Kickstarter : 18% d’arnaque
💰 Kickstarter a révolutionné le financement des jeux, mais à quel prix ? Découvrez les zones d’ombre de cette plateforme incontournable.
Kickstarter et le financement participatif des jeux de société : une histoire mouvementée
Qui aurait cru qu’en l’espace de quelques années, Kickstarter deviendrait incontournable pour tout créateur de jeu souhaitant concrétiser son projet ? Mais attention, derrière cette success story se cache une histoire plus complexe, faite de hauts et de bas.
Des projets frauduleux, des promesses non tenues, des fonds détournés… Le financement participatif n’est pas aussi idyllique qu’il n’y paraît. Mais comment en est-on arrivé là ? Près de 20% des recettes de Kickstarter proviendraient de campagnes douteuses selon certaines estimations. Un chiffre alarmant qui ternit l’image de cette plateforme jadis révolutionnaire.
Pour faire écho à notre article d’hier sur la faillite de l’éditeur Ninja Division, et des milliers de backers sur Kickstarter qui ont soutenu, et payé des projets de jeux qui ne verront pas le jour, nous avons voulu en savoir plus sur la situation. Existe-t-il d’autres affaires semblables ? Nous sommes alors tombés sur ce riche article du site économique américain Fortune, publié ce 11 mars 2024.
L’article dissèque en profondeur les mécanismes, parfois peu… reluisants, de la célèbre plateforme de financement précommande participative. Intéressons-nous aujourd’hui à tout ce qui fait Kickstarter, et comme la plateforme a évolué au cours du temps depuis sa création en 2009. Plongeons ensemble dans les coulisses de Kickstarter et explorons l’impact de cette plateforme sur notre hobby préféré.
Les débuts prometteurs de Kickstarter
Lorsque Kickstarter voit le jour en 2009, c’est un véritable vent de fraîcheur qui souffle sur la scène créative new-yorkaise. Enfin, une plateforme qui permet aux artistes et aux créateurs de faire appel directement à leur communauté pour financer leurs projets ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça marche. Les success stories s’enchaînent : Cards Against Humanity, Exploding Kittens, Zombicide… autant de jeux devenus cultes grâce au soutien / préco des backers.
Mais qu’est-ce qui fait le succès de Kickstarter auprès des créateurs de jeux ? Eh bien, c’est simple : la plateforme leur offre une liberté sans précédent. Plus besoin de convaincre un éditeur, de se plier à ses exigences ou de rogner sur ses ambitions. Avec Kickstarter, les créateurs (et les créatrices !) peuvent laisser libre cours à leur créativité et proposer des jeux qui sortent des sentiers battus. Et nous, joueurs, joueuses, nous pouvons soutenir directement les projets qui nous font vibrer. Ben oui, grâce à Kickstarter, c’est un peu comme si nous devenions les… mécènes des temps modernes !
L’âge d’or du financement participatif
Pendant plusieurs années, Kickstarter connaît une croissance fulgurante. Les projets de jeux de société se multiplient et les sommes récoltées atteignent des sommets. En 2015, le jeu Exploding Kittens bat tous les records en récoltant près de 8,8 millions de dollars. C’est dire si les joueurs et joueuses sont au rendez-vous !
Mais cette success story cache-t-elle une réalité plus sombre ? C’est ce que nous allons découvrir. Ce succès a aussi ses revers. Certains créateurs, grisés par l’engouement suscité par leur projet, se lancent dans des campagnes trop ambitieuses. Les délais ne sont pas tenus, les budgets explosent et les backers s’impatientent. C’est le revers de la médaille du financement participatif : lorsqu’on fait appel à la communauté, on a une responsabilité envers elle. Il ne suffit pas de faire miroiter des stretch goals alléchants, il faut aussi être capable de les tenir !
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Le tournant du blockchain
Mais revenons à Kickstarter. En 2021, alors que la plateforme peine à retrouver sa superbe d’antan, elle annonce un pivot stratégique : le passage au blockchain. L’idée ? Utiliser cette technologie pour créer un protocole décentralisé de crowdfunding. Sur le papier, cela semble prometteur : plus de transparence, plus de sécurité pour les backers, une meilleure traçabilité des fonds… Mais c’est sans compter sur la réaction de la communauté des joueurs et joueuses.
