Gamification : et si nous faisions fausse route ? Récompenser ou punir ?

Carrots, Flickr, by Thomas Hawk

Prologue

Dans le numéro 19 du podcast ludique Proxijeux je parlais de la gamification, une tendance lourde pour 2012 et certainement aussi pour les années à venir. Nous en avions déjà écrit un article en septembre 2011 ici.

Polémique

Depuis quelques jours, une polémique fait rage dans le monde de l’éducation à Genève. Une enseignante à l’école primaire confie des jetons de comportement à ses élèves. Quand ils ne se comportent pas bien ils en perdent, et vice versa. Du coup le monde politique et l’opinion publique s’est saisi du débat (à lire ici : Des élèves peuvent «acheter» leur mauvais comportement & l’émission de la radio suisse romande qui en parle).

La gamification, mais qu’est-ce que c’est ?

En quelques mots, la gamification se résume à appliquer des mécaniques ludiques provenant principalement des jeux vidéo et dans des domaines divers qui n’ont rien à voir avec eux : éducation, job, marketing, santé.

On utilise ce que le professeur américain Scott Nicholson appelle les BLAP : bonuses-levels-achievements-points, des récompenses reçues pour une action accomplie.

Le but premier de la gamification est d’impliquer les personnes, de rendre une activité plus fun et intéressante, et donc au final plus agréable. Dans le but évident de fidéliser la personne.

Nous connaissons tous des exemples de gamification utilisés en marketing, tels les points de fidélité accumulés lors d’un achat, les frequent flyers miles, les jetons obtenus, etc.

Récompenses

Mais voilà, la gamification, mal utilisée, peut s’avérer « dangereuse ». En effet, en voulant impliquer les personnes / clients / élèves / enfants en les récompensant pour une action, on finit par nuire à l’action-même, tout en évitant méticuleusement de chercher une solution au problème inhérent.

Un élève fait ses devoirs? Il gagne un jeton de comportement. Un employé vient de faire une bonne vente? Il reçoit un bonus. Votre fils vient de tondre la pelouse? Vous lui offrez du chocolat. Toutes ces récompenses sont extrinsèques, i.e. que la récompense est extérieure à l’action-même. Le souci majeur avec ce système est qu’à force de donner une récompense, l’action devient un obstacle pour la récompense et elle perd alors toute valeur.

Pour éviter de devoir discuter et chercher les raisons d’un souci / abandon liée à une action, on préfère mettre en place un système de récompense pour que la personne se sente engagée, impliquée, fidélisée. Oui, on pourrait également dire… contrôlée. Car au final, en agitant une carotte, on manipule la personne en voulant qu’elle effectue ce qui lui est demandé, sans chercher à comprendre son intérêt. D’autant qu’on a tendance à oublier qu’entre le bâton et la carotte il y a un être humain. Et en contrôlant un individu de la sorte, on finit par lui enlever tout humanité et choix personnel.

Et plus ce système de récompenses extrinsèques est appliqué, plus la personne se désintéressera de l’action au profit de la récompense. Vous voulez que votre enfant / élève lise plus de livres ? Paf, chaque fois qu’il en lit un, vous lui offrez un jouet. Des expériences ont prouvé que les prochains livres choisis seront de plus en plus courts pour obtenir le plus rapidement la récompense.

D’autant que si le système de récompenses est levé, d’autres expériences ont également prouvé que les personnes abandonnent alors tout intérêt pour la tâche, même si elle était auparavant appréciée.

En fait, tout ce système de récompenses / BLAP est utilisé, à mauvais escient, pour résoudre un problème, alors qu’il en devient un, et un gros. Récompenser un enfant parce qu’il s’est bien comporté ne lui fait pas comprendre pourquoi il est important d’agir de la sorte. Non, cela lui fait comprendre qu’en agissant ainsi, il est sûr de recevoir quelque chose. Et si la récompense est levée, son comportement sera encore pire car il sera déçu. La récompense ne lui aura donc rien appris.

Il est également intéressant à relever que les personnes qui mettent en place un système de gamification seront souvent les premières à rejeter ce système si on l’applique sur elles, car elles sont bien conscientes des travers.

Récompenser VS sanctionner?

