Pourquoi Amazon menace les boutiques de jeux

Temps de lecture: 5 minutes

C’est une information qui ne vous aura sans doute pas échappé. A la mi-septembre 2017, Toys R Us, le plus gros magasin de jeux et jouets au monde, se plaçait sous la protection des faillites sous le régime américain, tout en pouvant continuer ses activités

Du charabia de juriste. En clair, ça veut dire: « ça sent le sapin ». Surtout que septembre, c’est juste avant Noël, la période la plus cruciale et lucrative pour le secteur. Ça sent le pâté (végétarien) pour l’enseigne

Mais comment est-ce que 1’600 magasins et 64’000 employés auraient pu foirer leur business?

La réponse est là, suivez le guide

Tout est dans le titre: Amazon

La concurrence d’Amazon se fait de plus en plus féroce, car la plateforme vend de plus en plus de jouets et de jeux de société. En 2016, leur catalogue et chiffres d’affaire ont fait un bond majeur sur ce marché, 24% selon le Wall Street J, avec des ventes qui ont depuis bien dépassé celles de Toys R

La source de l’origine de la racine du mal (on dirait presque un titre de Maxime Chattam)

Amazon pratique des prix intéressants et leur catalogue est immense comparé à celui d’une boutique « ordinaire ». Ils avancent le chiffre de 100’000 références, contre les 8’000 d’une boutique. Philibertnet, le plus gros portail de vente online francophone est à 25’000 réf, ce qui est déjà massif et impressionnant, mais qui ne représente qu’un maigre quart d’Amazon. Et surtout, des délais de livraison extrêmement rapides. Mais vraiment

Si le client fait partie des services (payants) Prime d’Amazon, le jeu peut parfois arriver en 24h. Voire être livré le jour-même dans un relais-colis dans les grandes métropoles. Avec bientôt des livraisons par drone. La livraison-express, le nerf de la guerre pour des clients aujourd’hui habitués d’avoir tous leurs jeux tout de suite. Amazon a bel et bien changé les habitudes de consommation. Attendre sa commande une semaine? Euh non merci. Vous repasseriez, vous, en 56k bit/s?

D’autant que la tendance est bien là. La vente en ligne est en nette augmentation et peut-être bientôt en passe de détrôner la vente dans les boutiques AFK. Mais ça, vous le saviez déjà, vous connaissez les chiffres

Il faut dire qu’Amazon n’est pas seulement une boutique en ligne mais fait également marketplace, la plateforme de vente, moyennant commission bien sûr. Autrement dit, les éditeurs, distributeurs ou autres boutiques peuvent également mettre à la vente des produits, avec même la possibilité de payer des frais supplémentaires pour mieux apparaître sur la page aka les contenus sponsorisés que l’on trouve fleurir partout sur le net

Comparaison n’est pas raison

Mais en réalité, est-ce qu’Amazon est véritablement moins cher que ça? Pratiquent-ils des prix défiant toute concurrence?

Parce que c’est samedi, amusons-nous à comparer 3 références dans 3 boutiques online, juste pour rigoler un brin. Amazon.fr, Philibertnet et Ludibay

Attention, ce test a été réalisé sans filet, compte perso ou avantages quelconques. Genre détaxe

Dobble, l’indétrônable machine à fun familial

Que remarque-t-on? Qu’Amazon se la raconte avec un prix conseillé surgonflé, juste pour que le client se dise « ouh-la-la la bonne affaire vite vite je clique ». Mais en gros, c’est kif kif entre les trois, à une poignée de centimes près

Les Aventuriers du Rail. Faut-il encore le présenter?

Là, la différence se creuse un poil, 35€ VS 40€ VS 38€. Des clopinettes me direz-vous. Avec encore une fois Amazon qui annonce un prix officiel de folaï (ils auraient pu mettre plutôt 217 millions tant qu’ils y étaient). C’est Amazon qui remporte le podium, mais à la raclette (expression helvétique)

Et quid d’un « gros » jeu?

