Peut-on être objectif quand on critique un jeu?

LBA, or, I've Stared the Devil in the Eye, and He Stared Right Back, Flickr, CC, by RawheaD Rex
LBA, or, I’ve Stared the Devil in the Eye, and He Stared Right Back, Flickr, CC, by RawheaD Rex

Depuis quelques jours des commentaires extrêmement riches et intéressants affluent à la suite de l’article sur les critiques négatives des jeux.

Du coup ça nous a donné envie de relancer le débat en posant la question suivante: peut-on être objectif quand on critique un jeu?

Le jeu est avant tout un plaisir. On ne joue pas lorsqu’on est obligé, on joue parce qu’on en a envie. Ou alors on essaie de trouver toutes les excuses (bidon) pour ne pas jouer.

Peut-on alors se montrer objectif quand on critique un jeu? Est-ce possible de faire la part des choses et séparer plaisir et aspects purement objectifs telle qu’une mécanique bien réglée ou déficiente, des illustrations / graphismes mal conçus, des règles truffées de fautes ou mal structurées?

Bref, est-ce que toute critique, de jeu ou d’autre chose finalement, ne serait-elle pas uniquement liée au plaisir personnel que le jeu procure, et donc purement subjective? Peut-on conserver son objectivité? Et au final, est-ce que la subjectivité est un mal?

Xavo, rédacteur chez nos amis ludiques et belges Ludigaume, a laissé un commentaire passionnant sur ce sujet, commentaire qui nous a justement motivé à lancer le débat. Le voici, dans son intégralité, republié avec l’accord de Xavo:

« Tout d’abord, je voudrais dire que j’aime bien ton site Gus pour ce contenu là : le débat, la prise de recul, l’analyse… des points de vue qui ne plaisent pas forcément à tout le monde mais qui font qu’ici, on a pas simplement à faire à un site d’achat tenu par un animateur déguisé en pseudo journaliste. Merci.

J’ai commencé à écrire des avis / critiques / analyses / … de jeux de société en 1999 sur mon site « La Guilde ». Mon approche de l’exercice à beaucoup évolué depuis. J’en écris toujours aujourd’hui de temps à autre sur Ludigaume.

Au début, je jouais au critique objectif qui connait son sujet non sans orgueil : je donnais un avis argumenté sur des jeux, positifs ou négatifs…. mais en fait, sans grande rigueur comme nous allons le voir. Notez que casser un jeu Days of Wonder n’empêchait pas le dit-éditeur de continuer à m’envoyer quelques boites. Mais sincèrement, je m’en foutais complètement, vu le nombre de boites sous cello que j’avais et que j’ai encore en stock (j’ai toujours Colosseum sous cello envoyé par l’éditeur à sa sortie !). Pour moi, jouer la carte du cadeau éditeur est du « gagne petit ». Je connais des blogueurs qui contactent par eux-mêmes les éditeurs pour avoir ces cadeaux. Je trouve cela ridicule et intellectuellement malhonnête : soit on est là pour partager sa passion, soit on est là pour gagner quelque chose, faut être clair et le dire. Tiens, je viens de me faire plein de copains !
Ensuite, je me suis mis à réfléchir un peu à ce que je faisais et j’en ai rapidement déduit que c’était stupide d’écrire un avis sur un jeu après avoir fait une seule partie, juste pour faire du contenu rapidement la plupart du temps. Je me suis donc donné une règle : faire 3 parties d’un jeu avant d’écrire quoique ce soit, si possible dans des configurations en nombre de joueurs différentes et informer les lecteurs du nombre de parties jouées avant critique/avis. Cela permet d’appréhender un petit peu la profondeur du dit jeu et ne dispense absolument pas de passer à côté. J’ai complètement raté par exemple la magie de Carolus Magnus même après trois essais : il a fallut qu’un valeureux internaute me mette la tête dessus pour que je vois enfin les qualités de ce jeu. Une information sur au moins le nombre de parties jouées manque terriblement sur le net où l’on peut lire des tas d’avis dont on ne sait pas à partir de quoi ils ont été rédigés et qui ne valent rien selon moi. Et quand je dis rien, je pense « rien ». Si j’avais encore quelques amis dans la blogosphère ludique, je viens de les perdre maintenant.
Ce changement est fondamental : qui a envie de tenter trois parties d’un jeu dont on a pas aimé la première ? Mécaniquement, j’écrivais de moins en moins de critiques/avis négatifs(ves), même si parfois je donnais 3 chances à un jeu de me plaire… dans la douleur le plus souvent. En plus, comme cela m’avais bien gavé, je n’étais pas tendre avec le jeu. C’était idiot : la règle du nombre de parties jouées ne doit s’appliquer que lorsqu’on se fait plaisir ! Maintenant, sur Ludigaume, je fais des « premières impressions » sur un jeu qui ne m’a pas botté et j’explique pourquoi.
Et puis, j’ai continué à réfléchir (je suis lent) et j’en ai déduit que jouer est une expérience hautement subjective à ce point que l’on ne peut décider de le faire : on ne peut se forcer à jouer. On peut se forcer à appliquer mécaniquement des règles, mais pas à jouer. C’est ce que les gens instruits qui s’intéressent au jeu appelle la « posture ludique ». Le jeu est une rencontre entre un objet et une personne : c’est pour cela qu’un bâton peut devenir un jeu et que ma femme verra toujours mes boites comme des encombrants. Donc, quand un jeu ne nous plait pas, on ne joue pas. On pousse des pions et on s’emmerde. Ainsi, quand on critique ou donne son avis sur un jeu qui ne nous a pas amusé, on ne critique pas vraiment un jeu au sens où il n’y a aucun vécu de joueur à rapporter. La critique uniquement objective de jeu est morte ce jour-là pour moi : jouer est une expérience et l’on raconte dans nos avis uniquement des expériences, forcément personnelles. Il est donc nécessaire d’essayer de donner au lecteur un maximum d’info sur le déroulement de cette expérience (d’où à mon avis la puissance des CR de parties). Effectivement, il est possible dans un second temps, et uniquement dans un second temps, d’essayer de comprendre pourquoi ce jeu nous a procuré ce vécu là et de décortiquer l’ensemble sans perdre de vue que cela reste un vécu singulier à l’origine. Je rappelle pour ceux qui l’auraient oublié que des gens s’amusent avec des monopoly, des solitaires ou même des jeux de Stefan Feld : ce sont donc de bons jeux pour quelqu’un et l’on peut trouver des critiques positives de ces jeux sur le net.

