Cartaventura – Les Trois Mousquetaires : L’expérience narrative
⚔️ Fidèle à l’esprit du roman et du film, « Cartaventura : Les Trois Mousquetaires » est une pépite narrative ! Analyse de ce condensé ludique.
Cartaventura : Les Trois Mousquetaires – L’Honneur de la Reine
⚠️ Avertissement : Pour faire écho à notre article sur le marketing d’influence dans le jeu de société, et dans le cadre d’une démarche de transparence, nous tenons à vous informer que ce jeu nous a été offert par l’éditeur. Notre avis reste toutefois impartial et sincère. Nous vous exposons ici les qualités et les défauts du jeu.
Capes et épées ont fait un retour tonitruant sur les écrans français en 2023 ! La sortie du blockbuster « Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan » du réalisateur Martin Bourboulon a propulsé la célèbre bande d’Alexandre Dumas sous les feux des projecteurs. Athos, Porthos, Aramis et le fougueux D’Artagnan ont à nouveau conquis le grand public avec ce film haletant porté par un casting 5 étoiles. Avec le deuxième volet qui sort dans quelques jours.
Mais le succès de cette superproduction n’est que le dernier épisode en date d’une longue histoire d’amour entre le septième art et le roman culte de Dumas. Depuis la première adaptation muette en 1921, les mousquetaires n’ont cessé d’inspirer le cinéma dans des versions tous azimuts, fidèles ou très libres. Il fallait une immersion interactive digne de ces inoxydables personnages : c’est désormais chose faite avec le jeu narratif Cartaventura « Les Trois Mousquetaires – L’Honneur de la Reine ». Plongez dans l’intrigue grâce à ce petit bijou ludique !
Vous nous connaissez si vous nous suivez, depuis 2007 nous apprécions ancrer nos critiques de jeux dans, sous, avec, à travers un certain angle et regard d’analyse, parfois culturel, parfois scientifique, parfois historique. C’est le cas ici dans cet article. La chronique du jeu Cartaventura : Les Trois Mousquetaires se trouve plus bas. Vous trouverez également en toute fin d’article une interview de l’équipe du jeu (scénariste, éditeur).
Les Trois Mousquetaires : épée et esprit à travers les âges
« Un pour tous, tous pour un ! » Cette devise immortelle résume l’esprit du célèbre roman d’Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires. Publié en feuilleton en 1844, ce classique de la littérature française a marqué des générations de lecteurs avec ses aventures palpitantes et inoubliables personnages. Près de deux siècles après sa parution, l’histoire des mousquetaires Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan continue de fasciner et d’inspirer. Explorons l’histoire fascinante derrière ce roman, son impact durable sur la culture populaire, et les raisons de la longévité de son message universel d’amitié, d’honneur et de bravoure.
La genèse d’un classique immortel
Avant de devenir l’un des auteurs les plus prolifiques et populaires du XIXe siècle, Alexandre Dumas a d’abord connu une enfance difficile. Né en 1802 à Villers-Cotterêts, il grandit dans la pauvreté après l’abandon de son père, le général métis Thomas-Alexandre Dumas. Passionné par les récits héroïques, il s’engage dans l’armée à 20 ans mais se tourne vite vers une carrière littéraire. En 1844, après quelques pièces à succès, Dumas publie Les Trois Mousquetaires en feuilleton dans le journal Le Siècle. Le roman remporte un triomphe immédiat.
L’intrigue se déroule en 1625, durant le règne de Louis XIII. La figure dominante est le Cardinal de Richelieu, homme d’État impitoyable déterminé à concentrer le pouvoir entre ses mains et à écraser toute opposition. Ses agents sont à la poursuite de la reine Anne d’Autriche, accusée de comploter contre le roi. C’est dans ce contexte politique périlleux qu’arrive à Paris le jeune Gascon d’Artagnan, avide de rejoindre les prestigieux mousquetaires du roi.
