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Jeux de plateau

Kickstarter : 18% d’arnaque

💰 Kickstarter a rĂ©volutionnĂ© le financement des jeux, mais Ă  quel prix ? DĂ©couvrez les zones d’ombre de cette plateforme incontournable.


Kickstarter et le financement participatif des jeux de société : une histoire mouvementée

Qui aurait cru qu’en l’espace de quelques annĂ©es, Kickstarter deviendrait incontournable pour tout crĂ©ateur de jeu souhaitant concrĂ©tiser son projet ? Mais attention, derriĂšre cette success story se cache une histoire plus complexe, faite de hauts et de bas.

Des projets frauduleux, des promesses non tenues, des fonds dĂ©tournĂ©s
 Le financement participatif n’est pas aussi idyllique qu’il n’y paraĂźt. Mais comment en est-on arrivĂ© lĂ  ? PrĂšs de 20% des recettes de Kickstarter proviendraient de campagnes douteuses selon certaines estimations. Un chiffre alarmant qui ternit l’image de cette plateforme jadis rĂ©volutionnaire.

Pour faire Ă©cho Ă  notre article d’hier sur la faillite de l’Ă©diteur Ninja Division, et des milliers de backers sur Kickstarter qui ont soutenu, et payĂ© des projets de jeux qui ne verront pas le jour, nous avons voulu en savoir plus sur la situation. Existe-t-il d’autres affaires semblables ? Nous sommes alors tombĂ©s sur ce riche article du site Ă©conomique amĂ©ricain Fortune, publiĂ© ce 11 mars 2024.

L’article dissĂšque en profondeur les mĂ©canismes, parfois peu
 reluisants, de la cĂ©lĂšbre plateforme de financement prĂ©commande participative. IntĂ©ressons-nous aujourd’hui Ă  tout ce qui fait Kickstarter, et comme la plateforme a Ă©voluĂ© au cours du temps depuis sa crĂ©ation en 2009. Plongeons ensemble dans les coulisses de Kickstarter et explorons l’impact de cette plateforme sur notre hobby prĂ©fĂ©rĂ©.

Les débuts prometteurs de Kickstarter

Lorsque Kickstarter voit le jour en 2009, c’est un vĂ©ritable vent de fraĂźcheur qui souffle sur la scĂšne crĂ©ative new-yorkaise. Enfin, une plateforme qui permet aux artistes et aux crĂ©ateurs de faire appel directement Ă  leur communautĂ© pour financer leurs projets ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça marche. Les success stories s’enchaĂźnent : Cards Against Humanity, Exploding Kittens, Zombicide
 autant de jeux devenus cultes grĂące au soutien / prĂ©co des backers.

Mais qu’est-ce qui fait le succĂšs de Kickstarter auprĂšs des crĂ©ateurs de jeux ? Eh bien, c’est simple : la plateforme leur offre une libertĂ© sans prĂ©cĂ©dent. Plus besoin de convaincre un Ă©diteur, de se plier Ă  ses exigences ou de rogner sur ses ambitions. Avec Kickstarter, les crĂ©ateurs (et les crĂ©atrices !) peuvent laisser libre cours Ă  leur crĂ©ativitĂ© et proposer des jeux qui sortent des sentiers battus. Et nous, joueurs, joueuses, nous pouvons soutenir directement les projets qui nous font vibrer. Ben oui, grĂące Ă  Kickstarter, c’est un peu comme si nous devenions les
 mĂ©cĂšnes des temps modernes !

L’Ăąge d’or du financement participatif

Pendant plusieurs annĂ©es, Kickstarter connaĂźt une croissance fulgurante. Les projets de jeux de sociĂ©tĂ© se multiplient et les sommes rĂ©coltĂ©es atteignent des sommets. En 2015, le jeu Exploding Kittens bat tous les records en rĂ©coltant prĂšs de 8,8 millions de dollars. C’est dire si les joueurs et joueuses sont au rendez-vous !

Mais cette success story cache-t-elle une rĂ©alitĂ© plus sombre ? C’est ce que nous allons dĂ©couvrir. Ce succĂšs a aussi ses revers. Certains crĂ©ateurs, grisĂ©s par l’engouement suscitĂ© par leur projet, se lancent dans des campagnes trop ambitieuses. Les dĂ©lais ne sont pas tenus, les budgets explosent et les backers s’impatientent. C’est le revers de la mĂ©daille du financement participatif : lorsqu’on fait appel Ă  la communautĂ©, on a une responsabilitĂ© envers elle. Il ne suffit pas de faire miroiter des stretch goals allĂ©chants, il faut aussi ĂȘtre capable de les tenir !

