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Norsewind : Le jeu qui inverse la perspective viking

Norsewind, article banniĂšre

đŸ›Ąïž DĂ©fense ou richesse ? Norsewind pose le dilemme des rois anglo-saxons face aux Vikings. Un jeu de draft tendu aux meeples craquants !


Norsewind : Entre la hache et l’enclume

⚠ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă  prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • Norsewind propose de jouer les Anglo-Saxons assiĂ©gĂ©s par les Vikings, inversant la perspective habituelle des jeux sur ce thĂšme
  • Le cƓur du jeu repose sur un Ă©quilibre dĂ©licat entre dĂ©veloppement Ă©conomique et dĂ©fense militaire
  • MalgrĂ© une prise en main qui demande un peu de patience, le jeu rĂ©vĂšle une profondeur stratĂ©gique et une tension maintenue jusqu’au dĂ©compte final

Encore un jeu de Vikings ? Oui, mais cette fois, vous ĂȘtes le gibier.

Nous sommes en 793 aprĂšs JĂ©sus-Christ
 Toute l’Angleterre est Ă  la merci des raids des guerriers du nord, les Vikings
 Toute ? Non ! Car les irrĂ©ductibles habitants des royaumes de Northumbrie, Est-Anglie, Mercie et Wessex rĂ©sistent encore et toujours Ă  l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les souverains de ces territoires. Du haut des falaises surplombant la mer, on peut voir se profiler Ă  l’horizon des voiles menaçantes. En tant que seigneur, vous allez devoir vous prĂ©parer militairement Ă  l’inexorable attaque, tout en essayant de vous dĂ©velopper Ă©conomiquement du mieux possible. Toutefois, prenez garde : plus vous serez prospĂšre, plus vous risquerez d’attirer la convoitise des hordes barbares ! C’est donc un subtil Ă©quilibre entre dĂ©fense et richesse qu’il vous faudra trouver


Oh non
 Pas encore un jeu sur les Vikings, me direz-vous ? Certes, l’offre dans cette thĂ©matique est plĂ©thorique dans le milieu ludique (Odin, Blood Rage, Looot, et l’excellent Knarr, pour ne citer qu’eux). Au point qu’on peut frĂŽler la saturation, voire l’Ă©cƓurement.

Il est vrai que ce sujet a Ă©tĂ© maintes et maintes fois battu et rebattu dans le jeu de sociĂ©tĂ©, tant les redoutables navigateurs scandinaves sont une source inĂ©puisable d’inspiration et puissamment Ă©vocateurs dans l’imaginaire collectif. Aussi, on peut se dire qu’il va ĂȘtre assez compliquĂ© d’innover dans le domaine sans retomber dans du dĂ©jĂ -vu et du rĂ©chauffĂ©.

Mais, mais
 C’est une expĂ©rience un peu diffĂ©rente que nous propose Norsewind : en effet, vous n’allez pas jouer les fiers combattants barbares au coup de hache facile, cette fois-ci. Non. Vous devrez vous mettre dans la peau de leurs cibles, c’est-Ă -dire les pauvres Anglais, tremblant dans leur campagne. Dit comme ça, c’est sĂ»r, ça ne vend pas forcĂ©ment du rĂȘve, mais attendez !

Si vous avez aimĂ© les trĂšs plaisantes sĂ©ries « Vikings » et « The Last Kingdom », vous ne serez pas dĂ©paysĂ©s. Car effectivement, le temps d’une partie de 30 Ă  60 minutes, vous allez revivre les affres et les dilemmes des dirigeants de l’Ă©poque, contraints de composer avec cette menace imprĂ©visible mais bien rĂ©elle. Et croyez-moi, il va falloir vous accrocher, parce que ce n’est pas une mince affaire



Un matos à décorner
 un viking

Norsewind tient dans une boĂźte aux dimensions modestes mais trĂšs Ă©lĂ©gamment illustrĂ©e. D’emblĂ©e, le visuel de couverture invite au voyage dans le temps et raconte une histoire. Et ça, c’est plutĂŽt chouette. L’illustrateur Eirik Belaska a fait dans ce sens un excellent travail, en nous plongeant d’entrĂ©e de jeu dans le thĂšme, avec ce villageois inquiet Ă  la vue des drakkars s’approchant des cĂŽtes anglo-saxonnes.

