Jeux de plateau

Polémique autour d’une soirée jeux non-mixte

Une ludothèque à Genève a voulu organiser une soirée réservée aux femmes. Annulée !


Jeux et non-mixité

C’est la Tribune de Genève qui le révélait hier. La ludothèque du Petit-Saconnex, situé sur la Rive Droite de Genève, avait comme projet d’organiser une soirée jeux réservée aux femmes. Ou « mixité choisie, sans homme cisgenre », pour son appellation moderne. Autrement dit, et pour prendre un raccourci, une soirée non-mixte, réservée aux femmes et donc interdite aux hommes.

Planifiée depuis mi-janvier, cette soirée aurait dû avoir lieu hier soir vendredi 28 janvier. L’événement a suscité une telle vague de réactions négatives, et violentes, sur les réseaux sociaux de la part d’hommes, que la ludothèque a décidé d’annuler la soirée.

👉 À lire également : Les ludothèques, ces lieux célestes pour célébrer le jeu.

Sur son blog internet, la ludothèque avait expliqué, dans un long argumentaire, les raisons de cet événement. Selon la ludothèque, ce sont des utilisatrices des lieux qui en avaient fait elles-mêmes la demande. Selon la responsable de la ludothèque interviewée par la Tribune de Genève, elle indique que « ces jeunes femmes font un constat : en mixité, elles ne peuvent pas profiter pleinement de l’expérience de jeu. »

Dessin de presse du dessinateur Herrmann, 29.1.22

Dans ce but, la ludothèque a donc décidé d’organiser une soirée jeux réservée à la gent féminine, non homme cisgenre. Et ceci pour «profiter d’un moment d’auto-émancipation, où la parole est libre et où personne ne ressent le besoin de se justifier ou de s’autocensurer, consciemment ou inconsciemment».

Après avoir essuyé un torrent de réactions négatives, la soirée est donc passée à la trappe. Il suffit de lire les dizaines de commentaires, parfois hargneux, sur le site de la Tribune à la suite de l’article pour constater de la sensibilité du sujet.

Et le politique s’est même emparé du sujet. La représentation municipale du PLR, un parti de droite, s’est aussitôt fendu hier d’un communiqué pour fustiger l’initiative. Titré « Une culture sexiste s’immisce en Ville de Genève », le texte cite l’article de loi de notre Constitution fédérale suisse (Art. 8, al. 2) qui rappelle le principe d’égalité. Et en profite pour rappeler la mission d’une ludothèque, accueillir du public et faire jouer. Selon le PLR, la ludothèque outrepasse ses droits et devoirs.

Maintenant que le « shitstorm » est bien lancé, c’est un débat, raisonné, à avoir. Faut-il réserver des soirées, jeux ou autres, aux membres d’un même sexe ? Si cela se fait dans certains milieux de manière tacite, faut-il toutefois l’indiquer, le communiquer, pour marquer une non-mixité ? Si cela se fait évidemment dans les cercles privés, proposer de telles soirées dans un lieu public devient sujet à polémique. Est-ce qu’un lieu public ne devrait pas rester… public, justement ?

Et au fond, question naïve, est-ce si compliqué de jouer à un jeu de société ou à un jeu de rôle avec l’autre sexe ? En parfaite mixité ? N’a-t-on pas plus à y gagner ?

Des soirées jeux interdites aux femmes ou aux hommes, une bonne idée ? Que pensez-vous de cette initiative lancée par cette ludothèque ?

36 Comments

  • Benjamin Bigot

    De mon point de vue : oui diviser, filtrer ça sent le souffre…
    Maintenant le soucis de mon point de vue c’est que c’est celui d’un homme hetero cis blanc… celui de quelqu’un qui subit peu le harcèlement/racisme et autre truc nauséabond
    Je comprend l’envie de se retrouver, dans ce cas, entre femmes mais je trouve dommage que la société dans laquelle on vit pousse à ces comportements…
    Sujet intéressant mais tellement casse gueule 😁

    • lagrange andré

      Intéressant, la question est sans doute y a t il un public demandeur? Et si oui pourquoi? Personnellement je fais partie d’un petite association de joueur auquel ma femme et moi-même nous rendons et l’avantage c’est que l’on peut choisir avec qui l’on joue. Et des fois je me retrouve à une table de garçon et franchement j’apprécie ce moment (sans doute comparable à ces clubs privés ou une bande d’humain testeronnés fument un barreau de chaise). Mais j’apprécie les moment ou je joue aussi à une table mixte et j’apprécie aussi de jouer à une table ou je suis le seul « gars ». Et je suppose que pour ma femme c’est pareil. L’avantage d’un club ou d’une association c’est que l’on à le choix en fonction de ses envies du moment. Organiser une soirée juste pour une catégorie ça me parait réducteur, et laisse sous entendre que,finalement dans ces soirées, on n’a pas le choix ou que l’on est dans un tel contexte, que l’on ne puisse pas dire tiens si on se faisait une table de fille ce soir ou un table de garçon peu importe…
      En serait on arrivé à ce point..

  • Yann

    Je trouve l’initiative intéressante bien que peu politiquement correcte.

