Norsewind : Le jeu qui inverse la perspective viking
🛡️ Défense ou richesse ? Norsewind pose le dilemme des rois anglo-saxons face aux Vikings. Un jeu de draft tendu aux meeples craquants !
Norsewind : Entre la hache et l’enclume

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
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L’essentiel en 3 points :
- Norsewind propose de jouer les Anglo-Saxons assiégés par les Vikings, inversant la perspective habituelle des jeux sur ce thème
- Le cœur du jeu repose sur un équilibre délicat entre développement économique et défense militaire
- Malgré une prise en main qui demande un peu de patience, le jeu révèle une profondeur stratégique et une tension maintenue jusqu’au décompte final
Encore un jeu de Vikings ? Oui, mais cette fois, vous êtes le gibier.
Nous sommes en 793 après Jésus-Christ… Toute l’Angleterre est à la merci des raids des guerriers du nord, les Vikings… Toute ? Non ! Car les irréductibles habitants des royaumes de Northumbrie, Est-Anglie, Mercie et Wessex résistent encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les souverains de ces territoires. Du haut des falaises surplombant la mer, on peut voir se profiler à l’horizon des voiles menaçantes. En tant que seigneur, vous allez devoir vous préparer militairement à l’inexorable attaque, tout en essayant de vous développer économiquement du mieux possible. Toutefois, prenez garde : plus vous serez prospère, plus vous risquerez d’attirer la convoitise des hordes barbares ! C’est donc un subtil équilibre entre défense et richesse qu’il vous faudra trouver…
Oh non… Pas encore un jeu sur les Vikings, me direz-vous ? Certes, l’offre dans cette thématique est pléthorique dans le milieu ludique (Odin, Blood Rage, Looot, et l’excellent Knarr, pour ne citer qu’eux). Au point qu’on peut frôler la saturation, voire l’écœurement.
Il est vrai que ce sujet a été maintes et maintes fois battu et rebattu dans le jeu de société, tant les redoutables navigateurs scandinaves sont une source inépuisable d’inspiration et puissamment évocateurs dans l’imaginaire collectif. Aussi, on peut se dire qu’il va être assez compliqué d’innover dans le domaine sans retomber dans du déjà-vu et du réchauffé.
Mais, mais… C’est une expérience un peu différente que nous propose Norsewind : en effet, vous n’allez pas jouer les fiers combattants barbares au coup de hache facile, cette fois-ci. Non. Vous devrez vous mettre dans la peau de leurs cibles, c’est-à-dire les pauvres Anglais, tremblant dans leur campagne. Dit comme ça, c’est sûr, ça ne vend pas forcément du rêve, mais attendez !
Si vous avez aimé les très plaisantes séries « Vikings » et « The Last Kingdom », vous ne serez pas dépaysés. Car effectivement, le temps d’une partie de 30 à 60 minutes, vous allez revivre les affres et les dilemmes des dirigeants de l’époque, contraints de composer avec cette menace imprévisible mais bien réelle. Et croyez-moi, il va falloir vous accrocher, parce que ce n’est pas une mince affaire…
Un matos à décorner… un viking
Norsewind tient dans une boîte aux dimensions modestes mais très élégamment illustrée. D’emblée, le visuel de couverture invite au voyage dans le temps et raconte une histoire. Et ça, c’est plutôt chouette. L’illustrateur Eirik Belaska a fait dans ce sens un excellent travail, en nous plongeant d’entrée de jeu dans le thème, avec ce villageois inquiet à la vue des drakkars s’approchant des côtes anglo-saxonnes.
Petit coup de gueule cependant : pour les puristes (comme moi), il est regrettable de voir qu’en 2026 encore, on utilise un casque à cornes pour figurer les Vikings ! Est-il nécessaire de le rappeler, c’est un stéréotype : ces derniers ne portaient pas ce genre d’attributs. En effet, les recherches historiques et archéologiques tendent à prouver qu’ils n’en portaient pas, ou alors c’étaient des casques simples, avec juste des protections éventuelles pour le nez et le contour des yeux. Ce mythe des cornes est une représentation chrétienne visant à animaliser et diaboliser ces « barbares », et qui a été popularisée par les opéras de Wagner au XIXe siècle.

