Wondrous Creatures : Attrapez-les tous !
🦄 Un univers féerique, un marché de cartes tendu et ultra-rapide ! Osez le combo ultime et décrochez la victoire. C’est Wondrous Creatures.
Wondrous Creatures

⚠️ Avertissement : Pour faire écho à notre article sur le marketing d’influence dans le jeu de société, et dans le cadre d’une démarche de transparence, nous tenons à vous informer que ce jeu nous a été offert par l’éditeur. Notre avis reste toutefois impartial et sincère. Nous vous exposons ici les qualités et les défauts du jeu.
En bref :
- Un univers Pokémon-like où l’on collectionne des créatures magiques et soigneusement illustrées.
- Un placement d’ouvriers à deux cases soutenu par un marché de cartes qui évolue vite, demandant réactivité et adaptation.
- Des fins de partie parfois longues et une interaction portée surtout par la course aux objectifs, avec un pic de plaisir à 3.
Au moment où vous posez enfin votre capitaine au meeple magnétique, votre adversaire vous vole sous le nez la carte la plus convoitée — bienvenue dans Wondrous Creatures.
Avec Wondrous Creatures édité par Bad Comet et localisé par les Parisiens de Super Meeple, on embarque dans un univers enchanteur évoquant l’esprit Pokémon : des créatures variées, fascinantes et puissantes, un plateau de jeu coloré, et une mécanique de cartes soutenue par une direction artistique DE OUF.
Vous incarnez des explorateurs et exploratrices sur une île mystérieuse peuplée de créatures fantastiques qui collectent ces fameuses créatures magiques et visent à atteindre un maximum d’objectifs avant la fin de la partie. Proposant un mélange de placement d’ouvriers (même si, en réalité, on y pose plutôt un duo explorateur + monture magnétique pour obtenir des ressources ou cartes) et de construction de tableau (un ensemble de cartes créatures et pouvoirs), Wondrous Creatures nous ravit instantanément par la qualité de son matériel et par un thème fort.
Dans cette chronique sur Wondrous Creatures, qui sort justement aujourd’hui en VF chez Super Meeple, nous vous proposons un tour d’horizon détaillé : matériel, mécaniques, rejouabilité, expérience de jeu et points positifs/négatifs. Financé via Kickstarter fin 2023, Wondrous Creatures est sorti en 2024/2025 avec une forte attente. Son univers visuel chatoyant et ses promesses de « combos merveilleux » et de « meeples magnétiques » ont attisé notre curiosité.
Voyons ensemble si l’expérience est à la hauteur de ces attentes. Spoiler alert : notre verdict final attribue 4 étoiles sur 5, signe d’un excellent jeu, certes perfectible, mais qui ravira les joueureuses en quête de combos ludiques dans un univers enchanteur.
Matériel et ambiance Pokémon
Dès l’ouverture de la boîte, Wondrous Creatures éblouit franchement par la beauté de son matos. Les illustrations de cartes sont tout simplement somptueuses : on se croirait dans un bestiaire de créatures mythiques avec des graphismes qui rappellent, par leur vivacité et leur côté mignon/fantastique, l’univers Pokémon. Chaque bestiole, qu’elle soit ailée, aquatique ou terrestre, possède sa propre identité, renforçant le plaisir de la découverte et la sensation de collection.
Le plateau principal, de grande taille, peut accueillir différentes tuiles hexagonales colorées qui mettent en valeur la progression du plateau au fil de la partie. Les meeples explorateurs sont ingénieusement équipés d’un système magnétique permettant de combiner explorateur et monture, ce qui renforce l’immersion. C’est assez rare dans le monde du jeu pour être souligné, et cela renforce l’immersion thématique en donnant vraiment l’impression que nos explorateurs chevauchent des créatures fantastiques. Les jetons (œufs, trophées, ressources) sont de bonne facture, et même la version de base propose déjà du matos plutôt quali. Pour les plus exigeants (et/ou riches) une édition VO deluxe offre des pions améliorés (résine ou métal).
On ne peut cependant passer sous silence l’encombrement conséquent du jeu sur la table : prévoyez un grand, grand, grand espace, car entre le plateau, les plateaux individuels et les multiples piles de cartes, Wondrous Creatures peut rapidement envahir la surface.

