Critique de jeu: Century. La route des épices. Epicé, mais pas relevé

Un jeu qui fait son boulot, et bien, mais qui ne réinvente rien. Fluide, tactique, mais qui sonne un peu creux. C’est épicé, mais pas très relevé.

Century, La Route des Épices, est sorti mi-juin 2017, créé par Emerson Matsuuchi et édité par un tout nouvel éditeur québécois, Plan B.

Enfin, pas si nouveau que ça. Plan B, tout est dans le titre, c’est une partie de l’équipe de Filo, avalée en 2016 par Asmodée, l’aspirateur à éditeurs, qui, libérée, s’est lancée dans une nouvelle aventure éditoriale.

Pour 2 à 5 joueurs, d’une durée de 30 à 45 minutes dès 8 ans. Dès 8 ans. Tout est dit. C’est du léger.

De quoi ça parle?

Des routes commerciales, du négoces, des épices, bien sûr. Mais il ne faut pas se leurrer, on passe sa partie à acheter des cartes en faisant sa cuisine de cubes.

Pas hyper, hyper immersif. Très mécanique, pas narratif.

Et comment on joue?

A son tour, on a le choix entre quatre actions

soit on achète une carte Points de victoire disponible sur la table, avec un nombre de cubes de couleur spécifiques

soit on prend une carte Action disponible sur la table, en payant un cube sur toutes les cartes suivantes à gauche. Donc oui la carte toute à gauche est gratuite

soit on ne joue pas et on récupère toutes ses cartes Action jouées

soit on joue l’une de ses cartes Action en main. Le cœur-même du jeu. Ces cartes Action permettent soit d’upgrader ses cubes, soit d’en acquérir de nouveaux. Upgrader? Oui. Il existe quatre couleurs, jaune, rouge, vert, brun, et leur valeur et rareté sont croissantes. La jaune s’acquière très facilement, la brune beaucoup moins.

Avec la contrainte de ne pas pouvoir stocker plus de dix cubes.

Des règles ultra-simples et fluides qui s’expliquent en une minute.

Et comment on gagne?

Le premier joueur qui obtient sa cinquième (ou 6e à 2 ou 3 joueurs) carte Points de victoire met fin à la partie.

On finit le tour en cours et on décompte: les PV sur ses cartes, et les pièces récoltées. Oui, car la carte Points de victoire toute à gauche de la ligne permet de recevoir une pièce d’or (=3PV), et celle d’à côté une pièce d’argent (=1PV). Pourquoi? Parce que. Cela permet d’épicer (c’est le cas de le dire) le jeu est d’augmenter la tension.

Des conditions de victoire ultra-simples et fluides aussi.

Interaction

Très froide.

Century est un jeu de course, aux cubes, aux cartes, aux points de victoire. On joue un peu dans son coin à trouver les meilleures combos pour obtenir les meilleurs cubes pour être ensuite capable d’acheter les cartes avec le plus de PV. Alors certes, on pourra contre-picker des cartes PV pour ralentir les autres, mais c’est un peu tout.

Mais bon, est-ce qu’une interaction froide est signe d’un mauvais jeu? Non.

Et à combien y jouer?

A 2, c’est l’affrontement direct, avec plus de contrôle puisque les cartes ne disparaissent pas rapidement. Mais pas forcément beaucoup de tension. A 5, c’est le chaos complet, les cartes Action et PV défilent à une allure folle, donc très peu de contrôle et beaucoup de tactique et d’opportunisme. C’est à 4 joueurs que Century est le meilleur.

Alors, Century, c’est bien?

Un peu de deck-building, puisqu’on commence la partie avec des cartes Action bien pourraves, pour en prendre de nouvelles plus efficaces, et beaucoup de tactique puisqu’on on doit garder les yeux bien ouverts pour sauter sur les cartes qui défilent. Des combos, aussi, pour trouver des associations perforantes de cartes Action. Mais comme les cartes PV changent constamment, il y a peu de chance de trouver des combos ultimes. Il va falloir s’adapter, faire preuve d’observation, d’ingéniosité et de flexibilité. D’autant que le jeu est court, très court.

Alors, Century, c’est bien? Oui. Pour autant qu’on le prenne pour ce qu’il est, un excellent Gateway Game très Casual, très familial.

Au somptueux matériel. De superbes illustrations, une petite boîte, un thermo hyper bien pensé, et même des coupelles pratiques pour ranger les cubes. On voit que Plan B a une solide expérience derrière soi (Filosofia). D’ailleurs c’est vite vu, Century, La Route des Épices est le jeu Filosofia au matériel le plus abouti que tous les autres jeux Plan B. Ou le contraire.

Un jeu qui fait son boulot, et bien, mais qui ne réinvente rien. Fluide, tactique, mais qui sonne un peu creux. C’est épicé, mais pas très relevé. On passe sa partie à manipuler du cube.

Century, La Route des Épices, ressemble beaucoup à Splendor dans son approche. On se saisit de ressources pour acheter des cartes, le tout à vitesse grand V pour des parties fluides, ramassées et nerveuses. Un jeu frais à sortir cet été en terrasse, avant de se lancer dans un jeu plus profond.

Mais encore

Century, La Route des Épices, est le tout premier volet d’une trilogie prévue par le tout « jeune » éditeur. Deux autres Century sont annoncés. Pas des extensions, mais des stand-alone qui pourront s’associer. Tous trois signés par le même auteur. Une initiative originale. On se réjouit de découvrir les deux autres titres pour voir en quoi ils viendront apporter de la nouveauté.

Proxi-Jeux a réalisé une interview de l’éditeur et auteur début mai 2017. Super intéressant. A écouter ici.

Un tapis de jeu en supplément est d’ores et déjà prévu chez l’éditeur pour environ 30 euros, à sortir tout prochainement.

Vous pouvez trouver Century, La Route des Épices chez Philibert,

Chez Ludibay,

Et chez Ludikbazar.

3 réflexions au sujet de « Critique de jeu: Century. La route des épices. Epicé, mais pas relevé »

  1. Globalement d’accord avec votre analyse.
    Je le trouve très agréable et plus opportuniste que Splendor.
    Mais point rouge pour moi, encore un rangement foireux : les cartes partent partout dans la boite pour le peu qu’on chahute un peu la boite (alors que la boite est largement suffisante pour le matériel).
    J’attend la suite 😉

    Aimé par 1 personne

  2. De mon coté, Splendor m’a tué par sa terrible froideur. Le jeu est bien, mais j’en sors toujours très mitigé…
    Du coup celui-ci, ca ne me tente, mais alors pas du tout ! En pplus s’il est plus opportuniste…
    Bref. Il trouvera son public, mais clairement pas chez moi 🙂

    Aimé par 1 personne

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