CMON sort de son silence sur ses campagnes en retard
🚨 Le géant CMON va-t-il s’effondrer comme Mythic Games ? Retards monstres et demande de rallonge aux backers… Faut-il paniquer ?
CMON : Une déclaration officielle après un long mutisme
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L’essentiel en 3 points :
- CMON rompt des mois de silence pour admettre une crise financière catastrophique et des retards majeurs sur 14 projets participatifs.
- L’éditeur demande des frais supplémentaires aux backers pour livrer certains jeux déjà prêts, signe d’une trésorerie exsangue.
- La confiance de la communauté est rompue, et la situation rappelle dangereusement l’effondrement de Mythic Games, faisant craindre le pire pour la livraison des jeux.
Ou : CMON : Le titanic du Kickstarter est-il en train de couler ?
CMON a perdu 7 millions de dollars en six mois, et pourtant, ce n’est même pas la pire nouvelle de leur dernière annonce.
On connaît ce petit frisson quand on clique sur « Pledger ». C’est la promesse d’une boîte énorme, pleine de figs exclusives et rutilantes, qui arrivera… un jour. Mais que se passe-t-il quand l’attente se transforme en cauchemar éveillé ? Pour des milliers de fans de CMON (Cool Mini or Not), le géant du jeu de société, ce cauchemar est devenu très, très réel.
Pendant des mois, le silence de CMON a été, c’est quoi l’expression ? Ha oui, assourdissant. Chaque jour sans nouvelle résonnait comme un cri d’alarme sur les forums et Discord. Les rumeurs allaient bon train : faillite imminente, licenciements massifs, projets abandonnés.
Le 1er octobre 2025, la bombe a éclaté.
Ce 1er octobre, CMON a publié une « Mise à jour franche » sur Gamefound. Plus qu’une simple communication, c’était un aveu de crise systémique. Décryptage d’un géant aux pieds d’argile (mouillé).
L’anatomie d’un aveu (et ce qui coince vraiment)
Au cœur du message, CMON martèle une promesse : ils restent « pleinement engagés à réaliser chaque projet promis ». C’est leur ligne de défense. Mais juste après, l’aveu tombe, brutal. L’éditeur est « submergé » avec une équipe réduite à une « fraction des employés ». Les rumeurs étaient donc vraies.
Financièrement, c’est l’apocalypse. Après 2 millions de pertes en 2024, CMON annonce des pertes catastrophiques de 7 millions de dollars pour le seul premier semestre 2025.
CMON décrit ensuite un « cercle vicieux » assez hallucinant : leur propre silence (justifié par l’envie de ne communiquer que sur du concret) a créé la panique, provoquant un nombre record de demandes de remboursement. Ces remboursements ont vidé les caisses, ralentissant encore plus la production.
C’est là que ça coince sévèrement. CMON admet que son mutisme a mené à la panique. Mais quelle est leur solution ? Officialiser le silence ! Ils ne communiqueront que s’il y a de « vraies nouvelles ». Autrement dit, CMON refuse de traiter la cause de la panique (son propre silence) et blâme, de fait, la réaction de sa communauté. Gonflé.
Le point de rupture : la prise d’otages
La partie la plus explosive concerne Marvel United: Witching Hour et Cthulhu: Dark Providence. Ces jeux sont « entièrement emballés et prêts à partir ». Super nouvelle ? Non.
CMON annonce qu’il faudra des « fonds supplémentaires » de la part des contributeurs (entre 0,69$ et 2,30$) pour couvrir des frais de douane. La justification est sans appel : l’entreprise « ne peut absorber ces coûts ».
C’est un tournant majeur. Et très dangereux. Le backer n’est plus un soutien financier. Il et elle devient l’assureur des risques de l’entreprise, des années après la campagne. Pour beaucoup, c’est une rupture totale du contrat de confiance. Vos figurines sont littéralement prises en otage pour quelques dollars.
Où sont nos jeux ?
Sur les 14 campagnes en souffrance, seules 8 ont eu des nouvelles :
- Prêts à partir (si vous payez la… rançon) : Marvel United: Witching Hour, Dark Providence.
- En cours de production/assemblage : Dune: War for Arrakis (rebaptisé Desert War), Assassin’s Creed RPG.
- Prêts à être produits (mais en file d’attente) : Masters of the Universe: Clash for Eternia, Mordred, DCeased (Zombicide DC), The Adventurers.
Et les autres ? Silence radio absolu pour A Song of Ice & Fire: Tactics, Cthulhu: Death May Die – Forbidden Reaches, Massive Darkness: Dungeons of Shadowreach, The Dead Keep et Super Fantasy Brawl. La liste est longue comme une journée sans kouign-amann. Glaçant.
Le « Kickstarter Juggling » s’effondre
Comment en est-on arrivé là ? Ce n’est pas juste la faute à l’inflation. Le problème fondamental, c’est le modèle économique, souvent qualifié de « Kickstarter juggling ».
Le système repose sur l’utilisation des fonds des nouvelles campagnes pour financer la production des anciennes. Tant que l’argent frais rentre massivement, ça tient. CMON a maintenu un nombre extraordinairement élevé de campagnes non livrées simultanément.
Mais la machine s’est grippée. Baisse des revenus, explosion des coûts logistiques, et crise de confiance. CMON avait déjà annoncé une pause des nouveaux projets. Le moteur est coupé.
La colère de la communauté et le spectre de Mythic Games
Sans surprise, la communauté est furieuse. Le message générique, copié-collé sur toutes les campagnes, a été très mal perçu. Le cas Trudvang Legends, financé en 2019 et livré des années plus tard avec un résultat très mitigé, reste le symbole de cette rupture de confiance.
