🐠 Un Premier Avril qui ne sentait pas tellement le poisson

Temps de lecture: 2 minutes

Le premier avril, nous vous annoncions ça:

Le marché du jeu de société est en pleine ébullition:

Toys R Us en liquidation

Ludibay et Ludikbazar au bord de la faillite

Les magasins La Grande Récré en plein redressement judiciaire

Tric Trac qui vient tout juste d’ĂȘtre rachetĂ© par l’éditeur Plan B

Gus&Co qui vient tout juste d’atteindre les 100 millions de lecteurs et lectrices

Du coup, entre des boutiques qui disparaissent et des mĂ©dias qui se renforcent, Gus&Co et Tric Trac vont s’associer pour devenir Gus&Trac et ouvrir une boutique de jeux flambant neuve Ă  Bordeaux. Pourquoi Bordeaux? Parce que

Mais surtout, désormais, Gus&Co et Tric Trac vont également offrir de la vente en ligne. Tous les jeux chroniqués sur Gus&Co et Tric Trac vont avoir ce petit bouton

Chaque fois qu’un jeu vous tente, parce que super, super bien prĂ©sentĂ© sur Tric Trac ou super, super bien critiquĂ© sur Gus&Co, pouf, un seul clic et le jeu sera vĂŽtre

Et oui, vous pourrez payer en Pouicos ou en bitcoin

Gus&Trac a dĂ©jĂ  passĂ© un accord avec La Poste pour que vous puissiez ĂȘtre livré·e·s dans les meilleurs dĂ©lais. Genre mĂȘme en quelques heures si vous habitez dans une grande ville. On pense mĂȘme Ă©tablir un partenariat avec une sociĂ©tĂ© bien connue de drones pour vous envoyer des jeux en drone en quelques heures, surtout si vous habitez dans un coin reculĂ© de la Creuse

Avec Plan B en backup, on compte bien avec Gus&Trac et notre toute nouvelle boutique bordelaise et online shaker le marchĂ© et devenir LA rĂ©fĂ©rence du jeu de sociĂ©tĂ© en Francophonie. Voire mĂȘme, pourquoi pas, ouvrir ensuite d’autres enseignes un peu partout en Europe. Musique d’avenir

Aujourd’hui, dĂ©but juin, deux mois plus tard, Tric Trac vient donc d’annoncer qu’ils allaient lancer leur… boutique

OK, sans nous, ça c’Ă©tait pour le cĂŽtĂ© poisson. Mais fun, non?

Une boutique Tric Trac, ça vous fait quoi?

 

12 Comments

  1. Coucou,
    ca doit ĂȘtre un sacrĂ© avantage pour gagner d’ĂȘtre devin ! vous trouvez encore des adversaires/partenaires pour jouer ? 😉

  2. Phal l’a clairement expliquĂ© sur le site, l’information « doit ĂȘtre » produite gratuitement aujourd’hui, puisque quasiment plus personne n’est prĂȘte Ă  investir un €/CHF pour financer de l’info de bonne qualitĂ©. C’est triste mais les GAFA sont passĂ©s par lĂ  et il sera difficile de revenir en arriĂšre. Donc il faut financer l’info par d’autres sources, notamment par les abonnements et maintenant la vente de jeux. Personnellement, je jouerai le jeu, j’achĂšte dĂ©jĂ  mes jeux en boutique (Ludocortex Ă  Annecy) car je ne recherche pas le prix le plus bas mais le prix « normal » pour continuer Ă  avoir des contacts humains. La ce sera sur internet mais avec les prix indicatifs des distributeurs, donc pas les moins chers, mais dans l’idĂ©e de pĂ©renniser ds emplois et obtenir une info de qualitĂ©. J’espĂšre que cela fonctionnera, pas trĂšs envie de trouver un onglet boardgames sur google dans un futur plus ou moins proche !

    1. Mais comment ça: « l’information doit ĂȘtre produite gratuitement??? Et la pub? Elle est gratuite? Et le systĂšme d’abonnement, c’est gratuit? Rien n’est gratuit. MĂȘme les journaux gratuits ne le sont pas. Et comme vous le savez trĂšs bien, si c’est gratuit, c’est que vous ĂȘtes le produit (pas sur Gus&Co, nous ne sommes qu’un blog de bĂ©nĂ©voles passionnĂ©s. FauchĂ©s. D’ailleurs on vient de devoir annuler notre voyage Ă  Essen cette annĂ©e, pas les pĂ©pĂštes…)

