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Analyses & psychologie du jeu,  Jeux de plateau

Ludothérapie pour l’autisme : L’éveil par le jeu

Comment les jeux de société transforment et enrichissent les interventions auprès des enfants autistes. 🧠💡 #autisme #jeux #développement


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Autisme et jeux de société

L’autisme est un trouble neurodéveloppemental qui touche environ 2 % de la population. Il se caractérise par des intérêts restreints, des comportements répétitifs et des différences sociales et de communication.

L’un des traits les plus distinctifs des personnes autistes est leur comportement ludique unique, qui privilégie souvent les jeux indépendants et répétitifs, avec moins d’imitation et d’interaction sociale. Cependant, que se passerait-il si les jeux pouvaient être utilisés comme outil d’intervention dans le domaine de l’autisme ?

Cet article explore le potentiel des jeux dans l’amélioration des compétences et des comportements sociaux chez les personnes atteintes d’autisme.

Mais d’abord, intéressons-nous à ce trouble.

L’énigme de l’autisme : Ce que nous savons, ne savons pas et soupçonnons

L’autisme, un trouble neurodéveloppemental qui touche environ 2 % de la population, reste l’un des grands mystères de la science médicale. Ses caractéristiques comportementales distinctes donnent souvent l’impression que les causes devraient être évidentes.

Cependant, des décennies de recherche ont montré que l’étiologie de l’autisme est loin d’être simple.

La perspective historique

Dans les années 1950 et 1960, la croyance dominante était que l’autisme était causé par la froideur, la distance des parents à l’égard de l’enfant.

Cette théorie, qui a laissé un héritage de honte et de culpabilité dans la communauté des autistes, a finalement été démentie par plusieurs éminents scientifiques, dont certains étaient eux-mêmes parents d’enfants autistes. Ils ont mis en évidence une faille majeure dans la théorie : les parents qui correspondaient au stéréotype parent froid avaient également des enfants qui n’étaient pas atteints d’autisme.

Depuis lors, la recherche s’est concentrée sur les facteurs biologiques susceptibles d’entraîner des comportements autistiques. Il est devenu évident qu’il n’existe pas de cause unique à l’autisme. Divers facteurs génétiques sont susceptibles d’être à l’origine de la plupart des cas d’autisme.

Ces facteurs peuvent agir seuls, ou en combinaison avec des facteurs environnementaux, pour amener le cerveau d’un enfant à se développer différemment et entraîner des comportements autistiques.

Le rôle de la génétique

Les études de jumeaux ont fourni les premières preuves que l’autisme pouvait être génétique. Ces études comparent la concordance de l’autisme chez les vrais jumeaux, qui partagent la totalité de leur ADN, et chez les faux jumeaux, qui partagent environ la moitié de leur ADN.

La concordance plus élevée chez les vrais jumeaux indique une forte composante génétique de la maladie. Le chiffre pour les faux jumeaux représente également la probabilité qu’un couple ayant déjà un enfant autiste ait un deuxième enfant autiste, ce que l’on appelle le « risque de récurrence ».

Cependant, malgré des décennies de recherches intensives, les scientifiques n’ont pas été en mesure de trouver une mutation génétique commune à toutes les personnes diagnostiquées comme autistes.

Cela a conduit les scientifiques à considérer l’autisme non pas comme une maladie unique ayant une cause unique, mais comme un ensemble de maladies différentes qui présentent toutes des symptômes comportementaux relativement similaires.

Sous-types d’autisme et anomalies génétiques

Plusieurs pathologies présentant des anomalies génétiques ou chromosomiques évidentes peuvent entraîner des comportements autistiques. Il s’agit notamment des troubles liés à des anomalies chromosomiques, comme le syndrome de Down.

Bien qu’aucune anomalie chromosomique ne représente à elle seule plus de 1 % des personnes autistes, elles représentent ensemble environ 10 à 15 % de toutes les personnes diagnostiquées autistes.

Les anomalies génétiques exactes qui peuvent être à l’origine des autres cas d’autisme ne sont pas tout à fait claires. Cela est dû à la complexité des régions génétiques concernées et à la probabilité que les mutations génétiques soient très rares.

Toutefois, grâce à l’amélioration rapide des technologies génétiques et à la coopération scientifique mondiale qui permet d’étudier un grand nombre de personnes, des avancées majeures dans la compréhension des causes de l’autisme sont attendues dans un avenir proche.

Causes environnementales

Au cours de la dernière décennie, il est de plus en plus admis que certains aspects de notre environnement peuvent également contribuer à l’autisme. Cependant, malgré des recherches approfondies, aucun facteur environnemental ne s’est encore avéré être une cause certaine de l’autisme.

Plusieurs facteurs environnementaux au cours de la vie prénatale ont été associés à l’autisme. On a constaté que les infections bactériennes ou virales chez la mère pendant la grossesse augmentaient légèrement le risque d’autisme chez la progéniture.

D’autres facteurs chez la mère qui pourraient être liés à l’autisme chez l’enfant comprennent une carence en acide folique au moment de la conception, la présence d’un diabète gestationnel et l’utilisation de certains antidépresseurs pendant la grossesse, mais il n’existe aucune preuve concluante de ces liens.

Le fait d’être un parent plus âgé, en particulier un père plus âgé, augmenterait également le risque d’avoir un enfant autiste. Avec l’âge, le nombre de spermatozoïdes contenant des mutations génétiques de novo (« nouvelles ») augmente.

Certaines de ces mutations génétiques de novo n’auront que peu ou pas d’effet sur le bébé qui en résultera, mais d’autres mutations peuvent entraîner un développement différent du cerveau.

Plusieurs études ont montré que les pères âgés de plus de 50 ans au moment de la conception ont plus de chances de transmettre des mutations de novo et plus de risques d’avoir un enfant autiste.

Interaction entre les gènes et l’environnement

Une observation importante est que toutes les personnes exposées à ces facteurs ne sont pas diagnostiquées autistes.

Cela peut s’expliquer par un phénomène appelé interaction gène-environnement, qui se produit lorsque le patrimoine génétique de deux personnes différentes les amène à réagir différemment à un facteur environnemental.

Le développement du cerveau et l’autisme

Pendant longtemps, les scientifiques ont cherché une différence cérébrale évidente pouvant entraîner des comportements autistiques.

Toutefois, cet espoir n’a pas encore été comblé, car peu d’études ont identifié des caractéristiques cérébrales communes aux différentes personnes diagnostiquées comme autistes.

Cela peut être une indication supplémentaire que l’autisme a de nombreuses causes différentes, mais cela peut aussi refléter les difficultés de l’étude du cerveau.

L’avenir de la recherche sur l’autisme

L’avenir de la recherche sur l’autisme passera probablement par une combinaison de recherches génétiques, environnementales et cérébrales.

L’objectif ultime est d’identifier les nombreuses causes de l’autisme et leurs interactions, ce qui permettra d’améliorer la détection précoce, l’intervention et le soutien aux personnes atteintes d’autisme et à leurs familles.

En conclusion, les causes de l’autisme restent un puzzle complexe. Si des progrès considérables ont été réalisés dans la compréhension des facteurs génétiques et environnementaux qui contribuent à l’autisme, il reste encore beaucoup d’inconnues.

Au fur et à mesure que la recherche évolue, on espère que les pièces du puzzle s’assembleront progressivement, ce qui permettra de mieux comprendre cette maladie complexe.

