SAS Rogue Regiment article bannière
Jeux de plateau

SAS Rogue Regiment : Quand l’infiltration devient casse-tête tactique

⚔️ SAS Rogue Regiment : entre jeu de société et wargame tactique. Notre test complet de ce jeu d’infiltration entre ombre et action.


SAS Rogue Regiment

SAS Rogue Regiment

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


En bref :

  • Un wargame d’infiltration basé sur l’histoire des SAS qui oscille entre simulation militaire et jeu de société
  • Un système de patrouilles innovant mais des règles parfois trop complexes pour un jeu grand public
  • Une réalisation matérielle décevante compensée par des mécaniques de jeu bien pensées

Quand la frontière entre jeu de société et simulation militaire devient aussi fine qu’une lame de Fairbairn Sykes…

Avec la sortie toute récente de la deuxième saison de la série TV historique britannique SAS Rogue Heroes, certains d’entre vous connaissent déjà l’histoire de cette unité d’élite de l’armée de Sa Majesté.
La découverte ludique en approche sera-t-elle à la hauteur de la légende ?

Comme habituellement pour ce type de jeu, les règles sont assez touffues. Je me contenterai donc de leur donner vie plutôt que d’en faire un état des lieux exhaustif.

C’est quoi le SAS ?

Le SAS ou Special Air Service est une unité d’élite des forces armées britanniques. Créée en 1941 pour des opérations clandestines en territoire ennemi, elle est à l’origine de la version moderne des forces spéciales que l’on peut retrouver un peu partout à travers le monde. Elle fut constituée de soldats de Sa Majesté mais aussi de troupes étrangères comme les Français ou les Grecs. Sa devise est : « Qui ose, gagne ».

Vous voulez en savoir beaucoup, beaucoup plus ? Je vous invite à vous jeter sur la série télévisée SAS Rogue Heroes saisons 1 et 2. Le créateur et scénariste de la série, Steven Knight (créateur également des excellentes séries Peaky Blinders, See ou encore Taboo), a précisé que les événements réels historiques ont dû être édulcorés pour que le public pense qu’ils étaient vrais et non pas inventés. C’est dire que l’histoire de cette unité d’élite mérite d’être connue !

Bienvenue à Hereford

La première approche du jeu est motivante et nous donne le ton avec l’illustration de la boîte : une jeep chargée de soldats dépareillés roule à travers la campagne en ripostant contre ses poursuivants : side-car, voiture et même avion de chasse de la Luftwaffe.

Par contre à l’intérieur… un gros thermoformage avec beaucoup trop de place pour une boîte de base. On sent que l’espace est prévu pour des extensions. Dommage, car le jeu est plutôt cher et je m’attendais à un peu plus que de simples pions en carton, des tuiles de cartes en carton, des plateaux personnages en carton et quelques autres éléments tout aussi en carton que le reste…

S’y ajoutent une aide de jeu et deux livrets : les règles et les scénarios.

Franchement léger !

SAS Rogue Regiment plateau

Revue des troupes

Côté personnages disponibles, ceux qu’on appelle les opérateurs, on retrouve des figures historiques comme Jock Lewes et Paddy Mayne. S’ajoutent Anders, un commando marin avec tout son matériel de plongée, et Ginger (Rouquin en français), tireur de précision à longue distance.

Chacun possède son propre équipement en plus du « classique » (voir plus bas), comme un fusil à lunette, des bouteilles d’oxygène de plongée et un harpon, des explosifs « maison » ou des pièges à loups…

Chaque fiche de personnage a également deux faces possibles pour jouer. Les deux étant des propositions différentes, cela amène asymétrie et rejouabilité.

Des pions représentant les personnages sont fournis, avec deux côtés imprimés : le premier, opérateur debout et le second avec l’opérateur accroupi. Détail à prendre en compte puisque la discrétion sera de mise. Un personnage accroupi sera dissimulé derrière un muret ou en lisière de forêt. Debout, il sera rapidement repéré s’il est dans la ligne de vue de ses ennemis.

Y’a pas à dire, c’est un métier.

Commandos en action

Le principe d’un commando : une petite troupe discrète capable de missions essentielles de l’autre côté des lignes ennemies. On est totalement dans le thème !

Selon les scénarios, vous pourrez jouer de 1 à 4 membres des SAS. Ce sont des personnages historiques de l’unité. Ils seront à même de décimer un peloton de soldats allemands et de quitter le théâtre des opérations avant que l’alarme ne retentisse. En tout cas, c’est le plan de départ de tous les scénarios.

Armés de .45, d’équipements personnels spécifiques et du poignard historique de l’unité : le Fairbairn Sykes. Vos missions seront de libérer des prisonniers importants, tuer des officiers ennemis, récupérer des documents, saboter des avions ou tout autre équipement adverse, le tout sans vous faire découvrir.

Il est clair que l’utilisation de grenades ou d’explosifs divers va mettre un sacré désordre dans les rangs allemands et déclenchera l’alarme automatiquement. À n’utiliser qu’en dernier recours !

