Jeux de plateau

Asmodee dépouille Plan B : Le début de la fin ?

😱 Asmodee démantèle Plan B ! L’ogre du jeu de société se restructure. Quels jeux sacrifiés ?


Asmodee démantèle peu à peu Plan B

Tremblement de terre dans le microcosme du jeu de société ! Asmodee, l’ogre insatiable qui a englouti tant d’éditeurs ces dernières années, semble aujourd’hui se replier sur lui-même.

La nouvelle victime de cette reconfiguration ? Plan B Games, autrefois fleuron de l’innovation ludique, aujourd’hui réduit à peau de chagrin.

Plan B : Anatomie d’une chute

Le couperet est tombé : comme le rapporte le site BoardGameWire, Camel Up, Village et la gamme Great Western Trail quittent le giron de Plan B pour atterrir chez Lookout Spiele.

Un nouveau coup dur pour cet éditeur autrefois flamboyant, dont le catalogue se réduit comme peau de chagrin après le départ de Azul, Century et Junk Art.

À savoir que :

Plan B a été racheté en 2021 par Asmodee. Plan B est un éditeur de jeux québécois créé par les anciens de Filosofia / F2Z. Éditeur lui-même racheté précédemment en 2016 par… Asmodee. Vous suivez ?

Lookout Games est, lui, un éditeur indépendant allemand qui a rejoint la galaxie Asmodee en 2018 et qui est distribué par… oui vous avez deviné qui.

Avec Plan B, Asmodee s’offrait également les studios Next Move, Pretzel Games et Eggertspiele, ainsi qu’un catalogue comptant des succès tels Azul, Century, mais aussi Camel Up, Great Western Trail et Village.

En déplaçant ce trio de jeux chez Lookout, Plan B se retrouve donc avec une offre sérieusement amputée par rapport à il y a quelques mois à peine. Les droits de Junk Art sont déjà passés à l’éditeur espagnol Ludonova, tandis que Heaven & Ale (ex-Eggertspiele) a également disparu de la boutique en ligne.

Plusieurs extensions et accessoires pour des titres phares comme Azul, Century, Era, Coimbra ou Equinoxe ne sont plus non plus disponibles via Plan B 😓

Asmodee : Restructuration ou déclin ?

Officiellement, il s’agit d’une simple réorganisation interne. Asmodee, filiale du géant suédois du jeu vidéo Embracer Group, qui a lui-même racheté l’éditeur de jeux de société français en mars 2022, rationalise ses structures pour faire face à une dette colossale.

Mais derrière ce discours officiel, se cache une réalité que l’on pourrait interpréter, qualifier de plus… sombre.

Embracer a beau se targuer d’une croissance record, son activité jeux vidéo est en berne. Après des années de croissance effrénée par acquisitions, Embracer accumulait une dette de 1,4 milliard de dollars. Les temps sont donc à la réduction des coûts, ce qui passe manifestement par une consolidation au sein d’Asmodee.

Seule la branche jeux de société, dont Asmodee est le fer de lance, tire son épingle du jeu avec une croissance de 7%.

Pour être plus précis, on ne parle même pas de jeux de plateau ici. Cette croissance est en vrai due aux jeux de cartes à collectionner !

Plan B : Un sacrifice pour sauver l’empire?

En « sacrifiant » Plan B, i.e. en lui retirant plusieurs titres de son catalogue, Asmodee se sépare d’une épine de son pied. Car Plan B, selon nos sources, c’était aussi une réputation sulfureuse, des jeux à la production parfois… chaotique et un certain manque de synergie avec le reste du groupe.

Les titres « exfiltrés » sont certainement jugés comme peu profitables par Asmodee.

Mais soyons lucides deux minutes. C’est le business, baby. Les entreprises (éditeurs, ici) rachètent des entreprises. Elles se rationalisent, elles se réorganisent. Ce n’est pas une tragédie ; c’est un mercredi.

Un avenir incertain

Que nous réserve l’avenir ? Asmodee poursuivra-t-il son élagage ? D’autres éditeurs de son groupe seront-ils sacrifiés sur l’autel de la rentabilité ? Difficile de le dire.

Une chose est sûre : le paysage ludique est en pleine mutation. L’ogre Asmodee, autrefois invincible, semble aujourd’hui quelque peu… vaciller.

Et nous, joueurs et joueuses, dans tout ça ?

Alors, simple réorganisation interne ou prémisses d’un déclin pour l’éditeur mythique ? Difficile à dire pour le moment. Une chose est sûre, ces changements ne sont pas anodins et méritent qu’on y prête attention.

Et est-ce que d’autres éditeurs / studios du groupe Asmodee sont sur la sellette ? D’autres vont-ils également faire les frais de cette politique de restructuration ? L’avenir nous le dira.

