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Encounters Battletech : Méchas & mercenaires au 32e siècle

🤖 Encounters Battletech réinvente le stop-ou-encore. Gérez votre compagnie de mercenaires, affrontez des méchas et bâtissez votre réputation.


Encounters Battletech : Mercenaires mécanisés au 32ème siècle

Encounters Battletech

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


En bref :

  • Un jeu de stop ou encore dans l’univers Battletech, alliant gestion de mercenaires et combats de méchas.
  • Une mécanique simple mais profonde, idéale à 4-5, avec un bon mode solo adaptable.
  • Un système de progression par réputation qui maintient la tension jusqu’à la dernière partie.

Quand la différence entre la gloire et la ruine ne tient qu’à un simple jet de dés, chaque décision devient cruciale.

Suite à mon article sur l’univers de Shadowrun, l’un de nos lecteurs ayant commenté m’avait conseillé un petit jeu de cartes et de dés sur ce thème : Encounters Shadowrun. Trouvé assez rapidement à un prix défiant toute concurrence, j’ai appris à l’apprécier en solo ou avec certains de mes joueurs réguliers.

Merci encore à SEB !

Quelle surprise de voir débarquer tout récemment en magasin une toute nouvelle version de ce jeu dans un univers totalement différent, celui de Battletech, me ramenant vers les vertes années de mes 15 ans…

Connaissant le système, je ne me suis pas fait prier pour tenter l’expérience des combats mécanisés en robots de guerre géants. Bienvenue en 3151 dans l’élite du mercenariat négociant ses compétences martiales auprès des grandes maisons nobles. Bienvenue dans le monde de Battletech !

Battletech, c’est quoi ?

Battletech est un wargame stratégique créé dans les années 80. Au 31ème siècle, l’homme a colonisé nombre de planètes en dehors du système solaire. Des guerres incessantes opposent les différentes maisons nobles et les conglomérats financiers.

Éreintées par des siècles de conflits, ces forces préfèrent faire appel à des unités de mercenaires spécialisées dans les escarmouches avec de grands robots mécanisés surarmés pour faire leur sale boulot.

Vous êtes à la tête d’un de ces clans mercenaires et vous devez mettre à bas vos différents adversaires pour gagner votre vie, réparer ou acheter de nouveaux méchas encore plus puissants et être reconnu comme l’élite de votre branche.

Une version américanisée des mangas classiques de l’époque comme Gundam ou Robotech. Et oui, Pacific Rim n’a rien inventé. Des combats de gros robots balançant des dizaines de missiles sur des forteresses sur pattes ou des unités légères et virevoltantes pratiquant la « Death from above » (la mort venant du dessus…) sur des Méchas plus lourds et moins maniables. De quoi passer de bons moments ludiques en se mettant amicalement sur la tronche !

Encounters, c’est quoi ?

Encounters Bravest Warriors, le jeu d’origine, est sorti en 2014. Sa première revisite date de 2016 avec la version Shadowrun, et sa troisième itération vient juste d’arriver sur le marché, toujours chez son éditeur d’origine : Catalyst Games Labs.

Mais qu’est-ce qu’exactement Encounters ?

Le gameplay se base sur un système connu : le stop ou encore. Allez-vous jouer la sécurité et tenter de gagner sur la longueur ou, au contraire, allez-vous viser le firmament immédiat et vous planter en beauté si rien ne se passe comme prévu ?

Dans ce style de jeu, ma référence reste « Can’t stop! », le jeu des alpinistes qui cherchent la voie la plus… la moins… bon, qui cherchent la voie vers la victoire sans se ramasser ! Un type de jeu où la frustration est de mise, même pour les plus sereins autour de la table.

Encounters Battletech propose de combattre une batterie d’ennemis sous forme de colonne avec des lancers successifs de 6 dés à 6 faces. Pour abattre un adversaire, on doit positionner sur lui une somme de dés correspondant à sa dangerosité, allant de 1 à 13. Puis on décide d’arrêter là ou de continuer, ne sachant pas quelle sera la valeur de l’adversaire suivant, avec de moins en moins de dés forcément.

Plus vous abattez d’ennemis et plus grosses seront les récompenses. Ces dernières serviront à acheter des aides diverses vous permettant de modifier le résultat des dés par la suite et ainsi vous approcher plus sûrement de la victoire. Tout en gardant à l’esprit qu’un dé ne peut être modifié au-delà de son échelle de base allant de 1 à 6.

L’astuce vient du fait que si vous bloquez exactement l’ensemble de vos dés, vous pouvez commencer une seconde colonne rapportant plus de récompenses que la première tout en récupérant tous vos dés en main. Et ainsi de suite, les récompenses étant exponentielles. On peut ainsi enchaîner 3, 4 colonnes ou plus au point de gagner en un seul tour de jeu ! Je vous rassure, c’est extrêmement rare.

