Jeux de plateau

Avec Traders of the Air et Iwari, Michael Schacht déclare sa flamme aux jeux à l’allemande

L’auteur de jeux de société Michael Schacht revient en 2020 avec Traders of the Air et Iwari, deux jeux très à l’allemande.


Si vous devez citer de mémoire 3 noms d’auteurs allemands de jeux de société, Michael Schacht n’est peut-être pas celui qui apparaîtra dans votre liste. On pensera peut-être plus à Reiner Knizia, Uwe Rosenberg ou Stefan Feld.

Et pourtant, Michael Schacht est bien présent sur la scène ludique depuis plus de 20 ans, avec plus de 200 jeux de société édités. Il a même décroché le fameux Spiel des Jahres, le graal pour les auteurs de jeu, avec son Zooloretto en 2007, une sorte de simulation de gestion de zoo.

Le voici de retour en 2020 avec non pas un, mais deux jeux édités, Traders of the Air et Iwari. Deux jeux qui sont en réalité des rééditions de deux de ses précédents jeux sorti il y a plus d’une dizaine d’années. Nouvelles éditions, quelques petites modifications, et une refonte graphique. Nous les avons testés pour vous.


Traders of the Air

Aperçu

Dans Traders of the Air, vous dirigez un… dirigeable dans une ambiance Steampunk, en vous baladant sur une carte et en traversant plusieurs villes pour y récolter et vendre divers jetons.

Tout le sel du jeu repose sur le fait qu’on déplace ensemble un seul et unique pion, à gauche, à droite, pour en tirer le plus d’avantages personnels, tout en évitant d’avantager les autres.

Si les règles s’apprennent et se comprennent relativement vite, se déplacer en suivant les flèches et en payant des ressources, vendre 2 ou plus de jetons semblables, tout est question d’anticipation et de planification. Où se rendre, tout en évitant que ce déplacement puisse ensuite en faire profiter les autres.

Traders of the Air est donc en réalité une nouvelle édition avec quelques extras de Hansa, sorti en 2004. Mêmes principes, avec cette fois une variante qui vient enrichir le jeu en proposant des compétences spécifiques individuelles.

Analyse

Autant le dire tout de suite, le thème de Traders of the Air n’est vraiment pas convaincant. Ce n’est pas parce qu’on place le terme de Steampunk dans la description que cela suffit pour proposer une immersion dans un univers imaginaire. Traders of the Air est un pur jeu « à l’allemande », dans lequel les mécaniques de jeu relèguent le thème bien en arrière-plan.

Traders of the Air reprend un peu le principe du tir à la corde. Quand j’avance tu recules, comment veux tu que je déplace le dirigeable et que j’aille récupérer les jetons qui m’intéressent. Avec une mécanique taquine de faire perdre un jeton aux autres lorsqu’on procède à une vente.

À noter que ses visuels, sa carte, ses jetons, tout est sombre et d’un gris-vert inutile peu galvanisant. Une charte graphique peu alléchante pour un jeu de 2020.

Au final, Traders of the Air est un jeu froid et creux qui correspond bien à l’époque de sa sortie. 16 ans plus tard, en 2020, le jeu peine à passionner. Avec aujourd’hui tant de jeux plus trépidants, plus diversifiés et plus subtils, cette réédition ne nous fait pas grimper au 7e ciel ludique. Traders of the Air rate son objectif de nous faire voyager dans les airs.

À noter que pour l’instant, le jeu n’existe qu’en allemand et en anglais. Il n’y a que la règle, très courte, qui contient du texte.

Appréciation

Traders of the Air, verdict final

Une réédition obsolète et à la charte graphique hideuse

Note : 2 sur 5.

➡️ Vous pouvez trouver Traders of the Air en anglais et allemand chez Philibert ici

  • Auteur : Michael Schacht
  • Illustrateur : Harald Lieske
  • Éditeur : Compass Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 4 (toutes les configurations sont bonnes)
  • Âge conseillé : Dès 10 ans (bonne estimation)
  • Durée : 45-1h
  • Thème : Steampunk
  • Mécaniques principales : Déplacement, collection

Iwari

Aperçu

Lancé sur Kickstarter en 2019, Iwari est également une autre réédition d’un vieux jeu de Michael Schacht. De plusieurs vieux jeux, en réalité, puisque cette version 2020 est en réalité la 4e mouture du jeu ! Tout d’abord sorti en 2000 sous le nom de Web of Power, puis 5 ans plus tard sous le titre de China, et enfin plus récemment en 2014 sous le nom de Han, Iwari est donc la quatrième version, la troisième réédition de ce jeu qui souffle aujourd’hui ses 20 bougies.

Au lieu d’une lutte pour l’influence en Europe ou en Chine pour les éditions précédentes, Iwari met en scène différentes tribus préhistoriques qui essaient de s’étendre dans différents territoires de la carte.

L’évolution du plateau en 20 ans :

Iwari est un « bête » jeu de contrôle de territoire et de majorité, le tout activé par un système fluide de cartes à jouer pour poser ses unités sur le plateau. Le scoring final est évident et propose un certain contrôle stratégique sur le jeu.

Analyse

Iwari est d’un classicisme crasse. On a déjà vu toutes ces mécaniques ailleurs. C’est normal, le jeu a vingt ans, et il a pris des rides. À sa sortie, le jeu se montrait encore plutôt frais et original.

Au contraire du précédent Traders of the Air aux allures ternes, cette réédition 2020 d’un jeu somme toute classique en jette ! Cette nouvelle édition de Thundergryph Games est époustouflante, avec des illustrations somptueuses et lumineuses de Matthew Mizak et des composants 3D fins et détaillés.

Encore une fois, le thème d’Iwari n’a pas vraiment d’importance. Nous sautons ici à plein pied dans un jeu « à l’allemande », mécanique, froid, qui tente de nous embarquer dans un univers rocambolesque et farfelu sans jamais y parvenir. Alors certes, les cartes et les illustrations sont d’une qualité et d’une grandiloquence rares. Mais ça ne suffit pas pour nous transporter. Michael Schacht est avant tout un mécano, pas un poète.

À noter que pour l’instant, le jeu n’existe qu’en anglais. Il n’y a que la règle, très courte, qui est en anglais.

Appréciation

Iawari, verdict final

Un bon jeu, mécanique, froid, classique, mais superbe

Note : 3.5 sur 5.

➡️ Vous pouvez trouver Iwari en anglais chez Philibert ici

  • Auteur : Michael Schacht
  • Illustrateur : Matthew Mizak
  • Éditeur : ThunderGryph Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2 à 5 (évitez d’y jouer à 5, lent et chaotique)
  • Âge conseillé : Dès 14 ans (bonne estimation)
  • Durée : 45-60′ (bonne estimation)
  • Thème : Tribus ancestrales
  • Mécaniques principales : Contrôle de territoire, majorité, cartes

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