Scythe. Parce que

Quels sont les prix pour Scythe en VF chez Matagot, le blockbuster de tous les temps (ou juste 2016-2017, mais c’est déjà pas mal)?

Passons sur le fait que Ludibay soit en rupture. Qui s’en sort le mieux? Amazon? 90€ VS 80€ 72€. 18 euros de différence entre Philibernet et Amazon quand même. 18, c’est beaucoup

Nous n’allons pas procéder au comparatif entre tous les titres, on a autre chose à faire dans notre vie, comme jouer, par exemple, ou faire l’amour aussi, pourquoi pas. Mais le constat est sans appel. Pour les petits jeux familiaux, Amazon a un poil d’avance. Mais dès qu’on tire dans les gros jeux, dans les jeux plus Core, plus underground, plus indé, moins mainstream, ce sont les « vraies » boutiques spé qui renvoient le généraliste dans les cordes. Parce que spécialisées, justement

C’est samedi. Si vous non plus vous n’avez rien d’autre à faire de votre weekend, amusez-vous à comparer 2-3 titres, vous arriverez peut-être à la même conclusion. Nous nous réjouissons de lire vos commentaires

Après, là où Amazon tire la couverture à soi, c’est au niveau du port. Si Ludibay offre les frais de port à partir de 75 euros de commande pour la France (150 en Suisse), 60€ chez Philibert en France (aussi 150 en Suisse), chez Amazon, la livraison (très rapide) est offerte dans la très grande majorité des cas. S’il faut encore rajouter 5-6€ pour se faire livrer un Dobble chez soi contre un port offert chez Amazon, le calcul est vite fait. Et c’est peut-être là qu’Amazon remporte la palme. Pour les petits jeux en tout cas

Pour être complet, ce test devrait encore comparer les délais précis de livraison, montre (suisse) en main, entre le clic et la poste. Mais chez Gus&Co, on est fauché, on ne va pas commander 3 Dobble, juste parce que

Alors, bye bye boutiques?

Toys R Us est dans la mouise, même si certains vous diront le contraire et que non, non, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais la messe est dite. Cela va être difficile pour le plus gros magasin de jouets et de jeux de relever la tête et de concurrencer Amazon

Et quid des autres grosses enseignes françaises ou suisses? King Jouet? La Grande Récré? La suisse Franz Carl Weber (créée en 1881, rachetée par Denner en 1984 puis par Ludendo en 2006)? Vont-elles résister au choc de la vente en ligne et de la concurrence féroce d’Amazon?

Avec le séisme de Toys R, on voit bien que dans ce secteur, le « too big to fail » n’existe pas

Peut-être qu’au final, les boutiques qui s’en sortiront le mieux, ce seront les boutiques spé « en dur » IRL AFK. Celles au coin de votre rue, en bas de chez vous. Celles qui organisent des petits tournois Magic chaque vendredi soir. Celles qui se démènent corps et âme pour recevoir les jeux dans des délais raisonnables (pas toujours le cas en Suisse, snif). Celles qui vous offrent un verre de sirop trop sucré quand vous entrez. Celles qui vous font lancer un dé 20 pour gagner des points de fidélité

Bref, celles qui ont encore une âme

Par son intrusion disruptive sur le marché du jeu de société, Amazon va faire et fait déjà de gros dégâts. Mais Amazon ne remplacera jamais un pilier primordial: le contact humain. L’échange de regard, l’accueil chaleureux, le dialogue avec le vendeur. Et ce n’est pas un chat ou pire, un chatbot qui va remplacer ça

Et selon vous, est-ce la fin des haricots pour les boutiques de jeux? Doivent-elles se sentir menacées par Amazon?

