Critique de jeu: Istanbul. Missives & Sceaux

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Istanbul Missives & Sceaux et la deuxième extension pour Istanbul, ce jeu de plateau créé par Rüdiger Dorn, inspiré de l’Awélé.

Sorti en 2014, le jeu a depuis remporté plusieurs prix prestigieux, dont le Kennerspiel des Jahres en 2014. Une année après est sortie la première extension, Mokka et Bakschisch. Et voici la deuxième, sortie en août 2016, pratiquement en même temps en VO (Pegasus) qu’en VF (Matagot). Missives & Sceaux.

Qu’est-ce qui change?

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La mécanique de base ne change pas. C’est toujours de l’Awalé, i.e. qu’on essaime ses pions pour activer le lieu sur lequel on achève son déplacement. Et c’est toujours de course qu’il s’agit, puisque le but est d’être le premier à amasser 6 rubis (5 dans le jeu de base).

Mais il y a maintenant trois changements majeurs (et quelques autres mineurs): des enchères, du draft et un pion supplémentaire, le Compagnon.

Enchères

La tuile Salle des Ventes permet de mettre deux cartes bonus aux enchères. Le joueur qui s’arrêter sur cette tuile déclenche une enchère à laquelle tous les joueurs peuvent prendre part. Une enchère unique. Le joueur qui la remporte remet la somme au joueur actif, et si c’est lui-même qui en est bénéficiaire, son argent part alors à la banque. Tendu.

Faut-il enchérir à donf pour remporter les deux cartes, mais en enrichissant le joueur actif, soit faire l’impasse sur des opportunités?

Draft

Le Kiosque offre de nouvelles tuiles. En s’y arrêtant, on pioche autant de tuiles que de joueurs +1. Le joueur actif est le premier à choisir, etc. La toute dernière revient alors également au joueur actif.

Le Kiosque est un lieu extrêmement puissant et intéressant, source de nombreuses tensions et passions.

Compagnon

Le Compagnon est un pion supplémentaire qu’on obtient dès qu’on s’arrête sur la tuile Fontaine. Un pion unique qui permet alors de se déplacer simplement d’une case orthogonale adjacente sans devoir se plier aux règles de l’essaimage. On peut dès lors soit l’activer, soit jouer son marchand. Ce pion peut s’avérer avantageux, sauf qu’on ne peut le bouger que d’une seule case.

Bref

Alors, Missives & Sceaux, une extension nécessaire?

Plusieurs cas de figure:

Si vous n’avez pas encore Istanbul, le jeu de base, je ne peux que vous le conseiller, un très bon jeu. Fluide, tendu.

Si vous avez déjà le jeu de base mais sans aucune extension, et que vous avez « épuisé » le jeu en y ayant déjà joué 10-1597669542 parties, préférez cette deuxième extension. La première est moins intéressante.

Si vous avez déjà la première extension, alors vous êtes déjà accro et de toute façon vous allez /avez déjà craqué.

Alors, Missives & Sceaux, une extension nécessaire?

Pas vraiment nécessaire mais complètement indispensable. Pour les fans inconditionnels du jeu de base. Qui recherchent une couche stratégique supplémentaire ainsi qu’un vent de fraîcheur et de renouveau sur ce « vieux » jeu de 2014. Et les phases de draft (déclenchées au Kiosque) et d’enchères (déclenchées à la Salle des Ventes) apportent une touche méta bienvenue qui permettent de sortir son nez du guidon à la course aux rubis.

Avec la première, puis la seconde extension, Istanbul devient encore plus riche, encore plus profond, encore plus mieux bien. Ou pas, ça dépend si on recherche un jeu plus simple, plus accessible.

Et au fait, peut-on jouer en mélangeant le tout, jeu de base + extension 1 + extension 2?

Oui.

Et cette variante s’appelle le Joyeux Bordel Grand Bazar (c’est presque la même chose). On place TOUTES les 25 tuiles pour une solide matrice de 5×5, on prend une bonne inspiration et une palette d’aspirine (tiens, ça me rappelle mes parties de Talisman 1ere édition dans les années 80, avec 4-5 extensions certes chatoyantes, mais qui finissaient par embourber le jeu).

 

Vous pouvez trouver Missives & Sceaux chez Philibert,

Chez Ludikbazar,

Et si vous habitez en Suisse, chez Helvétia Games Shop.

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