Essen 2014, mes 10 pas coups-de-coeur

Angry Sheep Red, Flickr, CC, by Kyle May
Angry Sheep Red, Flickr, CC, by Kyle May

 Après la liste des 10 meilleurs jeux d’Essen et

nos 10 coups de cœur,

voici nos 10 pas coups-de-cœur1

Mercredi soit-disant journée pro: éditeurs tendus, stands pas prêts, jeux pas dispo, au final, peu d’intérêt. Comme journaliste, à éviter les prochaines années.

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Diamonds. un jeu de cartes chez Stronghold, gros gros « cul-de-chouette » (cf. Perceval dans Kaamelott).

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Les jeux Queen Games, éditeur en grosse perte de vitesse depuis quelques années, aux jeux moyens et aux règles calamiteuses, alors que cet éditeur nous a proposé tant d’excellents titres au début des années 2000.

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La réédition hideuses de Sankt Petersburg. La toute première édition comportait des illustrations originales, particulières. Celles de la version 2014 sont juste… laides, plates et aux couleurs criardes inutiles et au plateau terne fini à la va-vite. Gros fail.

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La grosse déception de la version jeu de plateau de Magic, une pâle copie de Heroscape, également propriété de Hasbro. Gros buzz avant le salon, le jeu ne présente au final que très peu d’intérêt et d’originalité. Ou comment (mal) exploiter une grosse licence. Photos et compte-rendu ici.

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Halle 4 vide de chez vide. Les organisateurs avaient annoncé ouvrir cette halle supplémentaire pour sortir des chiffres de surface impressionnants alors qu’en réalité il n’y avait que 3 éditeurs qui se couraient après et que les 97% de la halle étaient fermés. Et pratiquement aucun visiteur. Déprimant. Je plains sincèrement les éditeurs qui s’y trouvaient…

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Ok j’exagère, mais pratiquement un éditeur sur deux profitait du salon pour faire sa pub pour son prochain Kickstarter à venir. Oui, Kickstarter s’est décidément bien implanté dans le monde du jeu de société. Et moi le crowdfunding, je trouve ça très moyen, pour trois raisons:

  1. on achète un produit avant qu’il n’existe, et qui peut très bien ne jamais exister si le responsable décide de se barrer avec la caisse, et c’est déjà arrivé
  2. déjà que les magasins de jeux ont de la peine à tourner, avec le crowdfunding ils sont tout simplement écartés de la chaîne de distribution puisque le jeu passe de l’éditeur à l’acheteur, et souvent au même prix que dans un magasin. Alors oui, on pourra dire que Kickstarter permet à de nouveaux jeux d’être produits, jeux qui pourront ensuite connaître une commercialisation via boutiques, mais de nombreux acheteurs auront déjà obtenu leur jeu via crowdfunding. Et tous les jeux ne connaissent pas le même succès que Zombicide (en actuelle perte de vitesse commerciale). D’autant que notre loisir est extrêmement mal connu, et en lançant ainsi des jeux en court-circuitant les canaux traditionnels, on ne rend pas service aux jeux de société qui ont besoin des boutiques pour se faire connaître auprès du public. Une fausse bonne idée, somme toute.
  3. la qualité ludique n’est pas nécessairement au rendez-vous. Comment savoir si le jeu est bon sans l’avoir vu ou essayé au préalable?

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Des dés, partout: El Gaucho, Panamax, Nations version dés, Pandémie version dés, Panthalos, Marvel Dice Masters, Dice Brewing, Ciub, etc etc etc ad nauseam. Effet loupe ou réelle tendance?

9

Certains jeux très… misogynes, présentant des décolletés généreux, notamment Lap Dance des grecs d’Artipia. Peut-on jouer de tout? Nous en avons déjà parlé il y a quelques temps.

