Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Stellarion, solitaire sans saveur

Stellarion, un jeu de gestion de pioche où toutes les cartes sont réparties en 8 paquets dont vous connaissez la composition. Décevant.


Stellarion

Le pitch de Stellarion :

Directeur de l’Observatoire, vous devez réunir les ressources nécessaires pour lancer 8 voyages dans des galaxies lointaines, que vous observez dans vos télescopes.

Stellarion se joue en solo ou à deux. Mais c’est en solo qu’il est « meilleur » (je mets entre guillemets, j’en reparlerai plus bas). Mais au fond, pourquoi jouer à des jeux de société, de société, en solo ? On en parle plus bas.

Dans Stellarion, vous allez chercher à construire un deck permettant de lancer des voyages dans 4 galaxies. Pour lancer ce voyage, vous devez disposer de 4 cartes correspondant à cette galaxie : Un vaisseau, une nébuleuse, une étoiles et une planète.

Les cartes sont disposées sur le plateau devant le joueur, en 8 tas :

  • 4 tas Ressources (vaisseau, nébuleuse, étoiles, planète), contenant 2 cartes du type correspondant par galaxie de destination
  • 4 tas Galaxies, contenant 2 cartes de la galaxie correspondantes par type de ressources

À chaque tour, le ou la joueuse va pouvoir effectuer une action parmi les deux possibles, en utilisant les cartes qui sont sur les piles :

  • Effectuer un lancement : En défaussant 4 cartes appartenant à une même galaxie (une carte par type de ressource), le joueur va pouvoir récupérer une carte voyage correspondante
  • Coordonner des cartes : En défaussant deux cartes du même type (de la même galaxie ou non), le joueur va déclencher des effets, en fonction du type de carte, qui vont lui permettre de remettre une carte défaussée dans une pile, mettre une carte particulière en haut d’une pile, ou mettre une carte de côté.

Si le ou la joueuse a effectué ses 8 voyages (2 par galaxie) ou si elle ou lui ne peut plus effectuer d’action, le jeu se termine. Dans le premier cas, le ou la joueuse a gagné, et dans le second, la partie est perdue.

Il est possible de jouer avec des jetons étoiles, qui serviront de joker en remplaçant une carte, le nombre de jetons disponibles au début de la partie dépendant du niveau du ou de la joueuse.

Stellarion, matériel

Stellarion est, à la base, un jeu de cartes. 72 pour être précis. Mais la boite vient avec 6 jetons supplémentaires, pour le jeu à deux. Et 4 extensions supplémentaires, qui ajoutent 16 cartes, 12 jetons, une figurine et un plateau de jeu. Le tout dans une boite d’environ 15 cm de côté et de 4 cm de haut. Le rangement est, du coup, très optimisé pour faire tenir tout le matériel dedans. Ce qui est une bonne chose, la place sur nos étagères étant une ressource de plus en plus rare.

Du point de vue esthétique, je me contenterais de dire que les choix graphiques sont particuliers et qu’ils ne sont pas vraiment de mon goût. Les palettes de couleurs sont un peu étranges à mon sens, et je suis assez insensible au style de dessin choisi. Mais chacun ses goûts, « beauty is in the eye of the beholder », la beauté est dans l’œil de celui qui regarde, et je peux tout à fait comprendre que cette esthétique plaise. Pas pour moi. Elle est en tout cas une esthétique particulière, clivante, qui pique aux yeux.

En revanche, quelles que soient les goûts de chacun et de chacune, il est un fait qui ne change pas : Les dessins des cartes nuisent à la lisibilité de celles-ci dans le jeu. Les pictogrammes qui vont définir le type de carte sont aux limites des cartes, et le dessin central va plus perturber les joueureuses que les aider. Au moins lors des premières parties. Les dessins ne sont pas forcément « parlants » ni facilement identifiables aux types de cartes. Le fait que les dessins ne soient pas les mêmes selon la famille des cartes ajoute un plus esthétique, mais un moins en termes de jouabilité.

Mais au fond, pourquoi jouer à des jeux de société en solo ?

Stellarion se joue, surtout, en solo. Mais quel est l’intérêt de faire un jeu de société, de société, en solo ?

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles les joueureuses de jeux de société peuvent envisager le jeu solo. Tout d’abord, le fait de jouer en solo peut aider à améliorer ses compétences et sa capacité à prendre des décisions rapides et précises. Par exemple, lorsqu’on joue en solo, on peut prendre le temps nécessaire pour examiner le plateau et prendre des décisions stratégiques sans la pression des autres.

Cela permet d’acquérir une maîtrise plus complète des mécanismes complexes du jeu et d’améliorer sa capacité à prendre des décisions. Bref, jouer en solo, c’est s’entraîner au jeu, aux jeux au pluriel. De plus, en jouant seul, on peut expérimenter différentes stratégies et développer sa propre intuition en matière de jeux de société.