Petit coup de gueule cependant : pour les puristes (comme moi), il est regrettable de voir qu’en 2026 encore, on utilise un casque Ă  cornes pour figurer les Vikings ! Est-il nĂ©cessaire de le rappeler, c’est un stĂ©rĂ©otype : ces derniers ne portaient pas ce genre d’attributs. En effet, les recherches historiques et archĂ©ologiques tendent Ă  prouver qu’ils n’en portaient pas, ou alors c’Ă©taient des casques simples, avec juste des protections Ă©ventuelles pour le nez et le contour des yeux. Ce mythe des cornes est une reprĂ©sentation chrĂ©tienne visant Ă  animaliser et diaboliser ces « barbares », et qui a Ă©tĂ© popularisĂ©e par les opĂ©ras de Wagner au XIXe siĂšcle.

Entendons-nous bien, cela n’enlĂšve rien Ă  la direction artistique et ne prĂ©sage pas de la qualitĂ© du jeu lui-mĂȘme. Mais c’est tout de mĂȘme dommage, et c’est le genre de dĂ©tail historique qui me hĂ©risse et peut mĂȘme m’amener Ă  ne tout simplement pas avoir envie de m’attarder sur la boĂźte en magasin. Fort heureusement, je ne l’ai tout simplement pas remarquĂ© de prime abord, charmĂ© par le visuel gĂ©nĂ©ral trĂšs rĂ©ussi.

Ceci étant posé, allons plus loin et ouvrons la boßte !

On y dĂ©couvre un joli travail d’Aporta Games, petit Ă©diteur indĂ©pendant norvĂ©gien Ă  qui l’on doit notamment Saltfjord. On trouvera en vrac un plateau circulaire, une petite centaine de cartes de belle facture joliment illustrĂ©es, une quarantaine de tuiles cartonnĂ©es, une soixantaine de mini-meeples colorĂ©s tout mignons (!), une vingtaine de marqueurs-disques en bois, une trentaine de jetons piĂšces de monnaie, et un carnet de score
 Bref, on n’est pas volĂ© sur le matĂ©riel, et ça donne envie de jouer tout de suite.

Le livret de rĂšgles, d’une douzaine de pages, est bien illustrĂ© avec de nombreux exemples, ce qui facilite grandement la lecture et la premiĂšre partie de prise en main. À cette fin, le mode solo avec un automa plutĂŽt bien pensĂ© fera parfaitement l’affaire. Tout au plus pourra-t-on regretter l’absence d’un petit QR code vers une vidĂ©o explicative, mais ce n’est pas rĂ©dhibitoire. Norsewind, c’est un quasi sans-faute donc d’un point de vue Ă©ditorial.


Mon royaume pour un chĂąteau
 ou l’inverse

Comment joue-t-on Ă  Norsewind ?

Eh bien, pour essayer de faire simple, le but du jeu va ĂȘtre de dĂ©velopper vos quatre royaumes respectifs (Northumbria, East Anglia, Mercia et Wessex) sans ĂȘtre dĂ©bordĂ©s par l’attaque des Vikings.

Ces quatre royaumes sont symbolisĂ©s par autant de cartes et sont disposĂ©s en colonne devant vous. À droite de ces derniĂšres, vous pourrez disposer des cartes de bĂątiment de cinq types diffĂ©rents :

  • Auberge (seul bĂątiment payant)
  • Navire (seul bĂątiment rapportant de l’argent directement)
  • Forge
  • Ferme
  • Église

Vous ne pourrez pas poser plus de quatre cartes « bĂątiment » dans chaque royaume. Chaque carte bĂątiment est diffĂ©rente et porte en haut Ă  droite une valeur de menace (casque viking), ainsi qu’en bas un nombre de citoyens. Les citoyens noirs sont « prĂ©-imprimĂ©s » et comptent dans la population sans besoin de faire quoi que ce soit, alors que les citoyens colorĂ©s sont juste des « emplacements » qu’il va falloir remplir avec le(s) meeple(s) adĂ©quat(s).

À gauche de chaque carte royaume, vous aurez la possibilitĂ© de construire un chĂąteau. Chaque chĂąteau a un coĂ»t en piĂšces de monnaie, ainsi qu’une valeur de dĂ©fense en haut (boucliers rouges) et une valeur de prestige en bas (lauriers verts). LĂ  aussi, ces valeurs sont fixes ou Ă  dĂ©velopper.

