Maps of Misterra
Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Maps of Misterra : Explorez des territoires inconnus

📍 Découvrez Maps of Misterra, le jeu d’exploration et de cartographie d’une île mystérieuse. Savant mélange de stratégie et d’adaptation !


Maps of Misterra

⚠️ Avertissement : Pour faire écho à notre article sur le marketing d’influence dans le jeu de société, et dans le cadre d’une démarche de transparence, nous tenons à vous informer que ce jeu nous a été offert par l’éditeur. Notre avis reste toutefois impartial et sincère. Nous vous exposons ici les qualités et les défauts du jeu.


À l’annonce de la découverte d’une île inconnue, les esprits scientifiques se sont enthousiasmés. Les plus entreprenants ont monté des expéditions visant à cartographier cette terre nouvelle : La terre de Misterra.

Dans ce jeu compétitif de découverte et d’exploration, vous incarnez un cartographe qui se déplace sur une île inconnue pour en dessiner les paysages sur son parchemin personnel.

Au fur et à mesure de vos déplacements et découvertes, l’île se révèle à vous. Plus vos retranscriptions reflèteront la réalité, plus vous remporterez des points de prestige.

« On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où on va ».

Christophe Colomb – 1492 Journal

Maps of Misterra, comment on joue ?

Dans Maps of Misterra, vous devrez tirer parti des reliefs révélés par vos adversaires ou vous-même et faire correspondre le plus possible les relevés de parchemin tout en essayant d’imposer vos objectifs personnels.

Un plateau central représentant la nouvelle île est disposé au centre de la table. Chaque explorateur ou exploratrice possède une carte parchemin personnelle pour y disposer ses découvertes de l’île (cartes croquis).

Chaque personne choisit 2 cartes hypothèses qui font office d’objectifs personnels.

À tour de rôle, vous réaliserez deux demi-journées d’exploration composées chacune de 3 phases : vous déplacer (facultatif), choisir une carte croquis parmi les 5 disponibles faces visibles, et pour finir cartographier ou revendiquer une zone.

Les déplacements sont toujours d’une seule case et se font de manière orthogonale. Tout le monde joue sur le plateau central en y reportant le résultat de ses cartographies du jour.

Il existe 4 types de terrain : la steppe, la lagune, la jungle et la montagne. Chaque déplacement sur un type de terrain déclenche des effets facultatifs ou obligatoires dont il faudra tenir compte.

Un terrain exploré pour la première fois est représenté par une tuile face Brume. Lorsqu’il est confirmé dans son terrain pour la seconde fois, la tuile passe en face visible.

Pour qu’un terrain puisse être validé sur la carte centrale, il doit obligatoirement être exploré de manière identique à deux reprises pour être validé. Tout terrain d’une nature encore non validée peut être amené à changer de nature. Cet élément est décisif car il se peut que vous disposiez sur votre carte personnelle des terrains non validés qui peuvent par la suite ne plus correspondre à la réalité du plateau central. Vous perdrez alors de précieux points.

Si votre pion se trouve sur une tuile faisant partie d’une région de tuiles de même nature, dont au moins une est confirmée, vous pouvez faire le choix de la revendiquer en disposant votre marqueur. Aucun autre cartographe ne pourra alors vous la subtiliser et elle vous rapportera des points importants en fin de partie.

Pour remporter la partie, il faudra trouver un équilibre subtil entre cartographier correctement l’île, revendiquer des zones importantes, couvrir un maximum de cases vides qui vous feront perdre chacune 1 point de prestige, tout en réalisant vos objectifs personnels.

Le décompte des points de prestige désigne le vainqueur en calculant : la correspondance fidèle de votre plateau parchemin avec le plateau central ; la déduction des cases vides de votre plateau parchemin ; les points rapportés par les régions revendiquées ; la réalisation des objectifs personnels.

Comme c’est désormais le cas d’une bonne partie des jeux de société, un mode solo est proposé. Il est similaire au mode 2 joueuses.

Maps of misterra, une métaphore de la psychologie ?

« La carte n’est pas le territoire »

La phrase empruntée au fondateur de la « sémantique générale » Alfred Korzybski est bien connue pour être un des présupposés de la PNL (programmation neuro-linguistique). Elle évoque le fait que chaque individu construit sa propre vision et représentation unique du monde. Une représentation ne permet jamais de rendre compte de toute la réalité.

Les conflits relationnels sont très souvent le résultat d’une confusion entre la carte et le territoire. Nos représentations de la réalité correspondent à des reflets de « notre carte du monde » qui sont le fruit de notre éducation, de nos expériences, de nos croyances ou des valeurs de nos groupes de référence.

Notre « carte du monde » détermine nos décisions et nos choix, notre perception du quotidien et de ce qui nous entoure. Elle est la représentation de ce que nous nous faisons de la réalité. Elle nous limite ou au contraire nous pousse à l’ouverture et au défi, nous fait voir un monde plein de potentiels et d’alliances positives ou au contraire dangereux et inquiétant avec des ennemis à combattre. Mais ne nous y trompons pas, cette carte mentale n’est qu’une représentation partielle et souvent fausse du territoire.