👉 À lire Ă©galement : Crowdfunding : Informations supplĂ©mentaires bienvenues.

Le tournant du blockchain

Mais revenons Ă  Kickstarter. En 2021, alors que la plateforme peine Ă  retrouver sa superbe d’antan, elle annonce un pivot stratĂ©gique : le passage au blockchain. L’idĂ©e ? Utiliser cette technologie pour crĂ©er un protocole dĂ©centralisĂ© de crowdfunding. Sur le papier, cela semble prometteur : plus de transparence, plus de sĂ©curitĂ© pour les backers, une meilleure traçabilitĂ© des fonds
 Mais c’est sans compter sur la rĂ©action de la communautĂ© des joueurs et joueuses.

Car il faut bien l’avouer, le blockchain et les cryptomonnaies suscitent encore beaucoup de mĂ©fiance, voire de rejet. Beaucoup y voient une technologie Ă©nergivore, spĂ©culative et peu Ă©thique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’annonce de Kickstarter n’a pas fait l’unanimitĂ©. De nombreux crĂ©ateurs ont fait part de leur dĂ©sapprobation, certains allant mĂȘme jusqu’Ă  retirer leurs projets de la plateforme.

Faut-il y voir le signe que Kickstarter a perdu son Ăąme en cherchant Ă  surfer sur la vague du blockchain ? C’est une question que beaucoup se posent. AprĂšs tout, la plateforme s’Ă©tait construite sur des valeurs de transparence, de proximitĂ© avec les crĂ©ateurs et de soutien Ă  la crĂ©ativitĂ©. En se lançant dans le grand bain de la crypto, ne risque-t-elle pas de se couper de sa base ?

L’impact sur le monde du jeu de sociĂ©tĂ©

Mais au-delĂ  de Kickstarter, c’est tout l’Ă©cosystĂšme du financement participatif des jeux de sociĂ©tĂ© qui est en train de changer. De nouvelles plateformes Ă©mergent, comme Gamefound ou Backerkit, avec la promesse d’une approche plus transparente et plus Ă©thique. Certains crĂ©ateurs choisissent mĂȘme de se lancer en solo, en proposant des prĂ©commandes sur leur propre site. On a ainsi rĂ©cemment appris que CMON, l’un des poids lourds du jeu de sociĂ©tĂ©, quittait Kickstarter pour se lancer sur Gamefound.

Est-ce à dire que Kickstarter a fait son temps ? Pas si sûr. La plateforme a encore de beaux jours devant elle, ne serait-ce que par la force de son nom et de sa réputation. Mais elle va devoir se réinventer pour regagner la confiance des créateurs et des joueurs. Cela passera sans doute par plus de transparence, un meilleur accompagnement des projets et une réelle prise en compte des attentes de la communauté.

Le revers de la médaille : la fraude sur Kickstarter

Mais ne nous voilons pas la face, le financement participatif a aussi ses zones d’ombre. Et l’une des plus prĂ©occupantes, c’est bien la question de la fraude. Malheureusement, les mĂ©canismes mĂȘme de Kickstarter peuvent ĂȘtre dĂ©tournĂ©s par des individus mal intentionnĂ©s. Imaginez : un projet peut rĂ©colter des milliers, voire des millions de dollars, sans jamais avoir l’intention de voir le jour. Et pendant ce temps-lĂ , Kickstarter empoche sa commission, sans vraiment se soucier de la rĂ©alitĂ© du projet.

Pire encore, certains utilisateurs peu scrupuleux profitent de la plateforme pour tester des cartes de crĂ©dit volĂ©es, en faisant de petites promesses sur des projets au hasard. Un vĂ©ritable flĂ©au qui non seulement nuit aux crĂ©ateurs honnĂȘtes, mais aussi Ă  toute la communautĂ© des joueurs et des joueuses.