Mécaniques, entre tactique et stratégie
Le jeu se base sur une mécanique de placement d’ouvriers, ou plus précisément de duos (explorateur + monture) qui occupent deux cases adjacentes sur le plateau. Chaque emplacement octroie des ressources ou la possibilité de piocher des cartes, afin de bâtir son propre moteur de jeu. On retrouve également une course aux objectifs : compléter tel ou tel critère avant les autres pour marquer des points et récupérer un trophée.
Le tour de jeu est fluide et offre toujours des décisions intéressantes. À son tour, un ou une joueuse réalise une action parmi quatre possibles (une seule, ce qui raccourcit les tours et maintient un bon rythme) :
- Placer un explorateur – On positionne son pion double sur deux hexagones libres du plateau pour collecter des œufs (en se plaçant sur ceux présents sur le terrain) et obtenir les ressources adjacentes indiquées, ou bien piocher des cartes à la place des ressources. C’est l’action de base de placement d’ouvriers décrite plus haut.
- Jouer des cartes Créature – On peut poser de 1 à 2 cartes de sa main en payant leur coût en ressources. Ces cartes vont dans votre réserve (votre tableau personnel) et apportent des effets soit immédiats, soit permanents, soit de fin de partie, soit des pouvoirs de recharge utilisables lors de l’action 4. C’est la partie construction de tableau : on bâtit petit à petit un moteur de jeu en combinant les capacités de nos créatures.
- Accomplir un objectif – Le plateau propose toujours plusieurs Objectifs/Achievements publics (par exemple collectionner un certain type de créatures). Si vous remplissez les conditions, vous pouvez réaliser un de ces objectifs et gagner une récompense ainsi qu’un trophée. Ces trophées sont limités, et lorsqu’ils sont tous pris, cela déclenche la fin de partie. Cette action introduit une course entre joueurs pour remplir les objectifs en premier.
- Se reposer/Recharger – On reprend tous ses explorateurs du plateau (libérant ainsi des emplacements pour plus tard) et on active les pouvoirs de recharge de ses cartes appropriées. C’est une action nécessaire pour récupérer ses pions lorsqu’on en a placé le maximum, et elle permet de tirer profit de certaines cartes qui ne s’activent qu’à ce moment-là.
Cette structure en actions simples (une seule à choisir parmi quatre) rend les tours très fluides. Les règles en elles-mêmes sont plutôt nombreuses dans le détail (le livret de règles est assez conséquent), mais elles s’articulent de façon logique. Une fois les premières manches effectuées, on saisit bien le rythme du jeu et tout devient naturel. Le placement d’ouvrier double combiné au choix entre ressource ou pioche de carte apporte une profondeur tactique immédiate : à chaque tour, on a l’impression gratifiante « d’en faire beaucoup d’un coup » en optimisant la position de son ouvrier.
Ensuite, la composante combo prend le relais via les cartes : plus la partie avance, plus on a de créatures dans son tableau, débloquant des synergies qui permettent parfois d’enchaîner les effets et d’allonger ses tours de manière satisfaisante. Par exemple, une carte peut réduire le coût d’une autre, qui elle-même vous fait piocher un œuf supplémentaire, lequel vous permet de compléter un objectif, etc. Ce cercle vertueux de combos donne au jeu un côté crescendo très apprécié des joueurs qui aiment développer un moteur (on pense à des sensations proches de Wingspan ou Everdell lorsqu’on parvient à optimiser une grosse combo sur la fin de partie).
Parmi les mécanismes notables, signalons aussi l’évolution du plateau : certains emplacements spéciaux peuvent apparaître au fil du jeu (on ajoute des tuiles ou on révèle des effets sur la carte) offrant des actions bonus ou des gains particuliers. Par exemple, on peut débloquer un effet “filet à papillon” permettant d’activer à nouveau une icône autour de son ouvrier, ou encore ramasser des œufs à des endroits clés pour accélérer ses objectifs. Ces éléments de terrain changeant obligent à adapter sa stratégie en cours de route et ajoutent du renouvellement à chaque partie. Enfin, chaque joueur possède un personnage avec une capacité spéciale unique – il y a 9 capitaines différents dans la boîte – qui se débloque dès que le joueur ou la joueuse réalise son premier objectif. Cette petite asymétrie initiale oriente légèrement votre style de jeu (par exemple un pouvoir pourra vous encourager à jouer plutôt telle ressource ou telle type de créature) et augmente la rejouabilité en donnant envie d’essayer d’autres personnages à la partie suivante.