Le courage et l’honneur personnifiés
Le personnage de d’Artagnan est directement inspiré d’un mousquetaire historique du même nom, Charles de Batz de Castelmore. Fidèle à la réalité, Dumas dépeint un jeune homme fougueux et intrépide, prêt à tout pour devenir mousquetaire. Dès son arrivée à Paris, il se lie d’amitié avec Athos, Porthos et Aramis, trois inséparables mousquetaires dont les personnalités se complètent.
Athos, sombre et secret, cache sous son cynisme un passé dramatique. Porthos compense son origine roturière par une vanité démesurée. Aramis dissimule ses ambitions religieuses derrière un comportement mondain. Malgré leurs différences, les trois hommes vivent selon un code d’honneur immuable. Leur devise, « Un pour tous, tous pour un », scelle leur loyauté indéfectible.
Sous la plume de Dumas, ces personnages historiques prennent vie. Chacun incarne une facette de l’idéal romantique du héros: panache, courage, honneur et esprit de sacrifice. Leurs aventures, rythmées par de nombreux combats à l’épée, mêlent action trépidante et rebondissements dramatiques.
Un roman initiatique
Au-delà du simple récit d’aventures, Les Trois Mousquetaires relate la maturation progressive de d’Artagnan, qui passe de jeune provincial impatient à véritable mousquetaire, digne de ses pairs.
L’intrigue foisonnante mène les quatre compagnons à travers toute la France, de Paris à la Bretagne en passant par l’Angleterre. Ils déjouent les machinations du cardinal et sauvent l’honneur de la reine tout en affrontant de nombreux ennemis. D’Artagnan croise même la route de la mystérieuse Milady de Winter, agent double prête à toutes les perfidies.
Ces péripéties permettent à Dumas d’explorer plusieurs thèmes centraux: la valeur de l’amitié sincère, le sens du sacrifice, le conflit entre devoir et sentiments personnels. En peignant la société du XVIIe siècle, il offre une réflexion intemporelle sur la morale, la justice et le sens de l’honneur.
Un impact populaire durable
Le succès phénoménal des Trois Mousquetaires en a rapidement fait un roman emblématique de la culture populaire française. Dès 1845, une première adaptation théâtrale est montée à Paris. Depuis, les mousquetaires sont devenus des figures récurrentes du cinéma, de la bande-dessinée, des séries télévisées. Chaque époque réinterprète l’histoire à sa façon
Parmi les adaptations marquantes, la trilogie de films muets avec Douglas Fairbanks dans le rôle de d’Artagnan (1921) a largement diffusé les personnages auprès du grand public. Dans les années 50, les pastiches humoristiques des Trois Mousquetaires par Alexandre Dumas fils contribuent à ancrer les mousquetaires dans l’imaginaire collectif.
Plus récemment, la version de Stephen Herek avec Charlie Sheen (1993) offre une relecture enlevée et divertissante. La série BBC The Musketeers (2014-2016) s’inspire avec brio de l’esprit du roman pour une intrigue originale. Chaque adaptation reflète les valeurs de son époque tout en restant fidèle à l’essence du roman: l’exaltation de l’amitié, du courage et de l’esprit chevaleresque.
Un classique inoxydable
La critique littéraire s’est longtemps montrée ambivalente envers l’œuvre de Dumas, jugée comme un simple divertissement populaire. Certains y voient cependant une peinture réaliste de la société du Grand Siècle. D’autres analysent les ambiguïtés morales des personnages, tiraillés entre devoir et sentiments.
Quelle que soit l’interprétation, Les Trois Mousquetaires continue de passionner les lecteurs grâce à la plume alerte de Dumas et la force de ses personnages. Même si certains aspects sont datés, le roman véhicule des valeurs intemporelles qui résonnent encore aujourd’hui: loyauté, bravoure, sens du sacrifice.
