Sondage : quel type de critique (de jeux) préférez-vous?

Il y a presque une année nous avions publié l’article « nous, critiques de jeux, sommes inutiles » dans lequel nous discutions de notre « importance » en tant que critiques de jeux.

Pas facile de rédiger une (bonne) critique de jeu. Et pas facile non plus d’écrire une critique négative, sachant qu’on prend le risque de décevoir / énerver éditeur, auteur et le public qui a particulièrement apprécié le jeu. Je citerai à titre d’exemple la volée de bois vert que nous avions reçu à la suite de notre toute première critique de Skull and Roses

Il nous paraît à tous cependant important de nous montrer le plus objectifs possibles, au risque de déplaire, car c’est, au final, exactement ce que recherche nos lecteurs.

En août de l’année passée nous vous avions demandé comment vous faisiez pour choisir un jeu avant de l’acheter, et plus de la majorité disait lire des critiques et des avis sur les forums.

Voici un nouveau sondage

A lire aussi, regards croisés d’auteurs de jeux, comment réagir face aux critiques d’un jeu

5 Comments

  1. A mon avis, il ne sert à rien d’essayer d’être le plus objectif possible, dans la mesure où une critique n’est pas et ne sera jamais objective. Elle est le reflet de l’opinion / la sensibilité / l’état d’âme de son rédacteur. C’est tout, et c’est déjà beaucoup.

    Qu’elle soit positive ou négative par rapport au jeu analysé n’est pas un problème: les auteurs et éditeurs ont fait le choix de s’exposer. Il nous faut donc accepter les louanges comme les reproches.

    Par contre, ce que j’attends de toute personne émettant un avis public, c’est de bien détailler les « j’ai aimé tel ou tel truc parce que… », mais aussi « je n’ai pas aimé tel ou tel truc parce que… ».
    Ce sont des éléments qui nous permettent d’avancer bien plus que tous les « c’est génial » ou « c’est nul ».

    Et ce que je suis en droit d’espérer de quelqu’un souhaitant vraiment se positionner en tant que critique de jeux, c’est de la précision dans le propos, afin d’éviter les sous-entendus ou les amalgames malheureux.

    Prenons ainsi l’exemple de la critique récente de « Ici Londres » sur ce site:
    Autant l’avis personnel et étayé, au global assez mitigé, ne me dérange en rien (encore une fois, c’est la règle du jeu), autant j’ai plus que tiqué à la lecture de trois phrases particulières. J’ai failli réagir à chaud, mais mes mots auraient dépassé ma pensée, alors je préfère le faire maintenant, à froid, calmement, afin d’illustrer mon propos:

    Dans la conclusion de l’article, on trouve pèle-mêle;

    – « Une copie de Dixit »: c’est faux. Dire que ce jeu fait partie de la même famille de jeux que Dixit est juste. Dire que c’est une copie est calomnieux. Et condamnable.

    – juste après, tu pointes de façon interrogative la pertinence d’associer la notion de party-game et de thématique qui ne prête pas à l’amusement. Rien à dire à cela. Mais tu enchaînes avec un « A quand un bon jeu sur les camps de concentration? » qui, là encore, laisse penser que cet éditeur et cet auteur seraient susceptibles d’aller jusque là. Je te connais assez pour savoir que ce n’est certainement pas le fond de ta pensée, mais il faut que pas mal de lecteurs auront tendance à faire le raccourci et que, donc, il est prudent de bien mesurer son propos.

    – Et enfin tu crées de toutes pièces un dialogue fictif mettant en scène l’auteur et l’éditeur. Dialogue laissant supposer que cet auteur et cet éditeur se sont entendus de façon pour le moins cynique pour faire une copie de Dixit sur une thématique trash juste pour créer le buzz. Alors là, ça me gêne énormément parce que de deux choses l’une:
    Soit tu disposes d’informations personnelles te permettant de tenir ce propos, et alors tu es en droit d’écrire ce que tu veux, en tant que témoin
    Soit c’est de la pure imagination, et alors ce que tu laisses sous-entendre est, à mon sens, nauséeux, et au minimum blessant pour les protagonistes cités.

    En conclusion:
    Globalement j’aime bien ton site, la profondeur de certains articles, et ta liberté de ton globale. Mais attention, au nom de cette fameuse liberté à ne pas se laisser à des facilités telles que celles évoquées ci-dessus, qui en plus, n’apportent rien à ta critique globale du jeu, bien au contraire.

    (bref.. si j’avais rempli le formulaire, j’aurai cliqué sur « vous écrivez votre commentaire pour corriger le tir »)

  2. La question de la critique est sensible, d’autant que dans le milieu du jeu, cela reste globalement amateur (ceci n’est pas une critique, bien au contraire), mais on ne s’improvise pas critique pourtant un blog, un forum un peu suivi peu avoir une incidence sur l’image / les ventes d’un jeu. Ce n’est pas rien.

    Pour le Gobelin, j’ai fais un choix radical dès le départ : ne parler que de jeu que l’équipe a testé et apprécié. Je trouve que parler de choses que l’on n’a pas aimé est une perte de temps et d’énergie (surtout quand on est bénévole sur un site/blog), j’aime mieux être dans une dynamique plus positive qui consiste à partager les jeux que j’aime, ce qui n’empêche pas d’être critique sur des défauts d’un jeu dont on a pu parler.

    /my 2 coppers

  3. La critique est un art bien délicat. Pour m’être tenté à l’exercice, j’ai déjà eu du mal à m’exprimer sur un jeu que j’ai bien aimé. On ne sait pas toujours comment se positionner. N’en fait-on pas un peu trop ? Restons nous « suffisamment » objectif ? Est-ce que je me laisse aller à un ton carrément décalé qui pourrait laisser le doute dans l’interprétation de mes propos ?