Entendons-nous bien, cela n’enlève rien à la direction artistique et ne présage pas de la qualité du jeu lui-même. Mais c’est tout de même dommage, et c’est le genre de détail historique qui me hérisse et peut même m’amener à ne tout simplement pas avoir envie de m’attarder sur la boîte en magasin. Fort heureusement, je ne l’ai tout simplement pas remarqué de prime abord, charmé par le visuel général très réussi.
Ceci étant posé, allons plus loin et ouvrons la boîte !

On y découvre un joli travail d’Aporta Games, petit éditeur indépendant norvégien à qui l’on doit notamment Saltfjord. On trouvera en vrac un plateau circulaire, une petite centaine de cartes de belle facture joliment illustrées, une quarantaine de tuiles cartonnées, une soixantaine de mini-meeples colorés tout mignons (!), une vingtaine de marqueurs-disques en bois, une trentaine de jetons pièces de monnaie, et un carnet de score… Bref, on n’est pas volé sur le matériel, et ça donne envie de jouer tout de suite.
Le livret de règles, d’une douzaine de pages, est bien illustré avec de nombreux exemples, ce qui facilite grandement la lecture et la première partie de prise en main. À cette fin, le mode solo avec un automa plutôt bien pensé fera parfaitement l’affaire. Tout au plus pourra-t-on regretter l’absence d’un petit QR code vers une vidéo explicative, mais ce n’est pas rédhibitoire. Norsewind, c’est un quasi sans-faute donc d’un point de vue éditorial.
Mon royaume pour un château… ou l’inverse
Comment joue-t-on à Norsewind ?
Eh bien, pour essayer de faire simple, le but du jeu va être de développer vos quatre royaumes respectifs (Northumbria, East Anglia, Mercia et Wessex) sans être débordés par l’attaque des Vikings.

Ces quatre royaumes sont symbolisés par autant de cartes et sont disposés en colonne devant vous. À droite de ces dernières, vous pourrez disposer des cartes de bâtiment de cinq types différents :
- Auberge (seul bâtiment payant)
- Navire (seul bâtiment rapportant de l’argent directement)
- Forge
- Ferme
- Église
Vous ne pourrez pas poser plus de quatre cartes « bâtiment » dans chaque royaume. Chaque carte bâtiment est différente et porte en haut à droite une valeur de menace (casque viking), ainsi qu’en bas un nombre de citoyens. Les citoyens noirs sont « pré-imprimés » et comptent dans la population sans besoin de faire quoi que ce soit, alors que les citoyens colorés sont juste des « emplacements » qu’il va falloir remplir avec le(s) meeple(s) adéquat(s).
À gauche de chaque carte royaume, vous aurez la possibilité de construire un château. Chaque château a un coût en pièces de monnaie, ainsi qu’une valeur de défense en haut (boucliers rouges) et une valeur de prestige en bas (lauriers verts). Là aussi, ces valeurs sont fixes ou à développer.
La victoire en fin de partie se jouera aux points de prestige : ce score est calculé pour chaque royaume en multipliant la valeur de prestige du château par le nombre de citoyens (meeples) habitant le royaume. De plus, chaque pièce de monnaie en votre possession vous rapportera un point supplémentaire.

Mais tout n’est pas si simple ! Car pour scorer dans Norsewind, il faudra que votre score de défense total (boucliers rouges) soit égal ou supérieur au niveau de menace total (casques vikings) sur chaque ligne. Si par malheur vous avez eu les yeux plus gros que le ventre, non seulement vous ne marquez pas de points, mais vous encaissez un malus de 7… qui symbolisera le pillage de ce royaume.
De plus, chacune de vos tuiles « royaume » porte une tuile bonus/malus aléatoire (piochée au hasard en début de partie), qui avantagera ou limitera la pose de cartes « bâtiment ». Par exemple, certaines peuvent vous donner de la défense supplémentaire, ou vous empêcher de poser plus de deux bâtiments dans le royaume, ou même vous forcer à n’y avoir que des bâtiments différents, etc. C’est un petit système malin qui permet de singulariser vraiment chaque partie et de la rendre unique, en multipliant les configurations possibles.
À son tour de jeu, chaque joueur aura le choix entre deux actions possibles :
- Acquérir un bâtiment
- Construire un château

Acquérir un bâtiment : vous le choisissez/draftez depuis le plateau circulaire central parmi les cinq visibles, avant de le placer dans un de vos royaumes. Vous gagnerez alors immédiatement autant de pièces de monnaie (revenus) que le nombre de bâtiments indiqués en bas de cette carte royaume situés dans les autres royaumes.