Pour moi, Geeklette se trompe et en plus, elle n’a absolument pas les bons arguments. S’il s’agit de ne pas faire de critiques négatives « pour ne pas froisser les éditeurs » (je n’ai pas écouté son podcast, je reprend juste ce qui est rapporté ici), c’est simplement pathétique. Pour ne pas froisser les éditeurs, il suffit d’être humble dans sa rédaction, de rapporter sa propre expérience et le dire. C’est tout. Après, si un éditeur s’imagine que son jeu doit plaire à tout le monde, qu’il change de métier.
Donc oui, il faut rapporter tous nos vécus : quand un jeu a marché pour nous, ou quand il n’a pas pu créer chez nous cette posture de joueur que l’on aime temps. Cela ne va pas dire que c’est un bon jeu ou un mauvais jeu, cela veut dire qu’on s’est amusé ou pas. Il faut essayer de comprendre pourquoi et l’expliquer. Il faut informer le lecteur de la matière que l’on a utilisé pour rédiger son billet, au minimum le nombre de parties jouées avant. En clair, il faut arrêter de croire que l’on raconte LA vérité sur un jeu, mais juste une pauvre petite vérité : celle d’un joueur qui veut partager quelques moments de sa vie autour d’une table. C’est déjà pas si mal. »

Merci Xavo pour ce long et riche commentaire.

Qu’en pensez-vous? Peut-on rester objectif quand on émet une critique? De jeu qui plus est? 

17 réflexions au sujet de « Peut-on être objectif quand on critique un jeu? »

  1. personnellement j’aime bien quand bien un critique dit que ce jeu lui as rappeller un autre jeu bien connu, ça permet d’identifier plus facilement et de se dire : » tiens j’ai bien aimé l’autre dont il parlait » celui-ci me plaira peut-être.

    pour ma part je fonctionne beaucoup aux auteurs et souvent quand un jeu d’un auteur m’à plu les autres suivent.Du moins je m’y intéresse +.

    de fait si un joueur parle d’un jeu et dit que ça ressemble à un autre jeu d’un auteur que j’affectionne, ça me titillera. Néanmoins, il faut préciser aux lecteur pourquoi le critique as fait cette similarité et ce qui lui as fait penser.

    exemple : en expliquant un peu la mécanique du jeu, dire des choses du genre : » ça ressemble aux enchère de …., la mécanique de pose d’ouvriers est inspiré tel jeu, chaque joueur pourra effectuer l’action comme dans puerto rico etc…. » ainsi le joueur identifiera plus facilement une mécanique qu’il aime et lira en plus détails la critique.

