Ride the Rails, article banniĂšre
Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Ride the rails : Rails, Risques & Rétro !

🚂 Tchoutchou ! Ride the Rails transforme la gestion ferroviaire en fun ludique. StratĂ©gie, esthĂ©tique 70s et mĂ©canismes malins
 Embarquez !


Ride the Rails

Ride the Rails

⚠ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communautĂ©, nous tenons Ă  prĂ©ciser que cet article reflĂšte notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testĂ© le jeu de façon indĂ©pendante, sans lien commercial avec son Ă©diteur. Les avis prĂ©sentĂ©s ici reprĂ©sentent notre analyse honnĂȘte et impartiale du jeu, basĂ©e sur notre propre expĂ©rience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

En bref :

  • Jeu de gestion ferroviaire basĂ© sur l’investissement multi-compagnies
  • MĂ©lange construction de rĂ©seau et gestion d’actions avec placement de trains
  • Design rĂ©tro rĂ©ussi, trĂšs rejouable mais effet boule de neige possible

Et si la conquĂȘte de l’AmĂ©rique se rĂ©sumait Ă  une guerre de rails plutĂŽt qu’Ă  une Ă©popĂ©e de cowboys ?

Avant le rĂšgne de la voiture et de l’avion, les États-Unis d’AmĂ©rique Ă©taient le paradis des ferrovipathes. C’est sans doute le pays le plus associĂ© dans la culture populaire au dĂ©veloppement des chemins de fer, notamment Ă  travers la conquĂȘte de l’Ouest. Le chemin de fer a modelĂ© l’AmĂ©rique telle que nous la connaissons, tant d’un point de vue gĂ©ographique qu’humain. C’est le besoin de rĂ©approvisionnement en eau et en charbon des locomotives Ă  vapeur qui a poussĂ© Ă  la crĂ©ation de villes et de villages le long des voies ferrĂ©es et nulle part ailleurs, et ce sont les chantiers itinĂ©rants et leurs besoins de main-d’Ɠuvre bon marchĂ© qui ont attirĂ© les populations chinoises, aboutissant Ă  la crĂ©ation de communautĂ©s originaires du monde entier dans la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine.

Le chemin de fer amĂ©ricain, c’est aussi une histoire de design, avec les locomotives du dĂ©but du XXe siĂšcle aux lignes futuristes et aux noms qui font rĂȘver. Puis le chemin de fer a perdu sa place au profit de la voiture d’abord, puis de l’avion, au cours de la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle. Il y a toujours des trains aux États-Unis, mais ce sont presque uniquement des trains de marchandises au diesel, sauf dans les zones trĂšs urbanisĂ©es des cĂŽtes Est et Ouest. Mais mĂȘme lĂ , les trains et temps de parcours ne sont pas en capacitĂ© de rivaliser avec le reste du monde, au point qu’une prĂ©sentation du nouvel amĂ©nagement intĂ©rieur du TGV InouĂŻ, le TGV low-cost de la SNCF, a provoquĂ© une mini-tempĂȘte dans les mĂ©dias sur le thĂšme de « pourquoi n’avons-nous pas ça chez nous ? ». De cette histoire des chemins de fer, il reste des images dans la mĂ©moire collective et une source d’inspiration pour les auteurs et autrices de jeux, qu’ils soient vidĂ©o (Railroad Tycoon, grand classique) ou de sociĂ©tĂ© (Ticket to Ride, Ă©videmment).

C’est Ă  cette source que les crĂ©ateurs de Ride the Rails puisent, puisqu’il s’agit ici de gĂ©rer des compagnies de chemin de fer, ou plutĂŽt de gĂ©rer un portefeuille de participations dans des compagnies de chemin de fer.

Le jeu

Ride the Rails se joue sur un plateau central reprĂ©sentant les États-Unis (sans l’Alaska et HawaĂŻ), dĂ©coupĂ© en hexagones de trois types :

  • Villes, au nombre de 52
  • Montagnes, vert foncĂ©
  • Plaines, vert clair

Le plateau est entourĂ© d’une piste de score sur laquelle les joueurs vont placer un marqueur de leur couleur, et contient Ă©galement une piste d’initiative. Au dĂ©but de la partie, on place Ă©galement un passager sur chaque ville du plateau. Chaque joueur reçoit un plateau personnel de sa couleur, qui lui permettra de comptabiliser ses parts dans chaque compagnie de chemin de fer.