Débattre, combattre les mythes : L’autisme vu de plus près

La sensibilisation et la compréhension de l’autisme progressent au sein de la communauté, tout comme les mythes. L’autisme, un trouble neurodéveloppemental, est diagnostiqué sur la base de comportements qui s’inscrivent dans trois grands domaines : les difficultés sociales, les troubles de la communication et les schémas de comportements et d’intérêts restrictifs et répétitifs.

Cependant, le caractère unique des symptômes de chaque enfant peut parfois prêter à confusion et donner lieu à l’émergence de mythes sur l’autisme. Ce chapitre vise à démystifier cinq des mythes les plus courants sur l’autisme.

Mythe 1 : Les enfants autistes ne vous regardent pas

Un regard inhabituel est courant chez de nombreuses personnes autistes, mais pas toutes. Les enfants au développement normal ont tendance à regarder instinctivement les autres dans les yeux lorsqu’ils parlent avec eux.

Cela les aide à comprendre les sentiments de l’autre personne et à comprendre ce qui se passe au cours d’une interaction sociale.

Certains enfants autistes ne regardent pas intuitivement une personne dans les yeux lorsqu’ils lui parlent et se concentrent plutôt sur d’autres parties du visage ou du corps pour essayer de comprendre ce qui se passe.

Mythe 2 : Les enfants autistes ne sont pas intéressés par les interactions sociales

Contrairement à ce mythe, la plupart des enfants autistes sont très désireux d’avoir des amis et d’interagir socialement, mais ils ont souvent des difficultés à savoir comment se faire des amis et les garder.

Les bonnes manières ne sont pas naturelles chez les autistes, et il faut souvent leur enseigner explicitement les règles sociales cachées.

Malgré leur désir d’amitié et de contact social, les enfants autistes peuvent devenir socialement anxieux et se replier sur eux-mêmes en raison de leur maladresse sociale.

Mythe 3 : Les enfants autistes ne sont pas affectueux

Les enfants autistes peuvent manifester de l’affection et en manifestent effectivement. Cependant, leur expression peut différer de celle des autres enfants en raison de réactions inhabituelles aux stimuli sensoriels.

Les enfants autistes peuvent être trop sensibles au toucher ou aux câlins, par exemple, mais peuvent avoir un seuil de tolérance élevé à la douleur.

Les enfants autistes peuvent sembler détachés, ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas envie d’être affectueux.

Mythe 4 : Les filles ont des symptômes autistiques de base différents de ceux des garçons

Il n’existe aucune preuve cohérente que les symptômes autistiques de base sont différents chez les garçons et les filles. Cependant, les filles ont tendance à avoir moins de comportements restreints et stéréotypés que les garçons.

Ces différences peuvent avoir une base biologique, mais elles peuvent aussi être dues à la socialisation des garçons et des filles. La plupart des études montrent que les garçons et les filles présentent des symptômes similaires, d’une gravité similaire.

Mythe 5 : L’autisme et le syndrome d’Asperger sont identiques

L’autisme et le syndrome d’Asperger sont actuellement définis comme des pathologies distinctes, regroupées sous le terme générique de « troubles envahissants du développement ».

Le syndrome d’Asperger diffère du trouble autistique en ce sens que le développement du langage doit s’être déroulé normalement et que les capacités intellectuelles doivent se situer dans la fourchette normale.

Toutefois, dans le cadre du nouveau système de classification de la santé mentale – la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, dont la publication est prévue pour 2023 – la distinction entre le syndrome d’Asperger et le trouble autistique sera supprimée et les deux seront remplacés par le terme « trouble du spectre autistique ».

Conclusion

Lorsqu’un enfant est diagnostiqué autiste, toute la famille est indubitablement touchée. Mais plus la communauté dans son ensemble en apprendra sur cette maladie, mieux elle pourra comprendre et soutenir ces familles tout au long du difficile parcours du diagnostic, de l’intervention et de la prise en charge de l’autisme.

Déboulonner ces mythes est un pas en avant vers une société plus inclusive et plus compréhensive à l’égard des personnes atteintes d’autisme.

Recadrer le récit de l’autisme : Pourquoi la question « Quelles sont les causes de l’autisme ? » n’est pas la bonne question

L’autisme a fait l’objet de nombreuses études et de nombreux débats, les chercheurs et la société dans son ensemble posant souvent la question suivante : « Quelles sont les causes de l’autisme ? »

Cependant, cette question, bien qu’apparemment simple, n’est peut-être pas l’approche la plus productive ou la plus bénéfique pour comprendre l’autisme.

Ce chapitre explore les raisons pour lesquelles la question de la causalité peut être mal posée et propose une perspective plus constructive.

La quête erronée de la causalité

Au fil des ans, divers facteurs ont été associés au développement de l’autisme, allant de certains comportements et régimes alimentaires à des mesures de santé publique. Le lien le plus controversé a été l’association, aujourd’hui démentie, entre le vaccin ROR (rougeole, oreillons et rubéole) et le développement de l’autisme.

Bien que la recherche médicale ait largement réfuté ce lien, l’impact de cette façon de rendre compte de la recherche scientifique se poursuit, conduisant souvent à la désinformation et à la peur.

Plus récemment, l’organisation caritative de défense des droits des animaux PETA a établi un lien entre l’autisme et la consommation de lait de vache, citant deux études à petite échelle qui suggèrent un lien potentiel. Toutefois, ces études ne prouvent pas de manière concluante qu’une allergie au lait de vache ou au gluten est à l’origine de l’autisme.

L’impact négatif de la désinformation

Le problème de lier le développement de l’autisme à des facteurs tels que la consommation de lait ou le triple vaccin est qu’il donne implicitement l’impression que les enfants autistes sont endommagés ou indésirables.

Ce type d’information rejette également sur les parents et les soignants la responsabilité des mauvaises décisions qui sont censées être à l’origine de l’autisme.

L’annonce par les médias d’un lien entre le ROR et l’autisme, par exemple, a fait l’objet d’une couverture médiatique disproportionnée et a conduit certains parents à utiliser les médias pour parler de leurs enfants autistes comme étant « endommagés par le vaccin ».

L’impact de cette couverture médiatique et de l’article de recherche original a incité de nombreux parents à ne pas vacciner leurs enfants, ce qui a directement conduit à des épidémies de rougeole.

Un changement de perspective

Plutôt que de blâmer les parents d’avoir un enfant autiste, il est nécessaire de comprendre l’autisme et de valoriser les enfants autistes et les familles dans lesquelles ils vivent.

Se demander quelles sont les causes de l’autisme n’est pas la bonne question. Nous devrions plutôt nous demander comment, en tant que société, nous valorisons les compétences, les capacités et les qualités des enfants et des adultes autistes.

L’accent ne doit pas être mis sur la recherche d’une cause ou d’un remède, mais sur la compréhension des expériences et des perspectives uniques des personnes atteintes d’autisme.

Ce changement de perspective peut conduire à des pratiques plus inclusives, à de meilleurs systèmes de soutien et à une compréhension plus nuancée de l’autisme.

Conclusion

Le discours sur l’autisme doit passer d’un jeu de blâme et d’une recherche de causalité à un dialogue plus constructif qui valorise et respecte les expériences des personnes atteintes d’autisme.

En reformulant la question de « Quelles sont les causes de l’autisme ? » à « Comment pouvons-nous mieux comprendre et soutenir les personnes atteintes d’autisme ? », nous pouvons favoriser une société plus inclusive et plus compréhensive.

Cette approche profite non seulement aux personnes autistes et à leurs familles, mais elle enrichit également notre compréhension collective de la diversité humaine.