Dans l’ensemble, le gameplay de Wondrous Creatures réussit à être riche sans être indigeste. On retrouve des sensations connues (placer un ouvrier, payer des ressources pour jouer des cartes…) dans un enchaînement original qui évite l’écueil de la complexité inutile. Les tours sont rapides, les choix sont généralement limpides, et malgré la multitude de composants, l’iconographie aide bien à s’y retrouver. Mentionnons tout de même qu’il faudra une première partie d’apprentissage pour vraiment maîtriser toutes les petites règles (certaines exceptions ou détails peuvent échapper lors de la première lecture du livret). Mais une fois cette étape franchie, le jeu tourne de manière fluide et agréable, offrant un équilibre maîtrisé entre réflexion tactique, construction à long terme et opportunisme.
Bien que le système puisse sembler classique au premier abord, Wondrous Creatures introduit une dimension particulièrement intéressante : la zone où vous posez votre duo recouvre deux hexagones, et vous pouvez récupérer les ressources ou cartes qui se trouvent dans l’entourage immédiat de ces hexagones. L’optimisation devient dès lors complexe, car il faut tenir compte du placement de vos adversaires, des objectifs en cours et des ressources qui vous manquent pour vos futures cartes.
Toutefois, un aspect notable est qu’il existe un véritable jeu de marché autour des cartes. Le marché de cartes évolue extrêmement rapidement, et il est souvent difficile de planifier longtemps à l’avance. Vos choix s’orientent donc davantage sur l’opportunisme tactique : saisir la bonne carte au bon moment, avant qu’un autre joueur ne s’en empare, ou avant qu’elle ne disparaisse tout simplement. Ce changement de rythme positionne le jeu juste au milieu entre tactique et stratégie. On ne peut pas totalement se focaliser sur un plan à long terme en ignorant la dynamique du marché ; au contraire, il s’agit d’adapter régulièrement sa ligne de conduite en fonction de ce qui apparaît dans la rivière de cartes.
Cette mécanique de marché donne une saveur particulière à Wondrous Creatures, car la tension repose souvent sur le fait de piocher la carte la plus intéressante ou de surveiller ce que vos adversaires convoitent. Certains joueurs apprécieront cette réactivité constante, tandis que d’autres pourront regretter de ne pas pouvoir développer une stratégie ultra-calculée sur la durée. Car oui, le marché change beaucoup, souvent, rapidement. Car non seulement les cartes sont piochées, mais une mécanique de « balayage » vient souvent « faire le ménage » dans le marché. Donc oui, il y a beaucoup d’opportunisme dans Wondrous Creatures. Et du hasard dans la pioche.

Expérience de jeu
Qu’en est-il des sensations de jeu et du plaisir à long terme ? Sur ce point, Wondrous Creatures s’avère très convaincant. Le jeu propose une expérience à la fois immersive et hautement rejouable. D’une part, le thème fantastique est bien intégré : sans être un jeu narratif, on ressent le plaisir de découvrir de nouvelles créatures à chaque pioche de carte et de faire évoluer son refuge au fil de la partie. La mécanique des œufs à collecter pour réaliser des objectifs, par exemple, renforce le sentiment d’exploration et donne un fil conducteur thématique (on a presque l’impression de participer à un safari fantastique). D’autre part, la rejouabilité est excellente grâce à la multitude de cartes et de combinaisons possibles. Avec plus d’une centaine de créatures aux pouvoirs variés et des personnages de départ différents, deux parties ne se ressemblent pas. Chaque nouvelle configuration de cartes tirées va amener des combos inédites à explorer. Comme le souligne un critique, la rejouabilité semble « très forte, avec [une] petite asymétrie dans nos personnages de départ » qui pousse à revenir au jeu pour essayer de nouvelles stratégies.
