Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Tentacle Town, tentacules pas tentacool

Tentacle Town. Quand j’avance tu recules, comment veux-tu que je tentacule.


Les tentacules sont un ressort ludique plutôt courant. Qu’ils* soient violets, attachés à un Grand Ancien, ou plus simplement celui d’une pieuvre, on les retrouve dans de nombreux jeux. Comme ici dans Tentacle Town.

Il faut dire ce qu’il est. Les tentacules sont des appendices protubérants, perturbants, gélatineux mais forts, un rien phalliques, qui vont s’accrocher un peu partout et ne rien lâcher.

Leurs ventouses, miracle de biotechnologie, ont même inspiré un nombre conséquent d’ustensiles et d’applications à usage plus ou moins courant. Rajoutez à cela leur aire d’apparition, limitée à la mer, de quoi rajouter une certaine part de mystère inquiétant, et donc d’attrait.

Mais avoir des tentacules dans un jeu n’est pas suffisant à en faire une réussite. Tentacle Town est là pour nous le rappeler.

Tentacle Town, c’est quoi ?

Le jeu Tentacle Town a été financé, juste-juste, l’année passée, sur Kickstarter.

Tentacle Town, c’est une presqu’île, sur laquelle on vient de débarquer. Agréable, avec un climat clément, un endroit idéal pour s’installer. Sauf. Sauf que la mer est infestée de tentacules, qui vont apparaitre au fur et à mesure du jeu.

Ces tentacules vont chercher à détruire les villages et tuer les colons (ou les faire s’enfuir). Il faudra donc combattre ces affreux appendices, tout en cherchant à grapiller le plus de points de victoire.

À son tour, on peut :

  • Placer un colon sur le plateau de jeu. Les colons étant communs à tout le monde
  • Construire une maison dans la zone où on a placé le colon, ou effectuer une action de la zone
  • Optionnellement, payer pour effectuer une autre action de la zone
  • Placer un nouveau tentacule dans la mer
  • Résoudre les attaques des tentacules

Le plateau est séparé en trois zones :

  • Les docks, duquel on lance les harpons pour chasser les tentacules ou faire apparaitre de la nourriture
  • La forge, dans laquelle on va pouvoir forger des harpons contre du fer et de la nourriture ou faire apparaitre du fer (dit comme ça, ça fait bizarre quand même)
  • Le marché, dans lequel on pouvoir vendre de la nourriture contre de l’or ou transformer de l’or, de la nourriture et du fer contre des points de victoires


Le nombre de harpons lancés, de harpons forgés et de nourriture vendue est fonction du nombre de colons dans la zone. Encore une fois, les colons n’appartenant pas à un ou une joueuse en particulier. S’il y a 3 colons, on pourra chasser trois fois (lancer trois harpons, si on en a), forger trois harpons, ou vendre trois nourritures, en fonction de la zone où on a placé le colon au début de son tour.

Le nombre de nourriture et de fer qui apparaissent, et le nombre de points de victoire obtenu au marché vont dépendre du nombre de ses maisons dans la zone. Plus on en possède, et plus on obtient de ressources. Les maisons ne sont pas communes. Et chaque zone ne peut contenir qu’un nombre limité de maisons.

Une fois sa ou ses actions effectuées, on place un nouveau tentacule (ou en déplace un) dans la zone maritime qui borde la zone sur laquelle a été posé le colon, et jette autant de dés qu’il y a de tentacules dans la zone. Les tentacules peuvent alors :

  • Détruire une maison (la plus proche de l’eau), qui retourne à la personne concernée
  • Tuer un colon, qui retourne dans la pioche commune
  • Faire fuir un colon, qui se rend dans une autre zone
  • Faire venir un nouveau tentacule
  • Ne rien faire

Une personne dont la maison est attaquée peut choisir de la défendre en lançant un harpon, pour essayer de tuer le tentacule. De même, la personne dont c’est le tour peut lancer un harpon pour protéger un colon.

Le lancer de harpon, c’est quoi ?

Lorsqu’une personne lance un harpon, elle lance un dé (ou fait pile ou face avec la carte harpon, ou fait tourner la roue des harpons).

Si c’est un succès, le tentacule est retiré de la zone, le harpon est remis dans la réserve, et la personne touche 2 nourritures et un point de victoire. Si c’est un échec, le harpon est remis dans la réserve.

Comment ça finit ?

Le jeu est sensé se terminer quand il n’y a plus de colons à placer sur le plateau, c’est-à-dire quand les 20 (vingt) colons sont sur le plateau.

Chaque personne compte alors ses points de victoires, en ajoutant à ses points gagnés au cours du jeu une prime par zone où l’on est majoritaire en nombre de maisons. La prime correspondant au nombre de colons présents dans la zone.

Mais du coup, Tentacle Town, c’est bien ?

Ben… pas vraiment. C’est un jeu de placement d’ouvriers, semi-coopératif, mais pas complètement. Du coup, si tout le monde ne joue pas dans le même sens, la partie s’enlise, dure et devient très vite répétitive.

On place des colons sur la forge pour faire des harpons, mais ça fait venir des tentacules, qui vont tuer les colons, et du coup on ne peut pas faire beaucoup de harpons, ce qui limite les capacités de réduction des tentacules. Le serpent tentacule qui se mord la queue.

On se retrouve rapidement avec toutes les tentacules sur le plateau, et on passe son temps à les déplacer d’une zone à l’autre et à voir le nombre de colons diminuer sur le plateau et augmenter dans la pioche.

Dommage, on aurait aimé aimer, parce qu’il y a des tentacules, notamment, mais ça n’est de loin pas le cas.

Petit aparté sur la boite

J’ai par ailleurs deux critiques à apporter sur la boite. Il n’y a aucune indication de ce que va être le jeu sur la boîte. Rien, nada. Pas d’image du plateau, d’explication du type de jeu, juste une petite bédé qui ne dit rien. Je ne savais même pas comment allait être le design avant d’ouvrir la boîte… Pas d’image d’appel, de représentation. Rien.

L’autre critique est sur le rangement… Il n’y a pas de thermo dans la boîte, mais du carton. Sauf que ce carton va empêcher de ranger les pions et les tentacules correctement. Impossible de fermer la boîte proprement sans enlever ce carton. Dommage. Je ne suis pas forcément fan des « thermofromages », mais là, le substitue tue.

Tentacle Town, verdict

Bof bof. 2 étoiles, pour l’effort.

Note : 2 sur 5.
  • Auteurs : Aaron Dill, John Kovaleski
  • Éditeur : Monster Fight Club
  • Illustratrices et illustrateur : Katie Dillon, Joseph H. Maximus, Sophie Engeman
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4 (tourne mieux à 4)
  • Âge conseillé : Dès 14 ans (voire dès 12 ans ?)
  • Durée : 60′ (voire plus)
  • Thème : Attaque de tentacules
  • Mécaniques principales : Placement d’ouvriers, gestion de la menace

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*Oui, comme testicule, on a vérifié, on se trompe souvent, on dit bien UN tentacule, et non UNE. Au moins on aura appris quelque chose à la rédaction de cet article.

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