Près de 200 ans après sa création, l’esprit des mousquetaires survit à travers d’innombrables œuvres inspirées du roman. Bandes-dessinées, romans dérivés, jeux vidéo: leurs aventures et leur code d’honneur légendaire fascinent toujours autant. Les valeurs qu’ils incarnent restent un idéal vers lequel tendre, en particulier pour la jeunesse. Signe de son statut de classique, Les Trois Mousquetaires reste un roman initiatique, une ode vibrante à l’amitié qui traverse les âges.
Redécouvrir un monument littéraire
En s’appuyant à la fois sur des personnages et des événements historiques, Alexandre Dumas a créé avec Les Trois Mousquetaires une œuvre intemporelle, véritable monument littéraire. Derrière l’intrigue trépidante se cachent des thèmes universels toujours pertinents. Redécouvrir ce classique permet de comprendre l’engouement durable qu’il suscite depuis près de 200 ans.
Que l’on soit fasciné par ses héros ou happé par son rythme haletant, Les Trois Mousquetaires procure toujours le même plaisir de lecture intact. Ce roman fondateur mérite amplement sa réputation de chef-d’œuvre inoxydable. La devise de ses héros légendaires résume parfaitement son esprit: « Un pour tous, tous pour un! »
Les Trois Mousquetaires & le cinéma, une histoire d’amour
Les adaptations cinématographiques du célèbre roman Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas ont été nombreuses au fil des ans, chacune apportant sa propre interprétation de l’histoire.
Le nombre exact de films basés sur Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas est difficile à déterminer avec précision en raison de la popularité du sujet et des nombreuses adaptations, remakes et variations inspirées par le roman. Depuis la première adaptation cinématographique en 1903, il y a eu des dizaines de films, à la fois des longs métrages et des courts métrages, produits dans divers pays et dans différentes langues.
On compte au moins 20 à 30 adaptations majeures, mais si l’on inclut toutes les variations, les séries télévisées, et les films d’animation, ce nombre pourrait facilement dépasser les 50. Ces adaptations varient considérablement en termes de fidélité au matériel source, de style et d’interprétation, reflétant la richesse et la flexibilité de l’histoire originale de Dumas et son attrait universel à travers différentes cultures et époques.
Voici cinq adaptations particulièrement connues :
- Les Trois Mousquetaires (1921) : Cette version muette, réalisée par Fred Niblo, est l’une des premières adaptations cinématographiques majeures du roman. Avec Douglas Fairbanks dans le rôle de D’Artagnan, elle est célèbre pour ses scènes d’action et son interprétation énergique.
- Les Trois Mousquetaires (1948) : Réalisé par George Sidney, ce film est devenu un classique, avec des performances mémorables de Gene Kelly dans le rôle de D’Artagnan et de Lana Turner en tant que Milady de Winter. Ce film est réputé pour sa combinaison d’action et d’humour.
- Les Trois Mousquetaires (1973) : Cette adaptation britannique, dirigée par Richard Lester, est célèbre pour son approche à la fois fidèle et humoristique du roman. Avec Michael York, Oliver Reed, Richard Chamberlain et Charlton Heston, elle a été saluée pour son équilibre entre action et comédie.
- The Musketeer (2001) : Ce film, réalisé par Peter Hyams, offre une interprétation très libre de l’œuvre de Dumas, avec un fort accent sur les scènes d’action chorégraphiées dans le style des films de kung-fu. Justin Chambers joue le rôle de D’Artagnan.
- Les Trois Mousquetaires (2011) : Réalisé par Paul W.S. Anderson, ce film est connu pour son approche stylistique et son utilisation de la technologie 3D. Avec Logan Lerman dans le rôle de D’Artagnan, et Milla Jovovich en Milady de Winter, le film mélange des éléments traditionnels du roman avec un style visuel moderne et audacieux.
Chacune de ces adaptations reflète les tendances cinématographiques de son époque, tout en restant fidèle à l’esprit d’aventure et de camaraderie qui caractérise l’œuvre originale de Dumas. Et bien sûr, il faut citer la toute dernière en date, celle sortie en début d’année 2023 (qui continue dans quelques jours).