En outre, le fait de jouer en solo peut être une excellente façon d’apprendre rapidement les nouveaux jeux. Je le fais parfois quand je dois faire l’apprentissage des règles d’un jeu. D’un gros jeu, souvent. Je mets en place, je fais un, deux, trois tours, en solo, juste pour mieux comprendre les tenants et aboutissants et mécaniques et enjeux de jeu. Peut-être que cela vous arrive aussi, sans vous dire forcément que vous jouez en solo.

Lorsqu’on apprend un nouveau jeu avec d’autres personnes, je dois reconnaître qu’on passe beaucoup plus de temps à expliquer les règles aux autres qu’à comprendre le jeu soi-même. Cependant, lorsqu’on découvre un nouveau jeu seul, on peut prendre tout son temps pour bien le comprendre sans avoir besoin d’expliquer quoi que ce soit aux autres joueurs. Le rêve (non je rigole, j’aime quand même bien les gens. Et les chats. Peut-être plus les chats).

Enfin, le fait de jouer en solo peut être une excellente façon d’améliorer ses stratégies et ses compétences tactiques. Par exemple, en jouant seul, un joueur peut prendre le temps nécessaire pour évaluer chaque situation et tester différentes tactiques sans influence extérieure. Cela permet au joueur d’avoir une meilleure compréhension de la dynamique du jeu et lui donne l’opportunité d’expérimenter différentes techniques sans avoir à prendre la pression des autres.

De plus, jouer à des jeux de société en solo, c’est un excellent moyen de garder son esprit vif et alerte, de développer sa pensée stratégique et de s’amuser. Même toute ou tout seul. Enfin, c’est une excellente façon de passer un peu de temps pour soi, à soi ! Et, sans personne d’autre pour râler sur les règles, vous pouvez simplement les improviser au fur et à mesure ! Le rêve (je vous ai déjà dit que j’aimais quand même bien les gens ? Et les chats ?).

Stellarion, verdict

En solo, le ou la joueuse va jouer contre le temps et le jeu. On va chercher à finir les 4 voyages sans se retrouver bloqué, dans une situation où on ne pourra pas effectuer l’une ou l’autre action. Stellarion est donc un genre de Solitaire sur-boosté, avec des actions et des combos qui devraient permettre d’ajouter du piquant et de l’intérêt au jeu.

J’insiste bien sur le mot « devrait », parce que ça ne fonctionne pas. Le nombre de combos possibles et leurs différents effets, associé au flou apporté par les dessins, font que le ou la joueuse va souvent aller se référer au livret de règles (au moins pour les premières parties), ce qui va casser le flow, le flux du jeu. Il n’y aura pas d’immersion, mais une impression de jeu haché, ce qui ne m’a pas vraiment donné envie de rejouer, même si on sait que les parties suivantes devraient être plus fluides. Il y a d’autres jeux dans le monde… Et de bien meilleurs jeux. Est-ce que trop de jeux sortent sur le marché aujourd’hui ? Trop ? Qui décide quand c’est trop ? Beaucoup de jeux, certes. Beaucoup de bons jeux, oui ! Autant ne pas perdre son (trop maigre) temps à disposition avec des jeux moyens qui coincent. Le cas ici avec Stellarion, qui m’a très, très peu convaincu.

À deux, les joueureuses vont chercher à être le ou la première à finir les 4 voyages, avec un stock d’étoiles filantes commun. Ce mode de jeu apporte un peu de chaos, la course aux cartes pouvant se transformer en champ de bataille ouvert. Il va falloir un peu de stratégie, beaucoup de roublardise, et de la chance pour gagner.

Comme pour le morpion, il s’agit d’arriver à une situation où la décision de l’autre ne sera pas bloquante, voire permettra d’avoir encore plus de chance de gagner. Si cela peut sembler intéressant, dans les faits le jeu va plutôt se limiter à attendre la bonne combinaison, par chance.

Un Solitaire sous vitamine, mais trop haché pour être plaisant, et avec une esthétique pénalisante.

Bof bof.

Note : 2 sur 5.

  • Création : Shadi Torbey
  • Illustrations : Elise Plessis
  • Édition : inPatience
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1-2 (tourne mieux en solo)
  • Âge conseillé : dès 10 ans (bonne estimation)
  • Durée : 30 minutes
  • Thème : Voyage spatial
  • Mécaniques principales : Deck management, cartes. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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Article écrit par Clément. Adepte des jeux rapides, son pire ennemi est le paralyseur. Spécialiste des jeux de plis, des casse-têtes et des ours. Il a deux chats, trop de plantes et une mémoire défaillante. Devise : « Faut que ça poppe ! »

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