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Gods Love Dinosaurs. Jurassic Lapin

Gods Love Dinosaurs. Aucun dinosaure n’a été maltraité durant la création de ce jeu.


Gods Love Dinosaurs

Dans Gods Love Dinosaurs, vous incarnez un… dieu. Vous avez créé la Terre, parce que vous n’aviez rien d’autre à faire dans la vie, et après, paf ! Vous vous êtes dit, comme ça, que le dinosaures, c’est plutôt sympa. Le thème du jeu, cocasse, tient sur une ligne.

Tout est dans le titre. Votre but est de rendre l’écosystème aussi adéquat et avantageux que possible pour la survie de vos dinos préférés. Faites-les se reproduire, trouvez-leur des montagnes pour y habiter et fournissez-leur suffisamment de quoi ripailler.

Ripailler. Manger. C’est tout le sel du jeu (c’est le cas de le dire). Dans Gods Love Dinosaurs, il va vous falloir gérer les différents écosystèmes, représentés par des tuiles, et faire reproduire proies (rats, lapins, grenouilles) et prédateurs (tigres et aigles), représentés par des meeples animaux tout cute ! Quand le plateau est bien rempli de ces deux, faites remuer vos dinos et… bon appétit.

Si vos dinos ne mangent pas, ou qu’ils ne finissent pas sur une case Montagne à la fin de leur déplacement, c’est le drame. Ils disparaissent. Un seul être dino vous manque et tout est dépeuplé. Vous êtes tristitude.

En fin de partie, on compte les œufs de dinos et leur nombre sur le plateau. Et c’est tout ! Le décompte final prend 1 minute, montre en main !

C’est, en gros, le pitch de Gods Love Dinosaurs. Les dieux, vous, aiment les dinosaures.

Subtilité subtile

Gods Love Dinosaurs place une IGUS plutôt polaire. Tout le monde joue dans son coin de planète à placer tuiles et pions, à gérer écosystèmes, proies, prédateurs et dinos.

Mais pas vraiment.

Dès qu’une colonne du marché des tuiles dispo est vidée, on active l’un ou l’autre animal, proie ou prédateur, pour tout le monde en même temps à la table. Ce qui permet d’enquiquiner les autres, si elles ou ils ne sont pas prêts. L’idée étant donc de prendre la dernière tuile pour vider la colonne au moment idéal, opportun, i.e. quand ça VOUS arrange VOUS et pas les autres.

Les proies se reproduisent, pour autant qu’ils vous en restent. Les prédateurs mangent les proies, pour autant que. Vous avez compris.

Mais ce n’est pas tout.

En plus d’un certain animal à activer, il y a également les dinos. Qui s’activent également au même moment qu’un animal. Et là, c’est encore plus méchant. Si on n’est prêt, si on n’a pas assez à manger sur son plateau ou des montagnes pour abriter pour ses dinos et là, c’est le drame. Ses dinos meurent, disparaissent. Bye bye points de victoire âprement bataillés.

Une interaction « toute en douceur », donc. Ou plutôt extrêmement taquine et maline, c’est selon. Quoi qu’il en soit, une mécanique simple, subtile et suave.

Bébé Dino

En 2021-2022, les dinosaures ne sont pas véritablement éteints. Le 21 décembre 2021, on découvrait « Baby Yingliang », un fossile bébé dino découvert en Chine.

Des paléontologues ont découvert un embryon de dinosaure conservé et se préparant à sortir de son œuf, tel un oiseau. Ce fossile d’oviraptorosaure, 2 000 points au Scrabble, découvert à Ganzhou, en Chine, a été nommé par les chercheurs «Baby Yingliang».

«Baby Yingliang» a été retrouvé le dos courbé, ses pieds de chaque côté de sa tête, avec celle-ci rentrée sur son ventre. Une position qui n’avait encore jamais été vue chez les dinosaures, mais qui est bien connue chez les oiseaux. Lorsque les oisillons se préparent à éclore, ils stabilisent leur tête sous une aile, tout en perçant leur coquille avec leur bec. Les embryons n’arrivant pas à se mettre dans cette position ont de plus grandes chances de mourir d’une éclosion ratée.

Ce qui indique qu’un tel comportement chez les oiseaux modernes trouve son origine chez leurs ancêtres dinosaures. Dingue.

Âgé entre 72 et 66 millions d’années, ce bébé oviraptorosaures, dont le nom signifie « lézard voleur d’œufs », le coquin, étaient des dinosaures à plumes vivant en Asie et en Amérique du Nord durant l’époque du Crétacé supérieur. Ils pouvaient avoir des formes de becs et des régimes alimentaires différents, et leur taille allait de celle de singes à celle d’énormes gigantoraptors, mesurant huit mètres de long.

