Asmodée applique un tout nouveau système économique au monde du jeu. Avantages et désavantages.

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Cela fait quelques semaines que cette rumeur courait en backstage, la voici confirmée et officialisée dans l’édito d’Hélène dans le numéro 68 de Plato.

Asmodée, plus grand éditeur et distributeur de jeux en France, applique depuis peu le système économique similaire au marché du livre, à savoir, ils vendent leurs jeux aux boutiques et s’engagent à reprendre les invendus dans un certain délai.

Enfin, quand je dis « leurs jeux », je veux surtout parler de deux jeux, deux nouveautés 2014, à savoir Splendor et Minivilles. Pourquoi uniquement ces deux? Parce qu’Asmodée a eu le nez creux en estimant que ces deux titres allaient être de gros cartons au box-office ludique et qu’ils ne couraient pas trop de risques à soumettre cette nouvelle proposition de rachat. Et ça même avant la nomination de Splendor au Spiel!

J’ai contacté Asmodee qui m’a suggéré de prendre cette information avec des pincettes, car le modèle n’est pour l’instant qu’un « coup d’essai » qui n’aura pas forcément vocation à être reproduit (en fonction de la réaction du marché). A voir si cette opération sera donc pérennisée avec le temps, ou si cela restera une simple tentative parmi d’autres stratégies de distribution ludique.

Et non, il ne s’agit pas d’un dépôt-vente, puisque dans un dépôt-vente aucune transaction financière n’a lieu AVANT retour de la marchandise. Dans ce cas-ci de modèle économique, Asmodée ne met rien en dépôt, le distributeur vend sa marchandise aux magasins qui se voient ensuite racheter / rembourser leurs invendus. Nuance.

Quels sont les avantages et désavantages d’un tel système?

  1. avantLes éditeurs peuvent écouler plus de stocks, tout bénéf pour eux!
  2. Concurrence accrue contre le crowdfunding qui est méchamment en train de « mélanger les cartes » et remuer le marché en réduisant les intermédiaires (distributeurs, vendeurs).
  3. Visibilité accrue pour certains jeux.
  4. Les boutiques prennent moins de risques financiers.
  5. Asmodée se catapulte (encore plus) comme distributeur majeur.
  6. Distribution améliorée, stocks dans les boutiques plus importants, donc le client en bénéficie lui aussi.

desav

  1. Ce modèle n’a été appliqué pour l’instant que pour deux jeux uniquement, l’un chez Space Cowboys et l’autre chez Moonster Games, alors que tous les autres éditeurs jouissent du même contrat de distribution avec Asmodée. Faut-il y voir une inégalité de traitement? Qu’en est-il au niveau de la loi commerciale? Certains éditeurs ne pourraient-ils pas se sentir lésés de ne pas connaître un tel traitement, très profitable pour eux?
  2. Le marché devient saturé de certains jeux, au risque de créer une « bulle » et un buzz tout à fait artificiels. Certains éditeurs peuvent se targuer d’avoir écoulé tout leur stock de 8’000-10’000 pièces alors qu’en réalité et dans les chiffres ce n’est pas forcément le cas.
  3. Imaginez une pile de 300 Splendor dans une boutique, ça en jette beaucoup plus qu’un petit jeu perdu sur une étagère. Concurrence (déloyale?) envers d’autres titres?
  4. Qu’en est-il des autres distributeurs du marché, Millenium, Paille, Iello, comment réagiront-ils face à ce nouveau modèle? Concurrence renforcée entre distributeurs.

Que pensez-vous de ce nouveau modèle économique?

2 Comments

  1. Je ne suis pas sûr que ça nuise aux petits jeux. Pour les jeux grand public je pense que les conseils des vendeurs, les jeux déjà essayés et les conseils d’amis priment sur l’achat compulsif à la tête de la boîte (ou à la quantité de celle-ci dans le magasin). Je pense qu’il vaut mieux toujours tester un jeu avant de l’acheter ou tout du moins voir ce que ça donne.

    Un des points à développer reste peut être aussi les intérêts côté éditeur. Ca les arrangera peut être de ne pas voir leurs jeux partir en solde, non ? Quels sont leurs intérêts vis-à-vis de ce système ?

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  2. Cela ne peut se faire que sur la base d’un gros CA ou des volumes de vente concéquents …
    c’est un coup de BUZZ d’ASMODEE sur 2 jeux qui se vendent bien et dont les risques d’invendus seront minimes …
    Les reprises d’invendus se font beaucoup dans la GMS ( Leclerc , Carrefour et Intermarché) car il y a des rapports de force pour obliger les fournisseurs à cela .
    Le marché du jeu de société est tres loin de ce niveau de vente et de rapports entre vendeurs et acheteurs.
    Je crois que cela restera minile et se fera sur des actions ponctuelles .
    christ roll the dices

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