Champs de bataille

Il sera représenté par 4 à 6 grandes tuiles illustrées parmi les 18 disponibles.

Base aérienne, village, pont, zone portuaire, il y en aura pour tous les goûts avec des cartes modulables. Petit bonus : le fond de la boîte de jeu sert de dix-neuvième terrain représentant l’intérieur d’un bunker de commandement. Petit clin d’œil aux fans de Ice Cool mais sans les pichenettes !

On organisera la carte de l’opération à venir avec ces tuiles. Dessus sont représentés des bâtiments avec des fenêtres, des haies, des murets, des arbres, des cours d’eau et autres. Tout cela aura un impact sur votre ligne de vue ainsi que celle de vos adversaires. Il y a également le tracé des sentinelles au sol et là, c’est une vraie bonne surprise !

Des sentinelles imprévisibles !

S’il y a bien un système qui est excellent dans ce jeu, c’est bien celui gérant les patrouilles sur la carte !

Elles seront disposées en début de scénario et avanceront automatiquement durant leur tour de jeu. Tout simple. Mais un deck d’événements viendra pimenter tout cela…

Vous vous serez d’abord déplacé en anticipant le mouvement de la patrouille. Mais l’événement tiré pourrait tout à fait la faire se retourner dans votre direction et elle se mettrait à hurler… alertant par la même occasion toutes les autres sentinelles proches d’elle. Et ainsi de suite dans un effet domino jusqu’à déclencher l’alarme générale.

Ce qui ne sera pas bon du tout. Mais alors pas bon du tout…

Règles d’engagement

« Discrétion » est clairement le maître mot de ce jeu.

On ne vous demande pas d’éliminer toutes les troupes ennemies présentes. Juste le minimum pour ne pas vous faire repérer.

Arriver dans le dos d’une sentinelle et la poignarder silencieusement. Récupérer son corps et le cacher dans un bosquet, ou dans une maison vide, afin d’éviter qu’une patrouille ne tombe dessus. Éviter la patrouille en question et passer dans son dos sans se faire repérer. Émerger d’une rivière discrètement et harponner un garde en train de se griller une petite cigarette… tout cela sans déclencher l’alarme bien sûr, pour que tout se passe comme prévu !

Car si l’alarme se met à rugir, le système change et cette fois vos ennemis passent en mode vigilance. Ils vous recherchent, tirent rapidement et appellent des renforts. La tâche devient alors des plus ardues, pour ne pas dire impossible ! D’autant plus que leur armement est plus lourd que le vôtre et fera forcément plus de dégâts…

Encore plus loin…

Trois toutes petites extensions sont d’ores et déjà disponibles. Elles auraient pu se trouver directement dans la boîte de base à mon humble avis. Chacune ajoute différents éléments de jeu dont un deck d’événements ainsi qu’un scénario en rapport avec ces ajouts.

Heavy Metal : découvrez les camions de transport de troupes ainsi que les auto-mitrailleuses en version blindée.

Hot Dogs : ajoute des chiens de garde, des lance-flammes et des bidons de fuel. Avec en bonus un sous-marin comme cible pour vos prochaines missions.

Jäger : cette fois les opérateurs sont dans les rangs de l’Axe ! Renversez l’idée de départ avec des commandos allemands.

Le jeu étant issu d’une campagne de financement participatif ayant connu un joli succès, une seconde campagne est déjà validée depuis quelques semaines pour une grosse extension cette fois.

Operation Gain propose de jouer une mini-campagne historique de 5 scénarios, ajoute 3 nouveaux scénarios hors campagne, de nouveaux éléments ainsi qu’une extension bonus pour jouer les Allemands !

SAS Rogue Regiment, verdict

Beaucoup de choses me motivaient à tester ce jeu, tout particulièrement la première saison de la série télévisée que j’avais adorée !

Je n’ai pas accroché à l’ensemble du jeu. Là où je pensais avoir affaire à un jeu de société, j’ai trouvé un wargame. La différence peut sembler minime mais pour moi elle est essentielle.

On est sans cesse en train de vérifier les distances avec la réglette du jeu : pour les visées, les lignes de vue, les bruits d’armes à feu… Le livret regorge de petites règles. Pas complexes mais nombreuses à garder en tête. Chaque équipement, chaque soldat ennemi, chaque véhicule, chaque muret ou fenêtre. Bref, beaucoup de choses à prendre en compte pour arriver à finir la mission.

J’aurais aimé pouvoir le comparer à V-Commandos mais je n’y ai jamais joué… Je connais par contre son adaptation plus récente sous la forme d’Assassin’s Creed Brotherhood of Venice, bien que n’étant pas moi-même fan de la saga des jeux vidéo éponymes. Et bien je me suis totalement pris au jeu de ce dernier et je n’ai pas eu de prise de tête comme avec SAS Rogue Regiment. Contrairement à ce dernier, on est dans une optique différente mettant en avant un gameplay ludique plutôt que le réalisme d’un wargame. Et encore, quand on voit la distance à laquelle les armes à feu peuvent s’entendre… on est loin du réalisme.

