un duel tendu, méchant, mais toujours élégant. L’interaction est omniprésente, directe et soutenue. On ne joue pas dans son coin, on passe son temps à lorgner le jeu de l’autre, à essayer de le bloquer, de lui piquer une tuile sous le nez. C’est un vrai duel au couteau.
La tension est palpable du début à la fin. On stresse, on calcule, on bluffe. Comme certaines tuiles Personnage sont face cachée, on n’est jamais sûr de ce que l’adversaire a en main. « A-t-il déjà deux personnages verts ? Tente-t-il la collection des 5 couleurs en secret ? » Ce brouillard de guerre introduit une délicieuse dimension psychologique. On se triture les méninges, et c’est ça qui est bon !
Les tours sont rapides, fluides, sans temps mort. En une grosse demi-heure, on vit une histoire complète, avec ses rebondissements, ses coups de génie et ses coups bas. Le plaisir vient de ces moments où l’on réussit un combo parfait, où l’on arrache la victoire d’un cheveu, ou quand on déclenche une fin de partie surprise. C’est intense, interactif et incroyablement prenant.
Gatsby ? On en redemande ?
Est-ce qu’on s’en lasse vite ? Non, bien au contraire ! La rejouabilité s’avère excellente. À chaque partie, 3 des 15 tuiles Personnage sont retirées au hasard. Résultat : vous ne savez jamais si une collection de 3 est possible pour chaque couleur. Au début, ça peut faire rager de viser un objectif impossible. Mais une fois qu’on a pigé le truc, ça devient un élément stratégique : il faut flairer les couleurs manquantes, bluffer, s’adapter. Ça assure que chaque partie est différente et maintient le suspense.
La courbe d’apprentissage est rapide, mais le jeu est assez profond pour qu’on ait envie d’y revenir. Alors, c’est pour qui ? Gatsby est taillé pour les amoureux de jeux à deux. Si vous kiffez les duels tendus comme 7 Wonders Duel ou Mr. Jack, foncez, vous ne serez pas déçus. C’est accessible, vite expliqué, et parfait pour jouer en couple, avec un pote ou un ado qui aime la compétition directe. Par contre, si vous êtes allergique à l’interaction frontale et aux coups fourrés, passez votre chemin. Ici, on est là pour s’affronter, avec le sourire bien sûr !
Et le portefeuille, il en pense quoi ?
Pour une vingtaine d’euros (18-20€ conseillés), Gatsby offre un rapport qualité/prix juste exceptionnel. Le matériel est superbe, le jeu est profond, la rejouabilité est énorme. Franchement, à ce tarif, c’est cadeau et moins cher que gratuit.
Gatsby, verdict
Ou : Faut-il se laisser inviter à la fête de Gatsby ?
Oui, absolument ! Bruno Cathala et Ludovic Maublanc nous livrent un duel stratégique subtil, tendu, élégant et terriblement efficace. Ce n’est peut-être pas une révolution qui va changer la face du monde ludique, mais c’est un condensé de tout ce qu’on aime : de la tension, des choix cornéliens, de l’interaction et une réalisation impeccable. Gatsby réussit le pari fou de marier une thématique forte à des mécaniques abouties et d’une fluidité exemplaire.
On a aimé :
- Ruiner les plans de l’adversaire avec un sourire narquois.
- Le sentiment de puissance quand on réussit un combo dévastateur.
- Sortir un si bel objet pour « juste » 30 minutes de haine cordiale.
On a moins aimé :
- Découvrir après 20 minutes qu’on a farmé des chèvres parce que la couleur qu’on visait n’était pas en jeu.
- La part de hasard due aux tuiles Personnage retirées en début de partie, qui peut parfois contrarier la planif.
- Devoir ranger le jeu alors qu’on voulait juste une revanche. Tout de suite.
C’est plutôt pour vous si…
- Vous pensez que l’amitié se teste vraiment sur un plateau de 50×50 cm.
- Vous aimez les jeux où « bien joué » veut souvent dire « je te déteste ».
- Vous avez un partenaire de jeu avec qui vous aimez vous prendre la tête.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Pour vous, « interaction » signifie échanger des ressources dans la joie.
- Vous êtes du genre à vous excuser quand vous bloquez quelqu’un.
- Vous cherchez un jeu pour vous réconcilier après une dispute. (Mauvaise idée. Très mauvaise idée).
Au final, Gatsby s’impose comme un excellent jeu à deux. C’est le jeu parfait pour une soirée en tête-à-tête, un duel intense et malin servi dans un écrin somptueux. Et au final, Gatsby c’est un peu comme un bon cocktail : c’est chic, ça monte vite à la tête et ça peut finir avec quelqu’un qui pleure. Mais qu’est-ce que c’est bon !

Une très bonne pioche !
- Date de sortie : Juin 2025
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 4 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Création : Bruno Cathala, Ludovic Maublanc
- Illustrations : Christine Alcouffe
- Édition : Catch Up Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 2 uniquement
- Âge conseillé : Dès 10 ans
- Durée : 20-30 minutes
- Thème : Littérature, Années folles
- Mécaniques principales : Majorité, Collection. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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