Car il faut bien l’avouer, le blockchain et les cryptomonnaies suscitent encore beaucoup de méfiance, voire de rejet. Beaucoup y voient une technologie énergivore, spéculative et peu éthique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’annonce de Kickstarter n’a pas fait l’unanimité. De nombreux créateurs ont fait part de leur désapprobation, certains allant même jusqu’à retirer leurs projets de la plateforme.
Faut-il y voir le signe que Kickstarter a perdu son âme en cherchant à surfer sur la vague du blockchain ? C’est une question que beaucoup se posent. Après tout, la plateforme s’était construite sur des valeurs de transparence, de proximité avec les créateurs et de soutien à la créativité. En se lançant dans le grand bain de la crypto, ne risque-t-elle pas de se couper de sa base ?
L’impact sur le monde du jeu de société
Mais au-delà de Kickstarter, c’est tout l’écosystème du financement participatif des jeux de société qui est en train de changer. De nouvelles plateformes émergent, comme Gamefound ou Backerkit, avec la promesse d’une approche plus transparente et plus éthique. Certains créateurs choisissent même de se lancer en solo, en proposant des précommandes sur leur propre site. On a ainsi récemment appris que CMON, l’un des poids lourds du jeu de société, quittait Kickstarter pour se lancer sur Gamefound.
Est-ce à dire que Kickstarter a fait son temps ? Pas si sûr. La plateforme a encore de beaux jours devant elle, ne serait-ce que par la force de son nom et de sa réputation. Mais elle va devoir se réinventer pour regagner la confiance des créateurs et des joueurs. Cela passera sans doute par plus de transparence, un meilleur accompagnement des projets et une réelle prise en compte des attentes de la communauté.
Le revers de la médaille : la fraude sur Kickstarter
Mais ne nous voilons pas la face, le financement participatif a aussi ses zones d’ombre. Et l’une des plus préoccupantes, c’est bien la question de la fraude. Malheureusement, les mécanismes même de Kickstarter peuvent être détournés par des individus mal intentionnés. Imaginez : un projet peut récolter des milliers, voire des millions de dollars, sans jamais avoir l’intention de voir le jour. Et pendant ce temps-là, Kickstarter empoche sa commission, sans vraiment se soucier de la réalité du projet.
Pire encore, certains utilisateurs peu scrupuleux profitent de la plateforme pour tester des cartes de crédit volées, en faisant de petites promesses sur des projets au hasard. Un véritable fléau qui non seulement nuit aux créateurs honnêtes, mais aussi à toute la communauté des joueurs et des joueuses.
Des chiffres alarmants et des conséquences bien réelles
Selon une estimation interne relayée par Fortune, ces projets frauduleux représenteraient jusqu’à 18% des revenus de Kickstarter. Un chiffre alarmant, qui a d’ailleurs attiré l’attention des procureurs généraux de plusieurs États américains et de la Federal Trade Commission. Des enquêtes ont été menées, des plaintes déposées, mais Kickstarter lui-même n’a jamais été inquiété.
Because of Kickstarter’s mechanics, projects can achieve full funding—and Kickstarter will receive its cut—with no intention of ever launching. Some users will also make small pledges on the platform to test out stolen credit cards. As Fortune learned, one internal estimate puts the amount of revenue that comes from fraudulent projects as high as 18%—a concern echoed by past actions from different states’ attorneys general and the Federal Trade Commission, who have targeted Kickstarter scams in their investigations. (Kickstarter itself has not been charged in these lawsuits or complaints.) A spokesperson denied the estimate and said the company has implemented “extensive measures” to address fraud, including new detection software and processes.
Fortune, 11 mars 2024
Notre traduction :
En raison des mécanismes de Kickstarter, des projets peuvent atteindre un financement complet – et Kickstarter recevra sa part – sans avoir l’intention de se lancer un jour. Certains utilisateurs font également de petites promesses de dons sur la plateforme pour tester des cartes de crédit volées. Comme l’a appris Fortune, une estimation interne évalue à 18 % le montant des recettes provenant de projets frauduleux, une préoccupation qui trouve un écho dans les actions passées des procureurs généraux de différents États et de la Federal Trade Commission, qui ont ciblé les escroqueries de Kickstarter dans leurs enquêtes. (Kickstarter lui-même n’a pas été inculpé dans le cadre de ces poursuites ou plaintes.) Un porte-parole a démenti cette estimation et a déclaré que la société avait mis en œuvre des « mesures importantes » pour lutter contre la fraude, y compris de nouveaux logiciels et processus de détection.
