Jeux de plateau

Joyride vs. Powerboats : Inspiration ou copie ?

🏎️ De Powerboats à Joyride : retour sur la tempête qui agite le monde du jeu. Une réflexion sur les limites entre inspiration et copie.


En bref :

  • Une controverse éclate entre Corné van Moorsel et Rebellion Unplugged concernant les similitudes entre Powerboats et Joyride
  • Des échanges d’emails révèlent des discussions antérieures pour une potentielle réédition de Powerboats
  • La communauté est divisée sur la question de l’inspiration vs la copie, tandis que les deux parties tentent de trouver une résolution

La controverse Joyride vs. Powerboats

Parfois, les plus grandes tempêtes commencent par un simple email…

Oh là là, on a une sacrée histoire à vous raconter aujourd’hui, et celle-ci fait pas mal de vagues dans notre petit monde du jeu de société. 🌊

Vous connaissez peut-être déjà le jeu de course « Joyride: Survival of the Fastest« , ce petit nouveau qui fait sensation depuis sa critique dithyrambique par le site ludique britannique Shut Up & Sit Down. Mais voilà que Corné van Moorsel, l’auteur néerlandais de « Nova Luna » et « Habitats« , vient de lancer un pavé dans la mare.

Les dessous d’une controverse

Notre ami Corné affirme que « Joyride » serait en fait un copier-coller de ses jeux « Powerboats » et « Powerships » de 2008. Et attention, ce n’est pas une simple ressemblance qu’il évoque – il parle d’une reproduction quasi identique de son système de jeu !

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, et c’est là que ça devient vraiment intéressant…

Il y a quelques années (on parle de 5 ans environ), des discussions auraient eu lieu entre van Moorsel et Duncan Molloy de Rebellion Unplugged pour une possible réédition de « Powerboats ». Des promesses auraient été faites, des espoirs auraient germé… mais rien n’aurait abouti. Et puis, surprise : voilà que « Joyride » débarque, signé Duncan Molloy !

De nouveaux détails émergent…

Dans une (longue) série de messages postés sur BoardGameGeek, van Moorsel a partagé des extraits d’emails révélateurs. En septembre 2019, Duncan Molloy lui écrivait : « Je pense qu’on travaillera très bien ensemble. Donnez-moi un peu de temps, car notre avocat est absent pour le moment. Je reviendrai vers vous avec une confirmation du contrat dès que possible. »

Van Moorsel précise avoir même envoyé son exemplaire personnel de « Powerships » à Duncan, qui l’aurait toujours en sa possession. Les discussions semblaient alors prometteuses, avec Molloy déclarant à l’époque : « Pour Powerboats, je ferai quelques petits changements, comme inclure l’extension, mais ce sera principalement le même jeu. »

Les deux versions de l’histoire

Du côté de van Moorsel

Notre auteur néerlandais ne mâche pas ses mots : il réclame une reconnaissance de sa paternité sur le système de jeu et, pourquoi pas, une compensation financière. Mais attention, il reconnaît lui-même que juridiquement, c’est un peu délicat – pas de contrat signé, pas de chocolat, comme on dit chez nous !

La réponse de Molloy

Duncan Molloy, lui, a finalement rompu le silence avec une réponse détaillée. Il explique avoir été nouveau chez Rebellion en 2019, étant le seul employé de Rebellion Unplugged à l’époque. Il reconnaît ne pas avoir donné suite aux discussions après la rencontre à Spiel 2019 : « Je dois m’excuser de ne pas avoir communiqué davantage après notre rencontre. C’était impoli de ma part. »

Il affirme que sa vision du projet a changé au fil du temps, citant « le manque d’interaction entre les joueurs » dans Powerboats et la récente campagne Kickstarter pour Powerships comme facteurs ayant influencé sa décision. Il insiste sur le fait que Joyride, développé fin 2021, a été influencé par de nombreux jeux, « pas plus par Powerboats que par des jeux comme Gaslands, Car Wars, ou des jeux vidéo comme Wreckfest ou Mario Kart. »

« Je comprends la différence entre s’inspirer d’un jeu et faire passer le travail de quelqu’un d’autre pour le mien », déclare-t-il, ajoutant que son historique de rééditions respectueuses chez Osprey Games devrait lui accorder le bénéfice du doute.

Sur BGG, les discussions vont bon train. Certains crient au scandale, d’autres parlent d’inspiration légitime. C’est un peu comme le débat éternel entre la raclette et la fondue – chacun a son camp !

