Jeux de plateau

3 nouveaux jeux de société à deux à découvrir

Temps de lecture: 6 minutes

Découvrez Glasgow, Holmes et Paris : Ville Lumière, trois nouveaux jeux à deux uniquement qui viennent de sortir.


Malgré les grands salons de la rentrée ludique annulés, Gen Con, Essen, COVID oblige, les éditeurs ne chôment pas en cette fin d’été. Les sorties s’enchaînent. Voici trois titres récents de jeux de société qui se jouent uniquement à deux.

Paris : Ville Lumière

S’il y a bien une tendance actuelle que l’on observe dans les jeux de société, c’est l’incrustation des tuiles polyominos. De très nombreux jeux récents proposent d’inclure ces petites tuiles à la Tetris aux formes improbables. Paris : Ville Lumière ne déroge pas à la règle.

Sorti début septembre 2020 chez IELLO, dans Paris : Ville Lumière on cherche à construire, à placer des bâtiments représentés sous la forme de tuiles polyominos dans un réseau de rues de la capitale. Et tout ceci en étant à côté de réverbère pour s’assurer le plus de lumière (d’où le titre).

Dans Paris : Ville Lumière, comme dans la majorité des jeux à polyominos, on tente de recouvrir la plus grande surface possible au moyen de ces tuiles, tout en réussissant à placer le plus d’entre elles les unes à côté des autres. Jusque-là, rien d’extraordinaire ! Paris : Ville Lumière est d’un classicisme crasse.

Sauf que. Paris : Ville Lumière propose deux aspects intéressants :

  1. Le jeu est constitué de deux phases. Lors de la première, on construit ensemble le fond du plateau. Ce qui nous permettra ensuite de poser, ou pas, les tuiles lors de la seconde selon sa couleur. Cette première phase demande de bien visualiser à l’avance les polyominos disponibles et de bloquer l’autre pour l’empêcher de poser les siennes par la suite.
  2. Dans la plupart des jeux à polyominos, comme dans l’excellent Île des Chats par exemple, ou encore My City, nommé pour le Spiel des Jahres en 2020, on passe sa partie à récupérer des tuiles et à les poser sur son propre plateau personnel. Ce qui rend alors le jeu très individuel. Dans Paris : Ville Lumière, tout se joue sur un seul plateau, ensemble. Il va donc falloir jouer des coudes pour poser ses tuiles et surtout, tout faire pour bloquer l’autre. Ce qui introduit une interaction plus directe, plus taquine.

Enfin, un dernier aspect à relever, Paris : Ville Lumière propose une thématique et une esthétique très Belle Époque dans le Paris de la toute fin du 19e siècle, avec de « réelles » cartes postales qui reprennent le style des tableaux impressionnistes de l’époque : Cézanne, Gauguin, Monet.

Ce qui nous a moins plu ⛔️

❌ Encore un énième jeu de tuiles polyominos

❌ Un jeu de pur blocage : je te bloque ici pour que tu ne puisses pas poser tes tuiles ensuite. Mais à force de ne faire que bloquer l’autre, on ne parvient pas à construire, préparer, planifier grand-chose de son côté

❌ Un décompte final très, très pénible : le nombre de cases de ses tuiles multipliées par le nombre de réverbères adjacents, plus 2-3 autres bricoles

Ce qui nous a plu ❤️️

✅ Un thème original, de superbes illustrations

✅ Un jeu à deux très interactif

✅ La mécanique des cartes postales, qui servent d’action bonus, qui permettent de bénéficier de quelques avantages. De quoi renverser le cours de la partie

✅ Les deux phases : préparation, presque de la programmation, puis action, pose des tuiles

Verdict :

Pas mal !

Note : 3 sur 5.

Paris : Ville Lumière, sorti en septembre 2020 chez IELLO, créé par José Antonio Abascal, pour deux uniquement, dès 8 ans, pour des parties de 30-45′. Prix constaté : 20 euros.

Vous pouvez trouver Paris : Ville Lumière ici chez Philibert.

Et également chez Magic Bazar.


Holmes, Sherlock Contre Moriarty

Tout est dans le titre. Sherlock Holmes contre Moriarty. Dans ce petit jeu de cartes à deux uniquement, on passe sa partie à récolter des indices, des cartes dans le but d’obtenir la majorité par famille. Rajoutez à cela une mécanique de placement d’ouvriers enquêteurs, et vous obtenez un petit jeu de cartes de collection et de majorité diablement efficace aux parties qui se renouvellent à chaque fois !

Ce qui détonne dans Holmes, Sherlock Holmes contre Moriarty, c’est la mécanique subtile de décompte de points :

Par famille de cartes, si on dispose de la majorité, on gagne autant de points que la valeur de la carte, moins le nombre de cartes que l’autre détient. Autrement dit, plus on a de cartes, plus on s’assure la majorité. Et donc les points correspondant à la valeur de la famille, sachant que ces valeurs, ces familles vont de 3 à 9. Mais si l’autre à aussi réussi à prendre des cartes de cette famille, on soustrait alors la valeur par le nombre de cartes de l’autre.