Mais derrière ces projets frauduleux, savons-nous ce qui se cache réellement ? Pourtant, les conséquences de ces fraudes sont bien réelles. Pour les créateurs, c’est la désillusion de voir leur projet noyé dans une masse de campagnes douteuses, et la difficulté de convaincre les backers de la sincérité de leur démarche. Pour les joueurs, c’est la frustration de voir leur argent partir en fumée, et la perte de confiance envers le financement participatif dans son ensemble.
Car au-delà des chiffres, ce sont des histoires bien réelles qui se cachent derrière ces fraudes. Des rêves brisés, des espoirs déçus, et un sentiment amer d’avoir été trompé. Combien de backers se sont retrouvés avec un jeu médiocre, bien loin des promesses de la campagne ? Combien de créateurs ont vu leur réputation entachée par des projets frauduleux auxquels leur nom a été associé malgré eux ?
La responsabilité de Kickstarter en question
Face à ce fléau, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur la responsabilité de Kickstarter. Certes, un porte-parole a assuré que des mesures étendues avaient été mises en place pour lutter contre la fraude, notamment de nouveaux logiciels et processus de détection. Mais force est de constater que le problème persiste, et qu’il ternit l’image du financement participatif dans son ensemble.
Alors, que fait vraiment Kickstarter pour endiguer cette fraude ? Les contrôles sont-ils suffisamment stricts au moment de la validation des projets ? Les signalements des backers sont-ils pris en compte avec suffisamment de sérieux et de réactivité ? Les créateurs frauduleux sont-ils réellement sanctionnés, au-delà d’une simple suspension de leur campagne ?
Autant de questions qui méritent d’être posées, et auxquelles Kickstarter se doit de répondre avec transparence et fermeté. Car c’est bien la crédibilité de toute la plateforme qui est en jeu. Si les backers n’ont plus confiance, si les créateurs honnêtes se détournent, c’est tout l’écosystème du financement participatif qui s’effondre.
Les leçons à tirer pour les créateurs de jeux
Que peut-on retenir de toute cette histoire ? Eh bien, tout d’abord, que le financement participatif est un formidable outil, mais qu’il ne fait pas de miracles. Réussir une campagne Kickstarter, c’est un travail de longue haleine qui demande de la préparation, de la communication et surtout, une bonne dose d’humilité.
Ensuite, il ne faut oublier jamais que la principale responsabilité est envers les backers. Ce sont eux qui font confiance, qui soutiennent le projet et qui permettent de concrétiser le rêve, le projet. Sur Kickstarter (et dans la vraie vie, en général…), tout est question de transparence, d’engagements tenus, et enfin, de communication en cas de problème. C’est la clé pour construire une relation de confiance durable avec sa communauté.
Enfin, il est important de ne pas se laisser aveugler par les sirènes du succès. Ce n’est pas parce que la campagne cartonne que le lanceur de projet doit se lancer dans des projets pharaoniques. Parfois tout juste infaisables. En restant fidèles à sa vision, à son projet, à ses valeurs et à ce qui fait l’essence même du jeu. Les jeux ainsi lancés marqueront durablement les esprits.
L’avenir du financement participatif des jeux de société
Alors, quel avenir pour le financement participatif des jeux de société ? Une chose est sûre, il a encore de belles années devant lui. Kickstarter a beau traverser une zone de turbulences, le modèle qu’il a popularisé n’est pas près de disparaître. Les joueurs sont de plus en plus nombreux à vouloir soutenir directement les créateurs et à rechercher des jeux innovants qui sortent des sentiers battus.
À noter que dans notre sondage d’hier, près de 43% des 191 personnes qui ont répondu se montrent plutôt pessimistes sur l’avenir du financement participatif.