    Je peux comprendre que jouer avec des hommes (même bien intentionnés/élevés) puisse pour certaines femmes être limitant. Car le sexisme ordinaire, inconscient rôde toujours dans toutes les relations humaines.

    Me considérant moi-même comme sympathisant féministe et attentionné, il m’arrive dans la vie (et donc probablement aussi dans le jeu) d’avoir des propos qui peuvent heurter des sensibilités sans m’en rendre compte.

    Je doute que la non-mixité soit une solution à long terme mais pourquoi pas l’instaurer de temps en temps pour permettre aux femmes qui le souhaitent (ou aux hommes qui le souhaitent) de pouvoir souffler un peu auprès de personnes qui auraient des sensibilités proches ou dont on ne voudrait pas nécessairement se « protéger ».

    Cautionner la non-mixité ou l’encourager comme solution temporaire ne nous empêche pas de travailler sur les causes de ce besoin que les utilisatrices ont exprimé!
    Tous et toutes, nous devrions faire des efforts (sur le long terme) pour transformer nos mentalités et nos actes afin que les femmes n’aient plus besoin de cette non-mixité pour se sentir à l’aise/en « sécurité ».

    Et pas uniquement autour d’un jeu non?

    -Réponse d’un homme noir cis genre- (pour celleux qui ont besoin de ce contexte)

  • Pierre Bleiker

    Énormément de lieux publics proposent des animations, ateliers, cours ou accueils libres en mixité choisie. Par exemple, la salle de gym ouverte le soir par des TSHM interdite au plus de 25 ans ou aux mecs, le cours de robotique organisé par GE DÉCOUVRE (initiative publique) ouvert que aux filles, soirée filles dans divers maison de quartier, ouverture du skate parc en mixité choisie, etc. La liste peut s’allonger encore bien plus!!

    Les jeux sont éminemment sexistes, il suffit de travailler un petit moment en ludothèque pour s’en rendre compte. C’est la maman qui arrache la poupée de son petit de 2 ans car c’est un jouet de filles, c’est le mec qui gère toute l’équipe à Pandemie ne laissant pas la moindre place aux filles du groupe, c’est la dînette rose et le camion bleu, c’est des guerrière portant juste un soutif en métal à côté d’un paladin en armure intégrale dans les illustrations…

    Alors oui, organiser des soirées réservée à un public spécifique est important et salutaire. C’est une manière de renforcer la cohésion sociale en permettant à des personnes marginalisées de s’exprimer et de s’approprier le lieu dans un moment safe.

    N’oublions pas qu’il s’agit d’une soirée sur les dizaines organisées en mixité totale…

    Vivement les prochaines.

  • Ange

    Comme dit dans l’article : public = pas de ségrégation
    Et j’apprécie : N’a-t-on pas plus à y gagner ?

    (Par exemple, dans le boulot, je cherche toujours à avoir une mixité dans mes équipes, les exemples de tout l’un ou tout l’autre ont rarement été de bonnes expériences sur la longueur d’un projet)

    • Michael

      Moi, homme blanc cis-genre de 50 ans, je ne joue qu’avec des femmes. Je suis toujours minoritaire entre mes filles, ma compagne, les femmes avec qui je danse le tango et mes amies. Et je ne m’en plains pas !

      Pour cette polémique, ne suffisait il pas de mettre quelques tables uniquement pour les femmes en l’indiquant par un message sympathique ?

      Ce qui me désole dans cette histoire où nous devrions tous et toutes combattre pour notre liberté, c’est que ce genre d’histoire tend à émietter la société en micro groupes ! C’est bien triste alors que le but du jeu de société comme je l’aime est de sortir les personnes des écrans pour qu’ils se retrouvent ensemble et partage un bon moment !

      • Blanc

        Ah donc même dans ce super loisirs qu’est le jeu de société on est obligé de ramener les luttes sociales sur le tapis? Parce que moi je pensais qu’un loisirs permettait de penser à autre chose,de s’amuser, et je suis pas fana du monopoly des inégalités (ni du monopoly tout court d’ailleurs).
        Est-ce qu’on pourrait juste laisser ce loisirs en paix?

  • Homère Dalors

    Qu’aurait-on entendu si la même soirée jeux, dans un lieu public, avait été ostensiblement réservée aux hommes ? Probablement les mêmes offuscations d’une frange minoritaire (mais malheureusement souvent bruyante) des adeptes d’une certaine idée du féminisme. Et j’insiste sur le caractère minoritaire de ces dérives qui ne doit pas ternir la progression des idées émancipatrices.
    Ici, la question de la liberté aurait peut-être pu se poser. Liberté de se réunir avec qui on veut. Oui, mais dans un cadre privé alors. Le caractère public du lieu et l’affichage qui semble en avoir été fait discréditent à mon sens la démarche (et peut-être la rend même illégale au sens des principes d’égalité semblant avoir été invoqués. Plutôt rassurant).