Si jamais vous ratez un de vos adversaires, vous avez perdu votre tour sans gains. Cela peut même profiter au joueur suivant qui peut récupérer vos cadavres et réclamer leurs dépouilles à son compte…

Voilà, vous savez jouer à Encounters Battletech !

Mercenaires

Vous aurez à votre disposition 8 compagnies de mercenaires historiques du monde de Battletech comme les Northwind Highlanders, la Grey Death Legion, les Wolf’s Dragoons ou la 21st Century Lancers.
Elles ont chacune une caractéristique unique leur donnant un avantage sous certaines conditions. Cela reflète les tactiques qu’elles ont développées et utilisées.

Vous aurez également vos 6 dés de départ comme dans n’importe quel exemplaire d’un jeu Encounters. Ici, par contre, on fait une différence entre les équipements de chaque compagnie. Cinq dés neutres (blancs) seront à disposition. Le dernier sera un dé coloré représentant l’armement de l’unité utilisée : dé noir pour le combat en mêlée ou corps à corps, dé vert pour des missiles (par volées de 30), dé bleu pour du balistique (bastos explosives) et dé jaune pour de l’armement basé sur de l’énergie pure (plasma ou lasers). Tous ces dés restent des dés à 6 faces classiques, leur couleur aura un impact pour certains contrats ou certaines rencontres.

Un peu plus de finesse que sur les Encounters précédents, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Contrats

Votre tour de jeu commencera par la découverte d’un contrat proposé par une des grandes maisons nobles. Il indique certaines conditions spécifiques à sa validation ainsi que la réputation gagnée en cas de réussite.

On enchaîne les rencontres jusqu’à bloquer l’ensemble de ses dés. Si c’est le cas, on peut arrêter ici afin de toucher son argent et voir sa réputation grandir.

Ou on peut pousser sur un second contrat, qui n’en sera que plus juteux. On pioche un nouveau contrat, on récupère ses dés et on enchaîne potentiellement plusieurs d’entre eux. J’ai bien dit potentiellement… rien ne se passant jamais comme prévu.

Ou on se plante face à un adversaire et on perd tout le bénéfice de ce dernier contrat. On touche quand même l’argent pour les précédents validés mais aucun gain de réputation par contre. Vous n’allez pas gagner de réputation pour avoir eu les dents trop longues et vous être planté. Il ne faut pas pousser !

Embuscades

Dans ce dernier cas, l’unité suivante (le joueur suivant…) peut profiter de votre incompétence et prendre à son compte le contrat que vous venez de rater !

Celui-ci reste en jeu avec ses différentes rencontres et les dés bloqués dessus. À vous de réussir la rencontre suivante avec les dés restants et de prendre à votre compte la réussite du contrat. C’est vraiment une sale mentalité mais cela peut vous rapporter gros en fin de compte.

Rencontres

Elles seront nombreuses et si le deck vient à s’épuiser, on mélange la défausse et on repart. Vous ne vous en sortirez pas comme ça.

Des unités légères de reconnaissance aux unités de commandement, en passant par les grenadiers lourds, les escouades de guerre électronique, les milices locales ou les unités de maintien de l’ordre, dans Encounters Battletech, vous croiserez tout un tas d’adversaires mécanisés qui en veulent à votre fluide hydraulique… parce que vous pourrez éventuellement récupérer les reliquats des affrontements comme matériel bonus sans passer par le marché noir. Il faudra tout de même payer leur coût d’entretien pour les utiliser.

C’est pas top ça ?

Équipements & Marché noir

Car vous aurez besoin de matériel un tant soit peu lourd pour avoir plus de chances de vous en sortir. Équiper vos Méchas en lasers, en lance-missiles, en blindage, en contre-mesures électroniques ou en motorisations surpuissantes.

Vous aurez accès à un marché noir pour vos achats. Une fois le matériel en votre possession, vous pourrez l’utiliser mais il demandera un coût d’entretien pour le garder en état pour les tours suivants. Car oui, chaque matériel ne pourra être utilisé qu’une fois par tour, quel que soit le nombre de contrats à valider. Un bon timing est essentiel.

Réputation

Chaque contrat réussi dans Encounters Battletech vous permettra de gagner en réputation sur le marché. Plus vous enchaînez de contrats en un même tour et plus grande sera votre réputation.

Alors forcément, un contrat de maintien de l’ordre ou de surveillance d’un site ne vaudra jamais autant que celui d’une invasion planétaire, mais certaines fois il est bon de ne pas trop présumer de ses forces et de tabler sur l’appétit féroce de vos concurrents… avant de les voir se faire exploser en tentant de trop grosses opérations pour eux.

Quoi qu’il en soit, le premier clan de mercenaires atteignant les 10 points de réputation gagne la partie.
Simple et efficace !

Noblesse & Censure

Deux pions bonus s’ajoutent aux règles classiques de la série Encounters et passent d’une faction à l’autre selon l’avancée de la partie :

Le patronage d’une maison noble : Une des 5 grandes maisons nobles vous protège. Même lorsque vous échouez une rencontre qui vous fait tout perdre, ils vous offrent un minimum de gains monétaires. Pas mal pour vous refaire une santé et acheter du matériel pour la suite de vos opérations.

La censure : Vous vous êtes sérieusement mis à dos certains de vos concurrents. Ces derniers choisiront vos prochains adversaires parmi deux possibilités piochées. En fonction de vos dés restants, cela risque de faire mal !

Encounters Battletech, verdict

Un petit jeu pas si rapide, selon les parties, aux règles simples et très facile à prendre en main. On n’est pas sur un grand jeu mais il contient suffisamment de plaisir pour rester en bonne place dans une ludothèque.

Les fans purs et durs de la licence risquent de rester sur leur faim car il change totalement des autres jeux de cet univers. Ce qui permet de le sortir avec beaucoup plus de monde et beaucoup plus souvent.

Ses atouts supplémentaires : le background du jeu qui colle parfaitement au système, des illustrations rendant bien l’ambiance du jeu d’origine. Un petit livret vous donne un historique du monde de Battletech. Pas besoin de le lire pour jouer mais il donne bien l’état d’esprit des factions présentes. Un soupçon de stratégie quand même suivant les rencontres, l’équipement possédé et le niveau de réputation de vos concurrents : on prend plus de risques lorsqu’on les voit se rapprocher dangereusement de la victoire.

Une prise de risque constante si on veut tenter le gros coup, qui peut rapidement se transformer en frustration suivant les résultats de vos dés. Mais c’est aussi tout ce qui fait le sel du « Stop ou encore ».

Ses défauts : Les parties peuvent être longues suivant les options prises par tous les joueurs et leurs réussites aux dés. Ou trop rapides si une chance exceptionnelle croise leur route. Le thème s’efface assez rapidement pour laisser place au système pur et dur, comme souvent dans ce type de jeux.

Encounters Battletech propose de jouer jusqu’à 8 participants mais franchement je conseille de faire avec 4 ou 5 maximum, sinon l’attente entre les tours risque d’être excessive avec des envies de faire la vaisselle pour passer le temps…

Malgré les quelques défauts, j’adore ce jeu. Tellement que je le sors même pour jouer de courtes parties en solo… avec 2 clans de mercenaires différents. Prenant tour à tour la place de l’un et de l’autre, je n’hésite pas à jouer contre moi-même pour me faire perdre le cas échéant. Je m’en fiche puisque c’est moi qui gagne. Je préfère ça à la version solo de base : 15 tours de jeux pour atteindre les 10 points de réputation ou 10 tours en mode Challenge.

Rapide à sortir et à jouer une fois toutes les petites règles assimilées, c’est un vrai bon jeu. Ma chérie préfère la version Shadowrun car l’univers de Battletech lui parle beaucoup moins. Je comprends, bien que je le regrette…

On a aimé :

  • La fusion parfaite entre thème et mécanique
  • La tension constante du « stop ou encore »
  • La rejouabilité en solo et multijoueur
  • Les différentes compagnies aux styles uniques
  • L’accessibilité pour les nouveaux joueurs

On a moins aimé :

  • Les parties qui peuvent s’éterniser à 8
  • La chance qui peut parfois voler la vedette à la stratégie
  • Le thème qui s’efface parfois derrière la mécanique

C’est plutôt pour vous si…

  • Vous aimez les jeux qui font monter la tension
  • Les robots géants vous font rêver
  • Vous cherchez un jeu facile à sortir mais profond
  • Vous appréciez jouer en solo

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

  • La chance vous donne des boutons
  • Vous cherchez une simulation pure de Battletech
  • Vous détestez voir vos plans partir en fumée
  • La vaisselle vous passionne plus que les dés

Quelle que soit la version jouée, c’est toujours un plaisir de la sortir. Ne boudez pas votre plaisir si l’univers vous tente. Ce serait dommage.

Encounters Battletech est comme un pilote de mécha : parfois téméraire, souvent calculateur, mais toujours prêt à pousser sa chance un peu plus loin… Jusqu’où oserez-vous aller ?

Très, très bon !

Note : 4.5 sur 5.

  • Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : James Kirtley, Brian Knudson
  • Illustrations : Pablo Aschei, Balaskas, Juan Miguel López Barea, Ken Coleman ( quelques exemples parmi les 22 illustrateurs ! )
  • Édition : Catalyst Game Labs
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 8 ( 1 – 4 me parait le plus réaliste )
  • Âge conseillé : Dès 14 ans ( j’ai testé à 12 ans et ça passe tranquille. Le seul problème vient de la compréhension de l’anglais pour certaines subtilités )
  • Durée : 15 – 30 minutes ( cela peut être plus, selon le tirage de dés et les risques pris )
  • Thème : Science Fiction
  • Mécaniques principales : Affrontements, Stop ou encore, dés . Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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