Faut-il aussi placer un embargo sur les critiques de jeux de société?

co~lapsus 1/4 . . (ın YSE#27), Flickr, CC, by Jef Safi
co~lapsus 1/4 . . (ın YSE#27), Flickr, CC, by Jef Safi

Cette semaine le 4e volet du jeu vidéo Assassin’s Creed est sorti, Unity. Comme ça se fait dans le milieu, Ubisoft avait envoyé quelques jours avant des exemplaires à la presse pour critique, en leur demandant expressément de ne RIEN publier avant la sortie officielle, mardi à midi.

Oui, ça s’appelle un embargo. Pourquoi? Certainement pour éviter de voir leur jeu « flingué » par la critique juste à sa sortie, pour lui laisser sa chance, pour que le public se jette dessus pour avoir le jeu juste à sa sortie sans attendre les critiques.

Et qu’en est-il des jeux de société? La plupart des rédactions des informateurs ludiques reçoivent parfois eux aussi des jeux en avant-première pour pouvoir ensuite en parler. Comme Ubisoft, faut-il également que les éditeurs mettent un embargo sur la date de publication des critiques pour « protéger » leur oeuvre?

D’autant qu’au vu du nombre impressionnant de sites et podcasts et vidéos d’informations ludiques, il règne une véritable « concurrence » de l’info. Qui sera le premier à publier telle news, telle critique? Tout un chacun essaie de publier avant les autres pour pouvoir attirer le plus de lecteurs, pour être à la pointe de l’actu, pour être un pionnier de l’info, pour rendre notre site crucial et croustillant.

Nous tous, journalistes ludiques, ne prenons pas toujours le temps d’examiner l’info, les jeux, nous préférons tirer avant et discuter après publier avant et analyser après.

Résultat des courses, nos critiques, nos avis, nos news peuvent parfois s’avérer un peu trop légères. Et desservir un jeu, surtout si on n’en fait qu’une seule partie pour vite vite en sortir une critique avant les autres. L’infographie sur comment rédiger une bonne critique de jeu en parlait justement.

Du coup, comment faire pour que son jeu ne soit pas flingué juste avant sa sortie? Car il nous arrive tous de tomber sur une critique, un avis sur un jeu plusieurs jours, semaines, voire même mois avant sa sortie. Est-il alors plus avantageux pour un jeu d’être buzzé, visible et critiqué le plus tôt possible, ou vaut-il mieux pour les éditeurs que toute leur comm soit étroitement maîtrisée?

Avec d’une part la multiplication des informateurs ludiques, un marché actuel extrêmement tendu avec 2’000 jeux qui sortent chaque année et le besoin de sortir du lot, et le crowdfunding qui vient en plus bouleverser les habitudes de consommation, personnellement je pense qu’il est plus intéressant pour un jeu d’être visible avant même sa sortie officielle, au risque d’être « cassé » dès sa sortie, c’est un risque à prendre. Et je ne dis pas ça parce qu’au final ça nous arrange bien chez Gus&Co 😉

Et vous, qu’en pensez-vous, est-ce qu’un embargo sur les critiques de jeux est une bonne idée?

5 Comments

  1. Salut salut ,
    Pour moi il y a déjà une grosse différence entre le jeu de société et le jeu vidéo : le jeu vidéo est conçu à 100% en interne , souvent le jeu de société est quand même parti d’un proto qui à tourné sur moulte salon , du coup on a pas mal d’info des joueurs et encore plus quand il s agit d’une traduction.(et de ce faite le jeu sort quand même souvent avec un moindre risque )
    On retrouve aussi une certaine frilosité de nos « critiques » à « descendre » un jeu mauvais de peur de ne plus recevoir les jeux en test ( ce qui est peut être moins vrai dans le jeu vidéo ? ).
    Les blogs de joueurs sont souvent plus réaliste, mais oblige à attendre un peu après la sortie (quand il n’y a pas eu assez d info avant ;o) ) …
    Et quand un jeu est bon, la sûr information ne lui nuira pas :o) .
    Les coups d’un jeu de société sont moins grand aussi non ? (rapport à un jeu vidéo ).
    Je ne pense pas qu’un jeu de société soit éditer à quelques dizaines de millions d’exemplaires à sa sortie :o), et on a du coup des différence de modèle économique.
    j’ espères que l on arrivera pas a ce genre de procédé dans le jds , et je pense que les informations partagées par les joueurs sont plus bénéfiques pour le jds , longue vie aux bloggeurs en tout genre 🙂 !!

  2. Comme toute critique, tout dépend du poid que l’on accorde à celui qui l’a lancée. Il est rare que les bloggueurs écrivent des articles sur des jeux qu’ils n’ont pas du tout aimé. Ils préfèrent je pense mettre l’accent sur leurs coups de coeur. Et puis les bloggeurs sont des passionnés, il est à rare qu’ils se trompent de tout au tout sur un jeu. De fait, ils sont quand même plus emballé par l’immense majorité des jeux qu’ils jouent.