De ce fait, nous n’agissons pas par nos actions sur la réalité, mais plutôt sur les représentations que nous avons de celle-ci. Notre perception est donc totalement subjective. La prise de conscience qu’il n’existe pas de bonne ou de mauvaise carte et que ce qui fait sens pour quelqu’un n’est pas forcément représentatif pour d’autres est déjà une grande avancée dans la compréhension des relations humaines.

La seule certitude est peut-être que la vérité se situe dans le cheminement entre soi et l’autre. Pourquoi ne pas essayer la curiosité et la découverte d’une autre réalité et s’autoriser à penser en dehors de sa carte pour vivre une nouvelle aventure excitante ?

Maps of Misterra est une très belle métaphore de l’importance de construire quelque chose entre sa réalité et celle des autres. N’est-ce pas une magnifique manière de grandir humainement par le jeu ?

Maps of misterra, c’est bien ?

Stratégie, adaptation et renoncement sont les maîtres mots d’une partie de Maps of Misterra. Ce que vous pensiez faire est régulièrement déjoué par les plans des autres explorateurs. Tant que les tuiles ne sont pas validées, tous les retournements sont possibles. Ce gameplay est le cœur du jeu.

La limitation des déplacements nécessite de bien anticiper votre stratégie et prévoir si possible des explorations de zones dans lesquelles vous pourrez rester le plus longtemps possible tranquille… mais ne vous faites pas d’illusions, cette solitude ne durera pas.

Comme c’est d’ailleurs souvent le cas avec l’éditeur Sit Down !, le matériel est ici de très belle qualité. On voit tout de suite qu’une attention particulière a été apportée à la pertinence et au matériel utilisé pour la réalisation du jeu. Les inserts de rangement de la boîte sont eux aussi très bien étudiés et accueillent parfaitement tous les éléments du jeu pour un rangement optimal.

Les illustrations au style un brin onirique sont magnifiques et nous font plonger dans la découverte de cette île fantastique.

La règle est également bien travaillée et permet une mise en place et un début de partie rapides. Un exemple détaillé de deux premiers tours de manche permet de clarifier les éventuelles zones d’ombre. Un petit « n’oubliez pas » remet en évidence les écueils de compréhension

En revanche, concernant le rappel individuel d’aide de jeu fourni, j’aurais préféré y trouver le déroulement des actions des deux demi-journées, éventuellement même avec un pion à y déplacer pour les premières parties, plutôt que le simple rappel du décompte des points. Cela aurait été plus utile. En effet, la seule difficulté pour moi dans ce jeu réside dans le fait d’enchaîner ses actions sans en oublier.

Certaines cartes hypothèses demandent à être relues plusieurs fois pour bien en comprendre la teneur et peuvent pour certaines porter à confusion.

Les parties sont fluides et agréables. C’est un jeu dans lequel vous trouverez beaucoup d’interactions et du coup de la frustration générée par les actions des autres joueurs et joueuses : mais c’est bien le jeu ma pauvre Lucette !

Maps of Misterra fait penser à des jeux comme Cartographers, Tiwanaku chez le même éditeur ou Souviens-toi… dont nous vous parlions dernièrement. Ce nouveau jeu reste néanmoins original et très agréable à jouer par son gameplay simple, fluide et cohérent et les défis d’ajustement intéressants qu’il pousse à faire tout au long de la partie.

La rejouabilité est importante de par la variété de ses cartes et des tirages au sort et des actions choisies toujours différentes.

Le jeu se joue avec autant de plaisir quels que soient les configurations, de 1 à 4 personnes.

Verdict :

Maps of Misterra est un jeu de qualité, facile d’accès qui apporte un réel plaisir ludique dans la confrontation avec les autres joueuses. Nous vous recommandons le voyage et la découverte de cette île fantastique et surprenante.

Très très bon !

Note : 4.5 sur 5.

  • Création : Mathieu Bossu, Thomas Cariate et Timothée Decroix
  • Illustrations : Stanislas Puech
  • Édition : Sit Down
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4
  • Âge conseillé : Dès 10 ans (bonne estimation)
  • Durée : 45 minutes.
  • Thème : Voyage en terre inconnue
  • Mécaniques principales : Exploration, placement de tuiles. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

Rejoignez notre chaîne WhatsApp


Gus&Co : 100% Indépendant, 0% Publicité

Vous avez aimé cet article ? Depuis 2007, nous faisons le choix difficile de refuser la publicité intrusive pour vous offrir une lecture confortable. Mais l'indépendance a un prix (hébergement, temps, achat de jeux).

Pour que cette aventure continue, vous avez deux moyens de nous soutenir :

Le soutien direct : Rejoignez nos mécènes sur Tipeee pour le prix d'un café par mois.

☕ Soutenir Gus&Co sur Tipeee

Article écrit par Aline. Elle travaille dans le domaine social. Elle est tombée toute petite dans la marmite du jeu sous toutes ses formes (plateau, jeux vidéo, escape room, murder). Écrire sur le blog lui permet de découvrir de nouveaux jeux et partager de vrais coups de cœur.