A choisir entre punir et récompenser, la grande majorité des gens préféreront récompenser, c’est plus positif, motivant. Alors qu’on a furieusement tendance à oublier que la récompense peut rapidement devenir une punition si la personne ne peut l’obtenir. Il en résulte plus de déception, d’amertume. En voulant motiver on finit par faire exactement le contraire.

Je peux vous présenter l’exemple de ma belle-sœur qui recevait toujours de l’argent de son père quand elle obtenait la meilleure note possible à une épreuve, 6 en Suisse. Quelques mois après avoir fini le lycée, elle m’a avoué avoir été déçue et énervée quand elle n’avait que 5.5, une excellente note en soi, car celui lui empêchait de recevoir son dû.

Gamification

Mais alors la gamification dans tout ça ? En fait, elle est surtout cosmétique si on applique les BLAP, alors qu’il s’agit d’autre chose, de rendre une activité intrinsèquement ludique, fun et passionnante.

A-t-on véritablement besoin de récompenser un employé pour son travail en plus de son salaire, alors que son propre plaisir devrait se trouver dans l’accomplissement de la tâche en elle-même?

Le souci avec la gamification, comme elle est appliquée aujourd’hui, c’est qu’il s’agit avant tout de behaviorisme (cf le psychologue Skinner et ses travaux sur les pigeons. Les oiseaux, pas les gens. Quoique.). On cherche à contrôler un individu en lui offrant quelque chose pour une bonne action.

Intrinsèque vs extrinsèque

Peut-on mêler une récompense extérieure au plaisir qu’il y a à effectuer une action pour elle-même ? Non. Dès le moment où il y a une récompense, nous, êtres humains, serons avant tout motivés par la récompense. A moins bien sûr d’avoir conscientisé tout ce phénomène et vouloir alors le rejeter, du moment qu’on en soit capable bien évidemment, car bien souvent, les BLAP sont appliqués par une autorité supérieure. Donc pas toujours facile de se « rebeller ».

Éducation

Je dévore depuis quelques temps l’ouvrage de l’éducateur américain Alfie Kohn qui parle de tous les aspects que j’ai relevés. Il présente nombreuses expériences qui confirment que pour la même activité, une personne non-récompensée réussira mieux qu’une personne récompensée, dû en partie au stress de ne pas recevoir l’objet convoité. Mais également parce qu’in fine, l’action est dépréciée puisqu’il lui faut une récompense pour être accomplie. C’est ce que j’appellerais le syndrome du choux de Bruxelles. Si vous promettez à votre enfant un dessert s’il mange ses choux de Bruxelles, vous lui faites aussitôt comprendre que ce légume est immonde.

Cet ouvrage m’a véritablement ouvert les yeux sur ma pratique en tant qu’enseignant, car moi aussi j’utilise les BLAP en classe, j’ai d’ailleurs mis en place tout un système pointu et complexe de récompenses, en croyant bien faire pour motiver les élèves. J’ai rapidement constaté une amélioration impressionnante des résultats, du comportement et de la motivation de mes élèves. Mais j’ai également rapidement remarqué que si une activité ne donnait aucune récompense, mes élèves n’étaient alors pas intéressés par l’activité en tant que telle. J’ai aussitôt compris que ce que mes élèves recherchaient était les points, pas l’apprentissage en soi. A force de vouloir motiver mes élèves, je les ai démotivés!

Et les notes dans tout ça? Ne représentent-elles pas non plus des récompenses en soi? Mes élèves me demandent souvent si ce champ ou sujet sera dans le prochain contrôle. Toujours en faire le minimum. Pourquoi ? Car au final ce qui leur importe c’est la note, comment y arriver le plus rapidement et efficacement possible, sans s’intéresser à la valeur intrinsèque de l’apprentissage. Peut-on alors en vouloir aux élèves si le système est ainsi? Comment espérer développer leur créativité, passion et implication si tout ce qu’ils recherchent c’est de passer leur année?

Grande nouvelle, ma femme et moi attendons un heureux évènement pour bientôt. Nous allons vivre ce qui va très certainement être la plus grande aventure de notre vie. Quand vous parlez à des parents, ils vous disent tous qu’avoir un enfant change radicalement la vie. Merci, je n’avais pas forcément besoin d’eux pour cette lapalissade. Quoiqu’il en soit, avoir un enfant veut également dire l’élever, l’éduquer. Enseigner une branche au lycée, ce que je fais en-dehors de mes articles & évènements ludiques pour Gus&Co, et éduquer son enfant n’est pas véritablement la même chose car il s’agit de SON propre enfant. S’imposeront alors des choix éducatifs : punir, motiver, récompenser. Écouter et comprendre, surtout.