L’interaction est présente sans être agressive. Il ne s’agit pas d’un jeu de confrontation directe : il n’y a pas d’attaques contre les créatures adverses ou de sabotage de tableau. L’interaction se situe plutôt au niveau du plateau central et des objectifs communs. Le placement d’ouvriers est naturellement concurrentiel, surtout vers la fin quand les meilleurs emplacements deviennent rares – on peut se bloquer mutuellement l’accès à certaines ressources ou à certains œufs convoités (un peu comme on se dispute les emplacements dans Lords of Waterdeep ou Caverna). La course aux objectifs ajoute de la tension : voir un adversaire proche de valider un objectif peut vous pousser à le précéder de justesse, raflant ainsi le trophée qui lui était destiné. Cela crée un bon niveau d’interaction indirecte, fait de compétition et de petits blocages, tout en évitant la frustration de l’attaque frontale. L’ambiance autour de la table reste donc plutôt bienveillante et concentrée sur l’optimisation de son propre jeu, ce qui correspond bien à un public familial+ ou intermédiaire.
En termes d’accessibilité, Wondrous Creatures vise un public “initié” plus qu’un public totalement novice. Sa richesse mécanique et la quantité de matériel pourront intimider des joueurs débutants complets. Cependant, pour peu qu’on ait déjà une ou deux expériences de jeux de stratégie modernes, la courbe d’apprentissage est raisonnable. Cela signifie qu’il s’adresse plutôt aux joueureuses de niveau intermédiaire, offrant pour eux une complexité tout à fait abordable. Les experts aguerris y verront un jeu de poids moyen assez chill comparé aux gros jeux “experts”, ce qui en fait une excellente option pour une soirée où l’on veut un jeu stratégique mais pas trop casse-tête.
À l’inverse, des joueurs occasionnels motivés pourront s’y frotter et progresser sans être frustrés, tant la logique du tour par tour est simple. L’explication des règles peut prendre un peu de temps la première fois (comptez bien 30 minutes pour tout expliquer tranquillement), mais une fois la partie lancée, même les moins habitués comprennent vite les actions possibles grâce à la structure claire du tour. Au final, le jeu réussit un bel équilibre entre challenge et accessibilité. Il offre assez de profondeur pour satisfaire les stratèges (combos, optimisations, choix cruciaux) tout en restant fluide et intuitif, évitant de perdre en route les joueurs moins chevronnés.
Un point à souligner est la sensation de progression au cours de la partie. On apprécie cette montée en puissance : on commence avec un tableau vide et des ressources limitées, puis peu à peu on se construit un moteur efficace. En fin de partie, on se surprend à réaliser des enchaînements d’actions très puissants, ce qui est extrêmement gratifiant. Ce sentiment de montée en régime rappelle des jeux comme Wingspan ou Terraforming Mars où l’on termine la partie en faisant bien plus de choses par tour qu’au début. Ici, parvenir à exploiter une combo de créatures à fond procure un vrai plaisir de jeu.
Enfin, difficile de ne pas mentionner le mode solo pour les amateurs de jeu en solitaire. Wondrous Creatures propose une variante solo avec un automa (un adversaire virtuel géré par des cartes d’IA). Bonne nouvelle : ce mode solo est bien pensé et facile à prendre en main.
L’automa a plusieurs niveaux de difficulté, permettant de s’adapter au niveau du joueur, et il simule assez bien la pression d’un adversaire humain en contestant les objectifs et en occupant des emplacements. Les retours de la communauté solo indiquent que la gestion de l’automa est fluide (pas de tables complexes ni de manipulations fastidieuses), ce qui est un atout pour un jeu de ce calibre. Cela permet de profiter du jeu même lorsque l’on est seul, pour tester des stratégies ou simplement pour le plaisir de collectionner ces créatures merveilleuses sans attendre le prochain rendez-vous jeu.
L’interaction polaire : « je joue seul dans mon coin » ?
