Le marché du jeu en Suisse, une situation difficile

Ce sont trois réactions toutes récentes qui m’ont poussé à m’intéresser à ce sujet délicat :

  1. un éditeur français bien connu m’a dit vouloir abandonner le marché suisse, il n’avait reçu que cinq commandes pour son tout dernier jeu
  2. un joueur suisse m’a dit être déçu de ne pouvoir trouver le dernier jeu d’un éditeur français et voulait savoir comment l’obtenir
  3. un magasin en Suisse vient de lancer un projet de financement participatif, soutien participatif, plutôt, sous peine de devoir mettre la clé sous le paillasson.

Comment expliquer ces dysfonctionnements? Comment fonctionne la distribution en Suisse ? Comment faire pour trouver les jeux ? Est-ce la faute des magasins, si faute il devait y avoir, s’ils n’ont pas tous les titres que les joueurs recherchent ?

Pas facile d’être un joueur en Suisse, Romande je précise (micro-cours de géographique à l’attention de ceux qui ne connaissent pas trop bien la Suisse : La Suisse est découpée en trois grands groupes linguistiques, français à l’ouest, suisse-allemand au centre et à l’est, italien au sud. la Suisse Romande est étalée dans la partie ouest du pays et regroupe la région suisse dans laquelle on parle majoritairement le français. Fermer la parenthèse).

Alors pourquoi est-ce si difficile d’être joueur en Suisse Romande ?

Parce que nos magasins préférés suisses « en dur » dans lesquels nous allons chercher notre came (ça fait toxico je sais) ne sont pas souvent fournis en nouveautés. Et les nouveautés, pour le joueur, c’est comme le tofu pour le végétarien, c’est indissociable (je cherchais un meilleur exemple mais je n’ai pas trouvé désolé).

Du coup, beaucoup de joueurs suisses se « rabattent » sur les magasins français, soit en traversant directement la frontière dans les régions frontalières, soit en passant des commandes sur le net sur des boutiques en ligne françaises bien connues (Amazon ou Philibert).

Non, pas facile d’être joueur en Suisse Romande, sachant que commander sur le net c’est sympa, mais:

1. Ça ne fait pas du tout vivre l’économie locale

2. On se fait taper des frais douaniers astronomiques au passage, souvent 20 euros juste parce que les douaniers ont vu le paquet de leurs yeux à eux qu’ils ont sur le visage, et paf 20 euros.

Non, vraiment pas facile. Du coup, voici un petit exposé pour savoir comment ça se fait que ça se fait.

Petit cours de gestion et jeu de rôle

Franlin Friday, Flickr, CC, by tobym
Franlin Friday, Flickr, CC, by tobym

 D’abord, intéressons-nous à quelques chiffres (parce que les chiffres, ça fait tout de suite plus sérieux, soyons honnêtes).

Vous possédez un magasin de jeux de société dans une ville suisse de taille moyenne, et pas forcément la plus chère. Admettons que vous avez un loyer pour votre magasin de 1’000 CHF par mois (puisque cet article parle principalement de la Suisse, je vais garder le franc suisse = 1.25 euros = 200’000 roubles).

Admettons encore que vous avez une masse salariale minimale de 4’000 CHF (ce qui représente un seul et unique vendeur qui travaille à 100% – ou plusieurs qui se répartissent diverses fractions). Précisons que 4’000 CHF représentent presque le salaire minimum pour vivre en Suisse, c’est extrêmement faible puisque le coût de la vie est cher: logement, alimentation, tofu au kilo, etc.

Pour payer le tout, vous devez donc vendre un grand minimum de 5’000 CHF par mois. Notons que la marge brute (sans enlever les impôts ou les taxes d’importation) en Suisse dans les magasins est en principe de 50% (ce qui est quand même étrange alors que partout en Europe elle est d’environ 35%).

Résultat des courses, et si vous avez bien suivi jusqu’ici, vous devez donc vendre pour 10’000 CHF de jeux, vu que votre marge est de 50%.

MAIS, MAIS vous ne tournerez alors qu’à zéro sans jamais avoir aucune possibilité d’investissement, au risque de perdre alors de l’argent. Donc au final, mieux vaut compter vendre pour 15’000, et avoir 2’500 à réinvestir pour acheter des jeux et avoir beaucoup de choix, jeux qui ne se vendront pas tout de suite (voire pas du tout…), ou faire de la publicité, ou encore lancer des aménagements dans votre magasin.