Tout ce système de gamification est ultra-simpliste et représente une sacrée solution de facilité pour l’adulte / enseignant / supérieur. Une question simple s’impose alors : pourquoi demander pourquoi ? Plutôt que de chercher à résoudre un problème, avec les BLAP on en crée d’autres, plus profonds, puisqu’on va finir par habituer l’enfant / élève à ne fonctionner que pour les récompenses et non pour l’action en elle-même, l’enfant n’en sortira pas grandi, juste contrôlé et manipulé.

J’ai également dévoré le livre de Lee Sheldon, The Multiplayer Classroom: Designing Coursework as a Game and Character Development and Storytelling for Games, dans lequel il raconte son expérience de pédagogie ludifiée (ou gamifiée). Les élèves reçoivent des points et des niveaux en fonction de leurs accomplissements. L’auteur va même jusqu’à publier les commentaires de ses étudiants pour l’évaluation de ses cours, pour prouver à quel point sa pédagogie est « révolutionnaire » et extraordinaire, ce qui donne alors furieusement envie de faire pareil. Mais l’auteur n’a jamais dû ouvrir le livre d’Alfie Kohn, il aurait alors remarqué que ses élèves n’étaient pas intrinsèquement motivés par ses cours mais par ses récompenses. En l’occurrence la note finale du cours.

Aujourd’hui, même si j’ai envie de rendre mes cours passionnants, le but commun de nombreux enseignants, passer par la gamification ne représente plus une solution. Bien au contraire.

Après tout, comment définir un bon enseignant? Ce n’est pas celui qui se dit parfait mais celui qui se remet en question. Ce n’est pas celui qui pense avoir trouvé les solutions mais celui qui les cherche.

Conclusion

Et si au final la gamification n’était pas endémique à notre société actuelle qui encense efficacité et rapidité? Je m’explique: lorsqu’il y a un souci, plutôt que de l’affronter en cherchant les racines, peut-être profondes et qui prendront du temps, on préfère lui appliquer un système « efficace » et rapide, comme une appli ios ou une nouvelle technologie.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », ça vous dit quelque chose, de Rabelais. Je vous le concède, ruine de l’âme est peut-être exagéré, mais quand même. Dans le même domaine, il y a aussi « mettre un emplâtre sur une jambe de bois ». Pourquoi demander pourquoi. Tout le problème réside dans cette question.

Et vous, que pensez-vous de ce débat ? Avez-vous déjà récompensé vos enfants / élèves pour une action?

Pour continuer

Une lecture essentielle pour comprendre toute la problématique

Un podcast en anglais qui parle des travers de la gamification extrêmement intéressant à écouter ici

3 vidéos courtes mais incisives sur la gamification

12 Comments

  1. Pour moi le problème ici (et qui es très commun en ce moment) c’est de considérer que « faire un jeu c’est facile ». La preuve pour gamifier un cours il « suffirait » de rajouter un système de score et de récompense et pouf on a un jeu !

    Et bien désolé mais non… la gamification, qui veut dire transformer qqch en jeu, c’est complexe… on pourrait dire que c’est un métier, celui de game designer. Tout ceux qui suivent ce blog le save, créer un bon jeu n’est pas offert à tout le monde ou plutôt pas sans un minimum d’effort, d’expérience et d’investissement personnel.

    Je me bat personnellement pour faire admettre ça à de nombreux enseignants avec qui j’ai bossé ou avec des associations avec lesquelles je bosse. Ils ont tous de bonnes intentions mais considère réellement que la gamification est une « solution simple et pas chère » pour faire passer un discours/enseignement sans effort. Hors il est faux de penser que la création du jeu sera « sans effort » et son effet réel sera rarement une « simplification » du travail de l’enseignant. Par contre si c’est bien fait ça peut réellement être plus efficace sur les apprenant (enfant ou non). Ici efficace veut dire soit même effet avec moins d’effort de l’apprenant ou meilleurs effet avec autant d’effort de l’apprenant.

