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Mais ça se mange?
Pour célébrer la sortie mondiale de Gatecrash (Insurrection en vf) de ce 1er février 2013, voici un petit article vulgarisateur sur Magic the Gathering (MtG).
MtG est un jeu de cartes sorti en 1993 chez Wizards of the Coast et créé par Richard Garfield (Ghooost!, King of Tokyo).
MtG se joue habituellement à 2 joueurs en mode duel, mais également à 4 par équipe en mode Troll à deux têtes, voire même jusqu’à 8-10 en mode draft.
La mécanique du jeu est über-simple: à son tour on peut jouer un terrain / mana / ressource, puis autant de cartes de sa main pour autant que l’on puisse en payer le coût avec ses terrains / mana / ressources. Les créatures jouées infligeront des dégâts aux créatures ennemies et / ou directement au joueur. Le but du jeu est d’infliger 20 points de dégâts.

Mais pourquoi c’est bien?
Des règles simples pour un jeu profond avec un nombre vertigineux de combinaisons, puisque certaines cartes interagiront entre elles et décupleront leurs forces / effets. Et c’est là que réside tout l’intérêt du jeu puisque les joueurs construisent leur deck, généralement composé de 60 cartes, 23 terrains / mana et et 37 sorts, comprenant créatures, artefacts, enchantements, etc.
MtG est extrêmement intéressant, et créatif, si si, car il pousse les joueurs à optimiser leur deck, à composer des combos efficaces et puissants. Si beaucoup de joueurs lui reprochent son côté hasardeux, tout dépend de la pioche des terrains et sorts bien évidemment, c’est au joueur de diminuer cette part de hasard en construisant leur deck de manière la plus optimale possible. Mais bien entendu chaque partie sera différente selon le tirage des cartes, également un autre grand point positif du jeu.
Autre intérêt du jeu, 2-3 fois par année, l’éditeur sort une nouvelle extension avec environ 250 nouvelles cartes, ce qui renouvelle à chaque fois les parties et les decks puisque de nouveaux pouvoirs font à chaque fois leur apparition: exemple : peuplement, extorsion, exaltation…
Enfin, pour peu que l’on pousse sa curiosité, les textes d’ambiance sur les cartes sont très souvent drôles et chafouines. Et les illustrations sont toujours de très bonne qualité et immersives.
Mais pourquoi c’est pas bien?
MtG est un jeu de cartes à collectionner, JCC pour les intimes, au « contraire » des JCE (à lire notre comparatif des JCE sur le marché ici), et qui dit collectionner dit… collectionner. Donc dépenser de l’argent. Depuis quelques années, il est possible d’acheter des decks officiels déjà tout construits et plutôt « efficaces », mais il va de soi que contre un joueur qui a construit son propre deck on ne fera pas vraiment le poids. D’où l’intérêt de trouver ses propres cartes, en achetant des boosters de 15 cartes en vrac pour ~5CHF / 3euros, sachant que les boosters ne sont jamais les mêmes, les cartes sont distribuées au hasard. Autre possibilité, « moins chère », c’est de commander ses cartes à l’unité sur le net. J’ai mis des guillemets quand même, car certaines cartes peuvent se vendre très chères.
Autre point négatif du jeu, plus ou moins déjà abordé dans le précédent paragraphe, c’est de se retrouver à affronter un joueur avec un deck de « tueur », alors que le vôtre n’est pas aussi top moumoute (comme dirait mon coiffeur). Dans ce cas, vous ne ferez que subir la partie et n’aurez aucun plaisir à jouer, le moteur principal du jeu en général (la preuve, à lire ici « pourquoi joue-t-on« ).

Fracture sociale
Je joue au poker depuis plusieurs années. Quelques grands tournois par-ci par-là et beaucoup de parties entre amis. Et comme avec Magic, j’ai remarqué que les groupes ne se mélangeaient que très rarement.
Les joueurs de poker jouent très peu aux jeux de société, et pareil pour les joueurs de MtG, et vice versa, les joueurs de jeux de société ont tendance à « bouder » leurs cousins ludiques. Chose étrange, car au final, de nombreuses mécaniques se retrouvent chez les uns comme chez les autres.
Est-ce dû à l’aspect financier / compét du poker et de MtG qu’il n’y a pas dans les jeux de société ? En effet, MtG est avant tout un jeu de tournoi, avec souvent des sommes à la clé, comme au poker, ce qu’on ne retrouve pas dans les jeux de société, ou extrêmement rarement, au risque de dénaturer le jeu de société qui se veut avant tout divertissant et social.

Sept cent millions de cartes Magic, et moi et moi et moi?
J’ai un peu joué à Magic dans les années 90, mais ce sont mes élèves du cours de jeux que je donne au lycée qui m’ont donné envie de m’y remettre. Non, la mode n’est pas dépassée, bien au contraire, il semble que la vague ait repris, même avec un jeu de papy qui fête ses 20 ans en 2013 !
Mais je refuse par contre de dépenser temps, énergie et argent pour construire des decks de folie. Je m’achète de temps des boosters par-ci par-là pour le plaisir de la surprise, mais pour être honnête, j’utilise quelques proxy, i.e. de cartes imprimées pour tester son deck. Et avec la qualité des imprimantes lasers d’aujourd’hui, la qualité est bluffante!
Ce qui me motive avant tout dans MtG c’est de construire des decks intéressants, pas forcément de dépenser 100 à 200 CHF par mois.
ps. Si jamais, pour fêter la sortie officielle de Gatecrash, la nouvelle édition de MtG, le Bar à Jeux de Genève organise un draft dimanche 10 février à 14h.
Et vous, jouez-vous également à Magic ? Que pensez-vous du jeu?
Voici cinq cartes de Gatecrash, la toute nouvelle édition de février 2013. Si si, sérieux.