Il faudra sans doute que les plateformes et les créateurs se réinventent pour s’adapter aux nouvelles attentes des joueurs et des joueuses. Plus de transparence, plus d’éthique, plus de proximité… Autant de défis à relever pour continuer à faire rêver les joueurs et les joueuses du monde entier.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà soutenu un projet de jeu sur Kickstarter ? Quelles sont vos attentes vis-à-vis des créateurs et des plateformes de financement participatif ? N’hésitez pas à partager votre expérience et vos réflexions en commentaire, c’est aussi ça la magie du crowdfunding :
Un défi collectif à relever
Mais la responsabilité n’incombe pas qu’à Kickstarter. C’est un défi que toute la communauté du financement participatif doit relever collectivement. Les créateurs, en faisant preuve de transparence et en honorant leurs engagements.
Les backers, en faisant preuve de discernement et en signalant les projets douteux. Et les plateformes, en mettant en place des garde-fous efficaces et en agissant rapidement face aux fraudes avérées.
C’est un travail de longue haleine, qui demande une vigilance de tous les instants. Mais c’est un travail nécessaire, si nous voulons préserver la magie du crowdfunding et continuer à faire émerger des projets audacieux et novateurs dans le monde du jeu de société.
Imaginez un instant ce que serait Kickstarter sans fraude. Un lieu où chaque projet serait porté par une réelle passion, où chaque créateur serait animé par une sincère volonté de partage et de création. Un lieu où les backers pourraient s’engager en toute confiance, en sachant que leur soutien sera récompensé par un jeu à la hauteur de leurs attentes.
C’est cette vision qui doit nous guider, au-delà des difficultés et des défis du moment. Car le financement participatif, dans son essence même, est porteur d’une promesse magnifique : celle d’une communauté unie autour d’une même passion, celle du jeu et de la création. En tant que fans de jeux de société, il nous appartient à tous d’être attentifs et de promouvoir les pratiques transparentes pour préserver l’essence même de notre loisir.
Alors, oui, la lutte contre la fraude est un combat de tous les jou(eu)rs. Mais c’est un combat qui vaut la peine d’être mené, pour que Kickstarter et les autres plateformes de crowdfunding restent ces lieux magiques où les rêves deviennent réalité.
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Article écrit par Loïc. Breton d’origine et exilé depuis peu en Suisse (pour son chocolat, surtout), Loïc vit et respire jeux de société. Il est toujours prêt à sortir cartes et plateaux pour s’amuser et partager sa passion débordante. Joueur dans l’âme, sa devise est « Une petite partie, entre deux arrêts de bus ? ».
Que pensez-vous de l'avenir du financement participatif des jeux de société ? Quelles solutions proposez-vous pour lutter contre la fraude et garantir la confiance des backers ?
7 Comments
Mato
Haaaaa, Mythic Games et les centaines d’euro que je ne reverrais jamais … et encore, je n’avais backé qu’un jeu, j’ai vu des gens qui était sur 3-4 jeux, ils doivent plutôt pleurer leurs milliers d’euro perdus. Pourtant, éditeur reconnu, apprécié, mais leur pratique pyramidale nous as eu
Gus
😞
HeyYou
J’ai participé à énormément de financements de jeux sur Kickstarter et Gamefound. Je n’ai par chance jamais eu à faire à des escros au sens propre du terme.
En revanche j’ai financé tous les jeux de Mythic Games et il m’en reste encore 3 à recevoir qui m’ont coûté très très cher. Ce sont mes seuls soucis que j’ai eu. Et encore je ne les classe pas dans arnaques car je pense que Mythic Games n’avait pas l’intention d’arnaquer. Donc malgré les déconvenues de ces 3 jeux d’un même éditeur, je reste complètement fidèle (accro) aux jeux en financements participatifs.