    Ce qui au final m’étonne c’est d’où vient cette fausse vision sur la gamification ? Qui a vendu à tant de profs que « tu as qu’à faire un jeu, c’est facile à faire et ça marche bien ». Ayant une formation d’enseignant je SAIS que ce n’est pas là qu’on leur a dit (l’encadrement, au moins en France, est très réticent sur ce genre d’approche) mais alors où…? J’ai bien un début de réponse par un ami à moi : quand il me voit moi créer un jeu, il voit que je m’éclate et que ça marche bien… donc il se dit que c’est cool et facile… évidemment il pense pas que je ne lui présente que ce qui a marché ni que ça fait 8 ans que je fais du game design et encore moins que je fais tout ce que je peux pour me documenter sur le sujet pour faire bien.

    Je vais peut-être essayer à ma petite échelle personnelle de modifier ma communication lorsque je présente un jeu pour bien mettre en avant le fait que j’en ai chié pour arriver au résultat que je présente ! Bon évidemment le problème c’est que j’ai du mal à dire ça car j’adore chaque seconde que je passe a game designer mes jeux…

  2. Alors là chapeau bas ! Très très bon article qui m’a bien fait réfléchir sur beaucoup d’aspects que ce soit dans le travail, l’éducation et l’instruction.

    Je partage sur Facebook et je vais relire tout ça et les références données. Vraiment très très intéressant, merci !

  3. Comme je te l’ai déjà dit, je trouve ça très intéressant. Et en cours de lecture, je n’ai pu m’empêcher de penser à Franck Lepage qui explique dans une conférence gesticulée (au titre Inculture 2, visible sur youtube et que je vous laisse aller chercher 🙂 ) qu’un des fondements des inégalités (je résume), c’est la note individuelle.
    Je n’ai pas creusé le sujet, je ne sais pas comment cette homme et son œuvre sont perçus par notre sacro-sainte Education Nationale française et par le monde enseignant en général. Toutefois, j’ai instantanément corrélé la gamification dans l’éducation ici présentée à la coopération prônée par la coopérative dont fait partie Franck Lepage.
    Il y a sans doute déjà des travaux sur ce sujet (comment le mécanisme de coopération ludique peut aider à l’enseignement). D’ailleurs, combien de jeux ai-je pu faire durant mes séances de Team Building, je ne les compte plus.
    En écrivant ça je réalise à quel point à l’âge adulte, on doit apprendre à s’entraider ou du moins à aller ensemble dans le même sens, tandis que nous avons (au moins nous en France) suivi des milliers d’heures de cours nous programmant à devenir des élites égo-centrées, a minima des individus identifiés.

    Désolé si je pense comme je parle mais les liens se font maintenant, en instantané 🙂

    J’en profite ainsi pour faire un pont avec l’école Steiner qui éduque notamment jusqu’à l’âge de 6 ans via le jeu et qui montre qu’il est concevable d’élaborer un système éducatif tout à fait hors des normes.

    1. En te relisant et en me relisant je me demande si au final on ne se trompe pas d’éducation.

      On cherche à apporter curiosité et ouverture d’esprits aux élèves, à leur donner les outils nécessaires pour affronter / préparer leur avenir, alors qu’au final on reproduit un système capitaliste peu pérenne en soi : fais ceci et tu auras cela. En accentuant le « cela » au détriment du « ceci ». La note, la récompense, les félicitations, le salaire, le mérite. Alors que toute activité, pour être appréciée à sa juste valeur, devrait justement l’être sans élément extrinsèque.

      1. Je pense que le problème n’est pas dans le fait d’attribuer des points… mais qu’on choisit souvent la même méthode pour attribuer les-dits points : tu as la bonne réponse +1 sinon 0 ou -1. Ça nie simplement le concept de « règle de jeu »… on suppose qu’il n’y a qu’une seule règle d’attribution de point. Et c’est là un des problèmes (il y en a d’autre comme ne pas reconnaitre d’autre moyen de féliciter que les points… moi j’ai déjà récompensé des apprenant en leur permettant d’aider les autres joueurs… c’est 1000 fois plus motivant et les moins doué ne réclame pas ce droit car ils savent que ça sert à rien d’aider tant que tu n’y arrive pas toi-même).