    Enfin, sans faire de langue de bois, il faut avouer que la production éditoriale des j2s est quand même, dans l’ensemble, d’excellente qualitée. Les jeux sont testés, présentés en avant première au public, c’est un microcosme et les maisons d’éditions savent qu’elles ne vivront pas longtemps si leurs jeux sont de mauvaises qualités.

    Le plus grand risque vient selon moi du Crowfunding. La qualité (matos et mécanique) étant la plupart du temps non réel parce que le jeu n’a pas été encore réalisé.Et là encore, les plus grands ambassadeurs sont les joueurs qui ont pledgés (et sont donc peut-être un poil moins objectif sur la qualité du jeu sur lequel ils ont misés parce que ça remettrai leur jugement en question). C’est humain.

    Il est rare de voir une bouse intersidéral en j2s. Je crois que la plupart du temps, quand un jeu ne nous plait pas, c’est une erreur de casting ou de trop grandes attentes.

    Oui oui, je vis chez les bisounours ! :p

  3. De mon point de vue, les éditeurs font ce qu’ils veulent. Ce n’est pas notre problème.

    Ce n’est même pas une question de morale, de bien ou de mal. Un éditeur peut payer un site web s’il le souhaite, le financer avec de la pub (ça revient au même), offrir des jeux, aider les festivals pour être mis en avant, faire des embargos s’il en a les moyens. Tout cela est justifié pour le principal but d’un éditeur dont c’est la profession : vendre des jeux et en vivre.

    La seule question « morale » concerne les journalistes ou ceux qui jouent à l’être. C’est à toi de voir les pratiques que tu acceptes ou refuses. De mon côté, j’accepte les envois d’exemplaires en précisant à chaque fois que je ne demande rien et que je ne m’engage à rien. Libre à chaque éditeur d’envoyer ou pas. Généralement, ils n’envoient pas (mais ceux qui envoient m’aident beaucoup, je les en remercie). Quand un éditeur veut échanger un jeu contre un article, je refuse.

    Ensuite mes articles ne sont gouvernés que par la passion, parce que j’ai envie de parler d’un jeu et de partager. J’ai la faiblesse de croire que c’est ce que les visiteurs recherchent. Simplement des conseils, les mêmes que je pourrais donner en boutique quand je traîne dans les rayons.

    Du coup, je ne vois pas bien comment un éditeur pourrait faire un embargo ? Avec un chantage ? mais comme je ne demande rien, un chantage à quoi ?

  4. Je ne suis pas vraiment d’accord avec Eolan. Si je réalise la critique d’un jeu, que j’ai trouvé le jeu mauvais, je ne vois pas pourquoi je ne le dirais pas.
    Il faut argumenter et là, je serais bien heureux de connaitre les critiques qui écrivent avec une partie jouée, histoire de les bâcher un coup.
    Quand on est critique, il y a un minimum de professionnalisme à avoir, même si nous sommes tous bénévole. Dans le jeu vidéo aussi, de nombreux critiques sont bénévoles ou payés une misère à la pige.

    La production ludique s’améliore en qualité de matos. Quant à dire qu’elle s’améliore en qualité de jeu, la réponse est non, au contraire, tout ceci est purement noyé dans la masse de jeux sortant aujourd’hui.

    Alors qu’un éditeur prenne des initiatives pour controler les avis, ça… comment dire ma bonne dame, cela a toujours été le cas de tous temps !
    Entre les petits mots glissés du genre « si ça ne vous plait pas gardez le pour vous… » les faux avis positifs de l’éditeurs… c’est humain !

    Aujourd’hui, les tests se font sous contrats tacites en JDS, bientot en vrai contrat d’exclusivité bien sur.
    Mais le public est beaucoup plus restreint et il n’y aura pas 1000 personnes attendant devant leur boutique en dur pour avoir la dernière boite de l’auteur du moment. Il en reste des techniques marketing montantes pour synchroniser les articles publiés avant les salons histoire de sortir du lot…

    Bref.

  5. Embargo sur la critique, cela peut se comprendre, surtout du point de vue de l’éditeur. L’argument, il faut laisser sa chance au produit est recevable. Ce n’est pas le cas pour un « open the box » neutre et factuel, pour lequel un embargo me semble inutile.
    Pourtant embargo ou pas, cela ne changera rien. Soit le jeu à un thème qui plaît à l’acheteur potentiel (fanboy, collectionneur…), soit, ledit acheteur a besoin d’être convaincu et il attendra une critique pertinente.
    Perso, un jeu « victime » d’un embargo sur la critique baissera vite dans mon estime (ie mon envie de l’acheter) me laissant à penser que l’éditeur n’a pas confiance en son produit qui ne doit donc pas être si bon. Il faudra plusieurs sacrément bonnes critiques pour me convaincre de l’acheter.

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