Archéologie : Castro Curbín, aux origines du jeu
🇪🇸 Un tablier de jeu antique, rituel ou ludique ? Une découverte à Castro Curbín. Les archéologues se creusent la tête !
Aux frontières du jeu et du rituel : La fascinante découverte du tablier céramique de Castro Curbín
Je ne sais pas pour vous, mais perso, je trouve fun de remonter aux origines des jeux de société. De découvrir des jeux (s’il s’agit vraiment de jeux comme on l’entend aujourd’hui !) anciens, antiques, qui remontent à plusieurs milliers d’années. Le cas ici avec les fouilles menées à Castro Curbín.
Si on vous disait que les racines des jeux de société tels que nous les connaissons aujourd’hui remontent à plus de 2000 ans, dans une modeste bourgade isolée du nord-ouest de l’Espagne antique à Castro Curbín ? Cette découverte archéologique pourrait bien bousculer ce qu’on ce qu’on pensait savoir sur les origines des jeux de plateau (non, le Monopoly n’est pas le tout premier jeu de plateau de l’histoire).
La récente découverte archéologique d’un mystérieux objet en céramique dans le nord-ouest de l’Espagne vient tout juste d’apporter sa pierre (c’est le cas de le dire !) à la fondation sur l’archéoludologie (combien, au Scrabble ?). Imaginez un instant : des fouilles menées en 2021 dans le village d’Arzúa, en Galice, ont exhumé les fragments d’un curieux tablier de céramique datant de l’âge de fer ! Cette découverte insoupçonnée remet en question nos notions sur les origines des jeux de plateau et soulève d’intrigantes interrogations sur le rôle des jeux dans les anciennes cultures.
L’Émerveillement des premières découvertes
Vous qui pensiez tout connaître sur l’origine du jeu de plateau, préparez-vous à remettre en question vos certitudes ! Cette découverte archéologique pourrait bien réinventer notre vision des traditions ludiques de l’Antiquité.
Imaginez la surprise des archéologues lorsqu’ils ont compris qu’ils avaient mis au jour les vestiges d’un jeu de société vieux de plusieurs millénaires ! Une petite secousse dans le monde de l’archéologie qui ouvre des perspectives insoupçonnées sur l’ingéniosité de nos ancêtres. Paf !
Quelles règles régissaient ce jeu mystérieux ? Était-il réservé à l’élite ou ouvert à toutes et tous ? Autant de questions passionnantes pour tout fan de jeux de société curieux d’en savoir plus sur les origines de sa/notre passion.
Imaginez la scène : l’été 2021, une équipe d’archéologues de l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle mène des fouilles à Castro Curbín, un village fortifié de l’âge de fer situé dans les collines verdoyantes d’Arzúa. C’est au cours de cette campagne de terrain que la découverte la plus inattendue se produit : les restes d’un objet céramique aux caractéristiques pour le moins singulières. Tout est décrit dans cette recherche archéologique espagnole parue ce 31 janvier 2024.
Les premières hypothèses ont été à la hauteur de l’émerveillement suscité par cette trouvaille exceptionnelle. Certains chercheurs ont d’abord envisagé qu’il puisse s’agir d’un moule de fonderie destiné au travail des métaux. D’autres y ont vu un élément d’un four portatif pour la cuisson de la céramique ou des aliments.
Mais laissez-moi vous décrire plus en détail cet objet mystérieux. Il se compose d’une base plane en céramique parsemée de multiples cavités circulaires. À ces creux correspondent une vingtaine de jetons de forme arrondie, taillés dans la même argile que la base. Un véritable casse-tête pour les spécialistes !

Des morceaux d’un antique jeu de plateau ?
C’est finalement l’hypothèse la plus captivante/fun qui a retenu l’attention des archéologues : et si ces pièces n’étaient autres que les fragments d’un jeu de plateau vieux de plus de 2000 ans ? Après de minutieuses analyses, les chercheurs ont noté les similitudes frappantes entre cet objet et d’antiques jeux de stratégie comme le senet égyptien ou le pente grammai grec.