23 Comments

  1. Merci pour l’article.

    Un point intéressant, même si en marge, Amazon accepte la plupart des avantages entreprises (cheque cadeau, plateforme wedoogift etc.), et perso je reçois près de 400€ par an sous ce format…

  2. Hello
    Le graphique avec les volumes de vente n’est-il pas faussé ?
    Comme tu le dis, Amazon est un marketplace et des boutiques spécialisées (et donc pourquoi pas des GSS) peuvent vendre sur Amazon. Du coup, dans les 2163M$, il y en a peut être une partie pour ToysRus.
    Ce qui ne change en rien le fait qu’il ne soit pas en très bonne forme …

    Quoiqu’il en soit, Amazon est aujourd’hui plutôt une aubaine pour les petites boutiques spécialisées en leur permettant de vendre sur le net de façon très élargie (mais avec des prix supérieurs à leur prix boutique, Amazon se sucrant forcement un peu au passage …)

  3. Je pense que Amazon ne menace pas tant que ça les boutiques si on de base justement sur les US ou Amazon est déjà bien plus dominant qu’en Europe. Ce qui menace les boutiques c’est le mauvais service client (j’y reviens).

    Déjà le problème principal de Toys’R US était sa dette. Ses activités étaient en déclin mais le remboursement des intérêts d’une dette gigantesque (suite à des rachats il me semble) l’a vraiment plombé (lien en fin de commentaire 😉

    Ensuite Amazon n’offre pas de service client, c’est le point faible qui peut sauver les boutiques en dur. Mais Toys’R US n’en offrait pas non plus donc il perdait la un avantage possible. Pour les boutiques spécialisées en dur ça va plutôt bien aux US malgré Amazon donc il semble que le vrai risque soit bien un mauvais service client. Je suggère une super article du Washington post sur le sujet , article à méditer à court terme c’est le futur des boutiques spécialisées 🙂
    https://www.washingtonpost.com/business/economy/why-neighborhood-toy-stores-are-thriving-while-toys-r-us-goes-bankrupt/2017/09/22/2f1e2b54-9d48-11e7-9083-fbfddf6804c2_story.html?utm_term=.d8193e00e722

    Article sur la dette de Toys’R US.
    (https://www.washingtonpost.com/business/economy/why-neighborhood-toy-stores-are-thriving-while-toys-r-us-goes-bankrupt/2017/09/22/2f1e2b54-9d48-11e7-9083-fbfddf6804c2_story.html?utm_term=.f66cdd71f46d)

    1. Bien argumenté Jonas. Amazon n’y est pas totalement pour tout dans leurs soucis… C’est leur modele economique qui etait bancal.

  4. Le problème n’est pas apparu avec Amazon, mes parents qui étaient petits commerçants dans les années 80 se plaignaient de la concurrence des grandes surfaces déjà… Évidemment le nombre de références, les prix…
    Carrefour a tué les petites boutiques, La FNAC a tué les disquaires, Amazon va tuer la FNAC, et peut-être Carrefour un jour ?
    En même temps si on trouve à la FNAC la même chose qu’à Carrefour, sans plus…
    C’est la spécificité qui fait la valeur ajouté des petites boutiques. Le conseil, le fait de voir, d’essayer, de trouver des produits plus spécialisés. Les boutiques qui l’ont compris continueront de fonctionner, les autres fermeront.

  5. Faut pas que les moutons aillent à l’abattoir pour se ravitailler en jeux, sinon effectivement Amazon, Fnac et Carrefour tuerons les petites boutiques ou celles spécialisées qui ne merites pas notre argent, car ces mammouth de la vente macron leur fait plein de cadeaux fiscaux ce qui fait qu’ils ne paient pas d’impot alors que l’état est en faillite, ils ne faut pas leur donner notre argent sinon NOUS soummettre le secteur du jeu aux requins de la finances. Faut pas le leur donner ce secteur, ils en feront n’importe quoi.