Le grand retour en 2023
Sorti en avril 2023, le cinéma français a été marqué par la sortie de « Les Trois Mousquetaires: D’Artagnan », une adaptation moderne et audacieuse du classique d’Alexandre Dumas. Réalisé par le talentueux Martin Bourboulon, ce film est une réinterprétation épique qui revisite le roman historique avec un panache remarquable.
Sous la houlette du producteur Dimitri Rassam, le film a bénéficié d’un budget confortable qui transparaît dans la qualité des décors et des costumes. Martin Bourboulon, connu pour son style visuellement puissant, réussit brillamment à insuffler une énergie contemporaine à cette histoire séculaire. La réalisation virtuose enchaîne les plans audacieux, conférant au film un rythme enlevé.
Côté casting, le film peut s’enorgueillir d’une distribution de haut vol menée par Vincent Cassel dans le rôle du ténébreux Athos. L’acteur livre une performance nuancée, révélant toute la complexité du personnage. Face à lui, Romain Duris incarne un Aramis empreint de fougue et d’esprit. Quant à Porthos, il prend vie sous les traits charismatiques de Pio Marmaï.
Mais le véritable fer de lance du film est François Civil, le jeune acteur interprétant D’Artagnan. Il insuffle au personnage une fraîcheur et une impétuosité qui captent parfaitement l’exubérance de la jeunesse. Son alchimie avec les trois mousquetaires vétérans confère au film une dynamique d’ensemble irrésistible.
Fidèle à l’intrigue originale, le scénario place D’Artagnan au centre du récit comme héros en devenir. Engagé par les trois mousquetaires pour déjouer un complot menaçant le trône, il va progressivement gagner ses galons à travers maintes péripéties rondement menées. Les nombreux rebondissements sont habilement dosés, garantissant un récit dense mais accessible.
L’atout indéniable du film réside dans sa direction artistique époustouflante, ouvrant grandes les portes du XVIIe siècle. Les somptueux décors et costumes signés Thierry Flamand plongent littéralement le spectateur dans l’époque, grâce à un souci du détail impressionnant. La photographie de Christophe Beaucarne complète ce tableau en conférant aux images une palette de textures et de lumières riches et élégantes.
Cerise sur le gâteau, la partition d’Alexandre Desplat apporte la touche finale à cette splendeur visuelle et narrative. Ses thèmes entraînants et sa musique de cour sublimée accompagnent l’action avec brio, exaltant les scènes de bravoure aussi bien que les moments plus intimistes.
Accueilli chaleureusement par le public et la critique, le film s’impose comme un divertissement de haute volée, sans renier une réflexion sur les valeurs de loyauté et d’amitié. En renouant avec la tradition du cinéma de cape et d’épée, Les Trois Mousquetaires: D’Artagnan prouve que ce genre a encore de beaux jours devant lui. Porté par une distribution étincelante et une réalisation virtuose, ce film palpitant ravive la flamme d’un classique indémodable.
Et donc, il s’agissait en avril du premier chapitre. À peine quelques mois plus tard, c’est le 13 décembre encore de cette année que sortira la suite, Milady.
La prod du film a tellement apprécié les jeux de la gamme Cartaventura et leur fidélité historique qu’elle a collaboré avec l’éditeur d’Annecy Blam ! pour concocter une boîte et ainsi accompagner la sortie du film. Elle vient tout juste de sortir aujourd’hui. Nous avons pu la découvrir en avant-première, et voici notre analyse.
Après avoir exploré l’éclat visuel et la dynamique narrative du film « Les Trois Mousquetaires: D’Artagnan », notre aventure ne s’arrête pas là. Comme d’Artagnan franchit les portes de Paris avec fougue et détermination, nous aussi nous apprêtons à traverser une nouvelle porte, celle menant du grand écran à l’interactivité, ludique et personnelle.
