❄️ Pourquoi certains cartons ludiques me laissent de marbre ? Les raisons de ma déception sur des hits actuels comme Gloomhaven ou Ark Nova.
Déceptions ludiques : Les goûts et les couleurs
À la suite d’un commentaire négatif d’un de nos lecteurs sur un jeu chroniqué que j’adore, je crois qu’il est grand temps pour moi de révéler certaines choses : je ne suis pas dans la norme, il y a un certain nombre de jeux appréciés par beaucoup qui ne me plaisent pas du tout.
En prenant volontairement une liste de jeux en haut des tops de ces dernières années, examinons ceux qui remportent un grand succès. Et qui me laissent froid. Ou me tapent carrément sur les nerfs !
Suis-je si différent ? Suis-je si difficile ? Qu’est ce ne va pas chez moi ?
Gardez une bonne dose de second degré sur ce qui suit. Ce ne sont que des jeux et j’aime à penser que je ne suis pas le seul dans mon cas ! Humour, humeur.
Gloomhaven
J’adore l’aspect narratif, c’est clairement ma tasse de thé. Les eurogames sont une torture pour moi, tout comme les jeux de gestion pure. Même si de temps en temps, je fais un effort en fonction du groupe de joueurs et joueuses présentes.
Gloomhaven, c’est une centaine de scénarios à enchaîner, le tout en mode dungeon crawler. J’avance, je tape, j’encaisse, je fouille, je me soigne, j’avance, je tape, etc… Ce n’est pas très amusant !
Et ne me dites pas que notre personnage évolue, je le sais mais je n’y trouve aucun intérêt ici. Quant au deck qui s’épuise pour servir de chronomètre de fin de scénario, l’idée est plutôt intéressante sur le papier mais en pratique ça m’énerve de perdre des cartes durement acquises, sans pouvoir les utiliser à leur plein potentiel.
Testé sur 3 scénarios chez un ami, j’ai quand même voulu tester sur la durée avec sa version light : Les Mâchoires du Lion, cette fois avec ma chérie. Après 2 scénarios joués, la boîte était réinitialisée et remise en vente d’occasion.
Franchement, j’aimerais connaître le pourcentage d’acheteurs de ce jeu ayant terminé la campagne de la grosse boîte de base en entier. Il ne doit pas être très élevé.
Quitte à passer plusieurs dizaines (voire centaines) d’heures avec d’autres joueurs, je préfère clairement faire du jeu de rôle. J’aurais la liberté d’action qui me manque ici, avec beaucoup plus de fun.
Earth
Earth nécessite une immense table pour commencer. Et que dire de cette nouvelle mécanique de jeu apparue ces dernières années : on joue tous ensemble, mais chacun dans son coin.
Pas d’interaction, pas d’échange. Chacun s’occupe de son petit monde à développer, de prévoir ses placements, de compter ses points de victoire au fil des tours. Au point de savoir à combien on finit avant la fin du dernier tour des autres.
Mauvaise mentalité je trouve ! Si je m’assois autour d’une table avec d’autres joueurs, c’est soit pour leur taper sur la tête… soit pour une belle séance coopérative où on essaie de gagner ensemble.
Sinon, autant faire du jeu solo.
Terraforming Mars
Beaucoup de parties jouées par des potes de notre groupe de joueurs et joueuses habituelles.
J’ai assisté à certains morceaux d’entre elles et le constat est toujours le même : un ennui tel que je n’ai même pas envie d’essayer. Le matériel n’est pas séduisant, voire même franchement moche. On est dans de la gestion froide avec des règles plutôt complexes. Et que dire du temps de jeu… Beurk !
Ark Nova ou Wingspan
Leurs thèmes respectifs ne m’attirent pas… ce n’est pas plus compliqué. Rien qu’à voir une photo du jeu installé et je passe à autre chose.
Lorsqu’on m’a expliqué les règles de Earth, on m’a précisé qu’elles étaient beaucoup plus simples que celles d’Ark Nova. Ça en était fini pour moi !
The Crew
Petit jeu phénoménal d’après les commentaires… et bien pas pour moi !
Je ne suis pas du tout un analyste pur, dans la vie comme dans les jeux. Je suis là pour prendre du plaisir et non pour me torturer à devoir savoir quand poser une carte, comment et où, dans quel ordre par rapport à mes partenaires. Tout ça sans avoir à supporter les reproches de ces derniers qui peuvent être, eux, d’excellents analystes !
