3,8 M$ de frais d’avocats ! Le prix de la victoire pour Lorcana
💰 3,8 millions de dollars. C’est la facture envoyée par Ravensburger à Upper Deck après avoir gagné le procès pour plagiat autour de Lorcana.
Rebondissement : Ravensburger réclame 3,8 M$ à Upper Deck après deux ans de bataille judiciaire autour de Disney Lorcana
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L’essentiel en 3 points :
- Upper Deck a attaqué Ravensburger en 2023, accusant Lorcana d’être un plagiat de leur jeu Rush of Ikorr et tentant de bloquer sa sortie.
- En octobre 2025, la justice a donné raison à Ravensburger, jugeant que les mécaniques de jeu génériques ne sont pas protégeables par le droit d’auteur.
- Fort de sa victoire totale, Ravensburger réclame désormais à Upper Deck le remboursement de ses frais de justice, soit 3,8 millions de dollars.
On pensait le procès Lorcana enfin terminé, mais Ravensburger vient de poser une carte piège à 3,8 millions de dollars.
Vous pensiez que c’était fini ? Ben non. Le feuilleton judiciaire le plus dingue du monde du jeu de société vient de connaître un nouveau (énième) rebondissement. Après deux ans de combat acharné, d’accusations de plagiat et de suspense insoutenable, Ravensburger a gagné. Aux US en tout cas. On y revient plus bas.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Tel un joueur qui pose sa carte ultime, Ravensburger vient d’envoyer la facture à Upper Deck : 3,8 millions de dollars de frais de justice. Presque 4 millions pour rembourser les avocats engagés dans ce que Ravensburger qualifie de procès « infondé mais acharné ». C’est Paul Lesko, qui s’intéresse beaucoup à toutes ces questions juridiques, qui a levé le lièvre :
Retour sur une saga juridique (qui ne s’arrêtera jamais).
L’étincelle
Tout commence en juin 2023. Disney Lorcana est sur le point de créer l’événement. C’est le moment que choisit Upper Deck (connu pour ses cartes à collectionner) pour lancer une bombe. Ils portent plainte contre Ravensburger et Ryan Miller, co-concepteur de Lorcana et… ancien collaborateur d’Upper Deck.
L’accusation est grave : Miller aurait purement et simplement volé un jeu développé chez Upper Deck, baptisé Rush of Ikorr, pour le relooker aux couleurs de Disney et le vendre sous le nom de Lorcana. Upper Deck pointe des similitudes troublantes dans les mécaniques : taille de la main, système de ressources (l' »Inkwell » de Lorcana ressemblant étrangement à l' »Influence Zone » de Rush of Ikorr).
Leur demande ? Des dommages et intérêts colossaux (on parle de 250 millions de dollars évoqués pendant la procédure !) et, surtout, l’interdiction pure et simple de la sortie de Lorcana. Imaginez le séisme si cela avait réussi.
Deux ans sous haute tension
Ravensburger nie tout en bloc et maintient la sortie de Lorcana. La bataille se déplace alors des boutiques aux tribunaux fédéraux.
Pendant deux ans, c’est la guerre de tranchées juridique. Upper Deck sort l’artillerie lourde, mobilisant jusqu’à 12 avocats de cinq cabinets différents. Ils accusent de tous les maux : violation de droits d’auteur, vol de secrets commerciaux, concurrence déloyale.
Ravensburger se défend bec et ongles.
Le verdict
Ou : Les règles du jeu ne sont pas protégées.
Le 3 octobre 2025, le couperet tombe. La juge Kymberly Evanson de Seattle donne raison à Ravensburger sur toute la ligne. Et sa décision est cruciale pour l’avenir du jeu de société.
En substance, la juge explique que l’on ne peut pas protéger des mécaniques de jeu génériques par le droit d’auteur. Le droit d’auteur protège l’expression d’une œuvre (les personnages, l’univers narratif, les illustrations), pas l’idée derrière (le fait de piocher une carte, d’engager une ressource, etc.).
La juge a analysé le prototype de Rush of Ikorr et a conclu qu’il n’avait « ni personnages, ni trame, ni univers narratif propres » qui rendraient ses mécaniques originales. En clair : même si Lorcana s’était inspiré de ces règles (ce que Ravensburger a toujours nié), ces règles elles-mêmes n’étaient pas protégeables.
Épilogue et addition salée
Après quelques ultimes recours d’Upper Deck qui échouent, les deux parties décident de clore le dossier fin octobre 2025. Un accord symbolique est trouvé concernant le dernier point mineur sur Ryan Miller. Ravensburger accepte de verser 39 000 $ à Upper Deck, une somme dérisoire qui correspond simplement aux cachets que Miller avait reçus à l’époque.
L’affaire semble terminée, même si Upper Deck murmure qu’ils pourraient retenter leur chance en Europe, où les lois sont différentes. Dans le but d’interdire la vente de Lorcana en Europe. Pas glop !
Mais Ravensburger entend bien avoir le dernier mot. Fort de sa victoire écrasante dans un procès jugé « frivole » et agressif, l’éditeur demande maintenant que son adversaire règle la note. Ces fameux 3,8 millions de dollars correspondent à plus de 5 000 heures de travail de neuf avocats différents.
Reste à savoir si la justice leur accordera ce remboursement exceptionnel. Quoi qu’il en soit, cette affaire restera dans les annales. Derrière la magie de Disney et des cartes Lorcana, c’est un duel juridique impitoyable qui se joue. Au final, dans cette affaire, la carte la plus chère n’était pas une « Enchantée » rare, mais bien l’avocat de la défense.
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2 Comments
Aurélien
Bonjour,
Peut-on conclure que la justice américaine permet désormais à n’importe quel éditeur de sortir un « Terraforming Pluton » qui reprendrait tout les mécaniques de jeu de Terraforming Mars en en changeant simplement l’univers ?
patrikcarpentier
En informatique, il est bien connu qu’on ne peut pas breveter une idée, mais que le « look and feel ». Néanmoins, à un moment donné, il y a eu un commencement de vouloir le faire avec les « brevets logiciels » de la part des Grands de l’informatique, afin d’obtenir des royalties. C’est British Telecom qui a calmé tout le monde en extirpant de ses archives et en exhibant le concept très ancien de déclencher une action suite à une interaction de l’utilisateur.
Ceux qui s’enrichissent le plus dans ces histoires, ce sont les avocats 🙂