Reflecto : Si belle en ce miroir
❄️ Reflecto, le jeu inspiré du conte La Reine des Neiges : un mélange original mais imparfait de devinettes et de dames chinoises.
Reflecto
⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Reflecto est un nouveau jeu de société qui tente de combiner les mécanismes classiques des dames chinoises avec des éléments de devinettes, le tout dans un univers inspiré du célèbre conte La Reine des Neiges. Bien que l’idée soit inédite et prometteuse, le résultat manque malheureusement de finesse dans son exécution.
Contexte et inspiration
Tout d’abord, il convient de replacer Reflecto dans son contexte. Le jeu s’inspire ouvertement du conte d’Andersen La Reine des Neiges, publié pour la première fois en 1845. Dans le conte d’Andersen, la reine des neiges n’a pas de bonhomme de neige parlant, mais un traîneau. Et loin d’être libérée, délivrée, c’est elle qui kidnappe Kay, le garçon aux éclats de miroir logés dans l’œil et le cœur. Et c’est son amie Gerda qui devra le chercher pour le ramener à la vie normale.
Elle traversera différentes épreuves, et finira par rejoindre le palais de la reine des neiges, où Kay joue avec des morceaux de glace, en essayant de former le mot Éternité, qui lui rendra la liberté, et lui donnera la terre entière et une paire de patins. Les enfants réunis, une fois les morceaux de verre fondus par leurs larmes respectives, forment le mot et quittent le palais pour rentrer chez eux.
Le jeu Reflecto propose de jouer la confrontation finale entre Gerda et la Reine des Neiges. Chaque joueur et joueuse incarne l’un ou l’autre personnage et utilise des pièces sur un plateau pour dévoiler des lettres et deviner le mot secret de l’adversaire. Voyons plus en détails les règles et le matériel.
Règles et fonctionnement
Chaque joueur et joueuse reçoit 8 chevalets: 6 permettent d’écrire une lettre et 2 sont des miroirs. On note secrètement un mot de 5 lettres sur ses chevalets, puis on les place sur le plateau dans un ordre aléatoire.
On joue chacun son tour en déplaçant une pièce selon les règles des dames chinoises: une case ou plusieurs en sautant. À la fin du mouvement, on peut regarder dans ses miroirs pour tenter d’apercevoir une lettre de l’adversaire.
Le but est soit de deviner le mot secret de l’autre avant qu’il n’ait sorti toutes ses pièces, soit de sortir toutes ses pièces en premier. Les lettres doivent être sorties dans l’ordre du mot.
C’est un mélange plutôt malin entre jeu de plateau et jeu de devinettes. Cependant, le matériel et l’exécution laissent un peu à désirer, comme nous le verrons.
Un matériel encombrant et tape-à-l’œil
Première déception lorsqu’on ouvre la boîte : la quantité de plastique. Pour loger les 8 gros chevalets, il a fallu une boîte XXL avec thermoformage. Résultat : l’ensemble prend beaucoup de place une fois déballé.
De plus, les chevalets sont volumineux pour assurer la lisibilité des lettres. Conséquence: le plateau de jeu est surdimensionné lui aussi. L’ensemble donne une impression de matériel imposant et envahissant.
Côté esthétique, le minimalisme choisi colle bien à l’univers froid et glacial du jeu. Mais le rendu manque de charme et de fantaisie. On aurait aimé quelque chose de plus immersif et féérique pour nous transporter dans l’imaginaire du conte.
Un mécanisme ingénieux mais limité
L’idée de mêler dames chinoises et devinettes est astucieuse, cela doit être souligné. Cependant, dans les faits, le résultat est mi-figue mi-raisin. En effet, les dames chinoises sont un jeu tellement riche que l’ajout des miroirs paraît superflu.
Pour gagner, il faut soit deviner le mot, soit sortir toutes ses lettres. Mais ces deux objectifs sont contradictoires: pendant qu’on cherche le mot adverse, on ne progresse pas vers la sortie des pièces. Difficile de mener les deux stratégies de front.
De plus, la réussite dépend beaucoup du mot choisi. Un mot sans anagramme possible ou avec des lettres trop communes sera un handicap. La victoire ira sûrement à celui qui a le mot le plus « intraçable ».
On aurait aimé que le principe des miroirs et des devinettes apporte plus de profondeur et vienne véritablement enrichir le gameplay des dames chinoises. Tel qu’il est, le système manque de finesse.
Un bon jeu mais pas la claque espérée
En conclusion, Reflecto est une tentative intéressante mais imparfaite de mélanger genres et mécanismes. L’ajout d’éléments de devinette aux dames chinoises est une idée créative, mais qui aurait mérité d’être poussée plus loin.
Le matériel volumineux et tape-à-l’œil ne rend pas justice à l’univers poétique du conte d’Andersen. On sent que le jeu aurait gagné à être plus raffiné, avec des illustrations et un matériel qui immergent davantage.
Comme pour beaucoup de jeux se basant sur un classique, il est plus facile de jouer et gagner à Reflecto avec une bonne connaissance des dames chinoises. La maîtrise des déplacements en saut et combinaisons de sauts permettra à un joueur ou une joueuse de déplacer ses chevalets beaucoup plus simplement. Il est capital de visualiser les trajectoires possibles, et de profiter des déplacements de l’autre. Ce n’est pas une capacité innée, et c’est plus compliqué qu’il n’en a l’air. Mais comme tout, à force de pratiquer, on peut acquérir une certaine adresse.
Reflecto est un bon jeu, mais soyons clairs, la plus-value apportée par le côté devinette vis-à-vis des dames chinoises est assez faible à mon avis. Il n’y a pas de révolution réellement apportée par cet ajout, ce qui joue en défaveur du jeu. Un plateau de dames chinoises permettra de jouer de 2 à 6, et pourra servir en plus d’élément de décor dans votre salon.
C’est dommage, car le principe du jeu est bon. Mais pour finir, Reflecto ressemble plus à un gadget amusant qu’à une véritable valeur ajoutée par rapport aux dames chinoises traditionnelles. Les fans du genre seront peut-être déçus par le manque d’approfondissement des mécanismes.
Malgré ces critiques, Reflecto reste un jeu sympa à essayer entre amis ou en famille. Son originalité peut surprendre et amuser. Mais pour les vrais passionnés de jeux de société, il ne s’agit pas d’un must-have révolutionnaire. On lui préfèrera sans doute un beau jeu de dames chinoises classique, aux règles éprouvées.
En résumé, un coup d’essai intéressant mais perfectible. Reflecto pèche par un matériel envahissant et un manque d’unité entre l’univers et les mécanismes. Dommage, l’idée de base était pleine de promesses. Espérons que les prochaines itérations sauront mieux tirer parti de ce mélange audacieux entre deux styles de jeux complémentaires.
Un bon jeu, mais pas une révolution, pénalisé par une surabondance de plastique.
Sympathique, sans plus.
- Date de sortie : Octobre 2023
- Langue : Française
- Fabriqué en : Chine
- ITHEM : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : E. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Création : Roberto Fraga
- Illustrations : Hami
- Édition : Igiari
- Nombre de joueurs et joueuses : 2 uniquement
- Âge conseillé : Dès 14 ans (bonne estimation)
- Durée : 20 minutes
- Thème : Conte
- Mécaniques principales : Dames chinoises, anagrammes. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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Article écrit par Clément. Adepte des jeux rapides, son pire ennemi est le paralyseur. Spécialiste des jeux de plis, des casse-têtes et des ours. Il a deux chats, trop de plantes et une mémoire défaillante. Devise : « Faut que ça poppe ! »