    Plus globalement (attention sujet sensible), je pense que le féminisme est un humanisme. Et l’humanisme ne soufre d’aucune exclusion. La « discrimination positive » n’est pas une forme d’égalité. C’est juste une discrimination de plus. Certes le combat féministe est difficile et il doit être défendu et soutenu aussi souvent qu’il le faut. Aucune espèce d’hésitation sur cette nécessité. Mais exclure pour « protéger » ou croire qu’il s’agit de la seule solution pour « protéger » me semble très réducteur et finalement manquant cruellement de courage et de responsabilité. Mais c’est certainement plus facile que de travailler au respect mutuel, à la tolérance, et au vivre ensemble. Une question de volonté sans doute.
    Le véritable enjeu me semble plutôt être d’oeuvrer à rassembler les différences, rassembler les complémentarités, rassembler dans un esprit de concorde (une utopie ?). La période que nous vivons est propice aux isolements, aux communautarismes. Communautarisme ethnique, communautarisme religieux, communautarisme culturel, et maintenant communautarisme LGBT, communautarisme de genre ? N’en jetez plus. Essayons modestement d’arrêter les divisions.
    Belle utopie. Mais ne sont-ce pas les utopies qui ont toujours guidé les grandes évolutions humanistes ?

  • Clément

    Je suis un homme blanc cisgenre, et je suis consterné par les réactions à cet événement.

    Oui, il est nécessaire, parfois, de se réunir entre personnes qui partagent des caractéristiques, en particulier lorsque ces caractéristiques ne sont pas celles portées par la majorité (réelle ou perçue) de la société dans laquelle vous vivez. Les francophones organisent des projections et des débats dans les pays anglophones et les occidentaux ont tendance à traîner entre eux dans les pays asiatiques, par exemple. Ce sont des comportements qui ne sont pas considérés comme scandaleux, si ?

    Si on transpose dans notre société, ne pas appartenir à la majorité (encore une fois, réelle ou perçue) c’est être noir, être une femme, ne pas être hétérosexuel, etc. Alors que des personnes qui sont membres d’un groupe « minoritaire » souhaitent se réunir entre elles, ça me parait normal. Encore plus dans des milieux où elles sont souvent mal accueillies, le gatekeeping étant réel dans le monde du jeu de société, comme dans tous les milieux « geek ». Le cliché de la fake geek girl s’applique également chez nous…

    Que des femmes aient envie et besoin de jouer entre femmes ne m’enlève rien, et n’enlève rien à personne. La non-mixité choisie est une réponse à un état de fait de notre société, qui est la non-mixité imposée par les hommes et la société dans plein de compartiments de la vie de tous les jours.

    NB: Je sais que les femmes ne sont pas minoritaires dans notre société, mais il se trouve que c’est une minorité perçue, du fait de conception patriarcale de celle-ci.

  • Caroline

    Étant moi-même une femme, je ne trouve pas normal qu’il y ait des soirées réservées aux femmes dans un espace public s’il n y a pas aussi l’équivalent masculin qui est organisé. (Et inversement évidemment ! c’est pas du jeu !).
    Ils auraient pu faire une soirée homme la semaine suivante tout simplement, l’égalité aurait été respectée. Ils peuvent aussi faire un événement mixte avec plusieurs tables dont certaines limitées selon les genres et d’autres restant mixtes.

    Je trouve encore moins normal qu’il y ait des messages haineux ou grossiers contre cette initiative. Au final, cela ne rapporte à personne. Les femmes vont encore moins fréquenter la ludo et les bénévoles voudront moins faire d’activités… tout le monde est perdant quand l’agressivité s’invite dans le débat…

  • Jean

    mon dieu que de discussions inutiles… pourquoi les femmes n’auraient pas le droit de jouer à des jeux de société entre elles… mon dieu les polémiques affligeantes…

    • Benjamin Bigot

      Le problème, tant soit que cela en soit un, n’est pas que les femmes jouent entre elle mais que l’on refuse l’entrée en fonction du genre

      • jumalphas

        Certes, mais à mon entraînement de basket du jeudi soir, on est que des hommes. Bon bah c’est pas grave, hein. Les hommes peuvent bien faire des trucs entre hommes, les femmes peuvent bien faire des trucs entre femmes.

        Et franchement, quel homme irait à une soirée réservée aux femmes ? Un chi… euh ! Un provocateur, non ? 😉

  • Sophie

    Et sinon vous auriez pu interroger sur le pourquoi d’organiser cette réunion ? C’était sûrement dans l’objectif de réunir des personnes qui vivent les mêmes oppressions mais bref vaut pas trop vous en demander.

    • Pierre

      Que de commentaire patriarcaux
      Et même la conclusion de l’article qui n’en pose aucune sur le comportement des hommes.
      Voilà où est la problématique.
      Alors les mâles frustrés de se voir fermer une seule porte pendant un seul soir, que changeriez vous dans votre comportement pour que les femmes soit autant à leur place que vous ?