Et je ne parle pas du stockage, car selon la place que vous disposez et le nombre de jeux qui s’accumulent, vous risquez bien de devoir rapidement envisager la location supplémentaire d’un stock pour entreposer le tout.

Avec ce petit exposé financier vous comprenez rapidement les difficultés auxquelles tout magasin, suisse ou étranger, est confronté.

Les distributeurs en Suisse

La Suisse est ses trois grandes régions linguistiques comptent cinq « vrais » et grands distributeurs de jeux de société. Vrais, car leur principal revenu provient de la distribution de jeux, quels qu’ils soient.

Mais c’est quoi un distributeur, au fait ? C’est l’agent intermédiaire entre l’éditeur et le magasin.

L’éditeur décide d’éditer le jeu d’un auteur, il lance la machine, investit dans la production, le graphisme, le développement du jeu. Le magasin vend le jeu aux clients / joueurs. Le distributeur, lui, démarche auprès des magasins, gère la promotion du jeu, etc. Il prend évidemment une commission au passage puisqu’il achète, en principe, le jeu à l’éditeur. Je dis « en principe », tout dépend du modèle économique comme nous le verrons plus tard.

A part pour les micro-éditeurs, ou les tous récents, tout éditeur a un contrat d’exclusivité avec un certain distributeur, pratique très latine, Italie, France, car dans le reste du monde cette clause d’exclusivité n’existe pas. Le distributeur, selon le titre, achète un certain nombre d’exemplaires du jeu à l’éditeur pour ensuite le distribuer auprès des magasins. Les magasins vont ensuite racheter ce jeu à l’éditeur.

Donc 5 vrais et grands distributeurs se partagent le territoire exigu (41’000 km2, classé 134e au monde) de la Suisse:

Swissgames, qui distribue exclusivement les jeux Cocktail Games et Hurrican Games. Swissgames et Hurrican sont gérés par la même personne, bien qu’il s’agisse toutefois de deux raisons sociales différentes.

Carletto, qui distribue principalement les jeux en allemands, sauf Pegasus, et qui fait aussi en francophone Repos Prod, Gigamic et Days of Wonder.

HG, ou Helvetia Games, qui distribue certains jeux de rôle, dont Sans Détour, 7e Cercle, Pegasus, Grosso Modo, White Goblin, et évidemment Helvetia Games, ses propres jeux.

Lemaco, le plus « petit » distributeur de jeux de société, même s’il n’est pas aussi petit que ça car son catalogue est principalement constitué de maquettes et de jeux de trains. En jeux de société, il ne distribue que deux titres, mais pas des moindres, Filosofia et Kosmos.

Et enfin certainement l’un des plus grands de Suisse, Delirium, qui possède également une belle et grande boutique à Bienne depuis 7-8 siècles, Delirium Ludens. Delirium distribue tout le reste de la production francophone, à savoir Asmodée, Iello, Paille, EDGE, Libellud, Ystari (notons que pour Ystari la situation est particulière puisqu’ils sont distribués par Asmodée pour l’étranger, mais par Millenium (qui fait également EDGE) pour l’Hexagone. Donc puisque c’est Asmodée qui les distribue à l’étranger, c’est donc Delirium qui traite de la distribution sur sol helvétique.)

Chose intéressante à relever, Carletto et Lemaco fixent pour leurs jeux distribués des prix de vente obligatoires aux magasins, avec quelques conditions particulières pour les soldes. Tandis que pour les trois autres, les prix à la vente sont libres et peuvent tout à fait varier au choix du magasin pour faire marcher la concurrence.

Les distributeurs peuvent fonctionner de trois manières différentes :

1. Paiement direct & promo : le distributeur achète le jeu à l’éditeur en lui versant un certain montant, évidemment bien moindre que le prix au magasin, et se charge ensuite d’en faire toute la promotion : publicité, démo auprès des associations / bar à jeux, concours, etc. Dans ce cas de paiement direct & promotion, le distributeur prend une marge de 40-45% pour financer toutes ces dépenses et risques encourus. C’est le cas par exemple d’Asmodée en France.