Mieux encore, l’étude des vestiges indique qu’ils auraient appartenu à une communauté refusant les contacts extérieurs et les biens importés. Une véritable gageure pour les spécialistes : comment ce peuple replié sur lui-même aurait-il pu concevoir un jeu aussi complexe sans influence étrangère ?
La réponse soulève une perspective des plus stimulantes : et si, loin d’être un emprunt culturel, ce jeu était une création pleinement locale, un témoignage de l’ingéniosité des anciens habitants de la région ? Une idée qui rendrait toute son importance à cet objet, véritable préfiguration des génies ludiques à venir.
Des découvertes comme celle-ci remettent en cause nos idées préconçues sur les « sociétés simples » du passé. Trop souvent, nous considérons ces peuples comme privés d’une véritable créativité, à l’ombre des brillantes civilisations méditerranéennes. Castro Curbín nous rappelle à quel point ce préjugé est trompeur !
Un précieux fragment de l’Histoire des jeux. Avec un grand H
Bien que fragmentaire, cette découverte projette une lumière, plutôt fascinante, sur les origines des jeux dans la péninsule Ibérique. Elle soulève d’innombrables questions passionnantes : quelles règles régissaient ce jeu antique ? De quelle façon était-il pratiqué ? Quelle place occupait-il au sein de cette communauté désormais disparue ?
En réalité, peu d’exemples de jeux d’aussi lointaine antiquité ont été mis au jour en Europe occidentale. Les tabliers de jeu retrouvés, comme celui de Vieux-Poitiers en France, sont généralement attribués à l’influence romaine.
Pourtant, notre mystérieux tablier de Castro Curbín semble totalement étranger à cette sphère d’influences. Une énigme de taille pour les spécialistes ! Songez un instant au défi que représente l’étude d’un jeu dont on ne possède que des fragments, sans règle d’origine ni contexte historique clair.
Certains chercheurs ont d’ores et déjà proposé des pistes de réflexion. Et si ces jetons et ce damier avaient une fonction rituelle ou religieuse au sein de la communauté ? Après tout, le jeu a souvent été un puissant vecteur de mythes et de symboles à travers les âges.
Une chose est sûre : peu importe son rôle exact, la facture soignée de cet objet en faisait sans doute un bien précieux pour ses anciens propriétaires. Une pièce unique, remontant aux racines les plus lointaines des traditions ludiques de l’Occident.
Un joyau archéologique délibérément brisé. Oui mais pourquoi
Mais il y a plus étrange encore ! La disposition des fragments laisse penser que ce tablier aurait été intentionnellement brisé en de multiples morceaux avant d’être déposé dans ce qui semble être un contexte rituel. Un véritable casse-tête pour les archéologues !
Cette découverte suggère un lien entre le monde des jeux et celui des pratiques cultuelles des anciens habitants de Castro Curbín. Une perspective qui n’a rien de surprenant quand on connaît le pouvoir symbolique des activités ludiques à travers les âges.
Du jeu de paume mésoaméricain lié au cycle des saisons aux dés à jouer romains associés à la chance et à la divination, les exemples de cette union entre le sacré et le jeu ne manquent pas. Rappelons d’ailleurs que le célèbre jeu de l’oie trouve ses racines dans d’anciennes représentations du voyage de l’âme après la mort !
Une connexion d’autant plus crédible dans le cas présent que le tablier a été retrouvé aux abords des fortifications du village. D’autres vestiges suggèrent que ces remparts avaient une importance capitale dans les rites et croyances de ces populations.
Les mystères entourant les fortifications sacrées
En effet, les fouilles ont mis au jour ce qui semble être les restes d’antiques dépôts votifs disposés le long des murailles de Castro Curbín. Aux dires des archéologues, de telles pratiques semblent avoir été courantes dans cette région reculée du nord-ouest ibérique.
Des dépôts similaires ont été identifiés sur d’autres sites comme celui d’As Travesas, à quelques encablures d’Arzúa. Imaginez des céramiques brisées disposées avec soin, des cendres de feux rituels et d’autres biens précieux… Une véritable énigme pour les spécialistes !
À quels cultes ou croyances ces vestiges appartenaient-ils ? Quelle était la symbolique attachée aux fortifications de ces villages isolés ? Autant d’interrogations qui donnent le vertige lorsqu’on songe aux multiples mystères qui demeurent autour des traditions anciennes de ces peuples partiellement méconnus.