  • alinerig

    Je partage totalement les propos de « HOMER DALORS » et ne vais pas en rajouter beaucoup car je l’écrirais sûrement moins bien. En tant que femme, défendant dès que je le peux les droits des Femmes (mais pas que), je trouve effectivement très risquée cette discrimination positive qui, à mon sens, désert la cause plus qu’elle ne la sert. L’évitement n’est pas une stratégie; le dialogue, le rappel des droits égalitaires en tout lieu oui. C’est évidemment plus confortable de se retrouver entre « pair » mais c’est justement à cela que sert le domaine privé. Pour que les droits de toutes et tous continuent à être revendiqués le domaine public, sauf cas spécifique, doit absolument être non excluant sous peine de renforcer les idéologies et les ghettos identitaires.
    En revanche, rien ne justifie les insultes et propos déplacés qu’ont dû subir les organisateurs et l’éventuelle récupération politique de cette affaire est bien évidement prévisible mais regrettable.

  • Adrien

    On vit dans un monde très compliqué où dire, faire quelques choses est souvent mal vu (et depuis le sujet des vaccinés et non vaccinés rajoutent de cette tension) je suis un homme et franchement qu’une soirée entre femme ai été organisée ne me pose aucun souci, tant qu’à un moment donné une soirée entre hommes soit aussi organisée pour équilibrer les choses au cas où cela dérangent certains hommes ! Franchement on n’a pas de vrai souci dans la vie pour s’occuper de ce genre de chose….

  • Silas

    C’est hilarant! Les 99% des offusqués du web par cette soirée n’y seraient de toute façon pas allé 🤣 c’est drôle, ces personnes n’existent que derrière leur écran🙃

  • skinnerskin

    Heureux de constater ici que les commentaires ne partent pas en vrille comme sur la Tribune (eh oui, en tant que Genevois, je la lis aussi un peu).

    Je rejoins la plupart des commentaires en disant que l’initiative d’une telle soirée ne me pose pas de problème. Ma modeste expérience me permet de confirmer que dans la majorité des réunions sociales, ce sont les hommes qui font le plus de bruit, prennent le plus la parole, dictent le ton de la soirée. Les femmes y sont silencieuses, peu écoutées et se contentent de rires aux blagues alors qu’on sent qu’elles auraient de quoi alimenter la discussion. Rien que pour ça, je comprends qu’on veuille organiser de temps à autre des évènements à l’abri de cette gente masculine encombrante. Et même si la notion d’équilibre tend à se justifier, je ne vois pas l’intérêt d’organiser des soirées réservées aux hommes, à moins que ceux-ci se sentent également étouffés par les femmes… ce que j’ai rarement constaté.

    Comme le dit YANN, je souhaite que nous en arrivions un jour à une évolution des mentalités afin de nous affranchir de ces restrictions. Mais j’ai bien peur que nous ayons encore du chemin à faire avant.

    Et sinon, pour rebondir sur le écrits de PIERRE BLEIKER, ce ne sont, chez moi, pas les hommes qui endossent le rôle de joueur Alpha à Pandemie, mais plutôt les filles. Enfin, plus précisément, ce sont deux de mes amies aiment prendre les commandes 🙂

  • xbrossard

    le problème n’est pas d’organiser une soirée réservée aux femmes; après tout, si c’est privé, tout le monde fait ce qu’il veut. Mais là, c’est d’une part le fait que c’est une soirée publique (et donc là, on a pas le droit de faire de la discrimination, positive ou pas) et d’autre part c’est la justification énoncée qui me paraît scabreuse: « où la parole est libre et où personne ne ressent le besoin de se justifier ou de s’autocensurer, consciemment ou inconsciemment ». Ça laisse sous-entendre que dans les soirées « mixtes » la parole n’est pas libre et que les personnes ai besoin de se justifier (de quoi?). En plus, en quoi le fait d’être entre femmes fait qu’il n’y aura pas de censure? (censure de quoi? sur quel sujet?), et depuis quand l’inconscient doit-il dicter les comportements autorisés ou pas?
    On a vraiment l’impression que tel que cela est dit, les soirées « mixtes » sont un calvaire pour ces dames, ou au pire une séance de séduction imposé par les hommes. Mesdames, si à chaque fois que vous jouez vous croisez ce genre de comportement chez les hommes, changez de partenaire! rien ne vous force à jouer avec des abrutis!
    Et je le redit, en quoi le fait d’être entre femme évitera tout sujet de discussion « parasite » pendant le jeu? Les femmes par nature ne se juge pas entre elles? alors que les hommes si?

  • Noer

    Bonjour,

    Je me permet d’ajouter un commentaire qui n’a pas été fait jusque là il me semble à propos de votre article puisque le « raccourci » que vous faites me semble être un peu problématique : La mixité choisie, ce n’est pas de la non-mixité, c’est une mixité qui en effet n’inclut pas certaines catégories de personnes mais dans ce cas précis, vu les termes utilisés, elle incluait les femmes cis et transgenre, les hommes transgenre, les personnes non-binaires, etc. Une seule catégorie était exclue, les hommes cisgenre (qui s’identifient au genre auquel ils ont été assignés à la naissance).