Si le film a su ravir nos yeux et enflammer notre passion pour l’époque du XVIIe siècle, le jeu Cartaventura « Les Trois Mousquetaires – L’Honneur de la Reine » nous offre une opportunité de tenir les rênes de l’histoire. Passons maintenant du rôle de spectateur à celui d’acteur, prêts à influencer le cours des événements et à façonner notre propre légende, carte après carte (une transition super épique qui va bien ici…).
Cartaventura : Les Trois Mousquetaires – L’Honneur de la Reine : Une plongée interactive au cœur de l’intrigue !
La sortie du jeu narratif Les Trois Mousquetaires – L’Honneur de la Reine par Blam ! dans leur gamme Cartaventura est l’événement à ne pas manquer en cette toute fin du mois de novembre pour tous les fans du célèbre roman d’Alexandre Dumas ! Et pour tous les fans de jeux narratifs, interactifs.
Sous licence officielle, ce jeu de cartes vous propose de revivre l’aventure du film à succès dans la peau du jeune d’Artagnan. Grâce à son système (très) malin, vous allez pouvoir explorer librement ce classique de la littérature et en décider l’issue !
Un principe ludique qui donne le pouvoir au joueur et joueuse
Le concept des livres dont vous êtes le héros n’est plus à présenter. Avec Cartaventura, ce principe est transposé sous forme de jeu de cartes narratif. À l’aide d’un paquet illustré, vous construisez votre aventure en sélectionnant diverses options au fil des chapitres. Vos choix orientent le récit et mènent à une des fins possibles.
Concrètement, « Trois Mousquetaires – L’Honneur de la Reine » se compose de 35 cartes qui présentent le scénario sous forme de cartes numérotées. En piochant les cartes, vous avancez dans l’histoire de chapitre en chapitre carte en carte, scène en scène. Arrivé à la fin d’une carte, vous devez décider de la suite ! C’est là que le jeu devient passionnant.
En effet, certaines cartes vous proposent un choix binaire, entre deux options. D’autres présentent plusieurs possibilités, vous laissant totalement libre. Dans les bottes (littéralement !) de d’Artagnan, à vous de décider comment agir, qui rencontrer, quel chemin emprunter pour mener à bien votre quête. Vos choix influencent directement le déroulement de la partie et la conclusion à laquelle vous allez aboutir.
Une plongée fidèle dans l’univers du film
Le scénario s’inspire directement du long-métrage pour un maximum d’immersion. Vous incarnez d’Artagnan, jeune Gascon monté à Paris pour devenir mousquetaire. Après avoir rencontré Athos, Porthos et Aramis, vous êtes entraîné dans une périlleuse aventure mêlant complots politiques, trahisons et affrontements épiques. Votre mission : défendre l’honneur de la reine Anne d’Autriche et sauver le trône de France.
Tous les ingrédients qui ont fait le succès du film sont présents : les combats à l’épée mémorables, l’action trépidante, l’amitié (virile) entre les mousquetaires, ou encore la menace du Cardinal de Richelieu. Les fans retrouveront avec plaisir cet univers, sublimé par le style littéraire inspiré de Dumas qui confère une véritable dimension épique au récit.
Pour pimenter le tout, comme dans tous les Cartaventura, le jeu propose trois fins différentes. De quoi donner de la rejouabilité et motiver à explorer toutes les possibilités offertes.
Des règles simples pour une prise en main immédiate
Malgré la richesse de son système, Cartaventura parvient à proposer des règles simples et intuitives. Toutes les explications tiennent sur quelques cartes, ce qui permet de commencer une partie rapidement.
Durant l’aventure, vous accumulez des points de Bravoure et d’Intrigue en fonction de vos choix. Ces points symbolisent vos qualités et vos défauts. Plus vous en avez, plus vous pouvez accéder à certaines options ou débloquer des cartes spéciales. Ce mécanisme subtil apporte de la profondeur au récit, au jeu.
Les parties se jouent de 1 à 6. Mais perso, je préfère l’expérience à 1-2. Vous pouvez lire les cartes à voix haute et décider collectivement de la suite, pour une véritable expérience de groupe. Comptez 30 à 45 minutes par partie, selon vos choix.