2. Paiement direct & aucune promo : le distributeur achète le jeu à l’éditeur pareil en lui versant une certaine somme, mais dans ce cas précis le distributeur n’entame aucune publicité, il ne fait que distribuer les jeux aux magasins. Dans ce cas la marge est moindre, 20%. C’est le cas par exemple de Millenium en France également.

3. Dépôt-vente : le distributeur ne paie rien en avance à l’éditeur, il lui prend un certain stock, stock qu’il paiera ultérieurement selon les ventes et selon les délais, quitte à remettre le solde invendu à l’éditeur. Dans ce cas-là, le distributeur prend 30% de commission sur la vente effective. C’est le cas par exemple de Paille (sur France), Delirium (sur Suisse), Iello (sur France, qui distribue également, en plus d’éditer, comme Asmodée d’ailleurs).

Les magasins, eux, effectuent toujours leurs commandes auprès des distributeurs en commandes fermes payées.

Bref, vous l’aurez compris, le marché ne peut fonctionner que si « tout le monde joue le jeu » (une expression de rigueur pour cet article). Il faut que le distributeur achète le jeu à l’éditeur et il faut que le magasin achète le jeu au distributeur. Sinon la machine se grippe et l’un ou l’autre pâtit de la situation, éditeur, distributeur, vendeur ou joueur.

Et en Suisse ?

Palais Federal de la Suisse, Flickr, CC, by Flooffy
Palais Federal de la Suisse, Flickr, CC, by Flooffy

 Je vous mets au défi. La prochaine fois que vous allez dans un magasin de jeux en Suisse, observez bien leurs étagères et essayer de trouver toutes les dernières nouveautés dont vous avez entendu parler chez nos amis de JedisJeux ou sur TT (pas Audi, le site ludique. OK je sors).

Pourquoi aussi peu de nouveautés en Suisse ?

Difficile d’émettre une réponse gravée dans le tofu. Plusieurs hypothèses possibles :

Frilosité

Certains distributeurs sont « frileux » et ne veulent pas commander beaucoup d’exemplaires, donc au final, pour l’éditeur le marché suisse n’est pas prioritaire. Résultat des courses, quand l’éditeur (l’éditeur j’ai dit, pas le distributeur, suivez au fond) a la possibilité de négocier un important contrat de distribution avec un autre pays que la Suisse, qui ne lui prend que 5-6 exemplaires, il préférera naturellement rapidement écouler son stock. D’autant que certains contrats de distribution, selon les jeux, peuvent parfois atteindre des sommes « astronomiques », plusieurs centaines voire milliers d’exemplaires. C’est le cas depuis quelques années avec des distributeurs américains qui voient le marché du jeu de société en pleine expansion.

Dans ce cas-là, peu prioritaire, le distributeur suisse, et en aval le joueur suisse, devront s’armer de patience et attendre la 2e, voire même la 3e réédition du jeu pour finalement obtenir ces 5-6 exemplaires (le cas de Myrmes, Mice and Mystics, Minivilles, Sherlock Holmes Détective Conseil et bien d’autres titres en Suisse).

Alors pourquoi est-ce que les distributeurs ne prennent souvent / parfois (vous avez vu comme je ne me mouille pas trop) que 5-6 exemplaires d’un jeu ? Ont-ils des soucis de trésorerie ? Ont-ils peur de prendre des risques et d’acheter un jeu qui ne se vendrait pas ? Au final, et sans vouloir donner un cours d’économie, la peur est un très mauvais facteur dans un système libéral.

Langues

Sprachen_CH_2000_fr

Les langues en Suisse, c’est le bât qui blesse (le bât, un mot qui ne rapporte rien au Scrabble mais qui fait toujours la pète quand placé au bon moment au milieu d’une conversation). Comme vu précédemment, la Suisse est composée de trois langues nationales officielles (oui bon d’accord, quatre pour être exact, le Romanche, mais uniquement parlé aux Grisons par encore trois individus. Non j’exagère, l’un d’eux vient juste de mourir). Du coup, la distribution des jeux n’est pas des plus aisées.