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  2. Pas spécialement envie de ré-écrire la même chose que sur le précédent post, mais de mon avis, dans la critique d’un jeu il y a deux aspects, le matériel dont la critique ne peut être qu’objective (carton, plastique, peint à la truelle, découper au hachoir ou au Drimel,..) et le coté créatif (règles, illustrations,..) qui elles relèvent d’un ressentit et donc ne peuvent pas être objectives puisqu’elle parleront à la sensibilité du rédacteur et donc à son expériences, ses goûts, ses habitudes,… Il faut séparer ces deux aspects et après y mettre les formes pour être se rapprocher d’une critique Objective partielle. Pour moi, une critique ne sera JAMAIS objective. Mais de toute manière, naturellement on va aller/visiter les blogs/sites de critiques ayant des « goûts » identiques aux nôtres, affinant du coup l’objectivité relative.

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  3. L’important dans la critique n’ai pas tant dans le j’aime ou j’aime pas que dans le voilà ce que j’ai aimé et voilà ce que je n’ai pas aimé. Et ça, ça devrait être objectif, même si ce n’est pas toujours facile.
    A moins de savoir qu’on a les mêmes goûts à 100% que l’auteur de cette critique, ce qui ne me paraît pas possible, le but est d’avoir les éléments pour ce faire un premier avis.
    Car induire un achat qui ne nous correspond pas est dommageable pour tous. On a l’impression d’avoir gaspiller du temps et de l’argent, il nous rend plus réticent à renouveler l’expérience.

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  4. Objective par rapport à quoi ?
    Comme dit plus haut, c’est impossible d’être objectif, nos sens nous permettent de ressentir 7% de notre environnement.

    Chacun applique de toute façon 3 « biais » : Généralisation, suppression et Distorsion.

    Donc je suis en général à la bonne foi du rédacteur, à son effort d’objectivité (c’est donc ce qui me gene qd geeklette parle d’un jeu en citant le lien marchant de son partenaire).

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  5. Est-il possible d’être objectif. Oui si par objectif s’entend donner son avis en son âme et conscience et sans aprioris provenant de pressions extérieurs (ce jeu fait le buzz, je ne l’aime franchement pas mais je modère mon propos pour suivre le troupeau) ou d’éléments autres que le plaisir ludique que procure le jeu (de toutes façons c’est de tel éditeur, je n’aime généralement pas les jeux de cet éditeur).
    Maintenant si être objectif c’est faire fi de son expérience personnelle. Là je dis non. Ca serait admettre qu’il existe une façon froide et mathématique de juger un jeu et donc par extension, qu’il existe une recette pour faire un jeu idéal.
    Avis et Objectivité n’est-ce pas antinomique par définition de toutes façons?

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  6. Je ne m’attendais pas à ce que tu colles le commentaire brut de décoffrage comme ça Gus : il aurait mérité d’être revu (et au moins corrigé !) ! Par contre je m’attendais à lire ton avis sur la question. Ça me manque. 🙂

    J’ai lu les billets de Lionel Davoust. Je le trouve très juste. Pourtant, je trouve aussi que cela ne sert à rien. Pourquoi ? Exemple. Il dit qu’Avatar est un bon film. Pour moi c’est un navet. Nos critères diffèrent. Les siens sont clairs et référencés; Le mien est que je me suis ennuyé en le regardant. Qu’est ce que j’en ai au final à battre que la fiction doive employer les moyens qui la servent ; doive être cohérente (ou maîtriser son incohérence) et doive remplir les promesses qu’elle semble se fixer ? Je ne fais pas des films moi, je les regarde : je ne vais pas les regarder avec sa grille pour savoir si oui ou non c’est un bon film et du coup si je peux en retirer quelque chose ! Moi ce que je veux qu’il me dise c’est 1/ ce qu’il a ressenti pendant le film ou ce que le film lui a apporté 2/ qu’il analyse pourquoi il a eu ce vécu. Après, je me positionnerai, si je peux, avec mes critères car les siens ne me servent à rien même s’il me faut les connaitre. Par contre, si je faisais des films, c’est une autre question.