Comme vu plus haut, côté interaction, on observe une ambivalence qui peut déplaire ou plaire, selon les sensibilités. D’un côté, on retrouve cette sensation de « jeu de course » envers les objectifs communs : il est essentiel de les valider avant les autres joueurs, pour s’emparer des trophées limités. Certains emplacements clés sur le plateau peuvent également être convoités, et leur occupation par un autre joueur peut vous obliger à changer de plan.
En revanche, si vous retirez la compétition pour ces objectifs, le jeu peut vite donner l’impression d’un « multi-solitaire », où chacun développe son moteur dans son coin, gère ses cartes et récolte ses ressources. Les tours d’un joueur interagissent peu directement avec les tableaux des autres. Les sessions peuvent donc varier selon le groupe de joueurs et leur propension à se disputer les mêmes spots ou à rivaliser pour les mêmes cartes. Les amateurs d’interaction frontale ou d’agression risquent de rester sur leur faim.
Cette « interaction polaire » (soit la course aux objectifs, soit quasi aucune interaction directe) est assez caractéristique de certains jeux euro : on n’attaque pas l’adversaire, mais on lui bloque un emplacement ou on lui pique la carte convoitée. À vous de voir si cette forme de confrontation tempérée correspond à vos préférences ludiques.

Des fins de partie parfois interminables
Un point mitigé concerne la fin de partie. Le déclencheur repose sur l’accomplissement d’un certain nombre d’objectifs/trophées (ou parfois un autre critère selon le mode de jeu). Dans certains cas, surtout si les joueureuse peinent à valider ces objectifs, la fin de partie peut s’éterniser. On se retrouve alors dans une situation où chacun continue laborieusement à remplir les mêmes actions pour grappiller encore quelques points, ou attendre l’occasion d’atteindre enfin l’objectif recherché.
La tension peut retomber dans ce type de situation, et la partie s’étirer plus que de raison. C’est un défaut qu’on rencontre souvent dans les jeux où la fin est conditionnée par un certain nombre d’objectifs atteints, surtout si la dynamique de groupe ne pousse pas les joueurs à rusher ces objectifs. Cela dépend donc de la mentalité des participants, mais ce point peut tout de même être relevé comme un bémol non négligeable. Disons que chez nous à la rédac’, pour être honnêtes avec vous, on était moyennement chauds.
Un optimum à 3
D’expérience, Wondrous Creatures se révèle vraiment optimal à 3. À 2, l’affrontement perd de sa tension : il y a moins de blocages, moins de course, et le plateau paraît trop grand pour seulement deux explorateurs. À 4, à l’inverse, la longueur de la partie peut s’accroître de façon conséquente, et certains apprécieront moins la foule sur le plateau (même si, dans le cas de joueurs rapides, l’interaction liée à la course aux objectifs peut être plus forte).
Cependant, pour un bon équilibre entre durée de partie, tension sur le plateau et interaction modérée, la configuration à 3 semble offrir le meilleur de Wondrous Creatures. Le plateau n’est ni trop déserté ni trop saturé, et la course aux objectifs s’avère suffisamment compétitive sans s’éterniser outre mesure.
Points positifs et négatifs
Pour résumer, voici, selon moi, les points positifs et négatifs (encore que, le terme de « négatif » peut être discuté. Question d’attentes, d’expérience).
Points positifs :
- Matériel somptueux et ambiance Pokémon : Illustrations magnifiques, meeples magnétiques originaux, plateau coloré… L’immersion est très réussie.
- Mécanique de marché dynamique : Le flot de cartes évolue vite, oblige à être réactif et à adapter sa stratégie.
- Placement d’ouvriers innovant : La pose de l’explorateur sur deux cases simultanément apporte un défi tactique intéressant.
- Rejouabilité élevée : Entre les objectifs, la variété de cartes, les plateaux modulaires et les personnages asymétriques, il y a toujours une nouvelle configuration à découvrir.
- Accessibilité / fluidité : Un bon compromis entre richesse des mécaniques et tours de jeu rapides.
Points négatifs :
- Interaction polaire : Beaucoup de « chacun dans son coin » hormis la course aux objectifs et quelques blocages. Les amateurs d’interaction plus directe peuvent être frustrés.