Dino, enchères et en os

Vous le savez peut-être, les squelettes de dinosaures connaissent un succès phénoménal auprès des esthètes collectionneurs lors de ventes aux enchères.

Fin octobre 2021, le squelette d’un Triceratops horridus surnommé « Big John » s’est vendu aux enchères à Paris. Initialement estimé à 1,5 million d’euros, son prix s’est envolé à… 6,6 millions d’euros en une dizaine de minutes, dans une salle archi-comble de l’Hôtel Drouot.

Il faut dire que les ventes de ce type connaissent un succès croissant. Pour les collectionneurs, lorsqu’on achète ce genre d’objet, c’est pour des raisons à la fois esthétiques et intellectuelles. Le fossile d’une plante qui a poussé il y a 195 millions d’années est un plaisir pour les yeux, et aussi une expérience philosophique qui nous fait relativiser notre propre existence. Ce sont des memento mori. Autrement dit, des objets qui nous rappellent notre condition de mortels.

Les dinosaures, c’est le nouvel eldorado des collectionneurs. Toutes les grandes maisons de ventes aux enchères s’y sont mises. Il se vend même à présent un ou deux squelettes remarquables par année.

Et sur ce marché, les squelettes de dinosaures sont de loin les plus demandés… Il faut reconnaître qu’avec les dinosaures il existe une dimension émotionnelle et instinctive très forte. Face à un squelette bien préparé et bien présenté, on comprend tout de suite la puissance des animaux qu’ils ont été, et notre première réaction, c’est la peur. Puis la fascination. Avoir un fossile ou des ossements de dinosaures devant soi est une expérience qui donne le vertige. Ils étaient si puissants, et pourtant, ils ont disparu.

Gods Love Dinosaurs, un jeu qui cache bien son jeu

Retour à Gods Love Dinosaurs. Sous ses aspects cocasses et gentillets, pour un jeu familial de « bête » jeu de pose de tuiles, comme un cousin éloigné de Carcassonne, en quelque sorte, Gods Love Dinosaurs est un jeu extrêmement malin et… violent.

Violent, et punitif. Parce que si on a mal géré sa « réserve » de proies, si on a mal ou peu anticipé, on peut ramer sec pour reprendre pied dans la partie.

On pourrait penser, à tort, que Gods Love Dinosaurs est un petit jeu léger, rapide et familial. Il n’en est rien. Alors certes, on peut y jouer dès 10 ans, mais les jeunes risquent la déconfiture. Gérer ses pions, ses tuiles, ses animaux devient vite un exercice fragile, tendu. Punitif. C’est le terme que je trouve le plus adapté pour ici Gods Love Dinosaurs.

Une petite erreur, pas assez de proies, de prédateurs, de montagnes, et il faudra 2-3 tours, au moins, pour remettre le pied à l’étrier de la partie. Avec 2-3 tours de retard sur les autres.

Si on a mal géré et planifié, les écarts de points peuvent vite se creuser. Le jeu peut vite tourner en soupe à la grimace avec un dernier tiers de partie déjà écrit. Si on est fin stratège, on va trouver le jeu extraordinaire ! Si on rame un peu, la mer est vaste.

Gods Love Dinosaurs, verdict

Des règles simples, fluides, avec une interaction plus subtile et méchante qu’elle en a l’air. Un jeu qui tourne bien, vite. Gods Love Dinosaurs ravira les publics avides d’expériences courtes et violentes.

Mais ne vous fiez pas à ses atours loufoques et légers. Gods Love Dinosaurs n’est pas un jeu familial. Punitif, il peut faire mal. Et on patine.

Gods Love Dinosaurs souffre peut-être d’un problème de segmentation. À quel public est-il destiné ? Trop léger pour un public Gamer. Et en même temps, trop punitif pour un public plus familial. On passe un bon moment, certes, mais GLD n’est pas un jeu que je ressortirai souvent.

Pas mal, sans être indispensable.

Note : 3 sur 5.
  • Auteur : Kasper Lapp
  • Illustrateur : Stevo Torres
  • Éditeur : Catch Up Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 5 (tourne bien à toutes les configurations)
  • Âge conseillé : Dès 10 ans (bonne estimation)
  • Durée : 45′ (bonne estimation)
  • Thème : Dinosaures
  • Mécaniques principales : Tuiles, déplacement

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Et encore un dino

Et en parlant de dinos, cette année, le 6e (déjà ?) volet de Jurassic Park est annoncé. Jurassic World Dominion. Et si vous ne l’avez pas encore vu, voici le prologue officiel du film.

Comme quoi, il n’y a pas que les dieux qui aiment les dinos. Nous aussi !

Et contractuellement, on ne pouvait pas vous laisser sans la véritable histoire des dinosaures. Racontée par des chaussettes.

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