Les Romands, qui représentent 22% de la population suisse sur 30% de son territoire, veulent avoir leurs jeux en français, pareil pour les deux autres communautés linguistiques. Les distributeurs doivent donc veiller à acheminer le tout, ce qui signifie un fractionnement important de la clientèle, donc au final, des bassins de clientèle plus réduits : à la louche, 65 millions d’habitants en France, 8 millions au Québec, 4 millions en Belgique francophone et à peine 2 millions en Suisse Romande. Un pet de mouche, comme on dit par chez-nous. Logique alors que les distributeurs se montrent plutôt réticents à commander 17’000 exemplaires d’un même jeu, souvent monolingue, même si les éditeurs veillent de plus en plus à rendre leurs jeux multilingues pour pouvoir toucher plus de joueurs, et ainsi plus intéresser les distributeurs.

Frontières

Reste que la Suisse a un gros souci politico-économique, elle n’est pas dans l’Union Européenne. Et avec la montée en puissance de partis politiques anti-européens, UDC, MCG, et les fréquents rejets lors de votations d’accords transfrontaliers, 9 février contre l’immigration de masse, 18 mai à Genève contre l’aide au financement à la construction de parkings en France voisine, je dirais sans trop me mouiller que ce n’est pas près de changer pour tout de suite (mais la France doit depuis peu également composer avec ses « démons » anti-européens avec la grimpette du FN).

Tout ça pour dire quoi ? Et bien que les importations représentent un véritable frein pour les distributeurs. Les éditeurs, ou distributeurs francophones doivent pratiquer la détaxe, la TVA suisse étant très basse, 8%, puis les distributeurs suisses doivent alors s’affranchir de la TVA ainsi des divers frais de transport pouvant être élevés selon le pays d’acheminement. Et aussi de ces p… de frais douaniers, 20-40 euros selon la quantité importée. Donc au final, une addition qui peut s’avérer salée et douloureuse, de quoi refroidir plus d’un distributeur.

Système Dé

On constate qu’en Suisse les associations, clubs, bar à jeux, conventions, événements, sont nombreux, vibrants et bien organisés. Peut-être est-ce dû au besoin de se « dépatouiller » pour accéder à ces jeux et nouveautés relativement difficiles à obtenir sur le territoire. Le cas par exemple du Bar à Jeux de Genève qui se remue chaque mois terre et ciel (j’adore cette expression) pour inviter auteurs et éditeurs, pour présenter les toutes dernières sorties, voire même des avant-premières, « le déséquilibre créé le besoin », disait Jean Piaget, grand psychologue suisse. Pour les jeux, c’est pareil. Puisqu’il y a un réel problème, les Suisses cherchent à trouver des solutions indépendantes pour y pallier. Toutes ces initiatives permettent ainsi aux joueurs suisses de découvrir les jeux, à eux de trouver ensuite le meilleur moyen pour les acheter quelque part.

Et accuser les magasins « en dur » de ne pas avoir suffisamment de choix est bien trop facile, et erroné, car au final, eux aussi souffrent de cette situation de ne pas avoir la possibilité de satisfaire leurs clients, et ainsi « juste » être capable de dégager la manne nécessaire pour subvenir à leurs dépenses.

Mais alors, pourquoi est-ce que les magasins ne vont-ils pas directement commander leurs jeux auprès des éditeurs ? Certains le font déjà, surtout avec des éditeurs pas officiellement distribués en Suisse, ça arrive, surtout avec les anglo-saxons ou d’autres patries plus… exotiques, mais de nombreux éditeurs, contractuellement, sont obligés de les renvoyer directement auprès de leur distributeur suisse agréé. Ce qui n’arrange pas vraiment les « bidons » au vu de tout ce qui a été discuté auparavant, les magasins auront toutes les peines du monde à trouver les titres recherchés, et ceci malgré les commandes des clients.

Joueurs

Que vont finir par faire les joueurs quand ils ne trouveront pas ce qu’ils cherchent ? Comme on l’a vu plus haut, passer la frontière et chercher sa came ludique ailleurs, ou commander sur le net, en pensant que les prix seront plus bas, ce qui n’est pas toujours le cas.

Certains distributeurs et magasins suisses jouent en effet des coudes pour réduire leurs marges et proposer des prix attrayants pour conserver et fidéliser leur clientèle, sans oublier que pour tout jeu commandé sur internet il faudra encore lui rajouter la TVA suisse, à moins que l’achat s’élève à moins de 60 CHF, dans ce cas-là le produit est exonéré, puis les frais de transport ainsi que les frais de douaniers (franchement, je paierais cher pour passer un quart d’heure avec un douanier dans une pièce et une catapulte).