    Pour ce qui est du débat, je lis plusieurs « pas de problème tant qu’il y a des soirées entre hommes pour équilibrer », je pense que ça ne correspond pas vraiment à la question qui a été soulevée par les personnes qui ont voulu cette soirée sur lequel votre article ne revient d’ailleurs pas directement (bien qu’il revoit vers l’article de blog de la ludothèque qui le justifie). Cette demande souligne que le monde du jeu comme le reste de la société n’est toujours pas exempte de sexisme et que les jeux de société reproduisent des comportements auxquels nos sociabilisations ne nous encouragent pas de la même manière : que ce soit la facilité de prendre la parole et débattre dans un Résistance/Time Bomb, la compétitivité aiguë et la confrontation que l’on retrouve dans certains jeux (notamment ceux de conquête ou tous ceux qui encourage à nuire à ses adversaires) peut rendre l’ambiance hautement désagréables pour nombre de personnes qui ont été encouragées à rester discrètes et à davantage de bienveillance. Même les jeux coopératifs permettent la reproduction de ces tensions sociales.

    Ce ne sont là que quelques exemples qui reprennent certaines dimensions déjà présentées par la ludothèque. Au final, une telle disposition en mixité choisie permet à de nombreuses personnes d’être plus à l’aise une fois de temps en temps, elle permet aussi à ces personnes de s' »empowerer » pour leurs prochaines parties en mixité complète et tout le monde y gagne. Je suis pas sûr que les hommes qui ne pouvait pas se rendre à cette soirée n’avaient pas d’autres lieux qui leur étaient ouverts ou ne pouvaient pas en organiser de leur côté une soirée ouverte.

    Je voulais aussi réagir à la question de l’argent public. L’argent public finance de nombreuses choses auxquelles tout le monde n’a pas accès faute de moyens, d’adaptabilité des lieux ou de publics cibles. C’est la même chose pour des lieux qui se veulent public et qui sélectionne les entrées. Notre société favorise certains groupes sociaux clairement définis et je trouve dommage de s’offusquer lorsque c’est un autre groupe qui peut en profiter, toujours de manière très limité en plus (on parle d’une soirée de 3h quand même…).

    ça fait plaisir de voir qu’il y a quand même beaucoup de commentaires chouettes au dessus et je rejoins notamment Sophie qui souligne que vous (Gus & Co) avez pas vraiment laissé de place aux arguments des personnes qui ont souhaité cette soirée…

    • Gus

      Merci pour votre riche message.

      Qu’entendez-vous par « vous (Gus & Co) avez pas vraiment laissé de place aux arguments des personnes qui ont souhaité cette soirée… » ?

      Nous avons relayé le communiqué de la ludothèque. Qui n’en dit pas plus les arguments avancés. Peut-être que les personnes concernées voudront réagir directement ici ?

      • Noer

        Le « vous (Gus & Co) » pouvait paraître agressif désolé c’était pour préciser que je changeais de personnes à qui je m’adressais.

        Je veux dire par là que vous précisez pas les arguments soulevés par la ludothèque, à part la phrase sur l’expérience de jeu juste avant l’image au milieu de l’article pourtant la ludothèque propose un argumentaire détaillant un peu plus ce que ça voulait dire. C’est un cadrage assez important pour la suite de l’article qui semble pourtant avoir relativement fait l’objet de recherche (liens vers différentes pages y compris celle du communiqué, article de La Tribune et même article de la Constitution). Au final, un argument est mis en avant, celui de la discrimination des hommes cisgenre (citation du PLR, mise en avant du shitstorm, etc.) tandis que la position de la ludothèque est finalement assez vague alors même qu’elle a expliqué sa position dans le paragraphe que je me permets de copier ci-dessous.

        Je fais pas partie des personnes impliquées de prêt ou de loin dans l’organisation de cette soirée et je n’aurais pu y participer vu mon assignation de genre. ça ne m’empêche pas de penser que ce genre d’espace est important car les discriminations se retrouvent partout dans notre société, même autour d’une table de jeu.

        Ce que je voulais dire c’est que la position qui me semble se dégager de votre article (notamment avec votre conclusion « est-ce si compliqué de jouer à un jeu de société ou à un jeu de rôle avec l’autre sexe ? En parfaite mixité ? N’a-t-on pas plus à y gagner ? ») ne laisse pas non plus la place au débat que porte la nécessité d’organiser une telle soirée Selon moi, elle ignore les arguments de la ludothèque qui n’ont justement pas été développés dans l’article (le sexisme, les comportements genrés, la nécessité pour les personnes qui subissent ces discriminations de se retrouver entre elles afin de les éviter pour une durée généralement limitée et qui n’est pas incompatibles avec d’autres moments de mixité complète, etc.) et elle éloigne le débat. En prônant une inclusion de tous les genres, elle invisibilise les arguments des personnes ayant souhaité organiser cette soirée et va contre l’inclusion de toutes les personnalités en permettant aux gens qui se sentent mal à l’aise à l’intérieur de certaines dynamiques de participer sereinement à n’importe quelle soirée. Le débat devrait plutôt être « comment faire en sorte que n’importe qui, quelque soit son genre, sa couleur de peau, son orientation sexuelle ou quoi que ce soit d’autre, puisse se sentir à l’aise pour jouer avec les autres ». La mixité choisie est un outil arriver à ça à long terme (sachant que les conflits sociaux se retrouve aussi dans les soirées jeux), elle ne cherche pas à séparer éternellement les groupes et s’accompagne (toujours je crois) de moment en mixité.

