Critique de jeu: El Dorado. Run, Forrest, Run

Un jeu au succès fonctionnel mais qui se complaît dans sa médiocrité

  • Date de sortie: août 2017 en VO et VF
  • Auteur: Reiner Knizia
  • Editeur: Ravensburger
  • Age: dès 10 ans
  • Nombre de joueurs: 2 à 4
  • Durée de jeu: 30 à 60′ (pas tellement plus)
  • Mécaniques: course, deck-building

De quoi ça parle?

De la légende de l’Eldorado, cette légende d’une cité d’or cachée dans la jungle quelque part en Amérique du Sud

Bon, soyons lucides: Ravensburger. Knizia. Deck-building. Trois éléments qui nous font bien réaliser qu’il s’agit d’un jeu allemand à l’allemande. Autrement dit, la mécanique de jeu passe avant le thème

Comme il s’agit d’un jeu de course servi par une mécanique bien connue, on pourrait courir après un peu n’importe quoi, que cela ne changerait pas grand-chose

Ne vous attendez pas à vivre une aventure épique, mystérieuse, exotique. On joue des cartes, on optimise sa main

Et comment on joue?

C’est du deck-building, donc. On a une main composée de 4 cartes que l’on peut utiliser à son tour pour se déplacer sur le plateau, de grosses pièces modulaires qui s’imbriquent et dont la config peut être changée à chaque partie, un gros avantage pour la durée de vie et le renouvellement du jeu. Sachant que chaque partie de terrain affiche un certain type et un certain nombre de symbole: machettes, pour représenter la jungle, pagaies, pour la rivière, campement, etc

Pour progresser sur le terrain, il va falloir jouer des cartes avec au minimum le même nombre de symboles correspondants

Les cartes peuvent aussi être jouées pour acheter d’autres cartes, car oui, c’est du deck-building. On commence avec des cartes moisies, et pour traverser le plateau il va en falloir de meilleures puisque le terrain devient de plus en plus difficile

Avec une petite différence, on n’est pas exactement dans Dominion, on peut décider de garder autant de cartes pas utilisées dans sa main pour les prochains tours

Voilà, c’est tout. Pas compliqué

Et comment on gagne?

Les pièces imbriquées composent le terrain de jeu. Le but final est d’atteindre le plus rapidement possible la pièce finale: le temple d’El Dorado. Et là, c’est la fête

C’est tout

Un jeu de course, donc. Ravensburger a voulu faire simple, fluide, familial

Interaction?

Peu d’interaction directe, que du blocage car les autres joueurs ne peuvent pas traverser une case déjà occupée. Mais comme il s’agit d’un jeu de course, l’interaction est évidemment importante. Non, on ne peut pas mettre des bâtons des machettes dans les roues de ses voisins

Et à combien y jouer?

A 2 le jeu est plat, sans grande tension. A 4, cela devient beaucoup plus tendu, beaucoup plus intéressant

Alors, El Dorado, c’est bien?

Mouaif

C’est surtout très, très répétitif

Un jeu au succès fonctionnel mais qui se complaît dans sa médiocrité. Encore un énième deck-building qui apporte peu à l’édifice. Et pour un jeu de course, El Dorado manque cruellement de punch, de tension. Rester bloqué 2-3 tours devant des cases parce qu’on n’a pas pioché les bonnes cartes, la bonne combinaison est rageant. On joue, on avance, mais au bout d’un moment on se demande s’il ne vaudrait pas mieux passer à autre chose. Et vu le nombre considérable de sorties, et de meilleures sorties, la réponse est clairement: OUI!

Et surtout, mais qu’est-ce que c’est moche! Le format des cartes a été prévu pour des mains d’enfants de 4 ans et le graphisme nous propulse en mars 1987

Bref, pas le meilleur Knizia. Ni inventif, ni passionnant

 

Vous pouvez trouver le jeu chez Philibert,

Chez Ludibay

Et chez Ludikbazar

9 Comments

  1. Pour une fois pas d’accord
    – moche: n’exagérons rien
    – petites cartes: et alors ?
    – rester bloquer: si tu te débrouilles bien dans la gestion de tes cartes, tu peux remonter le tour d’après, faire des achats (les cartes (non or) valent toutes un demi sous)
    – répétitif: j ‘avoue

    Pas le jeu que j’achèterai, ça se finit toujours un peu n’imp, parfois parcequ on n’a pas la bonne carte et l’autre te passe devant, mais pour un jeu familial je trouve qu’il procure sa dose de divertissement. Il y a mieux, c’est sûr mais ce n ‘est pas non plus la cata

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    1. Merci pour ta réaction MB, très appréciée!

      Y a-t-il aujourd’hui trop de jeux?

      Non, vraiment pas

      Y a-t-il aujourd’hui trop de jeux moyens?

      Oui

      Et comme il y a beaucoup, beaucoup de choix, autant préférer passer son temps (très limité) et son budget (encore plus limité) sur les excellents

      Merci pour ta fidélité MB ❤ Une belle journée aux couleurs d’automne à toi

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      1. Pas d’accord non plus, ce que tu décris c’est ta frustration à jouer à un deck building quand tu as une main de daube. Mais, tu peux avoir construit pour t’en prémunir, tu peux garder des cartes d’un tour sur l’autre, tu as des cartes joker à gogo, tu peux épurer ton deck…

        Moi je vois plutot un deckbuilding particulierement clair, qui n’a pas les fioritures habituelles pour masquer une mécanique, mais qui offre justement un bel aspect construction simple rapide et efficace. Par ailleurs, as-tu joué à 2 avec 2 personnages ? ça change tout… et ça optimise encore plus.

        C’est graphiquement fonctionnel. Les petites cartes sont bof, j’avoue.

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        1. Merci pour ta réaction Fab, ça fait du bien de pouvoir compter sur une communauté de lecteurs fidèles, éclairés et critiques. J’apprécie énormément que nos articles puissent être contredits, débattus, cela prouve que nous avons tous des avis, des réflexions, des ressentis, des analyses différentes. Le dogme, l’unanimité, la majorité, des mots-valises peu recommendables

          Et merci pour la règle à 2 joueurs

          A très vite sur Gus&Co Fab. Et surtout, bon voyage!!!

          Aimé par 1 personne

  2. Gus, tu parles de Flamme Rouge là non ??

    Graphisme plus qu’OK, ce n’est pas parce que cela évoque des jeux d’il y a plus de 15 ans (je pense à TIKAL, JAVA) que c’est moche. Et puis les autres nominés au Spiel n’ont pas non plus des graphismes qui vont révolutionner le genre.

    Je trouve cette analyse un peu dur, notamment vis-à-vis de Kingdomino – on est dans des gammes de jeux très proches et l’un comme l’autre dans un succès fonctionnel (là où Magic Maze était plus inventif enfin de mon point de vue).

    Niveau matos, on est un peu sur la même gamme (les tuiles de Kingdomino niveau petitesse c’est pas mal non plus), niveau rejouabilité idem (c’est comparable).

    La différence est sans doute dans la sortie du matos et la rapidité de mise en place, le point fort majeur de Kingdomino, mais un tel écart dans la critique… étrange, est-ce que c’est cet élément précis qui fait la différence ?

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      1. Effectivement ce n’est sans doute pas clair, mais je trouve que ton analyse sur El Dorado est très dure, notamment vis-à-vis de Kingdomino (qui était aussi nominé au Spiel).

        Pour être plus clair, j’ai pour ma part trouver des qualités/défauts assez similaires entre ces jeux en termes d’esthétisme, de simplicité des mécanismes, de cible, de but assez « fonctionnel » et je ne comprends pas du tout l’écart de jugement entre les deux.

        Les arguments développés dans la première critique pour saluer le jeu (fluidité, simplicité, succès fonctionnel …) étant utilisés en défaveur d’El Dorado.

        Je me demande juste quel élément fait pour toi la différence entre ces deux jeux : comment passe t’on d’un des meilleurs jeux de 2016 à un « jeu qui se complait dans la médiocrité » ?

        Aimé par 1 personne

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