Impossible de ne pas comparer la situation à l’effondrement spectaculaire de Mythic Games. Les parallèles sont alarmants : projets trop ambitieux, retards de plusieurs années, communication opaque, et, le coup de grâce, la demande de fonds supplémentaires aux backers.
CMON coche désormais toutes ces cases.
L’ironie est mordante. CMON s’était positionné en chevalier blanc en rachetant deux licences échouées de Mythic (HEL et Anastyr). Aujourd’hui, le « sauveur » est pris dans la même spirale que l’entreprise qu’il était censé secourir.
L’heure de vérité
L’annonce du 1er octobre marque un tournant décisif. CMON joue désormais sa survie financière et sa réputation. La route sera incroyablement longue pour regagner la confiance et livrer les millions de dollars de pledges en attente.
Cette saga pourrait bien marquer la fin de l’âge d’or du crowdfunding, où l’on engageait des centaines d’euros sur une simple promesse. Elle laisserait place à une ère de scepticisme. Les backers, eux, n’attendent plus des paroles. Ils veulent des actes. Et leurs figurines en main.
FAQ : Comprendre la crise chez CMON
Qu’a annoncé CMON le 1er octobre 2025 ?
CMON a admis une crise majeure : retards, pertes financières et demande de fonds supplémentaires aux backers.
Quelle est l’ampleur de la crise ?
Pertes : 2 M$ en 2024, 7 M$ au premier semestre 2025. La trésorerie est presque vide.
Pourquoi demander plus d’argent ?
Pour deux projets (Marvel United et Cthulhu), CMON réclame 0,69 à 2,30 $ par contributeur pour couvrir les frais de douane.
Quel est le statut des projets ?
Deux jeux prêts à l’envoi, deux en production, quatre en attente, cinq sans nouvelles.
Pourquoi CMON reste silencieux ?
L’entreprise ne communique plus que quand elle a des « vraies infos », aggravant la frustration.
Qu’a causé la crise ?
Le modèle de financement en chaîne : les nouveaux projets finançaient les anciens. Le système s’est effondré avec la baisse des ventes.
Quel rôle a joué la communauté ?
Les retards et le manque de transparence ont provoqué la colère et les remboursements massifs.
Pourquoi la comparer à Mythic Games ?
Même schéma : promesses excessives, retards, manque de communication et demandes de rallonge.
Quel avenir pour CMON ?
CMON doit livrer pour survivre. Cette crise marque la fin de la confiance aveugle dans le financement participatif.
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6 Comments
Benjamin
Perso je n’y crois plus vraiment mais je ne vais pas demander de remboursement. Même si la probabilité que je me fasse livrer est de plus en plus infime retirer mes billes maintenant ne va pas améliore les choses pour les autre (et honnêtement je pense pas qu’ils vont pouvoir rembourser qui que ce soit …).
wells83
Tient ça me rappelle la vidéo de 2023 https://youtu.be/Ux8_XVTtd1M. Et oui tout était déjà dit, et même si on m’a copieusement chié dessus dans les commentaires sur différents forum, force est de constater qu’il y a un vrai problème avec toutes ces grosses boîtes de KS. Accepter de rembourser au point de perdre 7 millions est complètement con. Pour le coup ça devrait pas être possible tout court. Tu t’engages tu t’engages. Mais bon on a déjà eu ce débat deux cents fois. CMON a dans doute était trop gentils, et tout le monde, surtout ceux qui avaient pas demande de remboursement) vont en payer le prix.
el Charlot
On ne peut pas vraiment comparer la demande de 2€ de plus chez CMON à celle de plus de 100€ chez Mythic quand même !
Mais clairement, ça laisse perplexe (et je croise les doigts pour que Cyberpunk 2077 de go on board soit bien livré ☺️)
Aurélien
Après la douche froide Darkest Dungeon je me suis définitivement retiré du système de KS, la chute annoncée d’un deuxième mastodonte du milieu ne fait que mettre en lumière les limites du système de financement utilisé, c’est bien dommage pour tous les backers.
Bruno PELLETIER
– Bah, c’est triste effectivement mais cette course effrénée à produire fini tout simplement comme une pyramide de Ponzy (là les nouveaux projets finance les autres qui prennent déjà l’eau). A un moment donné ça ne marche plus et patatra.
– J’ai peu acheté en kickstarter parce qu’au final cette course systématique pour gagner un coup 1 à 3 cartes dessinées différemment, un coup des pièces plus jolies, un coup un monstre avec trois pouvoir bof bof ou encore des pions différents pour chacun, bref une surenchère qui quand on s’en rend compte n’apporte que peu de plus si le jeu est bien conçu et en plus cela reviens chère. Pire on en vient à ne pas jouer les extensions fournis parce que l’on pense déjà au prochain jeu à acquérir.
TheFireNight
Je suis assez d’accord pour le modèle économique pourri… Théoriquement le kickstarter sert à préfinancer le jeu, pas à financer le jeu précédent…
Pour le reste, oui et non. Kickstarter sert à soutenir des jeux auxquels on a envie de jouer, et qui sans notre soutient risqueraient de ne pas voir le jour. Le consumérisme malsain qui se met à l’oeuvre autour est effectivement déplorable, je trouve ça dommage de se sentir obligé d’acheter le kickstarter pour pouvoir avoir l’extension exclusive…
Quant au fait d’en avoir trop, ce n’est pas moi et mes 200 jeux qui vais te dire le contraire ^^