Sunrise Lance boîte
Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Sunrise Lane et Rondo sont sur un bateau

🌅 Le roi Knizia frappe encore ! Sunrise Lane modernise avec brio le très abstrait Rondo pour en faire un nouveau jeu, efficace.


Sunrise Lane

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


Dans le paysage foisonnant de l’édition de jeux de société, rares sont les auteurs et autrices qui parviennent à s’imposer durablement par le talent et l’inventivité. Parmi cette poignée de grands noms, l’allemand Reiner Knizia occupe une place à part. Surnommé le « roi des jeux familiaux », son catalogue comporte plus de 700 titres aux mécanismes simples et efficaces, aux règles intuitives. Ingenious, Lost Cities, Blue Lagoon… autant de petites pépites ludiques qui séduisent joueurs et joueuses chevronnées et novices.

Reiner Knizia, l’auteur de jeux de société ? Vous voulez dire le monsieur qui produit des jeux comme une usine allemande de jeux de société ? Reiner Knizia, l’homme qui a conçu plus de jeux qu’il n’y a de… grains de sable sur une plage. Reiner Knizia, l’auteur de jeux de société qui en crée depuis la nuit des temps, et qui continuera probablement à le faire jusqu’à la mort thermique de l’univers. Mais revenons à l’un de ses « nouveaux » titres, Sunrise Lane.

Certains et certaines d’entre vous connaissent peut-être le prédécesseur de ce nouveau-né : un dénommé Rondo, pondu en 2012 par le célèbre auteur Reiner Knizia. Souvenez-vous, ce jeu abstrait à poser des tuiles sur plateau, au visuel… disons peu engageant (traduction : laid). Un concept prometteur certes, mais plombé par une ergonomie perfectible, qui limitait clairement son attrait.

Respect de l’ADN ludique, améliorations ciblées

C’est là qu’un vaillant éditeur, Horrible Guild, a décidé de saisir le taureau Rondo par les cornes, pour en faire surgir le papillon Sunrise Lane ! Et quelle métamorphose : le gameplay profond est préservé, les défauts esthétiques gommés. Le jeu parfait ? Pas tout à fait, mais presque !

Sauf que désormais, et c’est là toute la subtilité, chaque joueur et joueuse possède ses propres constructions d’une couleur unique. Terminé le placement passif de tuiles anonymes ! Ici, nous sommes maître de notre petit royaume à bâtir.

Commençons par une évidence : la thématique de promotion immobilière remplace avec brio les tuiles ternes d’antan. Un matériel coloré, des figurines qui cliquettent joyeusement en s’empilant… Même les plus réfractaires au monde merveilleux du jeu de société seraient forcés de reconnaître le charme de la bête !

Désormais, le plateau se divise en quartiers aux règles de majorité distinctes. Certains favorisent les constructions verticales quand d’autres récompensent l’occupation horizontale. S’ajoute à cela des points pour la plus longue chaîne de bâtiments.

En fin de manche, chaque joueureuse peut ainsi viser les quartiers et objectifs correspondant le mieux à sa stratégie globale, et non plus seulement optimiser ses gains immédiats. On regrettera toutefois l’absence d’une mécanique d’enchères ou de ressources à gérer pour donner corps à la thématique de promotion immobilière. L’essentiel était néanmoins de greffer au système initial une véritable profondeur tactique, sans complexifier l’accessibilité. Sur ce point, le pari est réussi. Mais on reste toutefois dans un jeu au thème très… copié-collé.

Présentation soignée, matériel haut de gamme

Si le remake de Sunrise Lane brille avant tout par le raffinement de son gameplay avec ses deux uniques actions possibles (piocher, poser), il ne faudrait pas négliger ses indéniables qualités esthétiques et matérielles. Là où Rondo souffrait d’un aspect terne et froid, Sunrise Lane arbore une direction artistique colorée et chaleureuse, avec une thématique de construction de villes propre à séduire un large public.

À noter que le matériel témoigne d’un souci du détail. Les petits bâtiments en plastique massif s’empilent avec satisfaction. Les cartes au toucher satiné filent agréablement entre les doigts. Mention spéciale à la boîte, bien plus compacte que son aînée, pratique à ranger sur une étagère. Bref, du bon milieu de gamme à prix raisonnable.