La victoire en fin de partie se jouera aux points de prestige : ce score est calculé pour chaque royaume en multipliant la valeur de prestige du chùteau par le nombre de citoyens (meeples) habitant le royaume. De plus, chaque piÚce de monnaie en votre possession vous rapportera un point supplémentaire.

Mais tout n’est pas si simple ! Car pour scorer dans Norsewind, il faudra que votre score de dĂ©fense total (boucliers rouges) soit Ă©gal ou supĂ©rieur au niveau de menace total (casques vikings) sur chaque ligne. Si par malheur vous avez eu les yeux plus gros que le ventre, non seulement vous ne marquez pas de points, mais vous encaissez un malus de 7
 qui symbolisera le pillage de ce royaume.

De plus, chacune de vos tuiles « royaume » porte une tuile bonus/malus alĂ©atoire (piochĂ©e au hasard en dĂ©but de partie), qui avantagera ou limitera la pose de cartes « bĂątiment ». Par exemple, certaines peuvent vous donner de la dĂ©fense supplĂ©mentaire, ou vous empĂȘcher de poser plus de deux bĂątiments dans le royaume, ou mĂȘme vous forcer Ă  n’y avoir que des bĂątiments diffĂ©rents, etc. C’est un petit systĂšme malin qui permet de singulariser vraiment chaque partie et de la rendre unique, en multipliant les configurations possibles.

À son tour de jeu, chaque joueur aura le choix entre deux actions possibles :

  • AcquĂ©rir un bĂątiment
  • Construire un chĂąteau

Acquérir un bùtiment : vous le choisissez/draftez depuis le plateau circulaire central parmi les cinq visibles, avant de le placer dans un de vos royaumes. Vous gagnerez alors immédiatement autant de piÚces de monnaie (revenus) que le nombre de bùtiments indiqués en bas de cette carte royaume situés dans les autres royaumes.

Ce n’est pas forcĂ©ment trĂšs intuitif, mais ainsi, si on prend l’exemple ci-dessus, en posant mon auberge en Northumbrie, je vais gagner deux piĂšces pour chaque ferme que je possĂšde sur les autres lignes (Est-Anglie, Mercie et Wessex). Cela contraint encore davantage la pose et oblige Ă  bien rĂ©flĂ©chir Ă  ses choix !

Vous aurez de plus l’opportunitĂ© de prendre un meeple « citoyen »/marqueur-disque adjacent Ă  l’emplacement de la carte bĂątiment choisie. Si vous pouvez poser ce dernier dans un royaume, faites-le, sinon tant pis pour vous, il est perdu
 Vous pourrez ainsi dĂ©velopper votre population ou booster votre dĂ©fense/prestige.

Puis il faudra remettre une carte bĂątiment sur le plateau depuis la pioche centrale. Si vous rĂ©vĂ©lez un chĂąteau, il part dans le pool des forteresses disponibles Ă  l’achat.

Construire un chĂąteau : aprĂšs vous ĂȘtre bien Ă©videmment acquittĂ© de son coĂ»t, vous le placez Ă  gauche de la carte royaume de votre choix. Il ne peut y avoir qu’un chĂąteau par royaume, mais il est possible de construire par-dessus le prĂ©cĂ©dent en retournant ce dernier dans le pool disponible. Si vous payez le coĂ»t plein (pas de rĂ©duction), vous gardez nĂ©anmoins les Ă©ventuels marqueurs (dĂ©fense/prestige) que le prĂ©cĂ©dent portait, pour peu que vous puissiez les disposer sur le nouveau.

Puis vous encaissez les revenus de la mĂȘme maniĂšre que lorsque vous posez un bĂątiment (voir plus haut) avant de prendre et poser un meeple blanc (« neutre ») sur n’importe quel emplacement de couleur libre de l’un de vos royaumes, au choix.

Les tours se suivent ainsi jusqu’Ă  ce que la pioche centrale des bĂątiments soit Ă©puisĂ©e : auquel cas, on termine le tour en veillant Ă  ce que chaque joueur ait pu jouer le mĂȘme nombre de fois, en utilisant un pack de cinq cartes spĂ©ciales « rĂ©serve ». On fait alors la salade de points pour dĂ©terminer le vainqueur !