Mais il faut se rendre à l’évidence. Oui, les entreprises doivent parfois faire face à des dettes. Elles se restructurent (ou disparaissent). Bienvenue dans le monde réel, où tout n’est pas licornes et arc-en-ciels.

N’empêche.

L’avenir du jeu de société est peut-être (un tout petit peu) entre nos mains. Continuons à soutenir les petits éditeurs, à explorer de nouveaux horizons ludiques et à défendre une vision du jeu qui ne se résume pas à la simple accumulation de profits.


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Article écrit par Loïc. Breton d’origine et exilé depuis peu en Suisse (pour son chocolat, surtout), Loïc vit et respire jeux de société. Il est toujours prêt à sortir cartes et plateaux pour s’amuser et partager sa passion débordante. Joueur dans l’âme, sa devise est « Une petite partie, entre deux arrêts de bus ? ».


Quelles sont vos plus grandes craintes concernant l'avenir du jeu de société face à une telle nouvelle ?

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9 Comments

  • Sébastien

    Si le secteur du jeu est en berne, car il l’est bel et bien en dehors du tcg, ce n’est pas à cause d’un manque de qualité de l’offre mais par un manque cruel de demande. Le secteur doit s’adapter. Fini le jeu vache à lait permettant de ne pas trop compter, aujourd’hui la réalité économique du secteur refait surface.

  • Joelaitou

    J’ai du mal à mesurer les conséquences de ce qui est décrit ici…
    En tout cas en ce qui nous concerne nous, joueurs.
    Les jeux cités restent édités si j’ai bien compris.

    • Gus

      Pour l’instant, oui, pour certains titres de Plan B. D’autres ont disparu, en tout cas pour l’instant. À voir ce que ces titres vont devenir à l’avenir chez Lookout, qui est une plus petite structure. Personnellement, cette nouvelle de démantèlement n’augure rien de bon pour ces jeux ! Et donc pour nous, joueurs, joueuses. Asmodee semble bien déterminé à ne conserver que ses titres forts (comprenez… rentables). Et peu à peu à se débarrasser des autres. L’écrémage a commencé.

    • zen

      euh…. honnêtement, que Camel Up, Village et Great Western Trail passent d’un éditeur à un autre, ça va vraiment pas m’empêcher de reprendre 2 fois des moules.
      Ça reste de la tambouille interne. On parle pas de fermeture de studio ou de salariés laissés sur le carreau… va falloir se détendre un peu… s’il faut commencer à se faire des ulcères chaque fois qu’un jeu change d’éditeur….

  • Kaneda

    Alors:
    1. Attention, la phrase « Asmodee, filiale du géant suédois du jeu vidéo Embracer Group, qui a lui-même racheté l’éditeur de jeux de société français en mars 2022, rationalise ses structures pour faire face à une dette colossale.» laisse entendre qu’Asmodee est tte endettée alors que c’est Embracer qui l’est.

    2. Les jeux cités restent dans le giron d’Asmodée de toute manière.
    3. Vu la disponibilité catastrophique des jeux Plan B en boutique (en France tout du moins), c’est plus une bonne nouvelle. Camel Up, toujours édité à ce jour, n’est plus distribué depuis que Tric Trac en avait eu l’exclusivité. Century a souffert de ruptures beaucoup trop longues, Azul Mini a raté deux fois le succès (sorti en quantité très limitée en août 2023 pour rater les achat avant les départs en vacances, et dispo à nouveau en janvier 2024 pour manquer les ventes de Noel).

    • Gus

      Bonjour Kaneda,

      Je réponds en ma qualité de community manager.

      Merci beaucoup pour votre message et vos précisions très importantes. Elles nous permettent de mieux comprendre la situation et d’éviter de diffuser des informations erronées.

      Vous avez tout à fait raison de souligner que la phrase « Asmodee, filiale du géant suédois du jeu vidéo Embracer Group, qui a lui-même racheté l’éditeur de jeux de société français en mars 2022, rationalise ses structures pour faire face à une dette colossale » peut être interprétée à tort comme si Asmodee était endettée. En réalité, c’est bien Embracer Group qui a une dette colossale, et Asmodee n’est qu’une filiale de ce groupe.

      Il est également important de noter que les jeux cités dans votre message (Plan B, Camel Up, Century, Azul Mini) restent dans le giron d’Asmodee. Cela signifie qu’ils ne seront pas abandonnés et qu’ils continueront à être publiés et distribués, même si cela peut prendre un certain temps pour que certains d’entre eux soient à nouveau disponibles en boutique.

      Nous comprenons votre frustration concernant la disponibilité catastrophique des jeux Plan B en France. Nous espérons que la rationalisation des structures d’Asmodee permettra d’améliorer la situation et de rendre ces jeux plus facilement accessibles aux joueurs.

      En tout cas, merci encore pour votre message et pour votre aide à faire de notre site une source d’informations fiable et précise.

      Cordialement,

      Votre équipe Gus&Co

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