Des chiffres alarmants et des conséquences bien réelles

Selon une estimation interne relayĂ©e par Fortune, ces projets frauduleux reprĂ©senteraient jusqu’Ă  18% des revenus de Kickstarter. Un chiffre alarmant, qui a d’ailleurs attirĂ© l’attention des procureurs gĂ©nĂ©raux de plusieurs États amĂ©ricains et de la Federal Trade Commission. Des enquĂȘtes ont Ă©tĂ© menĂ©es, des plaintes dĂ©posĂ©es, mais Kickstarter lui-mĂȘme n’a jamais Ă©tĂ© inquiĂ©tĂ©.

Because of Kickstarter’s mechanics, projects can achieve full funding—and Kickstarter will receive its cut—with no intention of ever launching. Some users will also make small pledges on the platform to test out stolen credit cards. As Fortune learned, one internal estimate puts the amount of revenue that comes from fraudulent projects as high as 18%—a concern echoed by past actions from different states’ attorneys general and the Federal Trade Commission, who have targeted Kickstarter scams in their investigations. (Kickstarter itself has not been charged in these lawsuits or complaints.) A spokesperson denied the estimate and said the company has implemented “extensive measures” to address fraud, including new detection software and processes.

Fortune, 11 mars 2024

Notre traduction :

En raison des mĂ©canismes de Kickstarter, des projets peuvent atteindre un financement complet – et Kickstarter recevra sa part – sans avoir l’intention de se lancer un jour. Certains utilisateurs font Ă©galement de petites promesses de dons sur la plateforme pour tester des cartes de crĂ©dit volĂ©es. Comme l’a appris Fortune, une estimation interne Ă©value Ă  18 % le montant des recettes provenant de projets frauduleux, une prĂ©occupation qui trouve un Ă©cho dans les actions passĂ©es des procureurs gĂ©nĂ©raux de diffĂ©rents États et de la Federal Trade Commission, qui ont ciblĂ© les escroqueries de Kickstarter dans leurs enquĂȘtes. (Kickstarter lui-mĂȘme n’a pas Ă©tĂ© inculpĂ© dans le cadre de ces poursuites ou plaintes.) Un porte-parole a dĂ©menti cette estimation et a dĂ©clarĂ© que la sociĂ©tĂ© avait mis en Ɠuvre des « mesures importantes » pour lutter contre la fraude, y compris de nouveaux logiciels et processus de dĂ©tection.

Mais derriĂšre ces projets frauduleux, savons-nous ce qui se cache rĂ©ellement ? Pourtant, les consĂ©quences de ces fraudes sont bien rĂ©elles. Pour les crĂ©ateurs, c’est la dĂ©sillusion de voir leur projet noyĂ© dans une masse de campagnes douteuses, et la difficultĂ© de convaincre les backers de la sincĂ©ritĂ© de leur dĂ©marche. Pour les joueurs, c’est la frustration de voir leur argent partir en fumĂ©e, et la perte de confiance envers le financement participatif dans son ensemble.

Car au-delĂ  des chiffres, ce sont des histoires bien rĂ©elles qui se cachent derriĂšre ces fraudes. Des rĂȘves brisĂ©s, des espoirs déçus, et un sentiment amer d’avoir Ă©tĂ© trompĂ©. Combien de backers se sont retrouvĂ©s avec un jeu mĂ©diocre, bien loin des promesses de la campagne ? Combien de crĂ©ateurs ont vu leur rĂ©putation entachĂ©e par des projets frauduleux auxquels leur nom a Ă©tĂ© associĂ© malgrĂ© eux ?

La responsabilité de Kickstarter en question

Face Ă  ce flĂ©au, on ne peut s’empĂȘcher de s’interroger sur la responsabilitĂ© de Kickstarter. Certes, un porte-parole a assurĂ© que des mesures Ă©tendues avaient Ă©tĂ© mises en place pour lutter contre la fraude, notamment de nouveaux logiciels et processus de dĂ©tection. Mais force est de constater que le problĂšme persiste, et qu’il ternit l’image du financement participatif dans son ensemble.

Quelle mesure serait la plus efficace pour lutter contre la fraude sur Kickstarter ?

Alors, que fait vraiment Kickstarter pour endiguer cette fraude ? Les contrĂŽles sont-ils suffisamment stricts au moment de la validation des projets ? Les signalements des backers sont-ils pris en compte avec suffisamment de sĂ©rieux et de rĂ©activitĂ© ? Les crĂ©ateurs frauduleux sont-ils rĂ©ellement sanctionnĂ©s, au-delĂ  d’une simple suspension de leur campagne ?

