Sur Gus&Co, nous vous parlons souvent de la gamification, ce procédé visant à intégrer des éléments du jeu vidéo, niveau, points, quêtes, dans des domaines aussi divers que divers : éducation, santé, marketing, etc.
Le quotidien suisse romand Le Temps vient juste de publier vendredi un riche article sur la gamification au travail, tendance lourde depuis quelques années. Des entreprises mettent des stratégiques ludiques pour développer productivité et motivation au sein de leurs équipes. Se pose alors bien évidemment la question de savoir si la gamification (ou ludification, pour nos amis québécois), représente un net avantage pour le monde de l’économie. Je vous laisse lire l’article en PDF et faire votre propre opinion sur le sujet.
Le journal Le Temps n’est pas le seul à s’intéresser à cette tendance, la Radio Télévision Suisse Romande vient également de sortir un reportage sur les jeux vidéo et leur incursion / invasion dans le monde réel. Mais attention, autant vous prévenir tout de suite, c’est du lourd, le reportage de Temps Présent ouvre sur une phrase culte : « des ados qui ne mangent plus que des pizzas froides ». Rien que pour cette phrase le reportage vaut largement la peine d’être visionné. A partir de la 43e minute le reportage présente l’expérience Classcraft, dont nous vous avons déjà parlé il y a un moment, un grand moment de philosophie de l’éducation.
Personnellement, je me demande si on ne fait pas fausse route avec toute cette gamification, surtout celle à vertu extrinsèque, celle qui applique les BLAP -bonus, levels, achievements, points-, si on ne cherche pas à résoudre des problèmes par des emplâtres, plutôt qu’à chercher de réelles solutions, plus profondes, peut-être plus difficiles ou dérangeantes. Ses employés ou élèves sont démotivés? Plutôt que de leur proposer une gamification pour « résoudre » cette perte de motivation, et si on cherchait plutôt à en déterminer la raison pour travailler sur les causes? Le jeu parviendra-t-il à sauver école et entreprise? Mais est-ce que le jeu n’est justement pas l’activité qu’on fait, et apprécie, en-dehors? Oui bien sûr, on peut travailler et étudier en ayant du plaisir, et c’est d’ailleurs largement préférable. Mais est-ce que le jeu ne devrait-il pas demeurer au domaine du plaisir en tant que tel, jouer pour jouer et non pour produire?
Et vous, qu’en pensez-vous? Le jeu au service du travail et de l’éducation? Faut-il adapter / innover / moderniser l’école / l’économie et proposer des stratégies empruntées des jeux vidéo, ou au contraire se montrer très prudent et éviter de jouer en travaillant?
Merci à YannGra pour le lien de la vidéo.
Et si jamais, n’hésitez pas à regarde l’épisode 2 de l’excellente série britannique Black Mirror qui parle justement de gamification
