L’éditeur d’Exploding Kittens se lance dans les NFT.
NFT
NFT par-ci, NFT par-là. C’est un terme que l’on entend de plus en plus souvent dans le marché de l’art, mais pas seulement. Plus seulement.
Rappelez-vous, fin avril 2021, nous vous révélions que Magic pensait sérieusement se lancer dans les NFT. C’est désormais chose faite, avec l’éditeur d’Exploding Kittens qui s’engouffre dans la brèche.
Les NFT, mais qu’est-ce que c’est
Vous en avez certainement entendu parler. Vous savez peut-être de quoi il s’agit. Si ce n’est pas le cas, voici un petit brief.
Fongible, non fongible
NFT, pour non-fungible token, ou jeton non fongible, en français.
Ici, non fongible signifie plus ou moins qu’il est unique et ne peut pas être remplacé par autre chose. Par exemple, un bitcoin est fongible. Échangez-en un contre un autre bitcoin, et vous aurez exactement la même chose, à l’instar du pétrole et de l’or. Une carte à collectionner unique en son genre n’est toutefois pas fongible. Si vous l’échangiez contre une autre carte, vous auriez quelque chose de complètement différent.
Comment ça fonctionne ?
« Everydays: The First 5000 Days » de l’artiste numérique Beeple, a été vendue en mars pour 69,3 millions de dollars chez Christie’s en mars. Puis, en décembre, une vente d’œuvres numériques de l’artiste Pak estampillées « NFT », du nom de la nouvelle technologie d’authentification en vogue, a atteint en décembre 91 millions de dollars.
Ces prix peuvent sembler ahurissants. Et pour la personne lambda, comme moi, le jargon technique entourant les NFT peut sembler déroutant ou intimidant. Dans le meilleur des cas. Rassurez-vous, vous n’avez pas besoin d’être expert en technologie de la blockchain pour comprendre, acheter ou même créer des NFT.
Pour faire « simple », les actifs numériques non fongibles sont des biens uniques qui n’ont pas de valeur interchangeable. À un niveau très élevé, la plupart des NFT font partie de la blockchain Ethereum. Ethereum est une crypto-monnaie, comme le bitcoin ou le dogecoin, la monnaie numérique la plus… débile au monde, mais sa blockchain prend également en charge ces NFT, qui stockent des informations qui les font fonctionner différemment d’une pièce ETH, par exemple. Il est à noter que d’autres blockchains peuvent implémenter leurs propres versions de NFT.
Mais de quoi on parle, exactement ?
Les artistes et les créatifs peuvent télécharger et certifier, ou « minter », n’importe quel actif numérique – animations 3D, clips vidéo, tweets, musique – sur la blockchain Ethereum. Ce processus codifie le NFT, établissant un enregistrement vérifiable du prix, de la propriété et du transfert, et empêche le fichier d’être numériquement falsifié ou répliqué.
On protège l’œuvre en la cryptant sur ce qu’on appelle la blockchain. C’est une technologie de stockage et de transmission d’informations, donc sécurisée et qui fonctionne sans organe de contrôle mais de façon autonome, sur la base de très longues lignes de code qui sont associées à une création.
Et ça s’achète ?
Oui, et depuis plusieurs mois, les NFT s’arrachent à plusieurs milliers, millions de dollars. Les NFT peuvent vraiment être tout ce qui est numérique, comme des dessins, de la musique, un tweet, même, ou le tout premier SMS de l’histoire. Les célébrités et les marques de mode de luxe et le monde du sport s’emparent eux aussi du phénomène.
Mais une grande partie de l’effervescence actuelle réside dans l’utilisation de la technologie pour vendre de l’art, numérique.
Et en 2021, le marché des NFT a connu sa meilleure année à ce jour, générant un volume d’échange de plus de 23 milliards de dollars, tandis que la capitalisation boursière des 100 premières collections de NFT s’élevait à 16,7 milliards de dollars.
Est-ce que les NFT sont uniques ?
Oui, c’est tout le principe. Les NFT sont conçus pour vous donner quelque chose qui ne peut pas être copié. La propriété de l’œuvre, bien que l’artiste puisse toujours conserver les droits d’auteur et de reproduction, tout comme pour les œuvres d’art physiques. Tout le monde peut acheter une reproduction d’un tableau de Picasso. Mais une seule personne peut posséder l’original.
Une fois téléchargé, le NFT existera en permanence sur la blockchain. En conséquence, il n’y a pas deux NFT identiques, puisque chaque pièce contient des propriétés numériques uniques. Même si un artiste publie deux œuvres d’art sans distinction physique claire, les métadonnées encodées dans chaque NFT sont différentes.
Et à quoi ça sert ?
À. Rien.
Sauf si vous êtes artiste pour en créer ou que vous désirez en acheter. Pour collectionner. Ou, vraisemblablement, pour en revendre et vous faire une comm au passage.
Avant, il y a longtemps, les artistes réalisaient leurs œuvres au pinceau ou au burin. Puis, avec l’apparition de l’ordinateur, les techniques changent. On utilise dorénavant l’ordinateur pour faire des images, produire des objets numériques, virtuels. Tout ça va évoluer avec l’arrivée d’internet dans les années 1990 et les réseaux sociaux.
La question qui se pose pour les artistes qui produisent avec les ordinateurs, c’est celle du piratage, de la duplication : n’importe quelle œuvre peut être dupliquée. N’importe qui peut s’emparer d’une création que vous avez faite et mise en circulation.
Vous faites un dessin numérique, vous le mettez sur Internet, on vous le vole. Vous faites le même dessin numérique et vous le convertissez en ce qu’on appelle un jeton non fongible, c’est-à-dire personnalisé. Cette œuvre, vous ne pouvez y accéder en tant que propriétaire que si vous avez le code sur la blockchain. Donc, ça veut dire que l’œuvre peut continuer à circuler, être dupliquée, mais du point de vue de la propriété, elle vous appartient et elle appartient à celui qui vous l’achètera, puisque vous lui donnerez le code de la blockchain. Tant que le serveur existe, et qu’il ne soit par piraté…
Jeux de société et NFT
Il y a à peine quelques jours, l’éditeur d’Exploding Kittens annonçait offrir 10 NFT de son nouveau jeu Happy Salmon.
Selon Exploding Kittens, les NFT Happy Salmon créés par Glowforge sont les « premiers NFT imprimables au laser au monde ».
Chaque Happy Salmon NFT inclut une boîte imprimée en 3D pour le jeu de société, marquée de son numéro unique sur 10. Ou mintée, si vous avez suivi l’exposé d’avant.
Les propriétaires de ces jeux de société en NFT peuvent demander que leur boîte soit imprimée par Glowforge. Mais, et c’est tout le principe, chaque boîte ne peut être imprimée qu’une seule fois. Même si le NFT lui-même est revendu plus tard. Le code sera définitivement supprimé par la suite.
Et non, Exploding Kittens n’est pas le premier éditeur du milieu du jeu de société à se lancer dans les NFT. CMON, l’éditeur de Zombicide, s’est associé à la startup NFT Monsoon pour annoncer une « plate-forme de trading NFT » en septembre 2021. Mais c’est tout, pour l’instant.
Avec Exploding Kittens qui se lance dans les NFT, et d’autres qui y pensent, verra-t-on des cartes spéciales à collectionner ou des jeux d’auteurs connus en NFT ? Ce n’est pas impossible.
Des NFT dans les jeux de société, vous en pensez quoi ? Bonne ou mauvaise idée ? Prenez vos stylos, vous avez 4h.