La partie se déroule en six manches, divisées en trois phases :

  • En phase 1, chaque joueur prend une locomotive dans le stock commun et la place sur son plateau. Cette locomotive reprĂ©sente une part dans la compagnie correspondante. Cette phase se dĂ©roule dans le sens inverse de l’initiative.
  • En phase 2, dans le sens de l’initiative, les joueurs vont prendre des locomotives (sept Ă  trois joueurs, cinq Ă  quatre joueurs, quatre Ă  cinq joueurs) et les placer sur le plateau. Un joueur ne peut prendre que des locomotives des compagnies dans lesquelles il possĂšde des parts. Les locomotives ne sont pas forcĂ©ment toutes de la mĂȘme couleur.
  • En phase 3, chaque joueur va choisir un passager et le faire se dĂ©placer le long des lignes. Le passager peut changer de ligne dans une ville et voyager sur toutes les lignes, que le joueur en soit actionnaire ou non. Le joueur marque un point par ville visitĂ©e (en comptant celle de dĂ©part et d’arrivĂ©e). De plus, on compte le nombre de liens (trajet entre deux villes) utilisĂ©s pour chaque ligne, et tous les actionnaires gagnent un point par lien pour chaque action possĂ©dĂ©e.
Ride the Rails

Placement

Lors de la phase de placement, les rĂšgles suivantes doivent ĂȘtre observĂ©es :

  • La premiĂšre locomotive de la ligne doit ĂȘtre placĂ©e sur une ville de la couleur de la ligne
  • Les locomotives suivantes doivent ĂȘtre placĂ©es dans un hexagone adjacent Ă  une locomotive de la mĂȘme couleur
  • Il ne peut y avoir que deux locomotives par hexagone (sauf Chicago), et elles ne peuvent pas ĂȘtre de la mĂȘme couleur
  • Les six villes de dĂ©part de la cĂŽte Ouest ne peuvent avoir qu’une locomotive, et une ligne d’une couleur ne peut relier que deux villes de dĂ©part au maximum
  • Si le joueur veut placer des locomotives sur des cases montagnes, il doit d’abord se sĂ©parer d’une locomotive

Manches

Le nombre de lignes disponibles augmente au cours des manches. Lors de la premiĂšre manche, il n’y a que deux lignes disponibles. On ajoute une ligne par manche jusqu’Ă  la cinquiĂšme. Il n’y a pas de ligne additionnelle lors de la sixiĂšme manche. Il y a 27 locomotives de chaque couleur, qui servent de marqueurs sur les plateaux joueurs et Ă  construire les lignes. Les lignes additionnelles ont des contraintes de dĂ©part diffĂ©rentes et vont permettre de remplir des objectifs, comme ĂȘtre le premier Ă  construire Ă  Chicago (2 points bonus), le premier Ă  crĂ©er une connexion transcontinentale (12 ou 8 points bonus) ou le premier Ă  rejoindre certaines villes (5 points bonus). À la fin de la manche, on replace les joueurs sur la piste d’initiative en fonction des scores, le plus riche jouant en dernier.

Fin de partie

À la fin de la sixiùme manche, celui avec le plus grand total remporte la partie.

Le matériel

Il y a beaucoup de matĂ©riel diffĂ©rent dans Ride the Rails : locomotives, diffĂ©rents jetons et pions joueurs et passagers, sans compter le plateau central et les plateaux personnels. Mais tout cela tient dans une boĂźte bien conçue et donc pas trop Ă©paisse. Les matĂ©riaux sont au nombre de deux : le bois et le carton, ce qui est une bonne chose Ă  mon avis. Le plateau central est assez grand, il faudra prĂ©voir de la place pour jouer, et son pliage est un peu Ă©trange, ce qui peut donner l’impression qu’on va l’abĂźmer en l’ouvrant ou en le fermant, ce qui n’est bien sĂ»r pas le cas, sauf Ă  ĂȘtre vraiment maladroit. Il y a beaucoup de couleurs diffĂ©rentes, entre les lignes et les couleurs des joueurs.

Si cela peut un peu dĂ©router au dĂ©but, ce n’est pas vraiment gĂȘnant au cours du jeu. Il semble par ailleurs que les couleurs choisies soient bien distinctes pour les daltoniens, ce qui rend le jeu jouable mĂȘme pour ceux atteints de dyschromatopsie. Le livret de rĂšgles n’en est pas un, c’est une page A4 recto-verso. C’est un peu surprenant au dĂ©but, mais c’est finalement suffisant. Sobre, comme l’esthĂ©tique gĂ©nĂ©rale. Il n’y a pas de fioritures ou de petits dĂ©tails dans Ride the Rails, mais un feeling annĂ©es 60 ou 70, renforcĂ© par le choix des hexagones sur la carte, qui rappelle les vieux jeux de stratĂ©gie militaire.