Le pouvoir des mots : Naviguer dans le langage de l’autisme

Le langage est un outil puissant. Il façonne notre compréhension du monde qui nous entoure et influence nos interactions avec les autres.

Lorsqu’il s’agit de parler de l’autisme, les mots que nous choisissons d’utiliser peuvent avoir un impact profond sur la façon dont les personnes autistes sont perçues et traitées. Le débat est en cours concernant le langage entourant l’autisme, et souligne la nécessité de faire preuve de sensibilité, d’inclusivité et de respect dans le choix des mots.

Le débat : Langage axé sur la personne ou sur l’identité

Le langage utilisé pour parler de l’autisme est une question controversée. Le débat tourne principalement autour de l’utilisation d’un langage centré sur la personne (PFL) et d’un langage centré sur l’identité (IFL). Le PFL, tel que « personne autiste », met l’accent sur l’individu avant la maladie, afin d’éviter de définir les personnes par leur handicap.

En revanche, le langage centré sur l’identité, tel que « personne autiste », reconnaît que l’autisme fait partie intégrante de l’identité d’une personne.

Les directives gouvernementales et les milieux professionnels préconisent souvent l’utilisation de la PFL, arguant qu’elle favorise la positivité et l’inclusion. Cependant, de nombreux membres de la communauté autiste s’opposent à cette approche.

Elles soutiennent que la PFL implique que l’autisme est quelque chose de négatif ou de séparé de leur identité, plutôt qu’un aspect déterminant de ce qu’elles sont.

L’importance des préférences personnelles

Une étude menée en collaboration avec la National Autistic Society a interrogé 3 470 personnes autistes, leurs parents et leur réseau de soutien au sens large sur la terminologie qu’ils préfèrent.

Les résultats ont révélé une nette divergence de préférences. Les professionnels ont tendance à privilégier la terminologie PFL, tandis que les adultes autistes et les membres de leur famille penchent pour la terminologie IFL, qu’ils considèrent comme un moyen d’exprimer la place centrale qu’occupe l’autisme dans leur vie.

Toutefois, ces préférences sont loin d’être unanimes. Le choix de la langue dépend souvent des convictions personnelles sur ce que représente l’autisme. Celles et ceux qui considéraient l’autisme comme un trait parmi d’autres chez une personne avaient tendance à préférer PFL.

En revanche, celles et ceux qui considèrent l’autisme comme un élément central de leur identité ou de celle de leur enfant ont opté pour la langue internationale. Certaines personnes interrogées ont également souligné la nécessité d’adapter leur langage en fonction du public visé.

Vers un dialogue plus inclusif

Le débat sur le langage de l’autisme souligne la nécessité d’un dialogue plus inclusif. Il n’existe pas d’approche unique pour décrire l’autisme, et il n’y en aura probablement jamais. L’essentiel est de respecter les préférences individuelles et d’éviter d’imposer des points de vue ou des lignes directrices externes.

Pour favoriser un dialogue plus inclusif, nous devons créer des opportunités de conversation ouverte entre toutes les personnes touchées par l’autisme. En nous écoutant les uns les autres, nous pourrons mieux comprendre la signification de chaque mot et pourquoi ils sont si importants.

Conclusion

Le langage que nous utilisons pour parler de l’autisme est important. Il façonne les perceptions, influence les attitudes et a un impact sur les expériences vécues par les personnes atteintes d’autisme.

Alors que nous naviguons dans le langage de l’autisme, efforçons-nous de faire preuve de sensibilité, d’inclusivité et de respect. Écoutons les voix des personnes atteintes d’autisme et laissons-les guider notre choix de mots. Après tout, c’est par la compréhension et le respect que nous pouvons favoriser une société plus inclusive.

Prévalence de l’autisme : Une tendance à la hausse ou une évolution de la compréhension ?

L’autisme a connu une augmentation significative de sa prévalence au cours des cinquante dernières années. Cette augmentation a suscité des inquiétudes, des débats et une multitude de recherches pour en comprendre les raisons.

Cependant, la question demeure : Y a-t-il plus d’enfants diagnostiqués autistes aujourd’hui qu’auparavant ?

Ce chapitre se penche sur cette question complexe et explore les facteurs qui contribuent à l’augmentation de la prévalence de l’autisme.

L’augmentation de la prévalence de l’autisme : Un examen plus approfondi

La prévalence de l’autisme a connu une augmentation constante au cours des 50 dernières années. Dans les années 1960, la prévalence de l’autisme était estimée à une personne sur 2 500.

Au début des années 2000, ce chiffre est passé à une personne sur 250. Des études plus récentes ont fait état de chiffres de prévalence encore plus élevés, avec des estimations allant d’une personne sur 160 à une personne sur 38. L’estimation la plus largement reconnue se situe actuellement autour d’une personne sur 100.

Cette augmentation des diagnostics d’autisme est en effet alarmante. Toutefois, les raisons de cette augmentation sont complexes et multiples.

Comprendre l’augmentation : Les facteurs en jeu

L’augmentation des diagnostics d’autisme peut être attribuée à plusieurs facteurs, notamment les changements conceptuels, la substitution de diagnostics, les différences méthodologiques et les influences socioculturelles.

Changement conceptuel

La compréhension de l’autisme a considérablement évolué au cours des dernières décennies. L’autisme était autrefois considéré comme une maladie caractérisée par des « déficits flagrants dans le développement du langage » et « un manque généralisé de réactivité aux autres ».

Cependant, il est désormais reconnu que l’autisme varie selon un spectre de sévérité, certaines personnes présentant des symptômes moins graves.

Ce changement de compréhension a conduit à l’inclusion d’un plus grand nombre d’enfants présentant une gamme variée de symptômes autistiques dans les calculs de prévalence.

Substitution de diagnostics

L’élargissement des frontières diagnostiques a conduit à ce que des personnes qui auraient auparavant été diagnostiquées pour d’autres pathologies, telles que des troubles du langage ou une déficience intellectuelle, soient désormais plus susceptibles de recevoir un diagnostic primaire d’autisme.

Ce changement a entraîné une diminution de la prévalence de ces troubles alors que les diagnostics d’autisme ont augmenté.

Différences méthodologiques

Les progrès des techniques utilisées pour mesurer la prévalence de l’autisme ont également contribué à l’augmentation des diagnostics.

Les méthodes modernes de dépistage de populations entières utilisant des évaluations diagnostiques améliorées sont susceptibles d’être plus sensibles dans l’identification des individus affectés.

Influences socioculturelles

Les influences sociétales, telles que la sensibilisation et la compréhension accrues de l’autisme parmi les parents et les professionnels de la santé, la formation d’équipes de diagnostic spécifiques à l’autisme, la diminution de la stigmatisation associée à un diagnostic et la disponibilité d’une aide gouvernementale spécifique aux enfants atteints d’autisme, ont fait qu’il est plus probable qu’une personne soit diagnostiquée autiste aujourd’hui que par le passé.

L’avenir de la recherche sur l’autisme

Si ces facteurs expliquent en partie l’augmentation du nombre de diagnostics d’autisme, il est possible que la prévalence réelle de l’autisme soit effectivement en hausse et que nous n’en ayons pas encore identifié la cause.

L’un des candidats potentiels est l’augmentation du taux de survie des enfants extrêmement prématurés, qui présentent un risque accru d’autisme. Toutefois, la recherche dans ce domaine n’en est qu’à ses débuts.