Les similitudes en question

Van Moorsel a fait une analyse détaillée des mécaniques partagées entre les deux jeux :

  • L’utilisation de dés à 3 faces (dans Joyride, des D6 mais avec uniquement les chiffres 1, 2 et 3)
  • L’ajout ou le retrait d’un dé
  • La conservation des dés du tour précédent
  • La possibilité de relancer certains dés
  • Un virage de 60 degrés (gauche ou droite) sur une grille hexagonale
  • Le mouvement en ligne droite après le virage
  • Un parcours autour de trois « bouées »
  • Des obstacles sur la grille hexagonale à contourner

La communauté est divisée sur l’interprétation de ces similitudes. Certains joueurs ayant testé les deux jeux notent des différences significatives, notamment au niveau des collisions entre véhicules et des mécaniques de rattrapage. D’autres, comme Richard Dewsbery sur BGG, soulignent que Joyride semble être « une reskin de Powerboats, avec des éléments supplémentaires. »

Notre petite analyse

L’affaire prend une tournure particulière avec l’intervention de Matt Lees de Shut Up & Sit Down, qui qualifie les accusations de « sérieuses et stupides ». Van Moorsel a d’ailleurs retiré ses suggestions concernant d’éventuelles vidéos sponsorisées, reconnaissant que ce n’était pas pertinent dans ce débat.

Ce qui nous frappe dans cette histoire, c’est qu’elle soulève des questions fondamentales pour notre hobby adoré :

  • Jusqu’où peut aller l’inspiration avant de devenir copie ?
  • Comment protéger les créations dans un monde où les mécaniques de jeu sont difficilement brevetables ?
  • Quelle est la bonne façon de gérer ce genre de situation dans notre petite communauté ?

Et maintenant ?

Pour l’instant, Rebellion Unplugged garde le silence radio. Van Moorsel continue de défendre sa position, et la communauté attend des réponses. C’est un peu comme une partie de « Les Loups-Garous de Thiercelieux » – tout le monde observe, analyse, et attend le prochain rebondissement !

Une chose est sûre : cette histoire nous rappelle que derrière nos parties se cachent parfois des enjeux très sérieux. On garde un œil sur l’affaire et on vous tiendra au courant des développements !

En attendant, un développement positif semble se profiler : van Moorsel a indiqué avoir reçu une réponse de Rebellion qui le dirige vers la personne appropriée pour traiter ce problème. « Ça devrait bien se passer bientôt, » dit-il avec optimisme, tout en précisant qu’il n’y a « pas de garanties bien sûr. »

À partir de quand considérez-vous qu'un jeu est une copie d'un autre ?

Une histoire qui fait écho

On ne va pas se mentir, cette histoire fait un peu mal au cœur à tous les passionnés que nous sommes. Mais elle n’est malheureusement pas une exception dans notre petit monde ludique. Rappelez-vous l’affaire « En Garde/Flash Duel », ou encore les discussions autour de « Pandemic » et « Defenders of the Realm » ! Ou, plus récemment, toute l’affaire Lorcana, de loin pas encore résolue !

Notre loisir chéri se retrouve régulièrement confronté à cette question épineuse : où s’arrête l’inspiration et où commence la copie ?

Au final, c’est un peu comme en cuisine. Quand on invente une recette, on s’inspire forcément de ce qui existe déjà. Mais entre reprendre l’idée de mettre de la crème dans une sauce et copier la recette complète de la Carbonara (végétarienne) de Mamie, il y a tout un monde ! Dans le jeu de société, c’est pareil : les mécaniques sont un peu nos ingrédients de base. Mais la façon de les assembler, de les faire « mijoter » ensemble, c’est là que réside tout l’art du design. Prenez n’importe quel jeu de Bruno Cathala et vous y trouverez des inspirations d’autres jeux.

Cette histoire nous rappelle qu’on navigue souvent en eaux troubles dans notre passion. Entre tradition et innovation, entre hommage et appropriation, la frontière est parfois aussi fine qu’une carte à jouer. Mais c’est peut-être aussi ça qui fait la beauté de notre hobby : cette capacité à se réinventer constamment, à faire du neuf avec du vieux, tout en essayant de respecter ceux qui ont posé les premières pierres. Les géants, les épaules, tout ça. Et oui, cette citation remonte déjà au… XIIe siècle.

En attendant, on croise les doigts dés 🎲 pour que cette histoire trouve une fin heureuse. Et qui sait ? Peut-être qu’elle nous aidera à mieux définir ces lignes parfois floues entre inspiration et création dans notre monde ludique en constante évolution !

Dans cette partie de Powerboats vs Joyride, il semblerait que ce soit finalement la communication qui ait pris l’eau ! 🚤

Joyride visuel

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One Comment

  • Raidden

    À mes yeux, on ne reconnaît pas facilement qu’un jeu est copié.
    Wingspan et Wyrmspan par exemple, Dune Imperium et Dune Uprising.
    Ce sont les mêmes en pas pareil.
    Dans l’un des cas, l’auteur est le même, dans l’autre, il s’agit de 2 autrices mais une reconnaissance est faite pour le développement et le nom apparaît bien sur la boîte.

    On peut copier bien des mécaniques pour en faire des jeux différents, l’histoire l’a bien déjà montrée.

    On fera toujours du neuf avec du vieux.
    Il faut bien connaître ses origines pour savoir où aller dans le futur

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