Malin, taquin !

Selon les parties, des familles à faible valeur finissent parfois par rapporter plus de points, parce que moins combattues.

Ce qui nous a moins plu ⛔️

❌ Un jeu très classique : collection de cartes, majorités

❌ La multitude de différents personnages dont il faut comprendre les diverses actions

❌ Les deux variantes, pas convaincantes, qui certes confèrent une certaine variété au jeu, mais qui le rendent aussi encore plus chaotique

❌ Un jeu très hasardeux, tactique et opportuniste, selon les cartes piochées

Ce qui nous a plu ❤️️

✅ Les illustrations

✅ Les quelques mécaniques originales, subtiles et suaves

✅ La mini-carte de résumé par personne pour présenter les pouvoirs des différents personnages, ce qui évite d’avoir le nez collé aux règles

✅ La variété des parties, puisque les personnages, les actions disponibles ne sortent pas au même moment, et parfois même pas du tout

✅ Un jeu court, fluide, dynamique, tendu

Verdict :

Très bon !

Note : 4 sur 5.

Holmes, Sherlock Contre Moriarty, sorti en juillet 2020 chez IELLO, créé par Diego Ibanez, pour deux uniquement, dès 10 ans, pour des parties de 30-45′. Prix constaté : 20 euros.

Vous pouvez trouver Holmes, Sherlock contre Moriarty chez Philibert ici.

Et également chez Magic Bazar ici.

Et si vous habitez en Suisse, chez Helvétia Games shop ici.


Glasgow

Trouver un titre et un thème pour un jeu n’est jamais un exercice facile. Les villes sont toujours une valeur sûre : Strasbourg, Bruges, Londres, Bruxelles, Orléans, Paris (Ville Lumière, comme ci-dessous) etc.

Glasgow reprend donc « l’histoire » industrielle de la première ville d’Écosse. Mais non, en réalité, il s’agit d’un pur jeu mécanique. Le thème, on s’en contre-fiche.

Glasgow est un titre étrange. Sorti chez Funforge en français, il propose exactement la même mécanique que Patchwork, sorti chez le même éditeur quelques années auparavant. On place des tuiles en rond, et on avance sur ce rond avec son pion. Là où on décide de s’arrêter, on active la tuile pour activer son pouvoir, le plus souvent recevoir des ressources. Grâce à ces ressources, on va pouvoir construire des bâtiments que l’on place en commun au milieu du rond pour peu à peu construire la ville, ensemble.

Et comme dans Patchwork, Tokaido, Nova Luna ou Glen More, un autre jeu qui se déroule en Écosse, il va falloir gérer « le temps », en quelque sorte. Rejoue la personne qui se trouve en arrière sur le rond. On peut décider de « jumper » loin en avant pour activer une tuile, en laissant alors à l’autre la possibilité de jouer plus souvent.

Glasgow propose toutefois deux mécaniques originales :

  1. Les tuiles construites se placent au milieu, ensemble. Et dès qu’on place une nouvelle tuile, toutes celles situées sur la même ligne ou colonne s’activent, offrant à la personne qui les a construites auparavant un certain avantage. Ce qui introduit une part d’opportunisme : que placer où, et comment, pour s’avantager par la suite. Ou éviter de le faire pour ne pas avantager l’autre.
  2. Son stock de ressources et limité. Il va bien falloir construire à un moment donné !

Ce qui nous a moins plu ⛔️

❌ Un jeu très classique. Encore un : tuiles en rond, gestion du « temps », ressources

❌ Une couverture de boîte qui donne peu envie, et qui est peu flatteuse pour l’Écosse. Non, l’Écosse n’est pas une nation d’alcoolos (même s’ils mettent de la Guiness dans leurs céréales le matin)

❌ Des débuts de partie rocailleuses avec un nombre conséquent de pictos à saisir : scoring de fin, actions spéciales…

Très tactique, opportuniste. On se balade sur le rond au gré des possibilités disponibles

Ce qui nous a plu ❤️️

✅ La mécanique de gestion du temps, toujours fort appréciable. Se la jouer lièvre ou la torture ?

✅ La mécanique de ré-activation de tuiles déjà posées selon les nouvelles posées en ligne ou colonne. Ce qui accroît l’interaction. Si je pose ça ici, je t’avantage

✅ Des parties sans cesse renouvelées : quelle tuile est posée où ? Et quels bâtiments sortent quand, et où ?

✅ Un petit jeu sans aucune originalité, mais très efficace !

Verdict :

Très bon !

Note : 4 sur 5.

Glasgow, sorti en septembre 2020 chez Funforge, créé par Mandela Fernandez-Grandon, pour deux uniquement, dès 10 ans, pour des parties de 30-45′. Prix constaté : 20 euros.

Vous pouvez trouver Glasgow chez Philibert ici.

Et également chez Magic Bazar ici.

Et si vous habitez en Suisse, chez Helvétia Games shop ici.

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