Autant de questions qui mĂ©ritent d’ĂȘtre posĂ©es, et auxquelles Kickstarter se doit de rĂ©pondre avec transparence et fermetĂ©. Car c’est bien la crĂ©dibilitĂ© de toute la plateforme qui est en jeu. Si les backers n’ont plus confiance, si les crĂ©ateurs honnĂȘtes se dĂ©tournent, c’est tout l’Ă©cosystĂšme du financement participatif qui s’effondre.

Les leçons à tirer pour les créateurs de jeux

Que peut-on retenir de toute cette histoire ? Eh bien, tout d’abord, que le financement participatif est un formidable outil, mais qu’il ne fait pas de miracles. RĂ©ussir une campagne Kickstarter, c’est un travail de longue haleine qui demande de la prĂ©paration, de la communication et surtout, une bonne dose d’humilitĂ©.

Ensuite, il ne faut oublier jamais que la principale responsabilitĂ© est envers les backers. Ce sont eux qui font confiance, qui soutiennent le projet et qui permettent de concrĂ©tiser le rĂȘve, le projet. Sur Kickstarter (et dans la vraie vie, en gĂ©nĂ©ral
), tout est question de transparence, d’engagements tenus, et enfin, de communication en cas de problĂšme. C’est la clĂ© pour construire une relation de confiance durable avec sa communautĂ©.

Enfin, il est important de ne pas se laisser aveugler par les sirĂšnes du succĂšs. Ce n’est pas parce que la campagne cartonne que le lanceur de projet doit se lancer dans des projets pharaoniques. Parfois tout juste infaisables. En restant fidĂšles Ă  sa vision, Ă  son projet, Ă  ses valeurs et Ă  ce qui fait l’essence mĂȘme du jeu. Les jeux ainsi lancĂ©s marqueront durablement les esprits.

L’avenir du financement participatif des jeux de sociĂ©tĂ©

Alors, quel avenir pour le financement participatif des jeux de sociĂ©tĂ© ? Une chose est sĂ»re, il a encore de belles annĂ©es devant lui. Kickstarter a beau traverser une zone de turbulences, le modĂšle qu’il a popularisĂ© n’est pas prĂšs de disparaĂźtre. Les joueurs sont de plus en plus nombreux Ă  vouloir soutenir directement les crĂ©ateurs et Ă  rechercher des jeux innovants qui sortent des sentiers battus.

À noter que dans notre sondage d’hier, prĂšs de 43% des 191 personnes qui ont rĂ©pondu se montrent plutĂŽt pessimistes sur l’avenir du financement participatif.

Sondage réalisé sur Gus&Co

Il faudra sans doute que les plateformes et les crĂ©ateurs se rĂ©inventent pour s’adapter aux nouvelles attentes des joueurs et des joueuses. Plus de transparence, plus d’Ă©thique, plus de proximité  Autant de dĂ©fis Ă  relever pour continuer Ă  faire rĂȘver les joueurs et les joueuses du monde entier.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous dĂ©jĂ  soutenu un projet de jeu sur Kickstarter ? Quelles sont vos attentes vis-Ă -vis des crĂ©ateurs et des plateformes de financement participatif ? N’hĂ©sitez pas Ă  partager votre expĂ©rience et vos rĂ©flexions en commentaire, c’est aussi ça la magie du crowdfunding :

Un défi collectif à relever

Mais la responsabilitĂ© n’incombe pas qu’Ă  Kickstarter. C’est un dĂ©fi que toute la communautĂ© du financement participatif doit relever collectivement. Les crĂ©ateurs, en faisant preuve de transparence et en honorant leurs engagements.

Les backers, en faisant preuve de discernement et en signalant les projets douteux. Et les plateformes, en mettant en place des garde-fous efficaces et en agissant rapidement face aux fraudes avérées.

C’est un travail de longue haleine, qui demande une vigilance de tous les instants. Mais c’est un travail nĂ©cessaire, si nous voulons prĂ©server la magie du crowdfunding et continuer Ă  faire Ă©merger des projets audacieux et novateurs dans le monde du jeu de sociĂ©tĂ©.