Toujours est-il que notre tablier semble avoir trouvé sa place au cœur de l’un de ces dépôts rituels liés aux murailles sacrées. Un contexte pour le moins fascinant qui, vous en conviendrez, ferait pâlir d’envie n’importe quel maître du jeu de rôle !
Du plateau de jeu à l’autel des dieux ?
Mais revenons-en un instant à notre objet archéoludologie (217 points au Scrabble, je pense). La découverte d’un jeu aussi sophistiqué dans le cadre d’un rituel soulève une multitude d’interrogations franchement captivantes. Et si les anciens habitants de Castro Curbín avaient conféré à ce tablier une valeur spirituelle particulière ? Un pouvoir de divination, de communication avec les forces occultes ou de perpétuation des cycles naturels ?
Encore une fois, l’Histoire regorge d’exemples démontrant l’étroite relation unissant les jeux à la sphère du sacré. Les osselets sumériens, dont les lancers codifiés permettaient de consulter l’oracle, en sont l’illustration parfaite. Tout comme l’ashtapada indien, véritable échiquier métaphysique représentant le cosmos.
Qui sait si ce mystérieux jeu n’avait pas aussi un rôle cathartique ou rituel ? Une façon ludique de célébrer les forces de la nature ou les grands événements du cycle de vie ? L’imagination peut si facilement se laisser porter par de telles hypothèses !
Une chose est sûre : la dimension symbolique et sacrée des jeux ne doit pas être sous-estimée dans les sociétés anciennes, souvent imprégnées d’une vision magique du monde. Loin d’être de simples passe-temps, ils représentaient peut-être des portes d’accès vers les mystères de l’univers.
Vers de nouveaux horizons (ludiques)
Qu’elle qu’ait été sa véritable fonction, cette découverte rouvre un fascinant champ de questionnements. Elle rappelle à quel point nous avons encore à apprendre sur les traditions ludiques des populations anciennes de la péninsule Ibérique.
Combien d’autres jeux insoupçonnés pourraient ainsi être mis au jour par les fouilles à venir ? Quelles surprises le passé nous réserve-t-il encore ? Face à de telles perspectives, l’esprit s’emballe, entraîné dans une véritable ronde des possibles !
En attendant, savourons le privilège d’être les premiers, depuis des millénaires, à redécouvrir ce précieux fragment des racines ludiques de l’Humanité. Un trésor archéologique qui, j’en suis certain, ne manquera pas d’inspirer les créateurs de jeux d’aujourd’hui et de demain.
Qui sait ? Peut-être ce tablier millénaire deviendra-t-il la source d’un jeu moderne remportant un immense succès ? L’idée n’a rien d’incongru quand on pense aux sources d’inspiration parlementaires des jeux tels que le Diplomatie ou les Colons de Catane. L’Histoire a parfois d’étranges résonances à travers les âges…
Quoi qu’il en soit, cette découverte démontre une fois de plus à quel point les jeux sont un phénomène universel, transcendant les cultures et les époques. Qu’importe les frontières dressées par l’espace et le temps, l’esprit ludique de l’Humanité trouve toujours un moyen de s’exprimer.
Sur ce, je vous laisse méditer sur cette fabuleuse découverte, aussi excitante pour nous que le serait un nouveau Catan ou un Splendor inédit. Ou Catan ou Splendor que l’on pourrait, pourra découvrir dans des fouilles archéologiques dans… 2000 ans. L’avenir nous réserve sans nul doute d’autres trésors ludiques encore enfouis dans les replis de l’Histoire. La quête continue, toujours plus passionnante !
La recherche complète est disponible ici (traduction « maison ») :
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Article écrit par Loïc. Breton d’origine et exilé depuis peu en Suisse (pour son chocolat, surtout), Loïc vit et respire jeux de société. Il est toujours prêt à sortir cartes et plateaux pour s’amuser et partager sa passion débordante. Joueur dans l’âme, sa devise est « Une petite partie, entre deux arrêts de bus ? ».
Avez-vous déjà joué à un jeu de société ancien, antique ? Si oui, lequel et qu'est-ce qui vous a marqué dans cette expérience ?