Critique de jeu: Valletta. Le deck-building de trop

Service minimum pour un jeu fade et biscornu.

Valletta est sorti en juin chez Hans im Glück et en VF chez Asmodée (je vais dire Asmodée pour faire plus simple. En réalité, c’est sorti chez Z-Man Games, puis traduit en VF par EDGE. Tous des éditeurs appartenant à l’aspirateur à éditeurs Asmodée fermez la parenthèse

Créé par Stefan Dorra (Intrigue). Pour 2 à 4 joueurs, dès 10 14 10 14 ans (en VO, c’est 10. En VF, 14 ans ???), pour une durée de 20 minutes par joueur.

Valletta, de quoi ça parle?

De la capitale de Malte et de l’histoire de sa construction au 16e par l’Ordre de Malte.

On passe sa partie à jouer des personnages et à construire des bâtiments avec des ressources spécifiques: pierre, argile, bois et or. Du jamais vu… Encore un énième jeu de construction de ville.

Et comment on joue?

Gestion de ressources, construction, combos. Et surtout, deck-building.

On pioche 5 cartes. A son tour, on doit en jouer 3 qu’on active dans l’ordre: acquisition de ressources, construction de bâtiments. Avec les bâtiments construits, on obtient de nouvelles cartes qu’on place alors dans sa main. Les trois cartes jouées sont défaussées. On complète sa main à 5 cartes. Quand sa pioche est vide, on mélange sa défausse et hop on en constitue une nouvelle pioche. Oui, du pur Dominion.

Les règles tiennent sur une demie-page. Un jeu simple, épuré. Banal.

Et comment on gagne?

Quand un joueur a posé toutes ses maisons en construisant des bâtiments, ou quand la figurine de Jean de la Vallette a fini de faire le beau dans la rue principale en arrivant tout au bout, ou quand un joueur a scoré le max, on joue ses dernières cartes et on score: bâtiments construits qui rapportent des PV, additionnés au score actuel, et un PV pour 3 ressources en stock.

Simple.

Le cœur-même du jeu réside dans la construction des bâtiments. Et dans leur amélioration. Car tous les bâtiments ont deux faces, une simple et une… améliorée, qui rapporte plus de ressources et plus de PV en fin de partie.

Et comment on construit slash améliore? Avec sa carte « bâtisseur » bien sûr. En payant un nombre spécifique de ressources. Sachant que si on construit adjacent à l’un des ses bâtiments, on obtient une réduc. Et que l’amélioration ne demande pas de payer le coût en or.

Interaction

Plus qu’il n’y paraît. C’est du deck-building, donc on passe le nez rivé sur ses cartes, mais quelques-une permettent toutefois de pécho des ressources aux autres. Et c’est aussi la course à la construction. Un bon point du jeu (mais qui ne suffit pas pour en faire un bon jeu…).

A combien y jouer?

Le jeu s’adapte en fonction du nombre de joueurs, il y aura plus ou moins beaucoup de bâtiments pour équilibrer la tension. Le jeu est autant bien à deux qu’à trois ou quatre joueurs.

Alors, Valletta, c’est bien?

Non. Vraiment pas.

Alors oui, le jeu est über-simple et fluide. Les règles tiennent sur quelques lignes. Le jeu pourrait sembler très grand public. Mais en réalité, pas du tout. Il va falloir bien se creuser les neurones pour gérer ses ressources et planifier ses prochains coups, ses constructions. Du pur hard-fun pas très fun pour du familial.

Mais trois soucis majeurs viennent ternir le jeu.

Un Win to Win dégueulasse

Le Win to Win, c’est le « on ne prête qu’aux riches ». Plus un joueur avance dans les points et plus il en obtient. Et fuck les losers.

Si un joueur parvient à se détacher du peloton avec des combos fracassantes il sera alors très difficile de le rattraper. L’écart de points va devenir de plus en plus criant. Et les derniers resteront loin derrière. Pas super, super trépidant. Difficile en effet de revenir aux points.

Une rejouabilité très, très discutable

Alors certes, à chaque partie on sort de nouveaux bâtiments et on le pose de manière aléatoire. Donc la config change à chaque fois. Donc les parties changent à chaque fois.