Ce n’est pas forcément très intuitif, mais ainsi, si on prend l’exemple ci-dessus, en posant mon auberge en Northumbrie, je vais gagner deux pièces pour chaque ferme que je possède sur les autres lignes (Est-Anglie, Mercie et Wessex). Cela contraint encore davantage la pose et oblige à bien réfléchir à ses choix !
Vous aurez de plus l’opportunité de prendre un meeple « citoyen »/marqueur-disque adjacent à l’emplacement de la carte bâtiment choisie. Si vous pouvez poser ce dernier dans un royaume, faites-le, sinon tant pis pour vous, il est perdu… Vous pourrez ainsi développer votre population ou booster votre défense/prestige.
Puis il faudra remettre une carte bâtiment sur le plateau depuis la pioche centrale. Si vous révélez un château, il part dans le pool des forteresses disponibles à l’achat.

Construire un château : après vous être bien évidemment acquitté de son coût, vous le placez à gauche de la carte royaume de votre choix. Il ne peut y avoir qu’un château par royaume, mais il est possible de construire par-dessus le précédent en retournant ce dernier dans le pool disponible. Si vous payez le coût plein (pas de réduction), vous gardez néanmoins les éventuels marqueurs (défense/prestige) que le précédent portait, pour peu que vous puissiez les disposer sur le nouveau.
Puis vous encaissez les revenus de la même manière que lorsque vous posez un bâtiment (voir plus haut) avant de prendre et poser un meeple blanc (« neutre ») sur n’importe quel emplacement de couleur libre de l’un de vos royaumes, au choix.
Les tours se suivent ainsi jusqu’à ce que la pioche centrale des bâtiments soit épuisée : auquel cas, on termine le tour en veillant à ce que chaque joueur ait pu jouer le même nombre de fois, en utilisant un pack de cinq cartes spéciales « réserve ». On fait alors la salade de points pour déterminer le vainqueur !
La hache… de Damoclès
C’est donc un intelligent jeu de construction de tableau, mâtiné de draft ouvert et de gestion de ressources, qui nous est proposé avec ce Norsewind ! Si au premier contact il peut paraître un peu confus et un brin complexe, il n’en est rien. À l’usage, une fois les règles bien assimilées, le jeu est extrêmement fluide, les tours s’enchaînent sans temps mort… à moins qu’un joueur ne succombe à l’« analysis paralysis ». Si vous avez un individu comme ça autour de la table, le sablier est conseillé.
Mais au final, tout est assez logique, et si les premiers placements sont sujets à dilemmes, les suivants et surtout ceux de fin de partie seront de plus en plus intuitifs et parfois même assez évidents. Il s’installe une certaine tension palpable au fil du temps, quand vous réalisez que vous ne pourrez vraisemblablement pas développer tous vos royaumes, et que vous allez devoir faire des choix… voire des sacrifices. En effet, il peut valoir le coup d’abandonner un royaume, ou au mieux de sauver les meubles en faisant en sorte de ne pas y perdre de points, à défaut d’en gagner réellement, pour mieux vous consacrer aux autres.