- Difficulté de planification : Le marché de cartes bouge vite, si bien qu’il est parfois compliqué de prévoir à long terme. On se retrouve dans une approche tactique plus que stratégique.
- Fin de partie qui peut traîner : Le jeu se termine uniquement lorsqu’un certain nombre d’objectifs sont remplis, situation qui peut s’avérer laborieuse si personne ne valide rapidement les derniers trophées.
- Encombrement et durée : Le plateau est volumineux, la mise en place assez longue, et la durée de partie peut s’étirer, surtout à 4 joueurs ou si les joueurs analysent beaucoup.
- Meilleur à 3 : À 2, le jeu est trop lâche ; à 4, il peut trop s’éterniser.
Wondrous Creatures, verdict
En définitive, Wondrous Creatures mérite amplement sa note de 4 étoiles sur 5. On est séduit par l’ambiance enchanteresse, l’aspect Pokémon-like du bestiaire, la beauté de ouf des cartes et la mécanique de placement d’ouvriers rafraîchissante. L’exécution technique et artistique est difficile à prendre en défaut, et on ressent un grand plaisir à découvrir de nouvelles créatures et à réussir des combos malins. Lui attribuer 5 sur 5 consisterait toutefois à fermer les yeux sur les quelques points qui coincent.
Les bémols, tels que la fin de partie potentiellement interminable ou l’aspect un peu plus solitaire du jeu, ne gâchent pas la globalité de l’expérience, mais ils méritent d’être soulignés pour éviter toute déception. Au final, si vous recherchez un jeu qui combine esthétique irréprochable, placement d’ouvriers créatif et marché de cartes dynamique, et que vous appréciez les univers aux créatures mignonnes et stylisées, vous passerez sans doute de belles heures de jeu avec Wondrous Creatures. Son optimum se trouve à trois joueurs, pour des parties d’environ 60 à 90 minutes qui vous laisseront le sentiment d’avoir exploré un monde fabuleux, riche en surprises et en stratégies.
On a aimé :
- Les illustrations splendides et l’ambiance Pokémon pour les fans de bestioles cute et attachantes.
- Le placement d’ouvriers astucieux (pion magnétique occupant deux cases).
- Le marché de cartes dynamique qui renouvelle l’expérience à chaque tour.
- La montée en puissance des combos et les parties fluides, surtout à 3.
On a moins aimé :
- La fin de partie pouvant traîner quand les objectifs tardent à être complétés.
- L’interaction limitée en dehors de la course aux objectifs.
- La place nécessaire sur la table, digne d’un déménagement à chaque mise en place.
C’est plutôt pour vous si…
- Vous adorez collectionner des créatures et créer des combos de ouf.
- Vous aimez optimiser un placement de pion tout en restant attentif(ve) à un marché changeant.
- Vous jouez souvent à trois.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
- Vous préférez les jeux de confrontation directe ou l’interaction agressive.
- Vous détestez les parties qui s’étirent lorsque les objectifs sont difficiles à atteindre.
- Vous n’avez ni la place ni la patience pour de grands plateaux et de nombreuses cartes.
Enfin, retenez bien ceci : Wondrous Creatures, c’est un peu comme partir à la chasse aux Pokémon… sauf qu’ici, c’est votre table de salle à manger qui se transforme en arène magique et colorée ! Bon voyage à la rencontre de ces créatures merveilleuses !
Très bon !
- Date de sortie : Mars 2025
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Yeom C.W
- Illustrations : Sophia Kang
- Édition : Super Meeple
- Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4
- Âge conseillé : Dès 14 ans (pas moins)
- Durée : 60-90 minutes
- Thème : Créatures fantastiques
- Mécaniques principales : Placement d’ouvriers, Collection, Objectifs. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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2 Comments
lithrac
Merci beaucoup pour ce retour, PEF, et surtout merci tout particulièrement d’avoir été te renseigner sur le mode solo auprès de la communauté dédiée!
Calcifer
Bonjour, par rapport à la fin de partie, vous avez bien noté qu’il fallait retirer un trophée à chaque fois qu’un joueur recharge quand on est au bout de la piste du haut ?