        Je pense que de ce point de vue, les interventions de Caroline Dayer (mentionnée par la ludothèque) sont assez pédagogues et plus complètes que ce que je ne pourrais dire, n’étant pas la personne la mieux placée et maîtrisant le plus le sujet pour le transmettre mais j’en parle volontiers avec vous une fois autour d’un jeu si vous le désirez !

        J’espère que mes précisions sont relativement clairs et pas trop truffées de fautes, écrire ce genre de chose prenant du temps, je me relis plus trop à un certain point (et la concision n’est pas mon fort, vous l’aurez remarqué)

        Bonne soirée à vous !

        ————————————————————

        Dernier paragraphe de cette page (dont le lien figure dans l’article plus haut) : https://ludo-petitsaconnex.blogspot.com/2022/01/soiree-jeux-en-mixite-choisie.html

        Mais est-ce que ça a du sens d’appliquer le principe de mixité choisie à une soirée-jeux en ludothèque ?

        Le jeu n’est malheureusement pas exempt de sexisme, et les ludothèques véhiculent malgré elles ces normes… L’observation de la pratique du jeu en ludothèque nous montre bien que les stéréotypes de genre et la répartition des rôles qui en découlent sont assimilés très jeunes et se ressentent dans la manière de jouer, que ce soit lorsque l’on propose un thème «chantier» mais aussi tout bêtement quand on installe un playmobil «camping».

        Les normes et codes inculqués aux enfants dès leur plus jeune âge peuvent également se remarquer dans les jeux de société, que ce soit dans la construction même du jeu (du plus banal «jeux des 7 familles» au tristement célèbre «Destin»), mais également par les actions que le jeu requiert : la compétitivité ou le fait d’oser s’exprimer face aux autres, par exemple, sont des comportements face auxquels il nous a été appris à agir différemment en tant que filles* ou garçons, femmes* ou hommes.

        On peut encore ajouter à ces observations la publication ces derniers temps de nombreux témoignages de joueuses* de jeu vidéo parlant du sexisme extrêmement présent dans ce milieu.

        Tous ces constats, ainsi que les journées de formation suivies avec le 2ème observatoire et avec Mme C.Dayer, nous ont donné envie d’effectuer quelques changements à la ludothèque, et notamment de proposer une nouvelle expérience, celle d’une soirée-jeux en mixité choisie ! Cette soirée ne sera très probablement pas ressentie de la manière par toutexs : certainexs vont se sentir plus librexs de se laisser aller, d’autrexs ne verront aucune différence avec d’autres soirées-jeux, et peut-être que quelques personne oseront ou auront envie de venir pour la première fois. En tous les cas, on se réjouit de voir comment elle sera reçue / vécue ! 😉

  • thegoodthebadandthemeeple

    Et bien moi j’aimerais bien que ce genre de rassemblement existe (je suis un homme blanc blablabla).

    Pour la bonne et simple raison que le hobby grandit et que les hommes en etaient les tres nombreux participants auparavant et que la hargne justement demeure encore trop presente.

    Pis la, si les femmes se sentent plus epanouies et ont plus de fun autour d’un jeu entre elles, et bien c’est leur droit ! Et c’est le BUT du jeu, d’avoir du plaisir ludique.

    Y a mille autres facons de jouer ! Si vous etes pas d’acord, passez votre chemin, allez jouer ailleurs.

  • narnokatt

    J’espère que cette soirée pourra finalement s’organiser.
    Ne serait-ce que pour prouver qu’il n’y aura pas une pluie de grenouilles dans la foulée !

    Ça me fait penser aux personnes opposées au mariage de personnes de même sexe, mais de quoi vous mêlez vous ?

  • Yoeril

    De mon opinion, a moins que cette soirée n’interdise l’accès aux hommes cis-genre durant les heures d’ouverture commune, ca ne me pose pas de problème. Une soirée privatisée entre pote EST en non mixité.

    Ce qui m’inquiète et qui selon moi cristallise la violence de certaines personnes, c’est que des femmes expliquent ne pas être capable de jouer sereinement avec des hommes voire en présence d’homme, ce qui témoigne d’une phobie. Alors, déclarer une non mixité sur cette base peut faire passer comme message que les hommes cis genres sont dangereux et néfastes.

    Je souhaite à ces femmes de pouvoir jouer paisiblement et bien entendu de surmonter à terme leur phobie de l’homme cis genre.

  • Mike

    Bonjour à tous,

    Il y a un rebondissement dans cette affaire. La Tribune de Genève, qui a levé le lièvre de la ludothèque, a interviewé hier la conseillère administrative de la ville de Genève Christina Kitsos, socialiste, en charge de la Cohésion sociale et de la Solidarité pour lui demander son avis.

    Je vous laisse lire ici son interview. Perso, je suis pas du tout convaincu par ses réponses. Dites-moi si je suis le seul, ou ses réponses sont confuses et parfois contradictoires ?