Dans Norsewind, l’ambiance historique est bien recréée, et l’on se prend à s’imaginer incarner Egbert ou Alfred le Grand, rois anglo-saxons dans cette époque troublée, pris en tenailles entre la hache des pillards vikings et l’enclume de la gestion des richesses du pays. On est d’ailleurs tellement absorbé par la recherche du bon équilibre et de la meilleure optimisation qu’on en oublie parfois que son ou ses adversaires font exactement la même chose. L’interaction du coup est assez limitée, même si un stratège vigilant et observateur pourra évidemment saisir parfois l’occasion de vous piquer LA carte qui vous arrangeait sous le nez afin de précipiter votre chute…
Bien que toutes les informations de chacun soient visibles sur la table (on peut compter les pièces de monnaie et les scores de prestige et de défense de chaque joueur à tout moment), dans les faits, on a tendance à garder son attention focalisée sur son tableau et ses objectifs, ce qui fait que la victoire n’est vraiment connue qu’au moment du décompte final. Et même si l’on a une bonne idée générale de l’avance ou du retard qu’on peut avoir, l’incertitude quant à la victoire subsiste jusqu’à la fin, ce qui est assez sympa !
Norsewind, verdict
Alors Norsewind, c’est bien ?
Oui !
Passé ses quelques petits défauts de façade, il se révèle être un jeu riche et prenant, très réussi. À l’instar d’une série ou d’un film dont les premières minutes ne vous captivent pas immédiatement, il gagne à ce qu’on s’accroche un peu et lui laisse la chance et le temps de déployer sa profondeur et son intérêt. Et une fois qu’on est embarqué par son atmosphère et son gameplay, eh bien on l’apprécie à sa juste valeur, si bien qu’on a envie de remettre le couvert pour une nouvelle partie, « pour de vrai » cette fois-ci !
Mais c’est un petit peu le problème dans cette époque où règnent l’attention volatile et le plaisir immédiat… Pourra-t-il seulement trouver son public dans un marché ludique toujours plus foisonnant, où les nouveautés du mois dernier appartiennent déjà au passé lointain, et celles du présent n’ont qu’une fenêtre de tir très limitée pour séduire les joueurs ?
Dans une interview récente, l’acteur (et producteur) Matt Damon déplorait le fait que Netflix exigeait maintenant une explosion dans les cinq premières minutes d’un film, et que l’intrigue soit rabâchée au moins trois fois dans les dialogues pour ne pas perdre les spectateurs, trop occupés à regarder leurs téléphones…
Cela limite grandement la finesse d’une œuvre, et disqualifie potentiellement tout un tas d’entre elles. Eh bien on peut se demander s’il n’en va pas un peu de même avec le jeu de société : devant notre monde à la capacité de concentration déclinante, on abdique pour faire du « snackable », c’est-à-dire du jeu vite assimilé et vite joué (et oublié)… Voire même, vite jugé et défaussé avant même d’avoir eu l’opportunité de plaire. Et sans vouloir passer pour un vieux con, c’est un peu dommage.
Bref, laissez l’occasion aux vents glaciaux de Norsewind de vous emporter, vous ne le regretterez pas ! J’ai moi-même failli succomber à la facilité de le délaisser, avant de me remettre un peu en question et creuser plus loin… Bien m’en a pris. Comme un bon livre, l’apprécier se mérite et demande un peu de patience, pour dépasser les premières minutes de la simple découverte. Et si ce test peut créer un précédent et inviter humblement à davantage de circonspection dans l’approche que l’on peut avoir d’un nouveau jeu, ce sera déjà une bonne chose !
On aime
- Le matériel riche (prix spécial des meeples les plus choupinous !) et l’immersion
- La diversité des parties avec le système de tuiles aléatoires (grosse rejouabilité !)
- L’incertitude sur la victoire jusqu’à la fin (et le gagnant est… roulement de tambour…)
On aime moins
- Des règles uniquement dans la langue de Shakespeare (votre prof de collège vous avait bien dit de bosser, hein)
- Le manque d’interaction (chacun boutique le nez dans son coin)
- Les casques à cornes dans les visuels, grrr… Les Vikings ne sont pas des vaches laitières !
C’est fait pour vous si…
- Vous avez aimé Vikings et The Last Kingdom… (Destiny is all !)
- Vous pensez dans votre for intérieur faire un meilleur roi d’Angleterre que Charles
- Le draft et la construction de tableau, c’est votre drogue dure à vous
Ce n’est pas fait pour vous si…
- Vous avez l’attention d’un poisson rouge et la gratification de l’effort vous est étrangère
- Le manque d’interaction dans un jeu pour vous, ça relève de l’autisme
- Vous portez régulièrement un casque à cornes (sortez tout de suite… dehors !)
Norsewind, c’est le jeu qui prouve que parfois, fuir les Vikings c’est plus stratégique que de les incarner — et étonnamment plus fun.
Très bon !
- Date de sortie : Octobre 2025
- Langue : Anglais
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 1 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Stefania Niccolini, Marco Canetta
- Illustrations : Eirik Belaska
- Édition : Aporta Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4
- Âge conseillé : Dès 10 ans
- Durée : 30 à 60 minutes
- Thème : Viking
- Mécaniques principales : Cartes, Draft, Construction de tableau. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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2 Comments
Thomas
Bonjour, quitte à vouer aux gémonies les casques à cornes, autant enfoncer le clou et ne pas utiliser le terme drakkar qui est lui aussi une invention du XIXe siècle. Knörr (comme les bouillons en cube) ou langskip, donc. 😉
Fred de Gus&Co
Merci ! C’est ça qui est chouette avec les lecteurs, c’est qu’ils me font découvrir des trucs… Maintenant je vais pouvoir doublement rouspéter en société 😉