cyrillekehr
Je me souviens avec émotion de mon premier KS avec tout l’euphorie qui englobait la campagne. Conan de Monolith… Ah!!!! Que de souvenirs. Je me souviens surtout que pour eux, toutes leurs espérances avaient éclatées tellement le succès a été au RDV. Mais à quel « prix »? Des promesses/paliers à gogo qui ne les ont entrainé que vers la difficulté de conception et finalisation du projet après coup. Ceci-dit, Monolith est de ceux qui en ont retenu les leçons et peuvent aujourd’hui se « vanter » de ne proposer que des projets déjà finalisés au lancement et qui respectent très bien leurs délais de livraison… A ce jour, je suis devenu plus méfiant et surtout plus distant car étant un bakeur de la première heure, je constate aussi que ce système devient malsain et… en décalage avec le monde d’aujourd’hui. Toujours plus, toujours trop, du plastique à en vomir (alors que j’adore les jeux à figurines!?!), des étoiles pleins les yeux,… puis s’en suit toujours une attente complétement démesurée du bouzin soutenu. Pourquoi? Au regard de ma ludothèque déjà (trop) bien fournie, je me dis que cette course en avant est vaine, que je n’arrive déjà pas à exploiter 15% de mes jeux comme je le souhaiterais… Donc à l’heure où notre civilisation devrait arrêter cette consommation excessive de produits manufacturés à l’autre bout de la planète, je me dis que je vais me concentrer d’avantage sur mon existant, jouer plus et acheter moins! Penser global et jouer local?
Lockstrike
Un autre aspect qui n’est pas évoqué dans l’article, c’est le respect de la loi de chaque pays par Kickstarter. Là où Gamefound perçoit la TVA, comme le doit légalement toute plateforme qui reçoit un paiement d’un particulier, Kickstarter ne le fait pas. Sur Kickstarter, c’est au créateur de verser la TVA dans chaque pays de chaque backer. Oui car en plus, ce n’est pas le pays de Kickstarter (USA) ni le pays du créateur (par exemple la France) qui détermine la TVA à verser, mais bien le pays de chaque consommateur ! A ce titre, il me semble que Kickstarter ne respecte pas la loi française lorsqu’il ne calcule ni ne perçoit la TVA sur un pledge par un contributeur français. Vous imaginez facilement deux choses (et j’en ajouterai une 3 ème plus tricky) :
1) les créateurs qui respectent la loi ont une usine à gaz fiscale à gérer, parfois pour 1 pledge dans 1 pays. Et il faut un comptable qui s’y connaisse, et qui soit payé pour ça. C’est un aspect souvent insoupçonné des nouveaux créateurs. Il faut aussi calculer soi-même et déclarer la TVA sur les frais de port, pas forcément perçus au même moment ni sur le même site…C’est un temps considérable, ainsi qu’une source d’erreurs, un travail qu’on n’anticipe pas toujours, sans parler du risque de contrôle qui redemande du temps de travail et d’explication ensuite.
2) certains créateurs ne s’encombrent pas avec ça, et par méconnaissance, parfois, ou parce que ça les arrange bien, souvent, ne payent tout simplement pas la TVA. Cela explique des différences de prix énormes d’un projet à l’aure (si vous vous demandez comment certains jeux sont vendus beaucoup moins cher que le prix boutique ou que le prix habituel pour le matériel, vous avez peut-être un élément de réponse). C’est un autre type de fraude, qui concerne des tas de projets livrés pour le coup, mais pas au juste prix, et qui clairement constituent de la concurrence déloyale (envers les éditeurs qui respectent la loi, et aussi envers les réseaux de distrib et notamment les boutiques qui elles vont se retrouver avec un jeu plus cher de 20%, sans toucher plus)
3) un troisième élément plus subtil : Kickstarter prend son pourcentage sur le montant total perçu. Donc c’est la double peine pour les projets qui payent la TVA : Kickstarter prend 10% du 100% TTC, et ensuite le créateur paye la TVA sur également 100% TTC. Cela aggrave les disparités entre les projets honnêtes et les autres, et aussi comparativement aux projets qui perçoivent les taxes après le prix affiché, dans le pledge manager (ce qui, à ma connaissance, est d’usage aux US mais n’est pas non plus légal en Europe).
(Tout cela est à prendre avec des pincettes, je ne suis ni comptable ni fiscaliste, mais j’ai bien étudié la question et j’en ai échangé avec un comptable tout à fait compétent, et tout à fait ludique ;))
Headquaker
L’état devrait légiférer sur ces plateformes
nonowdps
Kickstarter, que 18% d’arnaque 🤔 j’aimerai savoir comment ont été faites les stats 😂🤣👌