Un univers travaillé pour une immersion totale
60 ans après leur Cartaventura Versailles et Julie d’Aubigny, Blam plonge à nouveau dans le XVIIe siècle. Côté réalisation, Cartaventura a mis le paquet (c’est le cas de le dire. OK je sors) pour capturer l’essence du XVIIe siècle. Les illustrations façon aquarelle renvoient aux carnets de voyage de l’époque et plongent d’emblée dans l’ambiance. Le style littéraire s’inspire adroitement de Dumas, les dialogues des personnages sonnent juste.
Les cartes proposent de superbes illustrations artistiques aux palettes de couleurs dominée par des tons chauds et une technique qui rappelle l’aquarelle, avec des transitions douces et des contours moins définis. Le tout évoque un sentiment de nostalgie et d’aventure, capturant l’essence romancée d’une époque révolue.
Les illustrations, très semblables à celles de Cartaventura : Versailles (voir ci-dessus), et pour cause, c’était déjà le même illustrateur Guillaume Bernon au pinceau, réussissent à nous immerger dans un moment captivant de l’histoire française, stimulant l’imagination avec des indices et éléments visuels qui invitent à l’exploration d’une histoire plus large.
On ne va pas se le cacher, ces illustrations donnent envie de piocher la suite pour découvrir le récit. On sent que l’équipe du jeu est allée puiser dans l’univers du film pour recréer des décors riches et détaillés, mais adaptés. Mention pour la direction artistique homogène et soignée de la collection Cartaventura.
Interview de l’équipe du jeu
1. Comment avez-vous travaillé pour assurer que le jeu reste fidèle au roman et du film tout en offrant une expérience ludique unique ? Quels ont été les principaux défis et opportunités lors de la transposition de cette histoire emblématique en un jeu de cartes narratif ?
Pierre Buty – Scénariste : Dans toute adaptation, il y a des choses qui changent. C’est obligé pour répondre aux besoins du média. Pour convertir un film en un Cartaventura, par exemple, il y a des contraintes de format très strictes qui limitent la quantité de choses qu’on peut raconter. Il faut aussi proposer des choix pour que les joueurs puissent influer sur l’histoire. Mais dès qu’on bifurque, on a quitté l’intrigue de l’œuvre source. Comment faire pour avoir l’impression d’être toujours dans la même histoire, pour se diriger quand même vers une résolution qui fasse sens ? Il faut repérer les points de tensions, des endroits où les personnages auraient de bonnes raisons d’agir autrement. Cela ouvre une voie à explorer qui reste en relation avec l’intrigue de départ.
L’autre défi, c’était de travailler sur une histoire aussi connue et de quand même permettre au joueur d’être surpris. Je faisais attention à ce que chaque péripétie soit différente de ce qu’on pouvait attendre : d’autres liens de cause à effet, un dialogue inédit, voire une scène entièrement neuve.
Cela aide d’être à cheval entre deux sources de référence. Quand on pense aux trois mousquetaires, il y a quelques ingrédients qui s’imposent : des combats à l’épée, le cardinal qui complote avec Milady, de la romance, le collier de la reine… Mais ces ingrédients ne sont pas agencés de la même manière dans le roman et dans le film. Le film s’est inspiré du livre, et en a changé ce qu’il fallait pour proposer une expérience cinématographique forte. J’ai fait pareil. L’équipe de Pathé l’a très bien compris, et a validé l’essentiel des modifications sans faire de difficultés.
2. Pouvez-vous nous parler de la collaboration entre l’équipe de développement du jeu et les créateurs du film ‘Les Trois Mousquetaires’ ? Comment cette interaction a-t-elle influencé le processus de création du jeu et quels éléments du film avez-vous particulièrement cherché à intégrer ou à adapter pour le jeu ?