Mais attention toutefois, en parlant de (belles) cartes, le papier épais utilisé lors de la production (chinoise) fait qu’elles ont la fâcheuse tendance à se plier. Il va falloir faire preuve de vigilance.

Sunrise Lane, verdict

Ou : Convivialité et finesse : la signature Knizia.

Jouer une partie de Sunrise Lane, c’est comme enfiler un bon vieux sweater confortable tricoté main (voir notre test de personnalité sur l’hiver publié ce dimanche 24…). C’est de saison. Les pièces en plastique dans la paume, le bruissement soyeux du paquet de cartes, le placement des bâtiments avec un léger clic satisfaisant quand on les empile… tout concourt à créer une expérience régressive et cocooning, loin du matériel clinquant des grosses productions Kickstarter.

Côté règles, la prise en main est immédiate. Les seules actions possibles sont piocher deux cartes ou en jouer pour construire. Le but ? Optimiser ses placements immédiats et anticiper les majorités finales. Simple et efficace… en apparence seulement !

Car sous ses dehors bon enfant se cachent d’innombrables possibilités tactiques. Où jouer pour marquer le plus de points maintenant ? Car oui, il faut prévoir sur le long terme ! Viser les gros scores immédiats ou anticiper les majorités finales ? Telle est LA question qui taraudera vos méninges durant la partie. Sans oublier les points offerts pour la plus longue chaîne de bâtiments ! Un gameplay simple en apparence, mais terriblement retors une fois en action. La patte Knizia dans toute sa splendeur !

Sunrise Lane plateau matériel

En définitive, Sunrise Lane possède cette signature si caractéristique des meilleures créations de Reiner Knizia. Derrière une convivialité assumée et une accessibilité revendiquée se cache une subtile épaisseur stratégique. Le jeu saura séduire joueurs et joueuses occasionnelles en quête d’un jeu fluide et léger comme compétiteurs aguerris en quête de défi.

J’apprécie la fluidité et la vivacité du gameplay. Rien de complexe, mais suffisamment tactique pour rester engagé et tendu jusqu’à la fin. Et avec la dimension spatiale du plateau, cela change aussi agréablement des classiques abstraits.

Les améliorations apportées depuis Rondo sont pertinentes, notamment l’ajout d’un décompte de fin de partie qui ouvre davantage de possibilités. Cerise sur le gratte-ciel, la réalisation est soignée.

Bref, pour moi Sunrise Lane est un sans faute. Je le recommande chaleureusement aux fans de jeux abstraits ! Et à tous ceux et toutes celles en quête d’un jeu à la fois simple, tendu et élégant.

Un petit bijou de jeu, fluide, familial, qui se joue en une poignée de minutes intenses tout en déployant une belle richesse ludique. Et si vous êtes de fins connaisseurs des Aventuriers du Rail vous ne manquerez pas de constater quelques similitudes, pleinement assumées : des cartes que l’on joue pour poser des rails bâtiments, des connexions.

Alors non, soyons honnêtes, Sunrise Lane n’est certes pas incroyable, mais c’est un très bon titre toutefois. De quoi occuper petits et grands pendant les fêtes. Une excellente réinvention de son ancêtre de 2012.

Très bon !

Note : 4 sur 5.

  • Création : Reiner Knizia
  • Illustrations : Francesco De Benedittis
  • Édition : Horrible Games (Gigamic pour la VF)
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4 (tourne bien à toutes les configurations. Plus de contrôle à 2, plus de tension à 4).
  • Âge conseillé : Dès 8 ans (bonne estimation)
  • Durée : 30 à 45 minutes
  • Thème : Ville
  • Mécaniques principales : Cartes, construction. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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Article écrit par Loïc. Breton d'origine et exilé depuis peu en Suisse (pour son chocolat, surtout), Loïc vit et respire jeux de société. Il est toujours prêt à sortir cartes et plateaux pour s'amuser et partager sa passion débordante. Joueur dans l'âme, sa devise est "Une petite partie, entre deux arrêts de bus ?".

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