    La Tribune de Genève : Comment réagissez-vous à toute la polémique provoquée par cet événement?

    Christina Kitsos : Je m’inquiète des messages de haine transmis aux jeunes filles et qui ont abouti à l’annulation de la soirée, comme en témoignent les ludothécaires. Cela montre, qu’aujourd’hui encore, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas concrétisée dans les faits. Les stéréotypes de genre sont souvent véhiculés à travers les jouets ou encore par la manière d’occuper l’espace de jeu. Plusieurs études démontrent que les filles, comme les garçons, sont très vite incitées à se conformer à des rôles préétablis. Il est primordial de permettre à tous les enfants de se libérer des carcans pour se développer en toute liberté. Pour y parvenir, quelques moments de non-mixité, que cela soit pour les filles ou les garçons, favorisent une parole plus libre, ce qui renforce la prise de confiance et l’estime de soi. Des qualités indispensables tout au long de la vie, et notamment dans le libre choix de son orientation professionnelle. Ces moments doivent être une étape pour arriver à travailler sur ces questions de manière collective et constructive, le but étant de faire société tous ensemble.

    Est-ce que vous comprenez que cette soirée ait pu offenser certaines sensibilités?

    Non, car il s’agit d’un processus pédagogique, qui est une étape vers un meilleur vivre-ensemble.

    D’autres manifestations de ce type sont-elles organisées par la Ville?

    La Ville de Genève a toujours agi pour favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes, et ce dans tous les départements. Nous avons ainsi organisé des compétitions sportives réservées aux filles, comme ce fut le cas au skatepark, afin de leur permettre de se faire une place dans un milieu très masculin. C’est une étape pour qu’elles se sentent plus à l’aise par la suite, et c’est justement parce que des moments privilégiés «entre filles» ont été organisés par le passé que des moments ouverts à toutes et tous sont aujourd’hui possibles.

    La Ville ne devrait-elle pas prôner le vivre-ensemble?

    C’est précisément pour promouvoir le vivre-ensemble que nous soutenons ce type d’initiatives. Et ce d’autant plus que la demande émane d’un groupe de jeunes filles. Cela me semble tout à fait recevable, si on admet qu’il s’agit d’une étape importante, voire nécessaire, pour que ces filles puissent se déployer avec davantage d’assurance et de confiance. Et pour que les ludothécaires puissent entendre leurs préoccupations afin que la vie collective soit plus harmonieuse.

    Séparer les genres pour leur apprendre à cohabiter, n’est-ce pas contre-productif? Ne peut-on pas sensibiliser autrement?

    Il n’existe pas qu’une seule approche pour sensibiliser sur ces questions. L’intérêt est la cohérence de nos objectifs: des filles et des garçons pouvant s’émanciper en dehors des préjugés et des stéréotypes renforcent la qualité des relations entre toutes et tous.

    Pensez-vous que l’utilisation d’un vocabulaire militant, avec des mots comme «cisgenre» et «mixité choisie», ait pu choquer davantage?

    Il s’agit d’un vocabulaire issu de la recherche académique qui est très utilisé par les jeunes générations. Il est possible, en effet, que des personnes ne soient pas au fait de ces concepts et que le but de la soirée ait pu leur échapper. Nous parlons de séquences de mixité choisie qui restent exceptionnelles dans un système éducatif où la mixité est la norme.

    Pensez-vous que cette soirée soit légale? La Ville a-t-elle demandé un avis de droit?

    La promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes fait partie de la Constitution et il importe de valoriser toutes les dynamiques qui y contribuent.

    Le PLR Ville de Genève s’est exprimé très négativement sur la question, évoquant même une «ségrégation». Comment réagissez-vous?

    Affaiblir une proposition émanant de jeunes filles pour des raisons politiciennes me désole. J’aimerais que le PLR s’en prenne avec autant de combativité à toutes les formes de discrimination, comme les inégalités salariales.

  • Mike

    Hey les mecs, à Genève faut vous remettre en question ! Après la soirée jeux sans hommes dans une ludothèque, la ville lance à présent des soirées dans une boîte sans hommes cis également. Pardon. En mixité choisie. Le nouveau terme à la mode (qui ne veut rien dire). Vous êtes si relous que ça à Genève ???

    Le journal suisse le Temps en parlait ici hier https://www.letemps.ch/culture/geneve-zoo-ose-soirees-mixite-choisie

    A Genève, le Zoo ose les soirées en mixité choisie

    Dans le sillage des polémiques autour du «spiking» et des allégations d’agressions sexuelles en boîte de nuit, l’Usine a mis sur pied un groupe de travail pour se pencher sur ces questions. En parallèle, le Zoo lance Osez Zoé, des soirées en mixité choisie

    Le sujet avait fait grand bruit en automne dernier. Agressions présumées à la seringue et multiples témoignages de verres empoisonnés au GHB, autant d’affaires jetant un froid sur le monde de la nuit et ses fêtes, accusées d’être peu sûres, surtout pour les femmes et les personnes LGBTQIA+. Depuis, certains lieux ont décidé de prendre les choses en main avec des actions concrètes. L’Usine de Genève a mis sur pied un groupe de travail en mixité choisie, sans homme cisgenre [ndlr: dont le genre ressenti correspond au genre assigné à sa naissance], les Météorites. Le but: «engager un travail sur la prévention et sur la gestion d’agression et de harcèlement sexiste et/ou envers les personnes LGBTQIA +. [Le groupe] travaille notamment sur des formations pour le staff et la rédaction de protocoles», peut-on lire sur le site de l’Usine.