Et plus les joueurs suisses désertent leurs magasins « en dur », plus ils risquent de mettre en péril cette économie locale nécessaire pour découvrir et acheter les jeux. Et moins de jeux sont vendus par les magasins, moins de jeux seront alors achetés à la distribution. Bref, c’est le serpent qui se mord sa queue de serpent à lui-même tout seul.

Cet article a été rédigé après entretien avec plusieurs distributeurs et magasins suisses. Merci pour leur précieuse collaboration.

Et vous, joueurs suisses, où achetez-vous vos jeux ? Souffrez-vous de cette situation? Avez-vous des propositions à faire?

 

27 Comments

  1. Bon ben moi je n’achète plus beaucoup de jeux juste pour moi: Quand j’achète pour moi, c’est un jeu à la fois, donc avec frais de port et douane et tout, les commandes à l’étranger sont exclues. J’achète par contre pas mal pour la ludo et là je navigue entre les deux options. D’un côté j’essaie de nourrir l’économie locale parce que ce sont souvent des gens biens et passionnés, et j’achète là. Mais parfois je dois satisfaire la soif de nouveautés des clients de la ludo (pas la mienne hein, surtout pas) et là ben ouais souvent les commandes online sont au poil.
    Par contre je relève que, vu la peine qu’elles ont à tourner, les boutiques doivent faire un effort au niveau de l’accueil. Et quand une boutique remplace un vendeur chaleureux, accueillant, souriant, très bon vendeur/conseiller/connaisseur par une porte de prison, ben honnêtement c’est à mon avis pas bon pour le business…

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  2. Au niveau d’une ludothèque, vu que ce sont les deniers de l’état, on ne devrait pas acheter les produits hors du marché suisse. Je suis étonné que tu le fasses.

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      1. Les ludothèques sont clairement un acteur important du marché ludique suisse, il est donc essentiel qu’elles « jouent le jeu » comme tu le dis en début d’article.

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    1. C’est pas du tout les deniers de l’Etat (sauf une petite partie qui vient de la commune et qui effectivement reste en Suisse), c’est l’argent des cotisations et au début de dons par des structures philanthropiques.
      Après effectivement on retombe sur la question ci-dessus : comment satisfaire la demande de nouveautés?
      Pour ma part, la priorité reste quand même au marché local…

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  3. J’ai choisi mon camp il y a longtemps.
    Quand un jeu est vendu 30€ en France et converti en 65.- CHF les scrupules « faut faire marcher l’économie locale » fondent comme neige au soleil.

    Du coup je fais un rush chez LudoCortex en France voisine environ une fois tous les 3 mois, avec 5-6 potes passionnés, et on dévalise sa boutique.

    Sinon de temps en temps je commande chez Philibert ou Ludibay.
    Toujours en restant juuuuste en dessous des 62.5 CHF pour éviter ces putains de (frais de) douaniers.

    (Pour l’anecdote, j’appel ça des Frais de Racket depuis longtemps)

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    1. Ben perso, depuis que j’ai trouvé ludokaz.ch (qui est très compétitif niveau prix) je commande plus rien à l’étranger car même en dessous de CHF 62.50, tu ne payes juste pas la TVA, mais pour peux qu’ils t’ouvrent le colis, tu payes les frais douaniers !!! De plus, en commandant en France pour moins de € 100 tu as souvent des frais de port de ~ € 10-12 !

      Si tu vas sur place, tu payes ton jeu au prix fort, soit inclus la TVA française….et si tu fais la détaxe, tu payes la TVA Suisse, sans compter le transports…..bref….

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      1. Depuis 5 ou 6 ans maintenant j’effectue facilement 50 commandes par an sur internet, dont la majorité à l’étranger (France, Allemagne, Angleterre, États-Unis et même Chine, une fois).
        Je n’ai jamais eu a payer la douane en dessous des 62.5 CHF.
        Par contre j’y ai droit systématiquement si ça dépasse, contrairement à un ami qui me dit passer entre les gouttes, parfois.

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    2. Pumb’ Vous-ici ?? (c’est le même que le squatter du site tout rose ?)

      100% d’accord avec toi … friand des même démarche … si le marché du jeux va mal en suisse c’est principalement du à une volonté des acteurs de ce marché (Très friand de la balle dans le pied)

      Ces distributeurs, qui sont revendeur/éditeur, pourrissent encore le truc (« On a reçu peut de stock alors on le garde pour notre magasin, et on le distribue pas. »… et il y a d’autres exemple).

      On a même vu un Éditeur, fournir l’étranger avant son propre revendeur.

      Depuis l’ouverture des frontières, on a vu aucun acteur du marché (hors des clients/ludothèques) jouer avec les nouvelles règles … (peut-être qu’ils ont reçu une traduction des règles faite par QueenGames 😀 )

      Et c’est là ou le revendeur qui a lancé une campagne de soutien participatif (au quel j’ai participé) a probablement une carte à jouer (j’aimerai bien en discuter avec le chef, mais il était pas la quand je suis passé … si tu nous lit). Juste au passage c’est le dernier revendeur « local » (suisse serait plus juste) que je fréquente bien qu’il soit a plus de 150km de chez moi.

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    3. C’est un peu dur je trouve de dire qu’un jeu à 30€ se vend 65.- chez nous… Ce n’est pas toujours le cas, premièrement, et comme indiqué dans l’article, on a souvent affaire en Suisse à un intermédiaire supplémentaire que n’ont pas les français.
      Et encore d’un autre côté, un salaire helvète est environ 3 fois plus élevé qu’en France, et un jeu ne coûte pas 3 fois plus cher pour autant…

      Les boutiques suisses font de plus en plus attention à la concurrence internet et aux prix pratiqués en euros, mais beaucoup de paramètres font qu’effectivement, on reste globalement un poil plus cher qu’en France.

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  4. Merci Gus,
    Mais un truc que les distributeurs devraient nous expliquer, c’est pourquoi certains jeux ultra médiatisé, Kickstarté à mort 2 ans avant leur sorties et qui déferlent des pages et des pages de discussions sur le net ne sont pas achetés par grande quantité… PIRE, même pas distribués…

    Parce que les exemples ne manquent pas:
    – Zombicide: Kickstarté en masse, il a fallut attendre la 5 ou 7ème édition pour enfin comprendre à la distribution Suisse que ct un jeu intéressant à vendre. Trouvez une boite de base maintenant relève du défit.
    – X-wing: Une licence en or, un succès incroyable et la boites de base dispo en Suisse seulement une année après sa sortie… (et chui encore sympa^^). Actuellement on trouve quelques vaisseaux qui dérivent dans les bordures extérieur!
    – Et dernièrement « Les Bâtisseurs » (pour prendre un autre exemple de produits non EDGE), avec des tonnes de pages sur TT cela suffisait à comprendre que ct un futur Hit, pas cher et facile à vendre (comme Splendor, tiens)… introuvable y’a encore un mois, aucunes idées si il est sorti en boutique (j’y suis pas passé depuis 3-4 semaines et j’habite Bienne actuellement)
    – Et Crazy time, Nosferatu, Room 25, et pleins d’autres petits jeux, pas cher et qui font parlé d’eux par bouche à oreilles qui ne sont pas distribués en boutique dur.

    Mon avis vaut ce qu’il vaut, mais une autre problématique que Gus ne parle pas est l’intérêt des distributeurs pour les jeux du type « casual-geek-ameritrash » qui se sont fortement développés ses 10 dernières années. J’ai l’impression que les distributeurs Suisse sont bien au courant des futurs hit cubenbois (des gros trucs a l’allemande, quoi) mais sont complètement à la rue sur les jeux que je cite dans mes exemples. Certes ca demande un peu plus de recherches d’infos, zieuter souvent les news, les Kickstarter, aller à Essen ou autres festivals ludiques pour tester des proto… parce que les sorties sont bcp plus nombreuses, mais au final si ont pouvait éviter d’avoir des jeux se faire refouler à la distribution par manque de place dans le camion parce qu’on n’arrive pas a anticiper les prochain Hit ou tout simplement on aime pas certains style de jeux (parce que ca fait des années qu’on vend bien Diplomacy (sarcasme again! lol)), nous aurions tous à y gagner.

    Que voit t’on en première page sur les boutiques en lignes a coup sur? Des jeux casual-geek-ameritrash… et en plus certains ne sortirons jamais ou dans 1 an en Suisse, cherchez pas plus loin. (Plus d’un an que j’attend HEROES OF NORMANDIE (j’avais plus le budget de le kickstarté), je l’ai commandé en France parce que je sais que ma boutique dans ma ville le recevra l’année prochaine…)

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    1. Un de mes collègues serait bien d’accord avec toi.
      Il suit assez régulièrement l’actualité sur les sites dédiés à notre passe-temps favoris et revient très souvent bredouille de chez son revendeur suisse.
      Derniers exemples en date : Smash up qui débarque des plombes après la France et Invazion, toujours introuvable actuellement.

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  5. Pour assurer la distribution des Souris Gourmandes en Suisse avec IF Association, j’ai eu pas mal de difficultés à trouver des boutiques suisse prêtes à le vendre. Si je ne me trompe pas, ça doit tourner aux alentours de 7 boutiques qui nous ont pris entre 5 et 40 exemplaires.
    Les Souris Gourmandes n’étaient pas la dernière nouveauté hyper attendue par les joueurs comme peut l’être un nouveau Cathala, donc je peux comprendre une certaine appréhension de la part des boutiques. De plus nous n’avons pas le même réseau que les distributeurs historiques suisse.
    Je pense que le fait qu’une partie des bénéfices va à l’association Theodora a joué en notre faveur.

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    1. Très bon jeu en effet, un must pour mes neveux! Quand je l’ai reçu je me suis dit qu’il sera surement pas distribué en Suisse… content qu’il y a quelques boutiques qui ont fait le pas!

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  6. Je confirme pour les achats transfrontaliers. Etant une racaille frontalière (dixit un célèbre parti genevois), je me rends environ 1 fois par mois dans une célèbre boutique annécienne pour faire mes emplettes, et on y croise un nombre important de clients de Suisse romande qui se déplace non seulement depuis Genève, mais aussi Vaud, Neuchâtel et Fribourg. Il est certain qu’il est important de soutenir les boutiques en dur avec des vrais gens qui travaillent dedans, mais le prix de jeux en Suisse romande est tellement décourageant, et comme souligné dans l’article les nouveautés se comptent sur les doigts de la main. Dès lors qu’on touche au portefeuille le choix est vite fait, d’autant plus que jouer peut être une activité onéreuse si on veut suivre l’actualité ludique …

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  7. Moi je viens de découvrir le site d’un magasin à Chavannes-près-Renens qui s’appelle les 400 coups et qui m’a dégoté rapidos un jeu que je pensais difficile à trouver (j’avoue que je n’étais allé que chez Xenomorphe, par ailleurs plutôt bien fourni).

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    1. Le Xeno de Lausanne est quand même de moins en moins bien achalandé (sauf si on est pur figuriniste). Je préfère de plus en plus Davidson. Les 400 Coups sont intéressants oui, mais plutôt le site que le magasin en fait.

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  8. Pour ma part, ayant récemment eu de la peine à trouver la réédition du jeu de cartes The Resistance (j’avoue que je n’étais passé que chez Xenomorphe à G’nève), j’ai découvert la boutique en ligne du magasin de Chavannes-près-Renens, Les 400 coups. Je pense continuer à faire mes achats chez ces gens-là, si j’y trouve ce qu’il me faut, parce que je trouve leur boutique en ligne bien fichue, et j’ai pas à m’encombrer des commandes à l’étranger (et je peux faire mon suisse qui achète local, si ça compte).

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  9. « …On constate qu’en Suisse les associations, clubs, bar à jeux, conventions, événements, sont nombreux, vibrants et bien organisés… »

    En certaines régions plus peuplée oui, peut-être

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    1. Pas top d’accord. Pour autant qu’on soit prêt à faire 20-30km on tombe toujours sur des clubs / conventions. Le Valais comptent plus de clubs de jeux que de vaches (je ne suis pas à 100% sûr de mon calcul), pareil pour Neuchâtel canton haut bas et Jura. Fribourg aussi. Vaud pareil. Bon du coup ça ne joue pas trop vers Uri, à gauche. Et dans le Gros-de-Vaud. En même temps, avec un nom pareil…

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  10. Perso, j’achète uniquement local ou presque (il faut en gros que le jeu soit pas distribué en Suisse du tout, comme c’était le cas avec certains jdr il y a quelques années qui n’avaient pas été traduits (fin de L5A 3ème) ou qui n’avaient pas de distributeur (7ème Cercle rentrait dans cette case il me semble)). Ok, c’est plus cher d’acheter local, on attend parfois (souvent) plus longtemps, mais d’un autre côté, je tente de garder une ludothèque « à taille humaine », donc je n’ai pas un « besoin » d’achat régulier, même si j’achète facilement 10 jeu/an. Après, je sais que la majorité des gens qui lisent ce blog n’ont pas ma patience (qui s’est récemment beaucoup développé en attendant que Lemaco remette la main sur des boîtes de Terra Mystica) et aime avoir une très grosse ludothèque. Je pallie à mes manques grâce aux gens avec qui je joue, qui possèdent pas mal de jeux et que je vois une fois par semaine, ce qui me permet de diversifier mon paysage ludique et de repérer les quelques « must have ».

    Je pense que la première grande question qu’il faut se poser c’est « comment consommons-nous des jeux? » Parce que forcément, si on a une grosse consommation, qu’il faut rapidement du neuf, il est assez évident que le marché suisse dans son état actuel ne suffit pas. Mais si on se « contente » de quelques jeux et qu’on cible ses achats, je trouve que ça fonctionne pas mal. Evidemment, cela demande de prendre du recul, donc typiquement de ne pas « tout acheter pour tout essayer » comme on aimerait tous le faire, mais de laisser passer du temps après la sortie d’un jeu pour être sûr qu’il vaut l’achat.

    Concernant des problèmes de distribution de jeux, sans vouloir absolument dédouaner les distributeurs, il arrive quand même assez fréquemment que ça pétouille au niveau de l’éditeur/distributeur étranger. Le cas le plus typique que je connaisse est Ystari, qu’Asmodée doit récupérer chez Millenium comme indiqué dans l’article. Il suffit que ça coince à ce niveau-là et paf, gros retard. Sinon, il y a des éditeurs qui ont ou avaient une vilaine politique vis-à-vis du marché suisse, comme Edge il y a quelques années (j’avoue que je ne sais pas si c’est encore le cas) qui ne livrait pas en Suisse les derniers exemplaires d’un jeu et les gardait pour le marché français parce que ça rapporte plus (un intermédiaire en moins, donc prix de vente éditeur). De mon avis il faudrait (re)penser toute la chaîne, parce que de ce que je vois, il y a plus de problèmes avec la distribution de produits en français qu’avec ceux en allemand. J’en achète moins en allemand, mais sur un truc comme le jeu X-Wing, il est frappant de voir qu’Heidelberg arrive bien plus vite en Suisse. Est-ce lié au distributeur ou à l’éditeur? Je serais bien en peine de me prononcer avec certitude sur la question, mais je pense que les éditeurs jouent aussi un rôle important dans cette « carence », puisque malgré les pétouillages cités par Isma, les distributeurs restent les mêmes. Donc soit les éditeurs sont stupides et ne réalisent pas que les distributeurs font un très mauvais boulot, soit le marché suisse n’est pas significatif et la situation actuelle convient aux éditeurs, soit les éditeurs sont également à l’origine du problème. En tous les cas, je trouverais intéressant de faire un autre article avec des infos de la part des éditeurs, histoire d’avoir une meilleure vue de la situation. Mais cet article reste un article de fond bien fichu, comme c’est souvent le cas ici 😉 (un petit compliment, ça ne peut pas faire de mal…).

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  11. Merci pour l’article très intéressant.

    Je crois que Nadir a posé la bonne question : comment consommons-nous du jeu ? Perso, je suis en France, proche de Basel/Bâle. Il y a quelques années, pour avoir plus de jeux pour moins cher, j’allais en Allemagne ou je commandais sur le net en Allemagne, profitant des promos et bonnes affaires. Résultat : 25% de jeux sous cello ou non joués dans ma ludo de l’époque et des tas de jeux jamais approfondis. Un gâchis. Du consumérisme pur et dur. Aujourd’hui je dépense 10x moins et en France mais je joues aux jeux que j’achète.

    Pour la petite histoire, il y a 10 ans, j’allais à Bienne chez Délirium pour acheter des jeux que l’on ne trouvait plus en France comme des Ludodélire sous cello ou autres raretés ! Bon c’était cher, mais moins cher que les mêmes d’occaz en France. 🙂

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