Sur le papier.

En réalité, on fera toujours pareil. On commencera par construire des bâtiments qui rapportent des ressources. Puis certainement un bâtiment qui rapporte un bâtisseur. Comme on ne commence qu’avec un seul bâtisseur, c’est bien trop peu pour se développer, il faudra donc rusher.

Les débuts de partie se ressembleront toutes.

Et le gros souci du deck-building, c’est que les débuts de partie sont toujours poussifs avec des cartes de départ moisies. Il faudra attendre le milieu de partie pour atteindre une vitesse de croisière trépidante.

Une banalité crasse

Valletta, c’est un énième jeu de construction urbaine et de deck-building. Aucun intérêt, on a l’impression d’y avoir déjà joué.

Un jeu vraiment pas inspiré.

Mêmes les illustrations de Klemens Franz (qui signent tous les jeux d’Uwe Rosenberg. Le Havre, Agricola, Caverna…) paraissent ternes, peu abouties. Comme si l’illustrateur lui-même n’y croyait pas. Service minimum pour un jeu fade et biscornu.

Décidément, le deck-building est toujours d’actu en 2017. Et hasard des calendriers, ce sont trois jeux de deck-building qui sortent en même temps en juin Dice Forge (bon OK, c’est du dice-building, pas du deck-building, mais quand même), Century et Valletta. Pas tous ne présentent le même intérêt.

Mais encore

Est-ce que le jeu aurait été financé par l’office du tourisme de Malte? 

On peut se poser la question, vu la grosse pub toute moisie à la fin des règles du jeu… A quand un jeu de société pour vanter les mérites d’une marque de brosse à dents?

Vous pouvez trouver le jeu chez Philibert,

Chez Ludikbazar,

Et chez Ludibay.

15 Comments

  1. Du coup, avec un avis aussi tranché, est-ce vraiment utile de mettre un lien vers les sites marchands pour se le procurer! 😉 😉 😉
    En tout cas merci du conseil, j’ai bien faillit passer à la caisse!

    Aimé par 1 personne

  2. Déjà commandé et je dois le recevoir demain, alors c’est un peu tard. Je me ferais mon avis au moins et s’il ne me plait pas il partira sur le marché de l’okkaz ^^.

    La pub pour Vallette je trouve pas ça décalé par contre, si le jeu peut être financé grâce a cela tant mieux. Même si je doute un peu de l’efficacité ^^

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  3. Century n’est en rien un deck building !
    On récupère des cartes et on gère sa main de carte en jouant une carte par tour de jeu, pas de pioche, pas de choix lié aux probabilités…

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    1. C’est ton ressenti. Dans Century ET dans valetta, on démarre avec quelques cartes, on va en acquérir d’autres plus fortes qu’on va jouer et une une carte (ou une action) permet de récupérer toutes celles jouées.
      En fait, si un doit être considéré comme jeu de deckbuilding, l’autre aussi. si un ne l’est pas, l’autre non plus…

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    2. Faux Ludo. Century est clairement un deck-building. La preuve. On commence par deux cartes moisies, et on en pécho de meilleures. Le concept-même du deck-building.

      Après, on ne va pas couper les cheveux en quatre.

      A part ça, tu es clairement le seul et unique à avoir le droit de lire notre blog. Vu ton prénom 😉

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      1. Un deck-building on gère un deck (pioche de carte/défausse et tutti quanti), ici à Century on gère sa main, les cartes sont tout de suite disponible et non pas soumis au hasard du mélange de la pioche, la différence est notoire

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  4. Je peux me tromper, je n’ai joué ni a l’un ni a l’autre, mais dans Valletta tes cartes achetées vont dans ta défausse et tu les joue une fois qu’elle viennent dans ta main. Quand ta pioche est vide tu mélanges ton deck et on recommence. Pour moi Valetta est un deck B avec du contrôle vu que tu joues 3 cartes parmi tes 5 cartes.

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  5. C’est un Deck Building, donc de toute façon il ne me tente pas du tout. J’en ai marre d’en bouffer à 50% des sorties du moment !

    Le graphisme est effectivement pas tres reveur…

    Aimé par 1 personne

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