Étonnamment j’adore The Mind, ce petit OLNI mettant lui aussi en place le principe d’équipe posant des cartes en aveugle (j’entends déjà les puristes me dire que ces deux jeux n’ont rien à voir !) pour aller le plus loin possible. Au moins, je rigole bien quand j’y joue !
7th Continent
Un jeu censé être narratif… on n’a pas la même définition de narration dans ce cas !
On explore, on se ramasse des blessures, on tente de survivre, on se prend la tête pour agencer nos objets de la manière la plus pragmatique (pas du tout logique) pour avoir un maximum d’effets possibles avec un minimum d’utilisations à sacrifier.
Toujours la même île, les mêmes problématiques. C’est long, c’est relou et ça ne m’emballe pas, que ce soit en solitaire ou en équipe… Et en équipe, des heures de discussion pour savoir quoi faire, où aller, comment y aller et plein d’autres trucs tout aussi peu épiques.
L’ennui à l’état pur !
Les Ruines Perdues de Narak
Autant les jeux sur un thème Indiana Jones me plaisent sur le papier (Arkeis ou Secrets of the Lost Tomb), autant j’aime voir ce que ça donne en termes de gameplay.
En regardant les vidéos de démonstration sur Narak, je n’ai pas été franchement emballé. Pourtant les critiques étaient toutes dithyrambiques. Mouais…
Finalement ma chérie m’en a fait cadeau pour la St Valentin, en surprise. Après la première partie, je lui ai demandé la permission de le revendre : non pas que je n’en avais pas le droit mais je déteste me débarrasser d’un cadeau. Je suis très sentimental.
La partie fut sans intérêt pour moi. Placement d’ouvriers… ok, et ensuite… ben, rien de plus. Plein de matos coloré, mignon plein pot. Des pistes de décompte à foison et quantité de façons de les remplir, mais un jeu totalement froid à mon goût. Mais où sont les aventuriers de l’Arche Perdue ? Aucun souffle d’aventure ici. Aucune envie d’y revenir.
Ma seule solution fut de ressortir un bon vieux Lost Cities, dans son édition française de 2019, pour vraiment profiter de ce thème !
Pandémie
Pour avoir fait du Pandémie classique, du Legacy avec la saison 0 ainsi que la version La Chute de Rome… j’ai un peu fait le tour de la question avec différents univers utilisant tous un même système.
Il y a un petit côté danger grandissant, voire envahissant, qui pouvait m’intéresser sur le papier. J’ai découvert les jeux de société avec le sublime Le Seigneur des Anneaux de Reiner Knizia, dans sa version allemande, vers la fin des années 90. Le suspense était intenable tout le long de la partie et on a longtemps eu l’impression de ne pas pouvoir gagner. Cela nous a demandé un bon paquet de parties pour atteindre la victoire mais l’intérêt était toujours présent, même dans la défaite.
Ici, c’est bof dès les premières parties : je ne ressens rien hormis le fait qu’on ne peut pas gagner… et pourtant si. Même après une victoire, c’est toujours plat et morne.
Les différentes versions testées ne changent rien au constat : après notre unique partie sur la Chute de Rome, je décide de ne plus jouer à quoique ce soit basé sur ce système avec des cubes qui s’ajoutent, des explosions de cubes et encore plein d’autres choses avec des cubes…
Ici, c’est clairement le système de jeu qui m’exaspère, tous les thèmes abordés me parlant pourtant à la base.
Autant jouer au très bon Plague Incorporated pour incarner directement le virus si on veut simuler le développement d’une pandémie !
Les Aventuriers du Rail
Là aussi, j’ai fait quelques parties au début des années 2000. C’était une révolution à l’époque et tout le monde se devait d’y jouer et de l’adorer…
Faire des lignes de wagons pour relier San Francisco depuis Miami ou Duluth (dont personne n’avait jamais entendu parler avant… merci pour eux !).
La même chose pour l’Europe, l’Allemagne, la Suisse, la Suède ou même carrément Lyon (avec une carte faite par un passionné).
Je n’ai jamais été fan des petits trains dans mon enfance et le clou a été définitivement enfoncé avec ce jeu.
On dit beaucoup de bien de la version Legacy récemment sortie. La simple mention de ce jeu dans une vidéo ou un article et je zappe immédiatement.
Pourquoi suis-je si différent…
Je tiens d’abord à signaler que notre groupe de joueureuses est assez hétéroclite dans l’ensemble.