Quant aux 9 scénarios de la boîte de base, ça ne fait pas lourd. Surtout que les deux premiers servent plus de tutoriel qu’autre chose. Ils sont parfaitement rejouables et variés en changeant d’opérateurs ou de tactiques. Mais quand même…

Bref, je n’ai pas du tout pris plaisir avec SAS Rogue Regiment. Je pense que son public cible se veut plus celui d’une entrée dans le monde des wargames ou carrément celui des wargamers. Je n’en fais pas partie.

J’y ai plus vu un puzzle coulissant ou un Rubik’s cube. Mettre en place les pièces au bon endroit (déplacements/discrétion/patrouilles/assassinat/timing) pour que tout se passe le mieux possible. Le deck d’événements amène du chaos dans ce puzzle à résoudre mais ce n’est pas une proposition qui me parle.

À vous de voir si cela vous tente avant de vous lancer. La boîte de base, un peu vide, vient se garnir avec différentes petites extensions qui font vite grimper le coût global.

J’ai eu accès à la version boutique, en anglais. La campagne sur KS parle d’une version française avec quelques bonus supplémentaires. Je ne les ai pas croisés lors de mes tests.

Le jeu possède une très bonne note sur BGG, ce qui prouve qu’il y a un public pour lui. C’est toujours rassurant pour l’auteur et l’éditeur. Cela prouve également que nous n’avons pas la science infuse et que nous restons dans une évaluation très subjective !

On a aimé

  • Le système de patrouilles qui vous fera transpirer plus qu’un exercice commando 💦
  • La tension permanente, parfaite pour tester la solidité de vos amitiés
  • La rejouabilité qui vous occupera plus longtemps qu’un stage chez les SAS

On a moins aimé

  • Le matériel en carton, même pas waterproof pour les missions aquatiques
  • La complexité des règles qui nécessite un QI d’officier supérieur
  • Le prix qui fait mal au portefeuille (comme une balle perdue)

C’est plutôt pour vous si…

  • Vous aimez planifier vos parties comme si c’était l’opération Overlord
  • Les mots « ligne de vue » et « portée de tir » vous font frémir de plaisir
  • Vous trouvez que Pandemic manque un peu de mitraillettes

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

  • Votre définition de la stratégie c’est « pierre, feuille, ciseaux »
  • Vous pensez que SAS est une compagnie aérienne
  • La patience n’est pas votre fort (même avec un sniper)

SAS Rogue Regiment : Un jeu qui vous rappelle que dans la vie comme dans le combat, la différence entre un échec et une réussite tient parfois à un simple jet de dé… ou à une sentinelle qui éternue au mauvais moment !

SAS Rogue Regiment - visuel

Bof bof. Pas mon kiff !

Note : 2.5 sur 5.

Suivez toute l’actualité de Gus&Co sur la chaîne WhatsApp de Gus&Co.


  • Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Robert Butler
  • Illustrations : Robert Butler, James Churchill
  • Édition : World Forge Studio
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4 ( plus intéressant à 1 ou 2 )
  • Âge conseillé : Dès 14 ans
  • Durée : 30 – 180 minutes
  • Thème : Seconde guerre mondiale
  • Mécaniques principales : Coopératif, dés, points d’actions. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

Rejoignez notre chaîne WhatsApp


Gus&Co : 100% Indépendant, 0% Publicité

Vous avez aimé cet article ? Depuis 2007, nous faisons le choix difficile de refuser la publicité intrusive pour vous offrir une lecture confortable. Mais l'indépendance a un prix (hébergement, temps, achat de jeux).

Pour que cette aventure continue, vous avez deux moyens de nous soutenir :

Le soutien direct : Rejoignez nos mécènes sur Tipeee pour le prix d'un café par mois.

☕ Soutenir Gus&Co sur Tipeee
Votre réaction sur l'article ?
+1
4
+1
1
+1
0
+1
1
+1
0
+1
0

2 Comments

  • Pierre-Henri Dollfus

    Merci pour la review ! Pour le coup je suis joueur de V-Commandos et ça a l’air d’être sacrément pareil, ça semble étonnant en terme d’IP…

    • Chab

      Bonjour Pierre-Henri.
      Pour le coup je ne pense pas que l’IP soit un problème en soi. C’est un jeu historique. Il existe un nombre non négligeable de jeux sur le jour J par exemple et cela ne pose de soucis à personne. Difficile de vendre que vous êtes à l’origine d’un fait historique.
      La seule chose a regarder pour moi reste le système proposé. Est-il trop similaire sur les deux jeux ou vraiment différent ? Mon expérience avec ACBoV me paraît vraiment différente, c’est d’ailleurs pour cela que j’en ai aimé un et pas l’autre…
      Si vous avez l’occasion un jour de tester SAS RR, j’aimerais beaucoup avoir votre retour sur ces fameuses différences/similitudes au niveau des règles.
      Revenez donc dans ces mêmes commentaires pour nous donner votre avis !

À vous de jouer ! Participez à la discussion

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Gus & Co

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture