Est-ce que ça ne vous étonne, pas, vous, quand vous lisez une critique de jeu, sur Gus&Co ou ailleurs, quand on parle de durée de vie d’un jeu? Moi ça me fait toujours sauter au plafond.
Est-ce que les jeux connaissent une date de péremption? Évidemment non, quand on parle de durée de vie on parle de nombre de fois auxquelles on peut y jouer avant de s’en lasser, avant qu’il ne devienne répétitif. Dingue quand même, quand on y pense. Ça voudrait dire que les jeux peuvent être joués plus ou moins de fois? Que les meilleurs « durent » plus longtemps, et vice versa? Comment créer, publier et vendre un jeu à durée limitée? Là j’ai envie de lâcher un gros OUATE de PHOQUE! Ok il est était assez gros là.
L’obsolescence programmée, on en entend tous parler depuis quelques années. Certaines entreprises, électronique, informatique, électro-ménager, construisent leurs produits pour qu’au bout d’un certain temps, plutôt court, ce produit perd de son efficacité / rapidité / attractivité. Pourquoi? Logiquement pour pousser le consommateur à acheter un nouveau modèle. Et ça tombe bien qu’on parle de tous ça, vu que demain, c’est la sortie française des nouveaux iPhones. Déjà des millions de pré-commandes au niveau mondial. On peut se demander ce qui pousse autant de clients à lâcher leur iPhone 4, voire même 5, vieux de 1-2-3 ans. Question de mode, de reconnaissance, d’appartenance. Mais certainement aussi d’améliorations techniques: écran, rapidité, fonctions.
Quel rapport entre électronique et jeux de société? Entre obsolescence et jeux de société? J’ai parlé de l’iPhone, mais est-ce que le marché du jeu ne fonctionnerait-il pas de la même manière, une fuite en avant?
À moins d’un mois du plus grand salon du jeu au monde, Essen, et de ses centaines de nouveautés, on peut se demander ce qui pousse 150’000 personnes sur 4 jours à vadrouiller entre les stands à l’affût des nouveaux jeux?
Est-ce que les jeux ont eux aussi une obsolescence programmée comme les appareils électroniques? Clairement non! L’obsolescence programmée est… Programmée, i.e. construite intentionnellement. Ce qui n’est évidemment pas le cas pour les jeux. À part bien sûr pour les JCC-JCE ou tout jeu de figurines qui vous poussent à la consommation pour améliorer le jeu, l’enrichir. Et le nouveau bloc Magic sort justement la semaine prochaine, sans parler des toutes nouvelles figurines X-Wing après la GenCon. N’empêche, les nouveautés en chassent d’autres. Et les jeux en remplacent d’autres: jeux plus beaux, plus riches, aux mécaniques plus originales, abouties, approfondies.
Est-ce que dans tout ça les éditeurs sont de méchants capitalistes qui font tout pour produire des jeux et nous en vendre continuellement? Certainement pas. Ils font ce qu’ils aiment, c’est tout. Si nous devions remettre le système en question, avec ses 2’418 jeux par année, ce ne sont pas les auteurs ni les éditeurs de jeux qui sont responsables de cet consommation effrénée, mais bien nous, consommateurs, joueurs. Car au final, c’est nous qui achetons. Et qui maintenons le marché.
Avec la mouvance de « moins mais mieux », moins acheter de jeux, mais mieux les sélectionner, mieux y jouer / plus y jouer, on peut rêver d’une déconsommation (pas décroissance, rien à voir).
Quelques jours avant Essen et ses innombrables sorties, quels sont vos critères réguliers d’achat?
- L’esthétique d’un jeu, son matériel, ses illustrations?
- Le thème d’un jeu?
- Les critiques lues par-ci par-là?
- Le buzz?
- La mécanique, captivante et originale?
- Ou la « durée de vie » d’un jeu? Sachant que vous préférerez acheter un jeu parce qu’il va vous « tenir » longtemps?
Je ne sais pas pour vous, mais je vais être honnête, le dernier critère est le moins crucial en ce qui me concerne (je joue à Magic, je peux vous en parler…).
Ca ne vous choque pas, vous, cette fuite en avant? Et avez-vous déjà joué à un jeu plus de 10 fois avant d’en acheter un autre?