En conclusion, l’augmentation du nombre de diagnostics d’autisme est probablement due à une combinaison de facteurs, y compris des changements dans la façon dont nous conceptualisons et mesurons la maladie. À mesure que la recherche sur les troubles du spectre autistique continue d’évoluer, nous espérons mieux comprendre la véritable prévalence de l’autisme et les facteurs qui y contribuent.

Au-delà des stéréotypes : Comprendre le spectre des capacités autistiques

L’autisme est souvent associé à certains stéréotypes, notamment l’idée que tous les autistes excellent en mathématiques et en sciences.

Or, ce stéréotype est non seulement trompeur, mais il ne tient pas compte de la diversité des intérêts et des aptitudes de la communauté autiste.

Ce chapitre vise à remettre en question ces idées fausses et à faire la lumière sur le véritable éventail des capacités des autistes.

Le mythe du « calculateur humain »

L’un des stéréotypes les plus répandus sur l’autisme est que tous les autistes sont des « calculateurs humains » ou des « Google vivants ». Ce stéréotype suggère que les personnes autistes excellent intrinsèquement dans les matières STIM (sciences, technologie, ingénierie, mathématiques) et qu’elles ont des difficultés dans les arts.

Or, c’est loin d’être le cas. De nombreux autistes, comme moi, professeur d’anglais et de création littéraire, trouvent réconfort et compréhension dans la littérature et les arts.

La littérature peut offrir une perspective unique pour comprendre le monde et se comprendre soi-même, sans les contraintes du langage corporel.

Les failles de l’évaluation de l’autisme

Le test Adult Autism Quotient, conçu par Simon Baron-Cohen et son équipe du Centre de recherche sur l’autisme de l’université de Cambridge, est largement utilisé pour diagnostiquer l’autisme. Toutefois, ce test peut involontairement renforcer le stéréotype selon lequel les personnes autistes sont intrinsèquement scientifiques et enclines aux mathématiques.

Le test attribue des scores d’autisme plus élevés aux personnes qui expriment un intérêt pour les mathématiques et des scores moins élevés à celles qui expriment un intérêt pour la fiction ou l’art.

Ce système de notation pourrait potentiellement conduire à un autisme non diagnostiqué chez les personnes qui aiment lire des romans et à un surdiagnostic chez celles qui s’intéressent vivement aux chiffres.

La représentation de l’autisme dans la littérature

Le stéréotype du scientifique ou du mathématicien autiste n’est pas seulement répandu dans les perceptions sociétales, mais aussi dans la littérature elle-même. De nombreux romans, qu’il s’agisse de comédies romantiques ou de fictions littéraires, réduisent souvent l’autisme adulte à des caricatures d’hommes blancs et valides qui excellent en sciences ou en mathématiques.

Cette représentation étroite ne rend pas compte de la diversité de l’expérience autistique et peut perpétuer des stéréotypes néfastes.

L’avenir de la représentation de l’autisme

Le stéréotype selon lequel les personnes autistes sont intrinsèquement scientifiques et douées pour les mathématiques n’est pas seulement trompeur, il est aussi potentiellement nuisible.

Il peut créer des attentes irréalistes et des pressions pour que les personnes autistes réussissent dans les domaines des STIM, négligeant potentiellement leurs talents et intérêts uniques dans d’autres domaines.

La disponibilité potentielle d’un dépistage prénatal du risque d’autisme à l’avenir souligne l’importance d’une représentation précise et diversifiée de l’autisme.

Les décisions relatives à ce dépistage pourraient être influencées par les perceptions et les stéréotypes de la société à l’égard de l’autisme, d’où l’importance de remettre en question ces idées fausses.

Conclusion

L’autisme est un trouble du spectre, et les capacités et les intérêts des personnes autistes sont tout aussi variés. Le stéréotype selon lequel tous les autistes sont des génies des mathématiques est non seulement inexact, mais il ne tient pas compte de la grande diversité qui existe au sein de la communauté autiste.

Il est temps de dépasser ces stéréotypes et d’adopter une compréhension plus nuancée de l’autisme, qui reconnaisse et célèbre l’ensemble des expériences et des contributions des autistes.

Remettre en question les hypothèses : Le potentiel diversifié des personnes autistes

L’autisme est souvent mal compris, ce qui donne lieu à une pléthore d’hypothèses et de stéréotypes qui ne rendent pas compte de la diversité et du potentiel des personnes autistes. La perception courante de l’autisme comme un trouble ou une déficience est non seulement trompeuse, mais aussi préjudiciable à la croissance et à la réussite des personnes autistes.

Ce chapitre vise à remettre en question ces idées fausses et à mettre en lumière le véritable potentiel des personnes autistes.

L’idée fausse de l’autisme en tant que trouble

La perception de l’autisme comme un trouble ou une déficience est profondément ancrée dans la société. Ce point de vue est souvent renforcé par le langage utilisé dans les manuels de diagnostic et la littérature, qui font souvent référence à l’autisme comme à un problème ou à une maladie.

Cependant, cette perspective ne reconnaît pas les forces et les capacités uniques des personnes autistes. De nombreuses personnes autistes ont réussi dans divers domaines, ce qui prouve que le fait d’être autiste n’exclut rien.

La nécessité d’un changement de perspective

L’approche actuelle de l’autisme se concentre souvent sur les déficits des personnes autistes, négligeant leurs forces et leurs capacités uniques. Cette perspective basée sur les déficits peut avoir des conséquences négatives, notamment la discrimination et l’exclusion, en particulier sur le lieu de travail. Un changement de perspective s’impose, qui reconnaisse et valorise les capacités et les points forts des personnes autistes.

Ce changement s’aligne sur l’hypothèse du soutien à la tâche, qui suggère que la création de situations qui capitalisent sur les forces des personnes autistes peut améliorer leurs performances et leur réussite.

Le pouvoir de l’inclusion et de la compréhension

Malgré les difficultés rencontrées par les personnes autistes, on observe des signes d’évolution positive. Des associations telles que Autisme France promeuvent l’emploi des personnes autistes et la Commission pour l’égalité et les droits de l’homme s’efforce de garantir l’égalité des chances sur le lieu de travail.

Conclusion

La perception de l’autisme doit changer. Nous devons cesser de considérer l’autisme comme un trouble ou une déficience et reconnaître plutôt les forces et les capacités uniques des personnes autistes.

Ce faisant, nous pouvons favoriser une société plus inclusive et plus compréhensive qui valorise le potentiel diversifié de tous ses membres.

Alors que nous continuons à remettre en question les hypothèses et les stéréotypes sur l’autisme, nous ne devons pas oublier d’écouter les voix des personnes autistes, de leurs familles et de leurs amis. Leurs points de vue et leurs expériences sont inestimables pour façonner une société plus inclusive et plus compréhensive.

Le pouvoir de transformation des jeux dans les interventions auprès des autistes

Jeux et développement de l’enfant

Maintenant que nous en savons (un peu) plus sur l’autisme, revenons à nos moutons meeples et intéressons-nous au jeu de société, et comment ils peuvent intervenir avec, pour les personnes naviguant sur le spectre autistique.

Les comportements ludiques sont des étapes cruciales de l’enfance, qui permettent à l’enfant de s’engager dans des compétences cognitives émergentes.

Par exemple, le jeu de faire semblant permet aux enfants d’apprendre des concepts tels que la fausse croyance, tandis que les jeux de société structurés à tour de rôle enseignent la réciprocité et la stratégie. Les jeux offrent également aux enfants la possibilité de partager leur attention et d’agir conjointement avec d’autres agents sociaux.