Imaginez un instant ce que serait Kickstarter sans fraude. Un lieu oĂč chaque projet serait portĂ© par une rĂ©elle passion, oĂč chaque crĂ©ateur serait animĂ© par une sincĂšre volontĂ© de partage et de crĂ©ation. Un lieu oĂč les backers pourraient s’engager en toute confiance, en sachant que leur soutien sera rĂ©compensĂ© par un jeu Ă  la hauteur de leurs attentes.

C’est cette vision qui doit nous guider, au-delĂ  des difficultĂ©s et des dĂ©fis du moment. Car le financement participatif, dans son essence mĂȘme, est porteur d’une promesse magnifique : celle d’une communautĂ© unie autour d’une mĂȘme passion, celle du jeu et de la crĂ©ation. En tant que fans de jeux de sociĂ©tĂ©, il nous appartient Ă  tous d’ĂȘtre attentifs et de promouvoir les pratiques transparentes pour prĂ©server l’essence mĂȘme de notre loisir.

Alors, oui, la lutte contre la fraude est un combat de tous les jou(eu)rs. Mais c’est un combat qui vaut la peine d’ĂȘtre menĂ©, pour que Kickstarter et les autres plateformes de crowdfunding restent ces lieux magiques oĂč les rĂȘves deviennent rĂ©alitĂ©.


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Article Ă©crit par LoĂŻc. Breton d’origine et exilĂ© depuis peu en Suisse (pour son chocolat, surtout), LoĂŻc vit et respire jeux de sociĂ©tĂ©. Il est toujours prĂȘt Ă  sortir cartes et plateaux pour s’amuser et partager sa passion dĂ©bordante. Joueur dans l’ñme, sa devise est « Une petite partie, entre deux arrĂȘts de bus ? ».


Que pensez-vous de l'avenir du financement participatif des jeux de société ? Quelles solutions proposez-vous pour lutter contre la fraude et garantir la confiance des backers ?

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7 Comments

  • Mato

    Haaaaa, Mythic Games et les centaines d’euro que je ne reverrais jamais … et encore, je n’avais backĂ© qu’un jeu, j’ai vu des gens qui Ă©tait sur 3-4 jeux, ils doivent plutĂŽt pleurer leurs milliers d’euro perdus. Pourtant, Ă©diteur reconnu, apprĂ©ciĂ©, mais leur pratique pyramidale nous as eu

    • HeyYou

      J’ai participĂ© Ă  Ă©normĂ©ment de financements de jeux sur Kickstarter et Gamefound. Je n’ai par chance jamais eu Ă  faire Ă  des escros au sens propre du terme.
      En revanche j’ai financĂ© tous les jeux de Mythic Games et il m’en reste encore 3 Ă  recevoir qui m’ont coĂ»tĂ© trĂšs trĂšs cher. Ce sont mes seuls soucis que j’ai eu. Et encore je ne les classe pas dans arnaques car je pense que Mythic Games n’avait pas l’intention d’arnaquer. Donc malgrĂ© les dĂ©convenues de ces 3 jeux d’un mĂȘme Ă©diteur, je reste complĂštement fidĂšle (accro) aux jeux en financements participatifs.

  • cyrillekehr

    Je me souviens avec Ă©motion de mon premier KS avec tout l’euphorie qui englobait la campagne. Conan de Monolith… Ah!!!! Que de souvenirs. Je me souviens surtout que pour eux, toutes leurs espĂ©rances avaient Ă©clatĂ©es tellement le succĂšs a Ă©tĂ© au RDV. Mais Ă  quel « prix »? Des promesses/paliers Ă  gogo qui ne les ont entrainĂ© que vers la difficultĂ© de conception et finalisation du projet aprĂšs coup. Ceci-dit, Monolith est de ceux qui en ont retenu les leçons et peuvent aujourd’hui se « vanter » de ne proposer que des projets dĂ©jĂ  finalisĂ©s au lancement et qui respectent trĂšs bien leurs dĂ©lais de livraison… A ce jour, je suis devenu plus mĂ©fiant et surtout plus distant car Ă©tant un bakeur de la premiĂšre heure, je constate aussi que ce systĂšme devient malsain et… en dĂ©calage avec le monde d’aujourd’hui. Toujours plus, toujours trop, du plastique Ă  en vomir (alors que j’adore les jeux Ă  figurines!?!), des Ă©toiles pleins les yeux,… puis s’en suit toujours une attente complĂ©tement dĂ©mesurĂ©e du bouzin soutenu. Pourquoi? Au regard de ma ludothĂšque dĂ©jĂ  (trop) bien fournie, je me dis que cette course en avant est vaine, que je n’arrive dĂ©jĂ  pas Ă  exploiter 15% de mes jeux comme je le souhaiterais… Donc Ă  l’heure oĂč notre civilisation devrait arrĂȘter cette consommation excessive de produits manufacturĂ©s Ă  l’autre bout de la planĂšte, je me dis que je vais me concentrer d’avantage sur mon existant, jouer plus et acheter moins! Penser global et jouer local?

  • Lockstrike

    Un autre aspect qui n’est pas Ă©voquĂ© dans l’article, c’est le respect de la loi de chaque pays par Kickstarter. LĂ  oĂč Gamefound perçoit la TVA, comme le doit lĂ©galement toute plateforme qui reçoit un paiement d’un particulier, Kickstarter ne le fait pas. Sur Kickstarter, c’est au crĂ©ateur de verser la TVA dans chaque pays de chaque backer. Oui car en plus, ce n’est pas le pays de Kickstarter (USA) ni le pays du crĂ©ateur (par exemple la France) qui dĂ©termine la TVA Ă  verser, mais bien le pays de chaque consommateur ! A ce titre, il me semble que Kickstarter ne respecte pas la loi française lorsqu’il ne calcule ni ne perçoit la TVA sur un pledge par un contributeur français. Vous imaginez facilement deux choses (et j’en ajouterai une 3 Ăšme plus tricky) :
    1) les crĂ©ateurs qui respectent la loi ont une usine Ă  gaz fiscale Ă  gĂ©rer, parfois pour 1 pledge dans 1 pays. Et il faut un comptable qui s’y connaisse, et qui soit payĂ© pour ça. C’est un aspect souvent insoupçonnĂ© des nouveaux crĂ©ateurs. Il faut aussi calculer soi-mĂȘme et dĂ©clarer la TVA sur les frais de port, pas forcĂ©ment perçus au mĂȘme moment ni sur le mĂȘme site…C’est un temps considĂ©rable, ainsi qu’une source d’erreurs, un travail qu’on n’anticipe pas toujours, sans parler du risque de contrĂŽle qui redemande du temps de travail et d’explication ensuite.
    2) certains crĂ©ateurs ne s’encombrent pas avec ça, et par mĂ©connaissance, parfois, ou parce que ça les arrange bien, souvent, ne payent tout simplement pas la TVA. Cela explique des diffĂ©rences de prix Ă©normes d’un projet Ă  l’aure (si vous vous demandez comment certains jeux sont vendus beaucoup moins cher que le prix boutique ou que le prix habituel pour le matĂ©riel, vous avez peut-ĂȘtre un Ă©lĂ©ment de rĂ©ponse). C’est un autre type de fraude, qui concerne des tas de projets livrĂ©s pour le coup, mais pas au juste prix, et qui clairement constituent de la concurrence dĂ©loyale (envers les Ă©diteurs qui respectent la loi, et aussi envers les rĂ©seaux de distrib et notamment les boutiques qui elles vont se retrouver avec un jeu plus cher de 20%, sans toucher plus)
    3) un troisiĂšme Ă©lĂ©ment plus subtil : Kickstarter prend son pourcentage sur le montant total perçu. Donc c’est la double peine pour les projets qui payent la TVA : Kickstarter prend 10% du 100% TTC, et ensuite le crĂ©ateur paye la TVA sur Ă©galement 100% TTC. Cela aggrave les disparitĂ©s entre les projets honnĂȘtes et les autres, et aussi comparativement aux projets qui perçoivent les taxes aprĂšs le prix affichĂ©, dans le pledge manager (ce qui, Ă  ma connaissance, est d’usage aux US mais n’est pas non plus lĂ©gal en Europe).
    (Tout cela est Ă  prendre avec des pincettes, je ne suis ni comptable ni fiscaliste, mais j’ai bien Ă©tudiĂ© la question et j’en ai Ă©changĂ© avec un comptable tout Ă  fait compĂ©tent, et tout Ă  fait ludique ;))

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