Simon – Directeur éditorial de BLAM ! : C’est tout d’abord Pathé (ainsi que Chapter 2, l’autre producteur) qui nous a proposé de faire un Cartaventura autour de leur licence. Même si nous n’étions à l’origine pas intéressés pour une licence, la proposition des 3 Mousquetaires nous a très vite séduites : le roman original évidemment, la promesse d’un film de cape et d’épée trépidant mais aussi des choix de la production du film comme par exemple de tourner dans les véritables lieux ou de faire forger de vraies armes d’époque.
Ainsi, la collaboration avec les producteurs a été très riche. Nous avons tout d’abord pu avoir accès à de nombreux croquis, voir le film en avant-première, au storyboard du 2eme… Cela nous a permis très vite de sentir l’ambiance et la direction qu’il voulait donner aux personnages.
Les producteurs avaient une totale confiance en l’équipe du jeu, du coup, ils nous ont laissé une totale liberté sur l’écriture et sur les choix que nous faisions. Ils avaient totalement conscience dès le début de ce que nous allions devoir modifier des éléments du film et cela n’a jamais été un problème. Le point le plus complexe est évidemment la représentation des acteurs, là-dessus il fallait rester assez éloigné ou dans l’ombre pour ne pas poser de soucis de droit à l’image. Ils nous ont accompagnés là-dessus de manière très pertinente.
Ainsi, c’est une collaboration vraiment constructive qui nous a permis de créer un jeu riche, tiré du film, mais avec une véritable création “Cartaventura”.
3. Les illustrations et la direction artistique jouent un rôle crucial dans l’immersion narrative du jeu. Quel a été le processus derrière la création des visuels du jeu, et comment avez-vous travaillé pour capturer l’essence du XVIIe siècle tout en restant cohérent avec l’esthétique du film ?
Claude Lucchini – Directeur artistique de BLAM ! : Le défi pour l’Honneur de la Reine fut totalement différent des autres Cartaventura. Pour la première fois, nous n’avons pas été accompagnés par un conseiller historique car l’objectif était de coller à l’univers du film. Nous nous sommes donc appuyés sur le « style guide » fourni par l’équipe de production, ainsi que le storyboard et bien sûr le film lui-même. Un matériau très riche et relativement confortable pour définir les illustrations. Cela nous a permis de respecter les costumes – l’un des choix artistiques forts du réalisateur – ou d’évoquer certaines scènes : la couverture fait par exemple écho aux premières minutes du film. Il fallait cependant éviter le copié-collé, inintéressant pour le joueur ayant vu le film. Certains « plans » ont donc été repensés ou ajoutés : une sorte de « director’s cut » en somme. Nous avons quand même fait nos propres recherches historiques – en particulier pour les éléments du jeu qui ne sont pas dans le film – même si on savait qu’on disposait d’une certaine liberté : la même que celle prise par Alexandre Dumas ou Martin Bourboulon !
4. Le jeu propose un système narratif interactif où les choix des joueurs et des joueuses influencent l’histoire. Comment avez-vous conçu ces mécaniques de jeu pour refléter les thèmes du courage, de l’amitié et de l’honneur qui sont centraux dans les 3MQ ?
Pierre Buty – Scénariste : Au départ, je voyais une contradiction entre le rythme trépidant et l’héroïsme d’une histoire de cape et d’épée, et la tonalité plus contemplative d’un Cartaventura où l’on n’est généralement pas en danger. Je voulais une mécanique pour que les joueurs puissent sentir le frisson de plonger dans une échauffourée sans savoir s’ils allaient s’en tirer. L’idée des points de Bravoure qu’on collectionnait en faisant des choix courageux est venue assez vite. Mais s’il n’y avait que ça, ça aurait donné l’impression que seules les batailles comptaient, alors que les mousquetaires sont des personnages plus complexes que ça. Rajouter les points d’Intrigue permettait de créer une ambivalence : les joueurs pouvaient désormais jouer le va-t-en-guerre, ou s’intéresser plus à la romance et à la politique. Au final, les deux sont importants.