  6. Une remarque, pour Scythe, dans le comparatif avec Amazon : il s’agit d’un produit vendu par un tiers, via la market place, et non pas par Amazon.
    Cela explique l’énorme écart de prix.
    D’ailleurs on retrouve beaucoup de boutiques spécialisées sur la market place d’Amazon, que ce soit avec leur vrai nom ou un nom incognito.

  7. Salut la compagnie!
    J’avoue que dernièrement j’ai fait une infidélité à ma crémière pour acheter une extension sur Amazon…
    La raison? plus de dispo sur les weboutiques mais dispo sur Amazon, et livré le lendemain…J’ai cédé aux sirènes en me promettant de ne plus le refaire, mais, serai-je assez fort?

  8. Dans jeu de société, il y a le mot « société » et c’est au joueur d’être responsable et de ne pas faire mourir les boutiques.

    Je suis dans une petite ville qui a trois boutiques (Poitiers pour ne pas la nommer) et je m’approvisionne chez les trois. Effectivement, je vais lâcher 2-5 euros de plus par jeu ou attendre 4-5 jours supplémentaires pour avoir un jeu mais j’ai l’impression de participer à ma mesure à la vie de ma communauté locale, de participer au rayonnement du jeu.

    Je vais sans doute devoir renoncer à un ou 2 jeux à cause de ce surcoût et alors ??? Un joueur n’est pas plus cool en ayant un jeu DAY 1, en allant à Essen, en cliquant sur Internet et utiliser son argent…. aucun mérite… un mec lambda peut le faire.

    Que va devenir le monde du jeu si le grand public n’a plus cette interface avec le monde du jeu. C’est grâce à une boutique que je suis tombé dedans, un peu au hasard en me baladant en ville… et ça m’em****derait que ce genre de situation ne puisse plus arriver et que la communauté se sclérose sur elle-même. De mon point de vue, on recule sur ce point et les joueurs (notamment ceux qui pratiquent les jeux plus complexes) s’enferment de plus en plus…

    Je ne suis pas réac’, je vois qu’un seul bon côté à la vente en ligne en général c’est la possibilité d’acheter des exemplaires à faible tirage (je pense par exemple aux extensions) ou aux jeux hyper spécialisés , qu’une boutique n’a souvent pas le luxe de pouvoir proposer (compte tenu de la densité du marché).

    Il faut juste être responsable et être un peu moins à côté de ses sous ou de la pression « médiatique » qui pousse les joueurs à acheter vite, pour ne pas être dépasser. La procrastination chère à ce site 😀 .

  9. Oh combien j’apprécie d’aller me balader en ville, de rentrer dans la boutique, de serrer la main au joueur qui vend des jeux, lui demander ce qu’il a apprécié dernièrement, hésiter, repartir, retourner sur des sites web de passionnés, prendre d’autres avis. Et puis une autre fois, en ville, refaire un coucou au joueur qui vend des jeux, et me choisir une belle boîte, bien désirée, bien vendue. La boîte que je rapporte à la maison pèse déjà tout ce plaisir là. Elle m’a régalé plusieurs jours avant même de rejoindre ses copines boîtes sur les étagères. Elle me régale souvent longtemps après. C’est cette joie là, de me promener, d’imaginer, de choisir, d’acheter dans une boutique où je rêve parfois, que je partage ensuite avec les amis joueurs et joueuses.
    Si un jour, après avoir arpenté des rues qui ne seront plus remplies que de banques, de compagnies d’assurances et de sandwicheries (bien utiles par ailleurs), je veux juste une boîte en carton pleine de pions, j’utiliserai mon pc.
    Et, comble de tout, ça ne sera pas forcément moins cher….
    Merci pour votre site. Bravo pour tout ce travail.