Certains jeux nous rassemblent facilement, d’autres peuvent nous réunir pour quelques parties. Une dernière catégorie contient les jeux qui ne plairont pas à l’un ou l’une d’entre nous pour diverses raisons. On teste aussi beaucoup de nouveautés comme d’anciens jeux. On reste quand même bien soudés après nos 30 dernières années de jeu en commun.
Je me contente de donner ici quelques pistes sur les raisons de ma déception à propos de ces différents jeux connus et surtout plébiscités. Elles sont toutes partiales et ne se basent que sur quelques parties, pour la plupart d’entre elles. Ce qui est déjà beaucoup… voire trop.
Je ne vois pas l’intérêt de me faire du mal en continuant un jeu qui ne me plaît pas, au-delà de 2 parties : une première pour la découverte proprement dite et la seconde pour la validation (ou non) de ma première impression. On peut pousser les tests un peu plus loin mais les premières impressions sont souvent les bonnes. J’ai tendance à suivre mon instinct.
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Suis-je de mauvaise foi… certainement un petit peu me connaissant. Mais aujourd’hui l’offre ludique est juste gigantesque. En jouant à 5 jeux nouveaux et différents par jour, on ne pourrait couvrir qu’une petite partie du spectre proposé sur le marché.
Société de consommation ? Un peu sûrement, mais surtout une envie de profiter des moments partagés car pour moi le jeu est avant tout un moment de partage. Avec les amis, la famille, les enfants ou des inconnus ; l’essentiel étant d’en profiter. On n’a déjà pas assez de temps pour jouer à tous les jeux qu’on aime !
Je pense aussi qu’on devient plus exigeant avec le temps. A force de pratiquer beaucoup de jeux différents, on s’aperçoit assez vite lesquels nous plaisent et lesquels resteront dans les étagères à prendre la poussière. Le marché se professionnalise et nous aussi, d’une certaine façon.
Comme je l’ai déjà dit et répété : toutes nos critiques sont partiales, par essence. Elles ne représentent que le ressenti des joueurs et joueuses et leur retranscription écrite, interprétée et personnelle.
Je préfère partager une jolie découverte difficile à trouver ou passée sous les radars, que de perdre du temps à dénigrer un jeu que je n’ai pas aimé.
Mais il nous arrive aussi d’avoir quelques déceptions sur des jeux dont nous avions des attentes précises. C’est là que je me dois de donner un avis de joueur déçu et ce pour 2 raisons.
D’abord pour aider les acheteurs et acheteuses potentielles que sont nos chers lecteurs et chères lectrices, c’est-à-dire toi qui me lis en ce moment même. Vous venez ici pour trouver des critiques argumentées afin de faire ou non un achat et vous orienter dans la jungle ludique actuelle. Je sais de quoi je parle puisque avant de rédiger j’étais moi-même un de ces lecteurs (ce que je suis toujours d’ailleurs !).
Ensuite pour que les éditeurs puissent découvrir nos avis de joueurs lambdas et, éventuellement, en tenir compte pour une mise à jour, une réédition ou un prochain jeu. D’une certaine façon, ils travaillent pour nous et se doivent de travailler avec nous pour que leur offre soit plébiscitée.
Tout cet article pour vous redire encore : n’hésitez pas à intervenir dans la section commentaires afin de partager vos expériences sur un jeu, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, en accord ou en total désaccord avec les nôtres. Les autres lecteurs pourront ainsi faire un choix plus avisé en croisant différents ressentis.
Qu’un jeu vous plaise ou non, l’essentiel reste qu’il plaira forcément à quelqu’un d’autre avec qui il sera en résonance. Sinon, auteurs et éditeurs ne lui auraient pas donné sa chance.
Et si ce quelqu’un d’autre, c’était vous ?
Mais la véritable question reste : suis-je le seul dans ce cas ???
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Article écrit par Chab. Rôliste devenu platoïste par manque de temps. Pâtissier initié et fan de Robbie Williams. Patriarche de cœur d’un troupeau de gremlins. Aime qu’un jeu lui raconte une histoire.
Quels sont les jeux adulés par la majorité qui ne vous emballent pas plus que ça ? Pourquoi ? Et pensez-vous qu'il faille absolument aimer les tops ludiques sous prétexte qu'ils sont encensés par beaucoup ? Sommes-nous parfois "victimes" de la mode (ludique) ? Quel est votre avis sur la question ?