On le sait bien sur Gus&Co, il ne s’agit pas seulement d’une activité de loisir agréable ; les joueurs et les joueuses apprennent en même temps à se comporter dans un contexte de groupe. Grâce à des systèmes de récompense intégrés qui suivent les progrès réalisés, les jeux peuvent être particulièrement motivants par rapport à d’autres types d’interventions éducatives.

C’est pourquoi il n’est pas surprenant que les chercheurs qui espèrent améliorer la vie des personnes autistes se soient tournés vers les jeux pour concevoir leurs interventions.

Les jeux comme outil d’intervention auprès des autistes

De nombreuses personnes autistes réagissent différemment à la stimulation sociale par rapport aux personnes neurotypiques. Alors que les enfants au développement normal peuvent imiter automatiquement les comportements d’un enseignant ou d’un pair, les enfants autistes n’imitent pas aussi facilement les autres acteurs sociaux. Ils peuvent également être moins intéressés à participer à une activité commune ou à rester concentrés sur un objectif commun.

Le système de récompense intégré à la plupart des jeux (points, niveaux, barres de progression, feedback) peut constituer une incitation supplémentaire. Ce renforcement positif peut motiver les personnes autistes à continuer à participer au jeu, ce qui leur permet de terminer l’intervention et de rester socialement engagés avec les autres joueurs.

Il faut le reconnaître, les jeux sont en soi un moyen d’enseigner des compétences cognitives et sociales. Par exemple, un jeu multijoueurs enseigne l’attention conjointe, le tour de rôle, la stratégie et les comportements sociaux appropriés en réponse aux autres joueurs.

Certaines personnes autistes ont du mal à acquérir ces compétences et sont souvent en retard par rapport aux personnes neurotypiques. Ainsi, l’utilisation de jeux, qui encouragent le développement de compétences et de comportements sociaux, pourrait offrir un format d’intervention très efficace permettant aux personnes autistes d’améliorer ces capacités.

Les avantages des interventions basées sur le jeu

Dans un contexte plus large, l’apprentissage et le jeu sont essentiels au développement social de l’enfant. Comme les enfants autistes ont souvent du mal à nouer des relations avec leurs pairs et sont plus susceptibles d’être exclus des milieux sociaux, le développement de compétences en matière de jeu peut être un outil essentiel pour que les enfants autistes construisent un capital social avec leurs pairs.

Créer des opportunités pour les enfants autistes et neurotypiques de se connecter dans des activités naturellement motivantes comme le plaisir partagé d’un jeu pourrait servir deux objectifs essentiels. Premièrement, en jouant à des jeux en groupes mixtes, les enfants neurotypiques et autistes peuvent apprendre les uns des autres et développer des compétences de « double empathie », c’est-à-dire la capacité de comprendre les points de vue des neurotypiques et des autistes. Deuxièmement, les enfants autistes et neurotypiques peuvent établir des relations réciproques basées sur des intérêts communs (par exemple, les clubs de jeux de société).

Personnalisation et indépendance dans les jeux

Les jeux se prêtent particulièrement bien à la personnalisation et n’ont pas besoin d’être trop dépendants d’un soutien extérieur. Une fois que les enfants ont appris les règles d’un jeu, beaucoup d’entre eux sont capables d’interagir de manière indépendante, sans la surveillance d’un adulte. La possibilité de développer des sphères sociales indépendantes, centrées sur les pairs, peut être bénéfique pour les enfants autistes qui sont souvent trop dépendants de l’aide des adultes, ce qui peut nuire à leur capacité à nouer des amitiés.

Parce que oui, les jeux reposent sur des mécanismes fondamentaux (par exemple, le tour de rôle, la collecte de points, les lancers de dés aléatoires, l’association de cartes, le bluff) qui peuvent ensuite être modifiés pour s’adapter à un thème spécifique (par exemple, la fantaisie, l’espace, les trains, l’action-adaptation, espace, trains, action-aventure).

Comme la plupart des autistes ont des intérêts restreints dans un domaine particulier, ils peuvent être particulièrement intéressés par des jeux qui correspondent à un thème particulier. La personnalisation des jeux analogiques (jeux de société traditionnels) et numériques (jeux informatiques et vidéo) permet également de concevoir des interventions qui ciblent principalement des compétences spécifiques tout en offrant un divertissement.

L’impact des jeux sur le développement et le fonctionnement social

Les jeux ne sont pas seulement un amusement pour l’enfance ; ils jouent un rôle essentiel dans le développement précoce et améliorent le fonctionnement cognitif et social tout au long de la vie.

Il peut donc être bénéfique de développer des compétences basées sur le jeu et d’utiliser des jeux pour faire participer les personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA). De nombreux chercheurs ont reconnu ce fait et ont développé des programmes thérapeutiques basés sur le jeu que les éducateurs, les professionnels et les familles pourraient adopter.

Ludothérapie : Le pouvoir du jeu

La ludothérapie, également connue sous le nom de thérapie par le jeu, est une approche thérapeutique qui utilise des jeux et des activités ludiques pour aborder des questions émotionnelles, relationnelles, comportementales ou cognitives.

Reconnue comme une profession prometteuse dans le domaine de la santé mentale, cette méthode est souvent utilisée avec les enfants mais peut également être adaptée aux adultes. Ce chapitre explore le concept de ludothérapie, ses avantages et sa reconnaissance croissante en tant qu’outil thérapeutique.

Le rôle du jeu dans le développement personnel et la thérapie

Le jeu est un élément fondamental du développement de l’enfant, qui l’aide à grandir et à se construire en tant qu’adulte. Cependant, dans la société adulte, le jeu a souvent une connotation négative, considéré comme l’opposé du travail et du sérieux.

Cette perception est erronée, et on le sait bien, et on le martèle sur Gus&Co ! Le jeu est un besoin fondamental pour la santé mentale et la créativité. Si l’on ne joue pas, l’esprit se mécanise, les émotions se tarissent. Or, le jeu est une véritable source d’énergie, pleine d’émotions positives.

L’acte de jouer permet aux adultes de se connecter à leurs émotions et à leur « enfant intérieur », un terme inventé par Carl Jung pour représenter l’aspect enfantin ou juvénile de l’adulte. Cette connexion peut conduire à la spontanéité et à l’intuition, qui sont souvent éclipsées par l’esprit rationnel à l’âge adulte.

Le rôle du ou de la ludothérapeute

Un ou une ludothérapeute est un ou une professionnelle de la santé mentale qui intègre des jeux et des activités ludiques dans sa pratique thérapeutique afin d’aider les individus à résoudre leurs problèmes. Les ludothérapeutes sont formés à l’utilisation de jeux et d’activités ludiques comme outils thérapeutiques pour faciliter l’expression émotionnelle, améliorer la communication, développer les compétences sociales et promouvoir le bien-être émotionnel.

Les ludothérapeutes travaillent généralement avec des enfants et des adolescents, bien que la ludothérapie puisse également être efficace pour les adultes. Ils peuvent collaborer avec d’autres professionnels de la santé mentale, tels que des psychologues, des psychiatres, des travailleurs sociaux ou des thérapeutes familiaux, afin d’offrir une approche thérapeutique holistique aux personnes qui en ont besoin.

Les avantages de la ludothérapie

La ludothérapie s’est avérée efficace pour gérer la colère, le deuil, le divorce et la séparation familiale. Elle est également utilisée pour traiter l’anxiété, la dépression, le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), les TSA, les difficultés d’apprentissage et les problèmes de développement social et scolaire.