La hache
 de Damoclùs

C’est donc un intelligent jeu de construction de tableau, mĂątinĂ© de draft ouvert et de gestion de ressources, qui nous est proposĂ© avec ce Norsewind ! Si au premier contact il peut paraĂźtre un peu confus et un brin complexe, il n’en est rien. À l’usage, une fois les rĂšgles bien assimilĂ©es, le jeu est extrĂȘmement fluide, les tours s’enchaĂźnent sans temps mort
 Ă  moins qu’un joueur ne succombe Ă  l’« analysis paralysis ». Si vous avez un individu comme ça autour de la table, le sablier est conseillĂ©.

Mais au final, tout est assez logique, et si les premiers placements sont sujets Ă  dilemmes, les suivants et surtout ceux de fin de partie seront de plus en plus intuitifs et parfois mĂȘme assez Ă©vidents. Il s’installe une certaine tension palpable au fil du temps, quand vous rĂ©alisez que vous ne pourrez vraisemblablement pas dĂ©velopper tous vos royaumes, et que vous allez devoir faire des choix
 voire des sacrifices. En effet, il peut valoir le coup d’abandonner un royaume, ou au mieux de sauver les meubles en faisant en sorte de ne pas y perdre de points, Ă  dĂ©faut d’en gagner rĂ©ellement, pour mieux vous consacrer aux autres.

Dans Norsewind, l’ambiance historique est bien recréée, et l’on se prend Ă  s’imaginer incarner Egbert ou Alfred le Grand, rois anglo-saxons dans cette Ă©poque troublĂ©e, pris en tenailles entre la hache des pillards vikings et l’enclume de la gestion des richesses du pays. On est d’ailleurs tellement absorbĂ© par la recherche du bon Ă©quilibre et de la meilleure optimisation qu’on en oublie parfois que son ou ses adversaires font exactement la mĂȘme chose. L’interaction du coup est assez limitĂ©e, mĂȘme si un stratĂšge vigilant et observateur pourra Ă©videmment saisir parfois l’occasion de vous piquer LA carte qui vous arrangeait sous le nez afin de prĂ©cipiter votre chute


Bien que toutes les informations de chacun soient visibles sur la table (on peut compter les piĂšces de monnaie et les scores de prestige et de dĂ©fense de chaque joueur Ă  tout moment), dans les faits, on a tendance Ă  garder son attention focalisĂ©e sur son tableau et ses objectifs, ce qui fait que la victoire n’est vraiment connue qu’au moment du dĂ©compte final. Et mĂȘme si l’on a une bonne idĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’avance ou du retard qu’on peut avoir, l’incertitude quant Ă  la victoire subsiste jusqu’Ă  la fin, ce qui est assez sympa !


Norsewind, verdict

Alors Norsewind, c’est bien ?

Oui !

PassĂ© ses quelques petits dĂ©fauts de façade, il se rĂ©vĂšle ĂȘtre un jeu riche et prenant, trĂšs rĂ©ussi. À l’instar d’une sĂ©rie ou d’un film dont les premiĂšres minutes ne vous captivent pas immĂ©diatement, il gagne Ă  ce qu’on s’accroche un peu et lui laisse la chance et le temps de dĂ©ployer sa profondeur et son intĂ©rĂȘt. Et une fois qu’on est embarquĂ© par son atmosphĂšre et son gameplay, eh bien on l’apprĂ©cie Ă  sa juste valeur, si bien qu’on a envie de remettre le couvert pour une nouvelle partie, « pour de vrai » cette fois-ci !

Mais c’est un petit peu le problĂšme dans cette Ă©poque oĂč rĂšgnent l’attention volatile et le plaisir immĂ©diat
 Pourra-t-il seulement trouver son public dans un marchĂ© ludique toujours plus foisonnant, oĂč les nouveautĂ©s du mois dernier appartiennent dĂ©jĂ  au passĂ© lointain, et celles du prĂ©sent n’ont qu’une fenĂȘtre de tir trĂšs limitĂ©e pour sĂ©duire les joueurs ?