    Pire encore, j’ai eu à tester un jeu que je n’ai vraiment pas trop aimé. Premier jeu d’un auteur qui plus est, pouvant donc décider de sa carrière dans le milieu (son jeu, pas ma critique). Me restait alors deux alternatives. Refuser le test après des heures de test et de travail ? Ou tenter d’écrire un article pondéré ?

    J’ai pris le parti d’écrire de manière pondérée mais franche. Il est alors dans ce cas encore bien plus important de mesurer ses propos et d’en vérifier les interprétations. Car la critique positive n’est pas engageante. On ne vous reprochera presque jamais d’avoir dit d’un jeu qu’il vous a plut ou surpris.

    En revanche, si vous tiquez, alors vous devrez vous justifier. Normal qu’un auteur ou un éditeur soit intéressé par l’explication de notre ressenti en temps que critique. Je serai d’ailleurs flatté de recevoir un mail d’un auteur me demandant en quoi je n’avais pas aimé tel ou tel point. Mais du coup, une telle critique demandera beaucoup plus d’énergie.

    A titre de comparaison, je ne vote pas. Hé bien à chaque élection, je dois me justifier auprès de tout le monde du pourquoi et du comment je ne crois pas en la politique des politiciens et que je pense faire plus de choses en disant bonjour à mes voisins qu’en allant voter. (Si vous souhaitez des justifications plus complètes, j’en ferai un article un jour, mais pas ici et pas maintenant).

    C’est un peu la même chose. Oser dire « ce qui ne se dit pas » vous coutera toujours. Pour autant, je pense qu’il est important de pouvoir le faire. J’oserai même dire que je trouve important de le faire.

    Tous ne sont pas du même avis. En particulier, Lidael le dit clairement. Leur ligne éditoriale c’est : « parler de ce qui leur a plut ». Mais dans la mesure où la ligne est claire et transparente, je n’ai pas de souci avec ça. Je sais que je n’y trouverai jamais de descente en règle d’un jeu. Je n’irai pas là bas pour ça. Mais je sais que j’y trouverai des jeux qui leur ont plut, et seulement ceux là.

    La critique négative, c’est aussi en quelque sorte tirer le jeu de société vers le haut. Quand Gus râle sur la qualité des jeux, et que les commentaires s’enchaînent pour parler de tel ou tel échec, je pense que ça fait avancer les choses. Certains éditeurs prennent conscient d’un problème, réorientent le tir. Et pour les autres, tant pis, il y aura la sanction des acheteurs …

    Et quand Gus présentera une mécanique comme arrivée en bout de course, comme épuisée par une production trop importante, c’est aussi une façon de dire aux éditeurs/auteurs que bon … là, ça devient un peu rébarbatif, moins original, moins intéressant.

    Pour autant, Gus et n’importe quel autre blog ludique n’est pas la référence mondial. Chaque joueur a ses avis, a son ressenti. J’aime sans doute passionnément des jeux que Gus déteste et inversement. C’est pourquoi il faut de toute manière prendre du recul sur chaque critique.

    En temps que rédacteur comme de lecteur, c’est la pondération et ce recul qui nous permettront de mieux avancer. Et je suis heureux de voir un auteur répondre pondérément à une critique qu’il estimait moins posée. Car peut être que cette fois-ci, la critique était plus critiquable que son sujet ? Mais pour ce dernier point, je laisse à chacun son avis …

    En tout cas, j’attends déjà la prochaine critique … et de tester Ici Londres, pour me faire, une fois de plus, mon avis à moi et rien qu’à moi … Car il n’y a pour chacun d’entre nous meilleur critique que nous même …

  4. Ce qui est intéressant dans une critique c’est de connaître le profil de la personne ( aime le hasard les jeux d’ambiance ..) qui pose cette critique qu’elle soit positive ou négative. Après il faut surtout que ça soit argumenté même si c’est une question de goût.

  5. Je critique sur Jedisjeux, et je partage l’avis de Bruno. Lorsque je donne une critique, je ne peux pas être 100% objectif, et d’ailleurs, nous avons une partie pour l’avis (ou je peux dire tout le bien mal que je pense d’un jeu) et une pour la mécanique en elle-même ce qui permet de tenter de relativiser le propos. Il m’arrive souvent de trouver un jeu bien ficelé, bien thématisé, sans pour autant prendre personnellement beaucoup de plaisir à jouer. (exemple Titanium Wars)

    Un critique, de mon avis, ne doit pas tester un jeu comme il jouerait à n’importe lequel = en essayant de gagner/passer un bon moment.

    Lorsque je critique,
    – je choisis les joueurs qui sont dans la cible du jeu si celle ci est restreinte (ambiance et gros jeux en particulier)
    – je surveille la table pour voir comment les joueurs réagissent.
    – je passe un temps fou avant partie pour potasser les règles et apporter la meilleure expérience à mes joueurs, si la règle est mauvaise, ce n’est pas à eux d’en pâtir, et je peux en juger sans passer une partie à galérer 🙂
    – j’essaie des stratégies perdantes, pour analyser comment les rattraper, j’essaie de jouer méchant/gentil, j’analyse quoi.
    – je discute en fin de partie pour recueillir le sentiments des joueurs (un peu comme en faisant tester du proto)

    Enfin, je pense qu’il faut avoir envie de critiquer le jeu, sinon, sous la contrainte on écrira du flan, du vent et du méchant.
    Bref, ça ne s’improvise pas.

    Mon étalon critique perso est Tom Vasel de TheDiceTower. Et perso, je ne trouve que peu d’intérêt à critiquer les jeux que j’aime. Je préfère en faire un bel article engagé et passionnant ! (ou pas ^^)

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