Les jeux utilisés en ludothérapie peuvent renforcer la connaissance de soi, la confiance en soi et l’estime de soi, et améliorer les relations et la communication. Plus important encore, la ludothérapie permet aux individus de se connecter à leurs émotions, à leur intuition et à leur enfant intérieur, ce qui favorise la spontanéité, la créativité et l’épanouissement personnel.

Conclusion

La ludothérapie est un domaine prometteur qui exploite le pouvoir du jeu pour faciliter la guérison et le développement personnel. En se concentrant sur les forces et les intérêts des individus, les ludothérapeutes peuvent créer un environnement thérapeutique qui favorise le bien-être émotionnel et le développement personnel.

Alors que la profession continue à se développer, elle offre une opportunité passionnante pour celles et ceux qui sont intéressés par une carrière qui combine la joie du jeu avec le pouvoir de la thérapie.

Rendre les jeux de société fun pour les enfants autistes : Un guide pour les parents

Les jeux de société sont une activité familiale classique, offrant un moyen amusant de passer du temps ensemble tout en développant des compétences telles que le tour de rôle, la patience et la réflexion stratégique.

Oui, mais.

Pour les familles ou les structures accueillant des enfants autistes, les jeux de société peuvent parfois présenter des difficultés. Les enfants autistes peuvent avoir du mal avec les règles, la durée du jeu ou les interactions sociales qu’il implique.

Mais avec un peu de créativité et de souplesse, les jeux de société peuvent devenir une activité agréable pour tout le monde. Voici quelques conseils pour rendre les jeux de société fun pour des personnes sur le TSA.

⏱️ Abrégez le jeu

Les jeux de société durent souvent longtemps, ce qui peut être trop long pour votre enfant autiste. Au lieu de vous en tenir à la durée initiale du jeu, envisagez de le raccourcir. Même 10 minutes de jeu engagé et agréable peuvent être plus utiles que de forcer un jeu plus long qui pourrait entraîner de la frustration ou du désintérêt.

📜 Oubliez les règles

Si les règles du jeu sont trop compliquées pour votre enfant, cela ne doit pas vous empêcher de jouer. N’hésitez pas à adapter les règles en fonction des capacités et des intérêts de votre enfant. L’objectif est de s’amuser, pas de respecter strictement les règles originales du jeu.

🤝 Donner la priorité à l’interaction

L’objectif premier d’un jeu de société doit être de favoriser l’interaction et la connexion avec votre enfant. Même si votre enfant ne comprend pas entièrement les règles ou les objectifs du jeu, l’expérience partagée et l’interaction sont ce qui compte vraiment.

🛌 Permettez à votre enfant de s’allonger sur le sol

Si votre enfant préfère s’allonger sur le ventre pendant qu’il joue, laissez-le faire ! Cette position peut être confortable pour de nombreux enfants autistes et peut rendre le jeu plus agréable pour eux.

🎁 Utiliser le jeu comme une récompense

Les jeux de société peuvent être une excellente occasion de récompenser un bon comportement. Pendant le jeu, soulignez tout ce que votre enfant fait de bien, comme prendre son tour, identifier une couleur ou un chiffre, ou rire avec vous. Ce renforcement positif peut rendre le jeu plus agréable pour votre enfant et l’encourager à bien se comporter.

🎲 Un jeu dans le jeu

Si votre enfant a un intérêt particulier, comme un personnage de dessin animé ou un animal favori, intégrez-le dans le jeu. Par exemple, à chaque tour de jeu de votre enfant, vous pouvez dessiner une petite image de son personnage préféré. Cet élément supplémentaire peut rendre le jeu plus attrayant et plus amusant pour votre enfant.

🚪 Permettez à votre enfant de partir

Si votre enfant veut quitter le jeu, laissez-le faire. En le forçant à rester, vous risquez de transformer le jeu en une corvée plutôt qu’en une activité amusante. Il est important que le jeu reste agréable et sans stress.

Conclusion

Jouer à des jeux de société avec votre enfant autiste peut être une expérience enrichissante et agréable pour vous deux. En faisant preuve de souplesse, de créativité et de patience, vous pouvez adapter le jeu aux besoins et aux intérêts de votre enfant. N’oubliez pas que l’objectif n’est pas de gagner le jeu, mais de vous rapprocher de votre enfant et de vous amuser ensemble.

Sélection de jeux adaptés pour l’autisme

Quels sont les jeux adaptés pour les personnes dans le TSA ? La réponse est compliquée, étant donné le nombre de cas différents de degrés d’autismes. En vrai, il y autant de cas d’autisme que d’autistes. Il paraît donc difficile, voire impossible de dresser une liste exhaustive ou adaptée de jeux de société. C’est un peu si on disait que ce jeu est adapté pour TOUTES les personnes neurotypiques. Est-ce le cas ? Non, clairement pas ! On aime, ou on n’aime pas ce genre de jeux. Ce genre de jeux nous convient, ou pas.

Donc oui, c’est également compliqué de présenter une sélection de jeux adaptés pour les situations autistiques.

Toutefois, à y regarder de plus près, voici quelques propositions, quelques jeux à essayer avec des enfants, avec des adultes dans le TSA. Dans l’idéal, pour proposer des jeux à des personnes autistes, il faut éviter trois aspects fondamentaux :

  • 🎲 Les jeux avec trop de hasard, pour éviter que les joueuses et les joueurs soient trop frustrés d’un mauvais tirage
  • ⚔️ Les jeux avec trop de conflits, de compétition, pour éviter de trop sentir l’agression
  • 📚 Les jeux avec trop de règles, trop compliqués, trop touffus. Comme on l’a vu plus haut dans les différents chapitres sur l’autisme, les personnes autistes présentent des capacités cognitives importantes. Mais s’il y a trop de règles à retenir, cela pourrait poser un problème et empêcher le plaisir du jeu. Plaisir. C’est le mot-clé ici ! 😊

Ces jeux, ces interventions basées sur le jeu peuvent aider les personnes atteintes de TSA. Puisque c’est notre spécialité, ces interventions couvrent uniquement les formats analogiques et non numériques. Les jeux de société, donc. Il existe cependant de très nombreux jeux vidéo qui sont conçus, qui sont prévus, qui sont adaptés pour les personnes autistes.

Cette micro-liste de jeux, évidemment non-exhaustive, est conçue pour cibler des compétences spécifiques tout en offrant un divertissement et un engagement. Si vous aussi vous avez des propositions, des recommandations à faire, nous comptons sur vous pour les rajouter en commentaire.

  • Concept : un jeu qui demande de retrouver un mot avec divers indices. À noter qu’avec des personnes TSA, il vaut mieux y jouer en mode coopératif que compétitif comme le veut la règle de base.
  • Dixit : créé par un éducateur spécialisé et gros, gros succès dans le monde du jeu de société. Un jeu qui demande de retrouver une carte en plaçant d’autres cartes plus ou moins reliées. Onirique ! Un grand classique.
  • Twin it : un autre jeu de reconnaissance. Il est question de retrouver des paires dans un amalgame (comprenez « foutoir ») d’images diverses et variées
  • La Gamme Access+. Il y a peu, Asmodee a lancé une gamme de certains de ses titres phares pour les adapter à un public atteint de troubles cognitifs. Ces jeux pourraient faire l’affaire
  • Donjons et Dragons est un jeu de rôle sur table qui a été utilisé pour améliorer les compétences sociocommunicatives d’adolescents autistes. Après quatorze sessions de jeu, les compétences socio-communicatives se sont améliorées suite à l’intervention.

👉 À lire également : Les joueurs neurodivergents trouvent une place à la table de jeu.