Dans une interview rĂ©cente, l’acteur (et producteur) Matt Damon dĂ©plorait le fait que Netflix exigeait maintenant une explosion dans les cinq premiĂšres minutes d’un film, et que l’intrigue soit rabĂąchĂ©e au moins trois fois dans les dialogues pour ne pas perdre les spectateurs, trop occupĂ©s Ă  regarder leurs tĂ©lĂ©phones


Cela limite grandement la finesse d’une Ɠuvre, et disqualifie potentiellement tout un tas d’entre elles. Eh bien on peut se demander s’il n’en va pas un peu de mĂȘme avec le jeu de sociĂ©tĂ© : devant notre monde Ă  la capacitĂ© de concentration dĂ©clinante, on abdique pour faire du « snackable », c’est-Ă -dire du jeu vite assimilĂ© et vite jouĂ© (et oubliĂ©)
 Voire mĂȘme, vite jugĂ© et dĂ©faussĂ© avant mĂȘme d’avoir eu l’opportunitĂ© de plaire. Et sans vouloir passer pour un vieux con, c’est un peu dommage.

Bref, laissez l’occasion aux vents glaciaux de Norsewind de vous emporter, vous ne le regretterez pas ! J’ai moi-mĂȘme failli succomber Ă  la facilitĂ© de le dĂ©laisser, avant de me remettre un peu en question et creuser plus loin
 Bien m’en a pris. Comme un bon livre, l’apprĂ©cier se mĂ©rite et demande un peu de patience, pour dĂ©passer les premiĂšres minutes de la simple dĂ©couverte. Et si ce test peut crĂ©er un prĂ©cĂ©dent et inviter humblement Ă  davantage de circonspection dans l’approche que l’on peut avoir d’un nouveau jeu, ce sera dĂ©jĂ  une bonne chose !

On aime

  • Le matĂ©riel riche (prix spĂ©cial des meeples les plus choupinous !) et l’immersion
  • La diversitĂ© des parties avec le systĂšme de tuiles alĂ©atoires (grosse rejouabilitĂ© !)
  • L’incertitude sur la victoire jusqu’Ă  la fin (et le gagnant est
 roulement de tambour
)

On aime moins

  • Des rĂšgles uniquement dans la langue de Shakespeare (votre prof de collĂšge vous avait bien dit de bosser, hein)
  • Le manque d’interaction (chacun boutique le nez dans son coin)
  • Les casques Ă  cornes dans les visuels, grrr
 Les Vikings ne sont pas des vaches laitiĂšres !

C’est fait pour vous si


  • Vous avez aimĂ© Vikings et The Last Kingdom
 (Destiny is all !)
  • Vous pensez dans votre for intĂ©rieur faire un meilleur roi d’Angleterre que Charles
  • Le draft et la construction de tableau, c’est votre drogue dure Ă  vous

Ce n’est pas fait pour vous si


  • Vous avez l’attention d’un poisson rouge et la gratification de l’effort vous est Ă©trangĂšre
  • Le manque d’interaction dans un jeu pour vous, ça relĂšve de l’autisme
  • Vous portez rĂ©guliĂšrement un casque Ă  cornes (sortez tout de suite
 dehors !)

Norsewind, c’est le jeu qui prouve que parfois, fuir les Vikings c’est plus stratĂ©gique que de les incarner — et Ă©tonnamment plus fun.

TrĂšs bon !

Note : 4 sur 5.

  • Label DĂ© Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label DĂ© Vert, c’est ici.
  • CrĂ©ation : Stefania Niccolini, Marco Canetta
  • Illustrations : Eirik Belaska
  • Édition : Aporta Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 Ă  4
  • Âge conseillĂ© : DĂšs 10 ans
  • DurĂ©e : 30 Ă  60 minutes
  • ThĂšme : Viking
  • MĂ©caniques principales : Cartes, Draft, Construction de tableau. Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, c’est ici.

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2 réponses à « Norsewind : Le jeu qui inverse la perspective viking »

  1. Thomas

    Bonjour, quitte Ă  vouer aux gĂ©monies les casques Ă  cornes, autant enfoncer le clou et ne pas utiliser le terme drakkar qui est lui aussi une invention du XIXe siĂšcle. Knörr (comme les bouillons en cube) ou langskip, donc. 😉

    1. Merci ! C’est ça qui est chouette avec les lecteurs, c’est qu’ils me font dĂ©couvrir des trucs… Maintenant je vais pouvoir doublement rouspĂ©ter en sociĂ©tĂ© 😉

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