Une ludothèque à Genève a voulu organiser une soirée réservée aux femmes. Annulée !
Jeux et non-mixité
C’est la Tribune de Genève qui le révélait hier. La ludothèque du Petit-Saconnex, situé sur la Rive Droite de Genève, avait comme projet d’organiser une soirée jeux réservée aux femmes. Ou « mixité choisie, sans homme cisgenre », pour son appellation moderne. Autrement dit, et pour prendre un raccourci, une soirée non-mixte, réservée aux femmes et donc interdite aux hommes.
Planifiée depuis mi-janvier, cette soirée aurait dû avoir lieu hier soir vendredi 28 janvier. L’événement a suscité une telle vague de réactions négatives, et violentes, sur les réseaux sociaux de la part d’hommes, que la ludothèque a décidé d’annuler la soirée.
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Sur son blog internet, la ludothèque avait expliqué, dans un long argumentaire, les raisons de cet événement. Selon la ludothèque, ce sont des utilisatrices des lieux qui en avaient fait elles-mêmes la demande. Selon la responsable de la ludothèque interviewée par la Tribune de Genève, elle indique que « ces jeunes femmes font un constat : en mixité, elles ne peuvent pas profiter pleinement de l’expérience de jeu. »

Dans ce but, la ludothèque a donc décidé d’organiser une soirée jeux réservée à la gent féminine, non homme cisgenre. Et ceci pour «profiter d’un moment d’auto-émancipation, où la parole est libre et où personne ne ressent le besoin de se justifier ou de s’autocensurer, consciemment ou inconsciemment».
Après avoir essuyé un torrent de réactions négatives, la soirée est donc passée à la trappe. Il suffit de lire les dizaines de commentaires, parfois hargneux, sur le site de la Tribune à la suite de l’article pour constater de la sensibilité du sujet.
Et le politique s’est même emparé du sujet. La représentation municipale du PLR, un parti de droite, s’est aussitôt fendu hier d’un communiqué pour fustiger l’initiative. Titré « Une culture sexiste s’immisce en Ville de Genève », le texte cite l’article de loi de notre Constitution fédérale suisse (Art. 8, al. 2) qui rappelle le principe d’égalité. Et en profite pour rappeler la mission d’une ludothèque, accueillir du public et faire jouer. Selon le PLR, la ludothèque outrepasse ses droits et devoirs.
Maintenant que le « shitstorm » est bien lancé, c’est un débat, raisonné, à avoir. Faut-il réserver des soirées, jeux ou autres, aux membres d’un même sexe ? Si cela se fait dans certains milieux de manière tacite, faut-il toutefois l’indiquer, le communiquer, pour marquer une non-mixité ? Si cela se fait évidemment dans les cercles privés, proposer de telles soirées dans un lieu public devient sujet à polémique. Est-ce qu’un lieu public ne devrait pas rester… public, justement ?
Et au fond, question naïve, est-ce si compliqué de jouer à un jeu de société ou à un jeu de rôle avec l’autre sexe ? En parfaite mixité ? N’a-t-on pas plus à y gagner ?
Des soirées jeux interdites aux femmes ou aux hommes, une bonne idée ? Que pensez-vous de cette initiative lancée par cette ludothèque ?