      Bref

      Donc non, l’information n’est pas produite gratuitement

      Sinon, il y a de la casse

  3. Voulant ĂȘtre concis, je me suis mal exprimĂ©. Je suis totalement d’accord avec toi, c’est Ă©videmment la pub qui paye la production d’informations, et non plus le lecteur comme dans l’ancien monde 🙂 RĂ©sultat les gens prĂ©fĂšrent lire le 20 minutes plutĂŽt que le Temps, parce qu’au yeux des lecteurs 20 minutes c’est « gratuit » et le Temps c’est payant. Mais au final dans le 20 minutes, on apprend quotidiennement la couleur de la culotte de Paris Hilton. Bof me diras tu mais ça a l’air de divertir suffisamment le grand public et c’est « gratos », pas le Temps …
    De façon analogue, pareil pour Tric Trac, ils ne pourraient pas vivre avec les 0,2% d’abonnĂ©s payants qui frĂ©quentent le site, donc il faut trouver d’autres sources de financement : la pub traditionnelle (dont c’est la fin car les annonceurs vont sur les GAFA) et maintenant la vente de jeux. Donc vendre des jeux pour financer une info de qualitĂ©, ça me va 😉

    1. Merci Seb pour ton retour riche et intéressant. Je te rejoins sur tout. La pub, les GAFA, tout ça

      Sauf pour une chose

      « Une info de qualité »

      Encore faudrait-il s’accorder sur le terme « info ». Pour moi, TT est une formidable vitrine commerciale des Ă©diteurs, avec des participations de ses lecteurs. Info, certes, mais qui flirte mĂ©chamment avec de la comm

      Enfin, c’est mon avis de bloggueur indĂ©pendant. Je n’ai pas Ă©tĂ© rachetĂ© par un Ă©diteur, ni ne suis financĂ© par d’autres. Donc c’est plutĂŽt facile pour moi de remettre en question le terme d’information slash communication

      Mais vu le nombre indĂ©cent de posts sponsorisĂ©s slash coup de comm des Ă©diteurs, financer TT par des achats de jeux alors qu’ils sont dĂ©jĂ  financĂ©s par des Ă©diteurs qui publient chez eux, je prĂ©fĂšre soutenir des boutiques

      Pour moi, TT, Amazon, mĂȘme combat. TT vendait de la comm, maintenant des jeux. Si je cherche des analyses neutres et objectives, je ne vais pas aller lire Amazon

      En tout cas merci pour cette riche discussion Seb

      Au plaisir de continuer Ă  te lire!

      Gus

  4. Moi ce qui me gĂšne le plus dans tout cela, c’est le coup de p…, le gros f… off, et le gros par derriĂšre fait Ă  toutes les boutiques physiques. Et Ă  la catastrophe Ă©conomique probable de tout le secteur du jeu. DĂ©solĂ©, mais c’est comme cela que je le vis.

    L’Ă©quilibre Ă©tait bon : des crĂ©ateurs crĂ©aient des jeux, des Ă©diteurs les Ă©ditaient, des distributeurs distribuaient, des boutiques vendaient, des consommateurs consommaient et des mĂ©dias mĂ©diatisaient. Le marchĂ© Ă©tait assez prospĂšre et en pleine croissance.

    Les boutiques s’appuyaient sur les mĂ©dias et incitaient les consommateurs Ă  s’informer, Ă  visualiser du contenu par eux mĂȘme, car il n’est pas possible Ă©conomiquement d’expliquer 10 jeux Ă  un seul client potentiel dans une boutique en plein samedi aprĂšs-midi. Cet afflux de consommateurs dĂ©sireux d’information a permis aux mĂ©dias de se dĂ©velopper et de valoriser leurs activitĂ©s. Les mĂ©dias se sont ainsi rĂ©munĂ©rĂ© sur les distributeurs / diffuseurs ou bien les Ă©diteurs, et Ă  la marge sur les consommateurs. Ce qui a permis de dĂ©velopper un marchĂ© Ă©conomique propice au dĂ©veloppement des boutiques, qui au final rĂ©munĂ©raient la chaĂźne commerciale jusqu’aux auteurs (peu rĂ©compensĂ©s, certes) et amenaient jours aprĂšs jours de nouveaux lecteurs aux mĂ©dias.

    Et patatra, du jour au lendemain, un des plus gros mĂ©dias, si ce n’est le plus gros, dĂ©cide d’ouvrir sa boutique en ligne et explose le modĂšle Ă©conomique pourtant si porteur pour tout le monde (sauf peut ĂȘtre encore les auteurs…).

    Quand un mĂ©dia soutenu par plus d’un millier de boutiques passe du jour au lendemain au stade de concurrent mastodonte, fier de son modĂšle capitalo-Ă©gocentriquo-mĂ©lanchoniste revendiquĂ©, que peut-il bien arriver ?

    Etape 1 : de nombreuses boutiques vont tout simplement fermer.

    En cause : la guerre des prix démarrée dÚs le premier jour, avec des alignements sur le -10% du prix de vente conseillé, plafond généralement autorisé par les distributeurs (Asmodée pour ne citer que le mastodonte).

    En cause, l’incompĂ©tence des boutiques Ă  promulguer autant de conseil que des milliers de vidĂ©o-rĂšgles disponibles sur cet ex-mĂ©dia, 24/24, 7/7, mĂȘme sur son smartphone Ă  minuit sous la couette pendant que sa femme dort. Heureusement, il y a d’autres mĂ©dias, moins complets (mais de meilleure qualitĂ©), mais le transfert dans les esprits va mettre du temps Ă  se faire.

    En cause, la disparition pour les boutiques de la plus grosse base de données de retours des joueurs (pas forcément la plus pertinente, mais une des plus suivies).

    En cause, l’incapacitĂ© financiĂšre des boutiques Ă  investir pour adapter leur business-model Ă  ce nouvel ordre. Et oui, ouvrir une salle de jeu qui pourrait ĂȘtre une solution simple est tout simplement inabordable pour les petits commerces basĂ©s dans les centres des moyennes et grandes villes.

    En cause, un nouvel acteur web qui n’est pas un simple « parmi tant d’autres », mais probablement dĂ©jĂ  le numĂ©ro 2 aprĂšs 1 mois d’activitĂ©. Et oui, ce fameux web. Philibert avait fait mal, mais l’Ă©quilibre avec les boutiques avait finalement Ă©tĂ© trouvĂ©. Philibert, c’Ă©tait un peu la grande surface face aux boutiques de centre ville. Pas vraiment moins cher que sa boutique prĂ©fĂ©rĂ©e, mais tellement plus pratique quand on ne pouvait pas se dĂ©placer ou qu’on avait la flemme d’attendre 1 semaine la disponibilitĂ© d’un jeu. Pour les autres, il y avait son conseillĂ© vendeur, toujours (ou presque) sympa et qui vous offrait parfois le cafĂ© ou un set de protĂšges-cartes car il connait votre cĂŽtĂ© maniaque. Philibert, ou l’art de faire qu’un quasi monopole Ă©tait finalement largement acceptĂ© par tous : et oui, Philibert n’Ă©taient pas un agresseur, mais un commerce complĂ©mentaire qui n’avait aucun concurrent !

    Etape 2 : une guerre des prix

    -10% dans un premier temps, frais de port offerts dans un second temps avec la livraison sous 24h, puis quelques points de fidĂ©litĂ© permettant de sur-remiser sans fĂącher l’Ă©diteur plafonnant la remise Ă  10%… La marge est largement suffisante pour permettre de vivre en vente Ă  -20% quand on fait parti des clients « élite » et qu’on est un mastodonte sur le web. Je le sais bien, je fais parti de ces clients « élite »… mais pas sur le marchĂ© français, ni sur le web.

    La surconsommation va arriver, les joueurs novices vont acheter, mettre dans le placard, acheter, encore acheter, jeter, vider leur grenier, acheter… puis tout simplement arrĂȘter de consommer du jour au lendemain quand les placards du dressing seront pleins.

    Ou alors les joueurs vont se confirmer, acheter dorĂ©navant sur d’autres marchĂ©s, des jeux aussi en anglais, en Belgique ou en Allemagne par exemple, lĂ  oĂč les jeux sont encore beaucoup moins chers et les frais de port bientĂŽt offerts grĂące Ă  l’Europe (je dis bien grĂące et non Ă  cause de).

    Ou alors les joueurs vont devenir de plus en plus sceptiques sur les jeux que les mĂ©dias leur mettent en avant, en raison de la collusion mĂ©dia/commerce. DĂ©jĂ  que les mĂ©dias leur survendent Ă  coup de marketing puant depuis 2 ou 3 ans des jeux tels Fourberies, YamataĂŻ, et encore Imaginarium pour ne citer que les oeuvres de M. Bruno Cathala. De « bon » jeux certes, mais oubliĂ©s dans un placard au bout de 2 mois. Si ces mĂ©dias mettaient en avant les vraies oeuvres de cet artiste tels Dice Town et Mow, des jeux increvables qu’on aime racheter suite Ă  un divorce, tel un album d’AstĂ©rix, ils risqueraient mois la perte de crĂ©dibilitĂ©.

    Etape 3 : l’arrivĂ©e des jeux dans la grande distribution

    Le travail de démocratisation est fait, 65 millions de joueurs, place à la grande distrib et ses prix bas !

    La France suivra peut ĂȘtre dans le mĂȘme chemin que l’Allemagne, aux boutiques disparues, aux marges serrĂ©es, aux tarifs plancher. Aux Ă©diteurs compressĂ©s, aux auteurs encore moins rĂ©munĂ©rĂ©s. A la crĂ©ativitĂ© de plus en plus limitĂ©e…

    Ha oui, j’oubliais : aux acteurs web disparus car n’ayant plus raison d’ĂȘtre.

A vous de jouer! Participez Ă  la discussion

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