10

Plusieurs éditeurs peu inspirés qui ne faisaient que proposer extensions et rééditions: Matagot (extension Cyclades, réédition Sun-Tzu), Repos Prod (extension 7 Wonders, extension Mascarade, réédition Cash n’Guns hyper-laide formatée pour le marché US), Mac Gerdts / PD Verlag (réédition Antike, extension Concordia), Friedemann Friese / 2F (réédition Funkenschlag, réédition FrischFisch), Martin Wallace / Treefrog (Mythotopia, adaptation pour 4 joueurs de A Few Acres of Snow), Ignacy Trzewiczek / Portal (Imperial Settlers, reboot réussi de 51e Etat), Moonster Games (Choson, reboot ultra léché et un poil plus complexe que Koryo, mais ultra quand même la même chose)… Et il y en a certainement d’autres.

Bref, service minimum, sortir quelque chose à Essen pour sortir quelque chose à Essen. Sans compter les quelques éditeurs qui présentaient le même jeu qu’en 2013.

Et vous, quel pas-du-tout coup de cœur avez-vous eu?

9 réflexions au sujet de « Essen 2014, mes 10 pas coups-de-coeur »

  1. Crowdfunding: le crowdfunding se stabilisera lorsque les gens auront réalisé ses limites à leurs dépends (je parle du public au sens plus large) mais il y aura toujours un équilibre entre vente en boutique et crowdfunding. De plus les magasins font-ils le plus de bénéfice sur les jeux grand public comme Splendor, Les Aventuriers du Rail ou Time’s Up ou sur les moyen et gros joueurs ? Le crowdfunding est selon moi surtout suivi par les moyen et gros joueurs.

    Mauvaise nouvelle pour Sankt Petersburg. Un peu moins hâte de le recevoir maintenant. C’est une bonne illustration du point 7.3 de ta liste. 😉

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  2. Je trouve tes points 7 et 10 intéressants par rapport à un de tes billets récents ou tu parlais de la durée de vie réduite des jeux face à l’explosion de la production, 2 éléments de réflexions :

    – Je te rejoins en partie concernant le crowdfunding. C’est clair que pour les nouveaux jeux tu sais pas trop à l’avance ce que tu vas acheter, ça permet cependant à des projet un peu moins mainstream de se faire éditer. En revanche je vois un vrai intérêt pour le financement des extensions. D’une part il existe des joueurs qui connaissent déjà le jeu et d’autre part le financement via crowdfunding permet à l’éditeur de trouver une source de financement alternative pour développer et faire perdurer un jeu. Y’a d’ailleurs un kickstarter pour une extension que je trouve bien sympa pour des nouvelles équipes pour Helvetia Cup (https://www.kickstarter.com/projects/842251343/helvetia-cup-5-expansions-7-teams-70-pre-painted-m)
    – Concernant ton point 10 et l’aspect « service minimum » pour Essen, je suis d’accord pour les réeditions. En revanche pour les extensions, je trouve une nouvelle fois sympa d’allonger/de développer un peu plus un jeu, si bien entendu ces dernières apportent quelque chose.

    Alors on jette les vieux jeux ou on prolonge le plaisir 😉 ?

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  3. De bons points notamment les dés et les extensions ce qui justifie bien mon impression générale: Aprés avoir au moins passé la moitié des 500jeux en revue(planante certes), mon bilan:un croissant manque d’originalité monté en mayonnaise d’une main buzzante musclée sans huile ni vinaigre:
    Au niveau thématique plaquée à défaut d’être dorée (marre du farwest, de la SF et des pseudo situations historiques, des loup-garous vampiriques (ou des vamps l-g), des constructions médiévales ou autre (alchimiques ou pas) à Venise, madeire,en Chine, Essen(! A quand un jeu sur des joueurs qui jouent à 1 jdp, comble de l’autolustrage!),…, des meumeuh-behbeh-abeilles ou autres bestioles, des progressions historiques imbuvables.

    Au niveau mécaniques (de la pose d’ouvrier encore, encore et encore ad nauseam (j’aime ça pourtant), et du pli par dessus, puis par dessous,…, pas encore testé le bag-building…laissez moi ça): Enfin surement quelques pépites de plus en plus perdues (secret, en test…). En ai-je assez du jeu? Dites-moi que non!!!