Votre réaction sur l'article ?
+1
14
+1
3
+1
0
+1
0
+1
0
+1
1

6 Comments

    • Gus

      Cher Stéphane,

      Nous vous remercions d’avoir pris le temps d’exprimer votre préoccupation concernant le choix du titre de jeu. Nous comprenons que le choix des noms peut susciter des réactions passionnées, surtout lorsqu’il s’agit de la représentation culturelle.

      Pour répondre à votre question sur le choix du titre « Maps of Misterra » plutôt qu’un titre dans notre langue, nous aimerions vous inviter à lire un article que nous avons publié en 2015, qui explore la complexité et les nuances derrière le nommage des jeux : « [Mais au fond, c’est quoi un bon titre de jeu?] (https://gusandco.net/2015/06/01/mais-au-fond-cest-quoi-un-bon-titre-de-jeu/) ». Cet article aborde les divers facteurs à considérer lors du choix d’un titre, notamment les aspects marketing, la mémorabilité, la clarté, et l’attrait pour un public international.

      Il est important de reconnaître que les éditeurs de jeux sont souvent confrontés à des décisions difficiles concernant la manière de nommer leurs créations pour toucher un large public tout en restant fidèles à l’essence du jeu. Parfois, cela peut impliquer l’utilisation de termes ou de noms qui semblent moins ancrés dans une culture spécifique.

      Nous espérons que notre article pourra vous offrir un éclairage sur cette question et vous aider à comprendre les défis et les considérations derrière le choix d’un titre pour un jeu.

      Encore une fois, merci pour votre message et pour votre intérêt pour le monde des jeux de société.

      Bien cordialement,

      Votre équipe Gus and Co

    • Mic

      Concernant cette réaction débordante de points d’interrogation, j’ajoute que cette fameuse culture bouillonne dans un chaudron commun: l’étymologie du mot « map » est à ce titre tout-à-fait édifiante, n’ayons pas honte de le dire.

  • Calexico

    C’est peut-être aussi dû au fait que la boîte est en version multilingue?

    C’est plus facile d’avoir le texte d’explication en petit caractères sur 4 lignes différentes avec chaque langue que le titre du jeu?

    • Gus

      Après, je me demande s’il faut véritablement faire un procès d’intention à ce jeu. Sachant que, au doigt (très) mouillé, 98% des jeux édités par des boîtes francophones portent un titre en… anglais. Parce que ça se vend mieux à l’international, tout simplement. Et ce n’est pas près de changer. Et tant mieux ! Si ça permet de maintenir un éditeur « en vie » et éviter qu’il soit obligé de vendre (https://gusandco.net/2024/01/20/le-rachat-de-funko-games-par-goliath-entraine-des-licenciements-massifs-chez-prospero-hall/), moi je dis : tant mieux.

      Et tant pis pour Molière, qui doit de toute façon passer sa mort à se retourner dans sa tombe depuis 5 siècles. Donc Maps of Misterra, ça me va. Sky Team, ça me va aussi. The Crew. Kingdomino, The Mind,Unlock ça passe aussi. Ou alors on traduit tout en français, et les titres tombent à… plat.

      Bref.

  • sitdowngamesjp

    Bonjour à tous,
    En tant que Responsable Com’ chez Sit Down!, je souhaitais ajouter un petit mot d’explication au sujet du titre du jeu.
    De manière générale, les titres de nos jeux sont loin d’être choisis au hasard et beaucoup de paramètres entrent en compte. L’impact du titre, la cohérence avec le jeu, la manière dont il se prononce, l’aspect graphique (longueur, etc…) que celui-ci peut avoir, ce que le titre évoque ou pourrait signifier (dans de multiples languages), … et quelques autres critères.

    Nos jeux ont toujours un titre de base, utilisé à l’international qui peut parfois être traduit si la license est distribuée dans des territoires bien définis (au choix du distributeur).
    Ce titre « international » est pensé pour parler à un maximum de monde, nous évitons également les prononciations trop difficiles.. bref, le but ici est que le titre soit utilisable et « compréhensible » par un maximum de personnes.

    Dans le cas de Maps of Misterra, le « Maps of » est effectivement en anglais, car nous souhaitions apporter la notion de cartographie au titre, tandis que le Misterra est un nom inventé, évoquant le mystère. Le tout se veut facilement prononçable dans un maximum de langues.
    (Nous évitons par exemple les prononciations laborieuses spécifiques à la langue anglaise comme les « th », etc …). Nous avons donc opté pour un mix évocateur. Le plus « simple » possible.

    La question de logistique et de coût est aussi un paramètre très important.
    Nous optons généralement d’ailleurs pour ne pas mettre de texte sur la matériel de nos jeux pour cette même raison.

    Comme mentionné plus haut, nous sommes également un éditeur belge.. et rien que dans notre petit pays il y a 3 langues officielles, certaines de nos boites sont multilingues de ce fait… cela compliquerait donc énormément les choses et aurait des répercutions bien réelles.

    Notre volonté est avant tout que nos jeux ainsi que leur titres restent accessibles pour un maximum de joueuses et joueurs 🙂

À vous de jouer ! Participez à la discussion

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Gus & Co

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture