Enseignant au lycée à Genève et formateur spécialisé d’enseignants pour l’utilisation du jeu en classe, nous vous proposons ici 10 manières d’utiliser le jeu en classe. Comme la semaine prochaine, c’est la rentrée des classes dans le canton de Genève en Suisse, cet article pourra peut-être vous intéresser, collègues pédagogues.
Les règles de jeux utilisent un registre de langue particulier, le type injonctif, qui règle des comportements, comme les modes d’emploi ou les recettes de cuisine. Lire des règles de jeux permet à l’apprenant de se familiariser avec un autre type de français.
Et pourquoi ne pas demander ensuite aux élèves d’écrire eux-mêmes leurs propres règles pour un jeu préalablement joué en classe?
S’ils ne sont pas majoritaires, il y a toutefois sur le marché beaucoup de jeux coopératifs qui proposent aux joueurs de jouer ensemble contre le jeu. Soit tout le monde gagne, soit tout le monde perd. Il est donc impératif de collaborer, de discuter, de transiger, de planifier à plusieurs, d’apprendre aussi à gérer les King-Speakers. Très formateur et excellent team-building.
Quelques propositions de jeux: pour les plus grands, Sherlock Holmes Détective Conseil, clairement LE MEILLEUR (et nos adaptations urbaines live et multimédia), l’Ile Interdite, Ghost Stories, Pandémie, et tout prochainement Samurai Spirit. Pour les plus petits: le Petit Verger, Hop Hop Hop, La Chasse au Monstre avec une superbe édition remastérisée. Pour une liste plus exhaustive, vous conseillons un excellent dossier sur les jeux coopératifs à écouter et réécouter chez nos amis de Proxijeux.
La plupart des jeux demandent du calcul mental: additionner des points de victoire, compter et gérer ses ressources, estimer des probabilités, pour le tirage des dés par exemple, comme dans Camel Up. Des compétences mathématiques pas uniquement nécessaires en cours de maths mais dans bien des domaines.
On pense, à tort, que l’école est uniquement lieu d’acquisition de connaissances, alors qu’elle permet également aux élèves de développer leurs capacités cognitives: analyser, comprendre, planifier, mémoriser, résumer, interpréter. De nombreux jeux (tous?) proposent justement de faire réfléchir. Rien de tel, tout simplement, que les échecs ou le go.
On pourrait dire que ce point ressemble au 2, mais pas vraiment. Jouer pour apprendre à vivre ensemble, c’est apprendre à gérer la compétition, victoires et succès. Rien de pire qu’un mauvais gagnant ou un mauvais perdant. Si on ne joue pas, on ne fait jamais l’apprentissage de perdre ou de gagner « comme pour de vrai » mais sans aucune conséquence.
Lapalissade, les jeux de société sont… en société. Il faut donc apprendre à être ensemble, à partager un moment à plusieurs, loin de son écran.
Le jeu pousse à la communication, c’est surtout le cas pour les jeux coopératifs et les jeux de… communication. Jouer, pour développer son apprentissage des langues étrangères, c’est proposer aux élèves de pratiquer la langue-cible tout en s’amusant et en évitant de se braquer sur des aspects plus techniques.
D’ailleurs à ce propos, je ne sais pas si vous vous en souvenez, nous vous proposions il y a quelques temps une petite liste de jeux de communication à utiliser en classe.
Mais apprendre à communiquer, c’est également apprendre à argumenter, à négocier, à transiger. A… manipuler?
Créativité, innovation, deux termes que l’on articule fréquemment de nos jours. De nombreux jeux permettent aux participants de laisser libre cours à leur imagination et à leur créativité: dessiner, représenter, mimer.
(((A ce propos, je me réjouis d’ailleurs de Loony Quest que vous pourrez découvrir au Bar à Jeux de Genève le 6.9.14 en grande avant-première et en version XXL près de 2 mois avant sa sortie)))
Pour revenir au point 1, mais pas vraiment, cet élément-ci demande aux participants d’être capables de suivre des règles. Sans règles, aucun jeu. Sans loi, aucune société, aucune civilisation.
Apprendre à jouer, à suivre des règles, c’est apprendre à vivre en société. Apprendre à ne pas tricher également. D’ailleurs, à ce propos, très rares sont les jeux qui offrent le droit de tricher, à part peut-être dans l’excellent Mogel Motte, et encore, la triche y est rigoureusement et paradoxalement réglementée.
Pour les plus petits, développer la motricité fine est nécessaire. Les jeux permettent de lancer un dé, d’avancer un pion, de manipuler des cartes. Toutes des actions simplissimes pour les plus grands qui ont pourtant besoin d’être exercées chez les tous petits.
Certains jeux proposent un contenu, un thème fort. Jouer pour découvrir, exploiter un thème, activer un sujet. Un cours de géographie sur la gestion des énergies, pourquoi pas une partie de Megawatts? Un cours d’histoire à illustrer? Les jeux ne manquent pas. Un jeu tiré d’une oeuvre littéraire étudiée en classe?
Et n’hésitez pas à aller voir nos 10 AUTRES propositions d’activités pour utiliser le jeu en classe.
Verriez-vous d’autres manières d’utiliser le jeu en classe?
Et bonne rentrée à tous!