  10. Prendre comme comparateur des boutiques en ligne me semble totalement injustifié.
    Pourquoi privilégier une boutique en ligne par rapport à Amazon ? La politique est la même et à choisir dans ce monde virtuel , je ne vois pas la nécessité de privilégier l’un par rapport à l’autre.
    Aujourd’hui, un magasin subit déjà la concurrence des magasin en ligne : l’exemple de terraforming mars ou scythe est une parfaite illustration
    Dès magasin en dur n’ont pas eu leur commande honorée en totalité car les plateformes avec précommandes ont été privilégiées (quantité oblige)
    Alors ? C’est un souci plus complexe encore si on rajoute la politique des villes qui ont tendance à vider les centre ville au profit de grandes surfaces en périphérie, augmenter les prix des parkings.
    Aller dans un magasin en dur devient un véritable acte militant !

    1. Merci pour votre réaction passionnée et engagée Curval

      Injustifié?

      Nous respectons et apprécions votre avis

      Notre but était de comparer les différents prix en ligne, qui reflètent en rien la réalité « sur le terrain » des prix pratiqués AFK

      Votre réaction nous motive pour un prochain article, un comparatif entre online et IRL

      Même si, pour fréquenter les deux, j’ai pu remarquer des différences de

      prix pour online, parce que moins de frais (vendeurs, surface)
      contact pour AFK, parce qu’échange direct avec la / le vendeur

      « Aller dans un magasin en dur devient un véritable acte militant! » c’est juste. Encore faut-il pouvoir se le permettre financièrement… Si la différence de prix atteint 10-20 euros pour un seul jeu, on peut (et doit?) le faire, oui. Maintenant, si on achète entre 3 et 5 jeux par mois, l’addition commence à être salée en fin d’année

      Sans parler de la concurrence disruptive de KS (exemple, le 7e Continent…)

      Revenez vite nous voir Curval, vos réactions justifiées nous sont nécessaires et importantes!

  11. ça sent la nostalgie à plein nez dans les commentaires de joueurs… mais peu de réalisme.

    Je pense qu’il ne faut pas se faire d’illusions. Amazon, et son modèle surtout va tout écraser. Et pour 1 joueur averti, il y aura 4 autres joueurs ou non qui iront en ligne pour la commodité, parce qu’il ne connaissent aucune boutique spé, et parfois le prix (c’est parfois beaucoup moins cher, pensez aux frais de port)

    Donc, tous les concurrents d’amazon n’ont qu’à bien se tenir. Mais les boutiques en dur ne sont pas en concurrence directes avec Amazon, elles ont la proximité qu’Amazon n’a pas (encore car ils ont ouvert des stores aux US hein !)

    Bref, faut pas s’attendre à voir diminuer Amazon, comme dit plus haut le marketplace est une source ultra lucrative pour qui sait vendre dessus.

  12. Je me dis que si demain Amazon était compétitif sur les jeux spécialisés (ce qu’il n’ai pas aujourd’hui), je n’aurai aucun problème moral à acheter mes jeux sur cette plateforme.

    Aujourd’hui j’achete principalement sur philibert et sur KS. Le minimum de ports de philibert m’empeche d’acheter au rythme que je souhaite. Je suis client Prime sur Amazon et je sais à quel point il est confortable d’acheter un produit quand on en a besoin/envie, sans se poser la question du coût de transport.

    Je pense que la vente en ligne va encore devoir faire des progrès dans le futur, car j’imagine bien qu’amazon s’ettofera dans le futur.

  13. Article approximatif. En vrac :
    Les conditions et les garanties sont complètement différentes sur le Marketplace pour le client, rien à voir avec les produits vendus par Amazon.
    Comparer Toys R us avec des boutiques de jeux spécialisées, c’est… euh… étrange.
    Comparer les prix du Marketplace à ceux de Philibert, cela revient à comparer Philibert aux autres magasins en ligne français, qui sont tout simplement moins compétitifs.
    En France, Amazon n’est vraiment pas une option pour un gros consommateur de jeux de société. Trop peu de choix, des prix inintéressants. La situation est complètement différente en Allemagne et aux US.
    Tu mélanges jeux et jouets. Vraiment pas le même public et pas les mêmes magasins.
    Les petites boutiques spécialisées sont liées à des distributeurs, si tu veux un jeu qui n’est pas dans le catalogue de ces distributeurs, ben tu pourras tout simplement pas l’acheter dans cette boutique.

  14. Salut,

    Les clients qui achètent des jouets (pas des jeux de société) chez Toyz R Us ne recherchent pas le conseil, mais juste le plus-gros-choix-possible. Amazon propose cet énorme choix, en plus de proposer : aucun déplacement, pas de temps d’attente à la caisse, un envoi gratuit, des avis en ligne, des prix moins chers ou équivalents (pour les jouets), des chèques cadeaux CE, un choix d’autres produits que des jouets pour grouper une commande. Toyz R Us a tué les petites boutiques de jouets de quartier. Amazon va tuer les gros hyper marchés de jouets. ça me parait être la juste nature des choses et en même temps la bonne ironie de l’histoire.

    Là où je ne suis pas d’accord avec toi c’est sur ta conclusion. Déjà je suis déçu que tu ne traites pas + la question « Est ce que les boutiques de vente de jeux de société en ligne (Philibert, Ludibay…) vont tuer les petites boutiques de jeux de société de quartier ? » Parce que je pense que cette question se pose bien + que « Est ce qu’Amazon va tuer les petites boutiques de jeux de société de quartier ? »

    A mon sens, les boutiques IRL sont très menacées par les boutiques en ligne. Les boutiques IRL proposent du conseil. Mais quand on achète beaucoup de jeux, on n’a plus besoin de conseils IRL, on passe sa vie sur Tric Trac, sur BGG, ici même, on regarde les vidéos des règles, pour savoir si un jeu va nous plaire ou pas. Pas besoin d’un vendeur, aussi sympathique soit-il, pour faire son choix.

    Les boutiques en ligne pratiquent des prix qui concurrencent réellement les boutiques IRL. Économiser 5€ sur un jeu et cumuler des points de fidélité en achetant sur Philibert, ça fait vite un jeu gratuit dès qu’on en a acheté 3 ou 4. 36 boosters de Star Wars Destiny ça coute 108€ en boutique et 97€ en ligne. Dans les 2 cas on cumule des points de fidélité.

    Mes collègues, qui se mettent aujourd’hui au jeu de société, ne connaissent pas les boutiques de quartier et n’y sont pas attachées. Philibert leur propose un service impeccable (SAV de malade pendant Noel, délai de livraison inférieur à la semaine) et des prix défiants toute concurrence. Je pense donc que de plus en plus de gros acheteurs vont acheter en ligne. Pas besoin de se déplacer, des prix moins chers et on commence à s’habituer aux frais de livraison avec tout ce qu’on achète en ligne.

    Il reste le chaland, le client qui n’est pas à fond, qui passe dans une boutique pour faire un cadeau et qui veut du conseil. Pour ce client là, je pense que la boutique est utile mais est-ce que cette clientèle suffit à faire vivre une boutique ? Est ce qu’une boutique IRL peut vivre en vendant Dobble et les Aventuriers du Rail, mais pas Scythe, Magic et les JcE de FFG ? Je ne sais pas, je ne tiens pas de boutique ^^

    En attendant, je continue d’aller dans la boutique de mon quartier tant que le vendeur est agréable. Quand je tombe sur les autres pas aimables, assis derrière le PC, qui ne font qu’encaisser mes articles, je repose tout et je reviens un autre jour. Avec toutes les boutiques en ligne (dans tous les domaines), ça ne doit pas être évident aujourd’hui d’être vendeur. Il faut de nouveau se démener pour que les clients prennent le temps de se déplacer. Il faut de nouveau être aimable 🙂

    Pour Toys R Us, je suis autant désolé pour leurs employés que pour ceux d’Amazon. Ils ne voient pas un pouillème de que gagne leur ogre de patron. Peut être que travailler au service livraison de Philibert c’est agréable ? Faut aimer la choucroute par contre ^^

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