        En regardant qq bons jeu de plateau on voit assez facilement qu’on ne gagne pas des point QUE quand on a « la bonne réponse » : bonification à la construction de chaque bâtiment ou absence de bonification pour les bâtiments les plus avantageux, gain our des action non optimales…

      2. Je réponds conjointement à Gus et Pymaldebaran.

        Avant tout je souligne que je n’ai aucune compétence pédagogique particulière et que j’interviens sans « bannière ou étiquette » quelconque.

        Si la note est faite pour évaluer, il me semble qu’elle porte aussi la fonction de récompense parce qu’elle est la résultante de ce qu’on attend d’un apprenant : qu’il assimile et restitue, que ce soit grâce à ses facultés innées, acquises ou via une charge de travail variant de l’infinitésimale à gigantesque.

        Je crois qu’il existe des jeux où il est possible de gagner « avec le moins mauvais score » ou même « avec des points négatifs » tant que tu as rempli tes objectifs ou tu es simplement devant tes adversaires.
        L’évaluation est donc ici absconse.

        Les remarques de Franck Lepage tiennent à lisser les différences entre les apprenants (inné, acquis, environnement culturel, etc…) pour mettre in fine chaque élève au même niveau.
        « Quel est le niveau de ta classe ? » La réponse : « il est plutôt bon, mais la variance est vraiment importante » et différente de « il est plutôt bon, il y a une grosse solidarité »

        La gamification a tout à fait du sens si l’on cherche à obtenir la 2e réponse, non ?

  4. Excellents article et commentaire.
    Mon expérience de médecin du Travail me permet de vous indiquer que cette dérive est de plus en plus étendue dans le monde du travail. Elle est à l’origine de nombreux Burn Out et Dépression.
    Le plus problématique reste les commerciaux que je consulte et qui prenne une part active à ces pratiques: perte totale de plaisir à l’exécution de leur métier, ne recherchant que la performance de la vente (la vente à tout prix et bravo les dérives en tout genre (cf http://www.arnaques.com)).
    Bien que ce système de managing ne soit pas directement issu de la « gamification », je trouve que mettre des personnes en concurrence déguisée par le jeu reste extrêmement délétère pour leurs santé!
    Les contres exemples (que je n’ai jamais croisé) doivent se compter sur les doigts de la main…

    1. Merci Nicolas pour votre retour en tant que médecin du Travail.

      Vous soulevez en effet un aspect inhérent aux récompenses que je n’ai pas abordé dans mon article, à savoir la compétition.

      En effet, si certains y arrivent et en obtiennent, d’autres, au contraire, risqueront de se sentir exclus, inférieurs, alors que nous devrions beaucoup plus travailler sur des notions de collaboration, d’échange, de partage, et non pas de concurrence.

      Si les autres peuvent recevoir une récompense et pas moi, je considérerai alors les autres comme des « ennemis » / adversaires qui m’empêchent d’y arriver. D’où jalousie, inimitié et mal-être qui peuvent ensuite sans doute déclencher les problèmes que vous soulevez dans votre commentaire.

      Le meilleur moyen de démotiver quelqu’un c’est encore de lui offrir une motivation extérieure.

  5. Chouette article, Gus.
    J’ai eu la chance de côtoyer ces idées avant que mes enfants soient assez grands pour q’on soit déjà entrés dans ce fameux de punitions/récompenses et je trouve qu’eux et nous avons eu de la chance, car ils fonctionnent, du coup, juste « normalement » : ils font, ou ne font pas, les choses, parce qu’ils trouvent ça juste.
    Bonne route à toi avec miniGus 😉 et à bientôt pour d’autres discussions.

  6. Article vraiment interessant. Effectivement la motivation par la récompense est une voie que je crois nous avons tous emprunté. J’ai dans ma classe des ceintures de comportement qui fonctionne sur ce principe. Cela ne m’empêche pas de redire l’intérêt de respecter les règles de la classe (en plus de donner un avantage).
    En tout cas, tout cela me parle et me pousse à réfléchir alors merci 🙂

  7. Merci pour ce passionnant article qui m’aide à mettre des mots sur mon malaise vis à vis de ce système. Je l’avais installé dans ma classe et effectivement un élève a eu beaucoup de mal à gérer le fait de ne pas avoir reçu la récompense qu’il avait choisie !
    Je me posais la question de poursuivre ou non cette année, grâce à vous j’ai choisi : je supprime le système.
    Vraiment merci !

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