    Thaddeus

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  4. Ce qui se raconte dans ce post résonne chez moi. Je me détourne de plus en plus de la fuite en avant vers des nouveautés pour la nouveauté. Je regarde dans le rétro, je ressors des « vieux » jeux (enfin qd je dis vieux, j’abuse ds tous les sens du terme).
    Je me détourne des mecaniques trop plaquées, je cours après de véritables aventures.
    Les éditeurs semblent sentir un virage… Bcp bcp de jeux, résultat : les éditeurs se ressentrent sur leurs valeurs sûres, leur refont une beauté, leur apporte une extension. Ceci souvent plus pour des raisons marketing, pour remettre sur le devant de la scène de très bons jeux, que pour apporter une réelle profondeur. Peut-être est venu le temps du choc des héros quand un nouveau koh Lanta ne ferait plus vraiment avancer le schmilibili? Ce n’est pas pour me déplaire… Ce temps de pause avant une nouvelle ère (volumique, epawn et compagnie)

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  5. Je suis assez d’accord avec les points 8 et 10. On a eu le sentiment qu’il y avait énormément de jeux avec des dés, on s’est dit que c’était une tendance lourde cette année. Cela étant, l’utilisation des dés un peu différente comme dans panthalos, euphoria ou encore alien aurora par exemple n’est pas désagréable.

    Mais de manière personnel, mon coup de gueule est sur les prix des nouveautés pratiqués dans le salon. D’accord certains stands font des vieux jeux à prix bradés, et on ne vient pas à Essen pour faire des affaires sur les jeux vu le prix du voyage. Mais je trouve que pour certains éditeurs, vendre les jeux au même prix qu’en boutique (à 2 euros près) alors qu’ils ne passent pas par le distributeur, c’est un peu se faire du gras sur le dos des passionnés…

    Imaginez le prix que paye un distributeur et celui que paye le client final, entre les deux il pourrait y avoir un juste milieu à Essen… Sur pas mal de jeu, on ne les a pas acheté parce que ça revenait moins cher sur Internet que les acheter chez l’Editeur…C’est quand même un comble je trouve…

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    1. Merci pour ton commentaire Eolan.

      J’ai trouvé pareil en fait, cher sur le salon sans distrib ni magas. J’allais voir le jeu sur le stand et le commandais online directement, moins cher. Sur 5-10-20 jeux la différence devient intéressante….

      Le cas d’Imperial Settlers était tonitruant, près de 10 euros de différence entre Philibert et sur le stand.

      Faut bien rentabiliser le stand pour les éditeurs… Cher à Essen.

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  6. Ahah, il est temps de se lacher !

    Je rejoins la présence des dés partout « à la » Quarriorz (Dés gravés)
    Depuis leur arrivée, on en trouve dans toutes les boites.
    So ouat ? ou est l’intérêt mécanique ? uniquement un plaisir visuel dans 90% des cas.

    Je vais tacler les différents éditeurs de Dead of Winter qui n’avait quasi aucune table sur le salon sauf en allemand dans un coin !
    Sérieusement, je vais lancer la rumeur, mais si j’ai bien compris il y avait un accord commercial derrière tout cela pour ne PAS le présenter NI le vendre sur le salon.
    Et ça, ça me sort par les yeux pour un si bon jeu.

    Niveau prix, j’ai remarqué une forte différence entre certains éditeurs. Chez Stronghold et NCNK, les prix étaient hyper intéressants dès Jeudi. Chez bonne partie des autres, aucun intérêt (les distributeurs en particulier …)
    Exemple LV Boulevard chez Ravensburger = 21 Euros. Chez Alea à 10m de là = 15 Euros… Arnaque quoi !

    El Gaucho, j’ai été faible, il y avait de jolies vaches, et un ranche pour lancer les dés ! Le jeu est très bon d’ailleurs.

    Pas de commentaire sur la Kickstarter attitude, je l’ai tout simplement ignorée, mais je comprends les réactions ici.

    Même réaction pour le Hall 4… triste.

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