Ride the Rails, verdict

Le mĂ©canisme de Ride the Rails est simple, mais malin. En parallĂšle du dĂ©veloppement du rĂ©seau, il faut gĂ©rer les parts dans le rĂ©seau et savoir quand prendre ou ne pas prendre une part d’un rĂ©seau, en fonction de l’avancĂ©e du jeu, des ressources disponibles (il n’y a que 27 locomotives par couleur, et celles-ci servent Ă  la fois de points et de lignes) et des adversaires. Il est possible de faire gagner les autres ou de les limiter, sans conflit ouvert. Mais la stratĂ©gie sera importante, et les alliances de circonstance pourront faire ou dĂ©faire une victoire.

Les points se font en cours de jeu, il est facile de voir et savoir qui mĂšne, ce qui peut permettre de ne pas faire certains choix. Mais il faut surtout savoir visualiser les routes possibles pour les passagers et prendre les trains au bon moment. L’apparition de nouvelles lignes au cours de la partie va crĂ©er un effet de nouveautĂ©, mais il est souvent plus payant de capitaliser sur l’existant que de dĂ©velopper une nouvelle ligne, surtout si vos adversaires ne sont pas coordonnĂ©s et dĂ©veloppent les rĂ©seaux de maniĂšre anarchique ou en recherchant le gain immĂ©diat, ce qui est souvent le cas. Il faut aussi savoir donner des points Ă  l’adversaire pour gagner plus, tout en Ă©quilibrant ces « dons » de points pour ne pas favoriser un concurrent (Ă  moins qu’il ne soit plus un danger).

L’interaction directe est relativement faible dans Ride the Rails, mais ce n’est pas pour autant un jeu oĂč chacun reste dans son coin. Il faut savoir lire les stratĂ©gies des autres et garder l’Ɠil ouvert pour savoir saisir les opportunitĂ©s qui vont s’ouvrir. Il faut aussi savoir perdre pour gagner plus ensuite. Un des dĂ©fauts de Ride the Rails est le risque de roll-over avec une accumulation du type « plus j’ai, plus je gagne », surtout avec les longs rĂ©seaux, et le fait que le joueur le plus riche est aussi le premier Ă  choisir le rĂ©seau dans lequel il investit.

La rejouabilitĂ© de Ride the Rails est forte : le jeu est plaisant, il fonctionne bien, sans Ă -coups ni salade de points, avec une durĂ©e moyenne idĂ©ale (ni trop court, ni trop long). Et surtout, il donne envie d’essayer d’autres stratĂ©gies ou de mieux faire la prochaine partie, et ça, c’est toujours bon !

On a aimé :

Le feeling rĂ©tro qui nous transporte direct dans les annĂ©es 70, l’Ă©poque oĂč les jeux de sociĂ©tĂ© avaient encore le droit d’avoir des hexagones sans se faire lyncher sur BoardGameGeek !

On a moins aimé :

L’effet « riches de plus en plus riches » qui peut transformer votre table en remake de « Il Ă©tait une fois en AmĂ©rique », version capitalisme ferroviaire sans la bande-son d’Ennio Morricone.

C’est plutĂŽt pour vous si


Vous rĂȘvez secrĂštement d’ĂȘtre un magnat du rail du XIXe siĂšcle, mais que votre compte en banque actuel ne vous permet mĂȘme pas d’acheter un ticket de RER.

Ce n’est plutĂŽt pas pour vous si


Vous pensez que « gĂ©rer un portefeuille d’actions » c’est ranger vos cartes PokĂ©mon par ordre alphabĂ©tique, ou si vous prĂ©fĂ©rez que vos trains arrivent toujours Ă  l’heure (contrairement Ă  la SNCF).

Ride the Rails, résumé

Un jeu de gestion de rĂ©seau ferroviaire, presque semi-coopĂ©ratif, mais finalement trĂšs capitaliste, rĂ©ussi esthĂ©tiquement et ludiquement. Ride the Rails prouve qu’on peut construire un empire ferroviaire sans jamais quitter sa table de salon – et c’est dĂ©jĂ  plus fiable que Ouigo !

Excellent !

Note : 5 sur 5.

  • CrĂ©ation : Harry Wu
  • Illustrations : Ian O’Toole
  • Édition : Capstone Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 3 Ă  5
  • Âge conseillĂ© : DĂšs 12 ans
  • DurĂ©e : 60 minutes
  • ThĂšme : Chemins de fer
  • MĂ©caniques principales : Placement, gestion de stock. Pour en savoir plus sur les diffĂ©rentes mĂ©caniques de jeux, c’est ici.

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2 Comments

    • Gus

      Bonjour Guillaume. Malheureusement, non ! Le jeu est sorti en 2020, et il a Ă©tĂ© suivi de 4 extensions depuis, dont la carte de la France. Mais aucun Ă©diteur francophone ne s’en est saisi. Snif.

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