5. Le jeu propose plusieurs fins en fonction des choix des joueurs et des joueuses. Comment avez-vous conçu ces fins ? Ont-elles été inspirées par des éléments du film, du roman original, ou sont-elles entièrement issues de la créativité de votre équipe ?
Pierre Buty – Scénariste : Toutes les résolutions sont des créations originales. Si le joueur suit au plus près l’intrigue du film, il atteint une fin heureuse qui a l’air parfaitement naturelle, mais qui n’existe ni dans le livre ni dans le film car leur action ne s’arrête pas là. Si les joueurs bifurquent… et bien ils découvriront des résolutions différentes, qui les inviteront peut-être à porter un autre regard sur le reste de l’histoire. Le but n’est pas de créer des fins super originales, mais de trouver où le récit contient une question intéressante et de permettre au joueur d’essayer différentes réponses.
Le verdict : une expérience narrative unique !
Avec « Trois Mousquetaires – L’Honneur de la Reine », Cartaventura signe une adaptation réussie qui ravira autant les fans du film que les habitués du jeu narratif. Son système astucieux donne un réel pouvoir au joueur sur le déroulement de l’histoire. La grande rejouabilité et les multiples fins possibles renforcent l’aspect immersif.
Plus court, plus petit, plus condensé, plus intense, Cartaventura Les Trois Mousquetaires – L’Honneur de la Reine se distingue comme une prouesse ludique, épurée et flamboyante, réussissant à condenser une histoire captivante, romanesque, épique, en seulement 70 35 petites cartes carrées, la moitié des Cartaventura « habituelles ».
Que l’on joue en solo ou à plusieurs, on prend un vrai plaisir à explorer les différentes pistes et à voir où nos choix mènent. Même en connaissant le film (le premier chapitre, sorti en avril, du moins), on est happé par les nouvelles bifurcations. Le soin apporté à la réalisation et les illustrations de qualité finissent de captiver.
Bref, si vous cherchez une expérience narrative prenante et riche en rebondissements, foncez sur ce jeu. Avec « Les Trois Mousquetaires – L’Honneur de la Reine », vous avez l’occasion unique de plonger en profondeur dans cet univers légendaire et d’en devenir le héros le temps d’une partie endiablée. Une adaptation inspirée d’un classique indémodable à (re)découvrir d’urgence !
Avec ce jeu immersif au système malin, Cartaventura réussit un coup de maître et rend un vibrant hommage à l’univers intemporel des Trois Mousquetaires. Même les fans du roman original ou du dernier film trouveront dans « L’Honneur de la Reine » matière à se laisser surprendre. La grande rejouabilité et les multiples fins possibles invitent à explorer sous toutes les coutures cette intrigue pleine de rebondissements.
Que l’on soit novice ou vétéran du jeu narratif, Cartaventura nous offre l’occasion rêvée de nous glisser dans la peau de d’Artagnan. Le temps d’une partie endiablée, nous voilà plongés au cœur de l’action, confrontés à des choix cornéliens, le destin de la Couronne de France entre nos mains. « Un pour tous, tous pour un » : à nous de faire honneur à la devise légendaire des mousquetaires !
Grandiose ! Un concentré ludique et narratif au service, réussi, d’un roman (et d’un film !).

- Date de sortie : Novembre 2023
- Langue : Française
- Assemblé en : France
- ITHEM : 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 5 (si on y joue à plusieurs). Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : A (++++++). Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Création : Thomas Dupont, Pierre Buty
- Illustrations : Guillaume Bernon
- Édition : Blam !
- Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 6 (tourne mieux à 1-2)
- Âge conseillé : Dès 10 ans (pas moins !)
- Durée : 30-45 minutes par partie (3 fins possibles)
- Thème : Littérature, histoire
- Mécaniques principales : Coopératif, cartes, narratif. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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Article écrit par Gus. Rédacteur-en-chef de Gus&Co. Enseigne à l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration, travaille dans le monde du jeu depuis 1989 comme auteur et journaliste.