  • Les échecs, bien sûr, qui permettent aux personnes sur le TSA de prendre le temps de réfléchir, et au calme. Pareil pour le GO, par exemple.
  • Tsuro : Un jeu dans lequel il est question de poser des tuiles pour composer des chemins et les relier entre eux pour faire avancer des pions.

Interview de Tom, papa de Lucas, enfant autiste

Dans mon entourage je connais Tom, un enseignant genevois papa de Lucas, un enfant autiste de 8 ans.

J’ai voulu lui poser quelques questions sur le sujet qui nous intéresse aujourd’hui : comment les jeux de société pouvaient être utilisés dans des situations d’autisme. Voici l’interview au complet.

Gus (G): Bonjour, Tom. Merci d’avoir accepté de parler avec moi aujourd’hui. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur votre expérience en tant que parent d’un enfant autiste ?

Tom (T) : Bonjour Gus, merci pour cette opportunité. Mon fils, Lucas, a été diagnostiqué autiste à l’âge de 3 ans. C’est un parcours plein de défis, mais aussi de récompenses inattendues.

G : J’ai compris que vous utilisez les jeux de société comme outil d’intervention avec Lucas. Pouvez-vous nous expliquer comment cela fonctionne ?

T : Absolument. Les jeux de société sont une façon incroyable de développer des compétences cognitives et sociales chez Lucas. Le fait de devoir respecter des règles, prendre son tour et comprendre la stratégie l’aide à se développer sur plusieurs plans.

G : Super intéressant. Comment réagit Lucas face à ces jeux ?

T : Lucas aime les jeux de société. Bien sûr, comme beaucoup d’enfants autistes, il préfère parfois jouer seul, mais les jeux de société sont une exception. Le système de récompense intégré dans ces jeux le motive beaucoup à continuer à participer et à interagir avec les autres.

G : Quels sont les bénéfices que vous observez chez Lucas grâce au jeu de société ?

T : Il a fait de grandes avancées. Il comprend maintenant mieux le concept du tour de rôle et la notion de stratégie. Il est aussi plus à l’aise dans les interactions sociales, et sa capacité à partager son attention a augmenté. Sa mère et moi sommes très fiers de lui.

G : Ce que vous partagez est très encourageant, Tom. Avez-vous des conseils pour d’autres parents d’enfants autistes qui souhaiteraient utiliser les jeux de société comme outil d’intervention ?

T : Oui, je leur dirais de prendre leur temps et de rester patients. Chaque enfant est différent. Certains peuvent accrocher immédiatement, d’autres peuvent avoir besoin de plus de temps pour s’adapter. Mais je crois sincèrement que les jeux de société peuvent être un formidable outil de développement pour les enfants autistes.

G: Tom, vous avez parlé des bénéfices sociaux et cognitifs des jeux de société pour Lucas. Pensez-vous que ces jeux peuvent aider les enfants autistes à nouer des relations avec leurs pairs ?

T: Absolument. Lucas, comme beaucoup d’enfants autistes, avait du mal à créer des liens sociaux. Les jeux de société sont devenus une plateforme pour lui pour interagir avec d’autres enfants, autistes ou neurotypiques.

G: Pourriez-vous nous donner un exemple de la manière dont cela fonctionne ?

T: Bien sûr. Nous avons organisé des séances de jeu de société avec des amis de Lucas, à la fois neurotypiques et autistes. Ils apprennent ensemble, en jouant, à comprendre les perspectives des autres. On appelle cela la “double empathie”. Et, en même temps, ils peuvent créer des relations basées sur des intérêts communs, comme l’amour du jeu.

G: C’est une approche vraiment intéressante. Et comment cela se passe-t-il après que les enfants aient appris les règles du jeu ?

T: Une fois que les règles sont bien comprises, Lucas et ses amis peuvent jouer indépendamment. Cela leur permet de développer leur propre espace social, sans trop dépendre de l’aide d’un adulte. C’est une étape importante pour Lucas, car il a souvent du mal à nouer des amitiés en raison de sa dépendance à l’aide des adultes.

G: Il semble que la personnalisation du jeu ait aussi son importance ?

T: Oui, c’est un point très important. Par exemple, Lucas est fasciné par les trains. Alors, nous avons trouvé des jeux de société qui s’articulent autour de ce thème. Cela l’aide à rester engagé et intéressé. Et d’ailleurs, je tiens à remercier Gus&Co pour votre article sur les jeux de train, ça nous a donné quelques idées.

G: Tom, vous avez mentionné que Lucas apprécie les jeux qui correspondent à ses intérêts. Avez-vous des recommandations pour des jeux qui pourraient être adaptés à différentes situations autistiques ?

T: C’est une question délicate, Gus, car l’autisme est un spectre. Ce qui fonctionne pour Lucas pourrait ne pas fonctionner pour un autre enfant. Cependant, il y a quelques aspects à considérer.

G: Pouvez-vous nous en dire plus ?

T: Bien sûr. D’abord, évitez les jeux avec trop de hasard ou de compétition, car ils peuvent être source de frustration. Ensuite, évitez les jeux avec des règles trop compliquées. Les personnes autistes ont de grandes capacités cognitives, mais si les règles sont trop nombreuses, cela peut devenir problématique.

G: Avez-vous des exemples de jeux qui respectent ces critères ?

T: Certainement. Un exemple est “Concept”, qui est un jeu de devinettes. Il est préférable de le jouer en mode coopératif plutôt que compétitif. Ce jeu fonctionne à merveille chez nous !

G: Et pour les jeux plus traditionnels ?

T: Les échecs sont un excellent choix, car ils permettent aux personnes sur le spectre de l’autisme de prendre leur temps et de réfléchir calmement.

G: Tom, avez-vous un dernier conseil pour notre communauté de lectrices et de lecteurs ? Y a-t-il quelque chose que nous n’avons pas abordé que vous aimeriez mentionner ?

T: Oui, Gus, j’aimerais insister sur le fait que chaque enfant est unique, y compris ceux qui sont sur le spectre autistique. Il est crucial de prendre le temps d’observer, d’écouter et de comprendre les spécificités de chaque enfant pour adapter au mieux les activités ludiques. Et surtout, ne jamais oublier que le but principal est que l’enfant s’amuse. C’est dans le plaisir que l’apprentissage est le plus efficace.

G: Merci beaucoup, Tom, d’avoir partagé votre expérience et vos précieux conseils avec nous aujourd’hui. Votre perspective nous offre une compréhension plus approfondie de comment les jeux de société peuvent être utilisés comme outils d’intervention pour les enfants autistes. Nous apprécions énormément votre temps et votre contribution à cette conversation importante. Merci encore ❤️

Conclusion

En conclusion, les jeux offrent une voie prometteuse pour les interventions dans le domaine de l’autisme. Ils fournissent une plateforme pour pratiquer et développer une série de compétences, y compris la communication, la prise de recul, la régulation émotionnelle et l’esprit sportif. En outre, les systèmes de récompense intégrés dans les jeux peuvent motiver les personnes autistes à s’engager dans le jeu et à terminer l’intervention.

Grâce à leur potentiel de personnalisation et à leur capacité à favoriser l’indépendance, les jeux peuvent être un outil puissant pour améliorer la vie des personnes atteintes de troubles du spectre autistique. Alors que la recherche continue d’explorer le potentiel des jeux dans les interventions sur l’autisme, on espère que des interventions plus efficaces et plus engageantes basées sur les jeux pourront être développées pour soutenir la communauté autiste.


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Article écrit par Gus. Rédacteur-en-chef de Gus&Co. Enseigne à l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration, travaille dans le monde du jeu depuis 1989 comme auteur et journaliste.