    Un groupe de travail au féminin pluriel

    Petit rappel des faits pour commencer. Les cas d’agressions sexuelles et d’empoisonnement à la drogue du violeur ne sont malheureusement pas des phénomènes nouveaux entre les murs des clubs. Une série de cas d’agressions à la seringue avait fait grand bruit de l’autre côté de la Manche en octobre dernier, puis ce fut au tour de la Suisse romande d’être confrontée à des signalements de la sorte. Cet épisode fut suivi de vives réactions de la part de milieux féministes, appelant même au boycott des boîtes de nuit. Il était notamment reproché aux établissements de ne pas faire assez de prévention en la matière, mais aussi de ne pas prendre en charge de façon adéquate les victimes en cas d’agression.

    Des questions sur lesquelles planche désormais l’Usine qui assume également sa part de responsabilité dans le problème: «On ne devrait pas se sentir en danger, ni s’inquiéter des personnes qu’on rencontrera. […] Mais dans les faits, ces choses arrivent. Et nos réponses n’ont pas toujours été à la hauteur. L’Usine n’est pas un lieu où tout le monde se sent à l’aise et en sécurité.» Une adresse e-mail a aussi été créée afin de récolter les témoignages de potentielles victimes. Une façon de trouver des solutions pour régler les problèmes pouvant survenir à l’interne, dans le staff, ou lors de soirées avec un public extérieur.
    Créer un lien de confiance

    Le Zoo a quant à lui fait un pas supplémentaire pour agir en amont de cette problématique: des soirées en mixité choisie sans homme hétérosexuel cisgenre. L’organisation de tels événements faisait d’ailleurs partie des revendications de certains groupes féministes en automne dernier. La première soirée a été organisée début décembre 2021, avec un certain succès témoigne Melina Johnsen, responsable de la communication au Zoo: «Nous avions choisi un soir de semaine pour «tester» ce genre de soirée. Dans sa majorité, le public était déjà habitué à de tels espaces, sans homme cisgenre hétérosexuel. L’événement a bien marché et le prochain se fera en week-end.» Pour le Zoo, il s’agit moins d’interdire la venue des hommes que de créer un environnement le moins oppressif possible.

    Si le public est exclusivement féminin ou LGBTQIA+, c’est aussi le cas pour le staff et les artistes qui performent aux soirées en mixité choisie d’Osez Zoé. Une façon de mettre en lumière des personnes qui continuent d’avoir moins souvent la chance de se trouver derrière des platines que leurs homologues masculins. Si le Zoo compte organiser sporadiquement des événements similaires, il ne voit pas cela comme une solution définitive à cette problématique, mais plutôt comme la mise en place d’un outil provisoire qui semble déjà faire ses preuves: «Nous avons eu beaucoup de retours positifs sur la soirée. Ça nous a permis d’échanger avec le public, de créer un lien de confiance.»
    Des réactions contrastées

    Osez Zoé pose néanmoins des questions de fond quant au fonctionnement de l’établissement. Le Zoo – et l’Usine dans son ensemble – prône l’inclusion et un accès non discriminant à ses soirées. Il avait fustigé l’introduction du certificat sanitaire qui ne lui permettait plus d’offrir une «accessibilité à tou·te·x·s», même si la mixité choisie répond à une tout autre problématique. Ces soirées ne vont cependant pas à l’encontre de la politique du Zoo, selon Melina Johnsen: «Il ne faut pas perdre de vue que si Osez Zoé existe, c’est que les lieux nocturnes ne sont pas suffisamment safe pour tout le monde.» Sur le moment, aucun problème à signaler et les rares personnes refoulées à l’entrée, passé la déception de ne pas pouvoir faire la fête, ont compris le but de l’événement.

    Pour le Zoo, la mixité choisie peut néanmoins représenter un risque financier. A l’heure où les boites de nuit ont encore de la peine à faire le plein à cause de la 2G+, se couper d’une partie de son public est un sacré pari. Même constat avec un staff divisé par deux et la possibilité de devoir tourner en sous-effectif. Si les retours ont été positifs pour ce premier essai au Zoo, d’autres établissements n’ont pas reçu le même accueil. D’après un article de la Tribune de Genève, la ludothèque du Petit-Saconnex a finalement annulé sa soirée jeux de vendredi passé, elle aussi prévue en mixité choisie, à la suite de réactions violentes reçues sur les réseaux sociaux. Le PLR Ville de Genève s’est même fendu d’un communiqué rappelant «que la ludothèque est subventionnée par l’argent public», et dénonçant «ces nouvelles discriminations mettant en péril la démocratie.» Deux salles, deux ambiances…

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