Quels jeux de société recommanderiez-vous pour aider à développer les compétences sociales des enfants autistes, basé sur votre expérience personnelle ou professionnelle ?

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10 Comments

  • Hautot

    Bonjour Gus,

    Je tenais à vous remercier pour la qualité de cet article.
    Je suis éducateur spécialisé auprès de personnes ayant des troubles autistiques et l’utilisation de jeux de société me sert de support de communication, de travail lors de mes accompagnements.
    L’alternance entre se confronter au monde réel par les sorties extérieures et cette analyse ainsi que la recherche de solutions par le biais des JDS sont complémentaires.
    Le JDR est un support tellement bénéfique pour apprendre à éviter de rester sur le même mécanisme de résolution car le cerveau est fainéant de nature.
    Bref, j’ai reconnu l’exercice de ma pratique dans cet article et ça fait du bien de lire qu’on ne fait pas fausse route.
    Un travail de recueil d’informations de qualité et se dégage une bienveillance à la lecture.
    Merci beaucoup.
    Florian

    • Gus

      Cher Florian,

      Merci infiniment pour vos mots généreux et votre retour précieux. Votre commentaire renforce notre conviction de l’importance des jeux de société et du jeu de rôle comme outils d’éducation et d’accompagnement. Votre travail auprès de personnes ayant des troubles autistiques est admirable et nous sommes ravis d’apprendre que nos articles puissent vous être utiles de quelque manière que ce soit.

      Il est réconfortant d’entendre que notre article a pu résonner avec votre pratique et vous a confirmé que vous êtes sur la bonne voie. C’est exactement ce type d’impact positif que nous visons à avoir avec notre travail.

      Nous vous remercions pour l’importance que vous accordez à notre travail et nous sommes profondément touchés par votre bienveillance. Merci d’utiliser les jeux de société comme outil pour améliorer la vie des autres et merci de faire partie de notre communauté.

      Continuez votre excellent travail, Florian. Vos efforts font une grande différence dans la vie des personnes que vous accompagnez. 💜

      Bien à vous,
      Gus&Co

    • Gus

      Chère Julie,

      Je vous remercie sincèrement pour votre aimable commentaire. Il est toujours gratifiant d’entendre que le travail que nous mettons dans nos articles est apprécié. En effet, le sujet de la ludothérapie nous passionne profondément et nous sommes ravis que cela transparaisse à travers nos écrits.

      Votre retour positif est très motivant et nous encourage à continuer de partager notre passion pour les jeux de société avec notre communauté. Encore merci pour votre soutien et pour faire partie de nos lectrices et lecteurs. 🙏🏼

      Bien à vous,
      Gus

  • Claire

    Bonjour ! C’est simple, je n’ai jamais lu un article aussi complet et juste traitant de l’autisme ! Même sur certains site spécialisés ! Énorme travail de recherche et de pensée critique !! Bravo à vous !
    Claire, éduc et maman d’un petit garçon de 11 ans autiste 💛

    • Gus

      Chère Claire,

      Je suis profondément touché par votre message et je vous remercie infiniment pour vos aimables paroles. Il est gratifiant de savoir que notre travail a pu résonner avec votre expérience personnelle et professionnelle.

      Notre objectif est de fournir des informations précises et équilibrées, en particulier sur des sujets aussi importants que l’autisme. Votre retour est d’une immense valeur pour nous et renforce notre engagement envers la rigueur et l’empathie dans notre travail.

      Merci pour votre soutien et pour faire partie de notre communauté de lectrices et de lecteurs 💛

      Très cordialement,
      Gus

    • La Pluie

      Hello Gus,

      Super article et cela fait plaisir de voir un article détaillé à propos de l’autisme.
      J’ai une réserve concernant l’emploi du mot « maladie » car l’autisme n’en est pas une. Je comprends que la notion de trouble est peu satisfaisante mais c’est néanmoins un mot plus pertinent. On peut préférer le mot « handicap » puisque que ce dernier découle des difficultés rencontrées dans un environnement considéré comme une norme.
      J’abonde à propos des clichés sur l’autisme savant et sur l’aisance mathématique. Il y a beaucoup d’imagination (et d’humour !) chez de nombreuses personnes autistes. Ayant passé le test de Baron-Cohen, je ne le trouve pas si porté sur les mathématiques. L’obsession pour les chiffres peut aussi être purement visuelle et esthétique.
      Merci aussi d’avoir insisté sur les manifestations du TSA qui peuvent énormément varier d’une personne à l’autre.
      L’autisme est également une question de culture, je le vis et ai plaisir à le partager avec d’autres autistes. La valorisation de ce que l’on est est primordiale.
      On peut supposer que si les neuro-atypies ont perduré au cours de l’évolution elles sont parties de la richesse de notre espèce.
      Et pour partager tout cela, le jeu est idéal !
      Bien à toi,
      L.

      • Gus

        Chère Ludivine,

        Je te remercie infiniment pour ton message éclairé et instructif. Je suis ravi de constater que tu as apprécié notre article et je suis sincèrement reconnaissant pour tes précisions sur l’autisme.

        Tu as tout à fait raison concernant l’utilisation du terme « maladie », et je tiens à t’assurer que nous prenons ton commentaire très au sérieux. Nous nous efforçons constamment d’améliorer notre précision terminologique, et ta suggestion d’utiliser « handicap » dans ce contexte est très pertinente.

        Je suis également d’accord avec toi sur la variabilité des manifestations de l’autisme et l’importance de valoriser la diversité neurologique. L’idée que les neuro-atypies sont une partie de la richesse de notre espèce est une perspective fascinante et enrichissante.

        Enfin, ta remarque sur l’importance du jeu comme moyen de partage et de connexion est absolument juste. Nous continuerons à explorer et à célébrer les différentes manières dont les jeux peuvent favoriser l’acceptation, l’inclusion et l’apprentissage. Peut-être dans un prochain article ?

        Merci encore Ludivine pour tes réflexions stimulantes. Ta contribution est un précieux ajout à notre compréhension et à notre discussion sur l’autisme.

        Très cordialement 🏖️
        Gus

  • Dominique DUMESTE

    Quelques idées :
    – mettre des jeux sur des étagères inaccessibles afin d’inviter le·a joueur·se de demander de l’aide à un tiers
    – des jeux tels que des descentes à billes, voitures, qui font à la fois lien et protection, en y jouant « A toi, à moi »
    – demander aux parents quels jeux aiment leurs enfants, à quoi ils jouent en famille (c’est ainsi que des jeux comme SOS Ouistiti ont été réhabilités à mes yeux) : c’est important de valoriser les compétences qu’ils ont acquises et ils sont heureux d’en faire profiter d’autres

    • Gus

      Chère Dominique,

      Merci infiniment pour ces conseils pratiques et ces perspectives perspicaces que vous avez partagées. Vos suggestions, non seulement enrichissent notre compréhension de l’usage des jeux dans des situations d’autisme, mais aussi offrent des idées précieuses sur comment adapter l’environnement de jeu pour favoriser l’interaction et la communication.

      J’apprécie particulièrement votre idée de valoriser les compétences acquises par les enfants dans leur environnement familial. C’est une belle façon de renforcer leur confiance en eux et de promouvoir une dynamique positive.

      Vos idées vont certainement nous inspirer dans nos futures réflexions et écrits. Merci encore pour votre générosité et votre volonté de partager votre expérience et votre expertise.

      Avec toute ma gratitude,

      Gus

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