    C’est pareil pour le jeu. Il y a 10% environ d’avis supérieur ou égal à 7 pour le Monopoly sur BGG (pas spécialement un repère de ménagères de + de 50 ans). Ils se trompent ? En fait, ils ne le savent pas, mais Ils se sont ennuyés ? Si l’on admet que le but d’un jeu est de se faire plaisir et qu’ils se sont faits plaisir. Y’a pas un problème à dire que c’est un mauvais jeu ? Pourtant, c’est trop long, bourré de hasard, sans aucune réflexion, porteurs de valeur de merde, ça favorise le vainqueur… mais eux ils s’en moquent. Pour ces 10% là, c’est du plaisir, donc un bon jeu. Pour des tas de raisons : ils n’aiment pas réfléchir, ils aiment bien les jeux d’argent, ils aiment bien gagner et sans hasard ils n’y arrivent pas, ils n’aiment pas lire de nouvelles règles ou les expliquer, ils sont nostalgiques….etc. Notez qu’on ne peut pas dire non plus que c’est un bon jeu, car la moyenne est à 4,49. Alors objectivement on dit quoi ?

    L’objectivité en matière de jeu, ça ne vaut vraiment pas grand chose et je pense qu’il ne faut même pas essayer. Trouvez moi un seul critère objectif que tous les jeux doivent remplir au risque de ne pas faire ce pour quoi ils sont conçus : donner du plaisir. Règles mal écrites ? Res Publica Romana. Buggé ? Scherlock Holmes 1st ed. Laid ? Steam. Mal équilibré ? Diplomacy… A mon avis, si un jeu possède ce que vous cherchez en jouant, vous surmonterez tous les obstacles pour y jouer. Ce n’est pas des malades de cubes en bois comme ceux qui fréquentent ce blog qui me diront le contraire. Pour moi, c’est évident, l’objectivité, ça n’a aucun sens en matière de jeu, l’honnêteté, c’est simplement d’assumer sa subjectivité et d’essayer de la partager

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  7. « Pour moi, c’est évident, l’objectivité, ça n’a aucun sens en matière de jeu, l’honnêteté, c’est simplement d’assumer sa subjectivité et d’essayer de la partager » je rejoins entièrement ce point de vue, la vérité est une opinion, Lapinesco effleure le sujet de la perception, en effet personne ne perçoit les choses qui l’entourent de la même façon, l’imagerie médicale est aujourd’hui capable de le démontrer alors croire que l’on peut juger « objectivement » de quoi que ce soit (jeu ou autre) c’est un peu se prendre pour un dieu omniscient.

    D’ailleurs, Evhémère d’Allyshandre tu suggères que l’aspect matériel d’un jeu peut être la cible d’une critique objective, je pense que rien n’est moins sur : le matériel sera beau pour certains, pas pour d’autres…et réussi par rapport à quoi de toutes façons? au prix qu’on a payé ? au salaire des mains qui l’ont produit ? Tout est toujours relatif… (Voilà pourquoi perso, j’essaie de privilégier dans mes écrits un point de vue fortement subjectif …car c’est pour moi la seule façon de rester honnête).

    Sur le sujet de critiquer un jeu après tel ou tel nombre de parties, là, c’est pareil. Moi, je sais qu’il me faut au moins deux parties (note: sur JDJ un test ne doit être rédigé qu’après 5 ou 6 parties…des fois c’est hard!) car à la première partie, je découvre, et en général, je me prends une tole d’ailleurs lol (ce qui ne m’empêche pas d’apprécier)… Je sais que certaines personnes ont tellement d’expérience qu’elles peuvent jauger un jeu après une partie seulement. Et oui… nous sommes différents. ( Dingue ! ^^)
    Et c’est ça qui est enrichissant !
    Par contre, je suis d’accord avec Xavo, le mieux c’est quand même de le dire (« j’ai joué qu’une partie »…et pourquoi pas d’expliquer pourquoi), pour que le lecteur sache à quoi s’en tenir. Moi quand je lis une critique, j’aime bien savoir, ça me permet d’avoir des indices sur le jeu et le rédacteur, et de me faire mon avis.

    Bref toutes ces réflexions sont bien intéressantes, merci à Gus, vive le Quebec libre ! ha non pardon il est en Suisse…

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  8. « Pour moi, Geeklette se trompe et en plus, elle n’a absolument pas les bons arguments. »

    Pour moi, Geeklette fait un choix personnel, qu’elle explique mais qu’elle n’a même pas à expliquer fondamentalement. Elle est bloggeuse, et à ce titre, elle fait ce qu’elle veut sur son blog. Par souci de transparence et pour partager son expérience, elle s’explique. Si ça ne convient pas à certains, personne ne leur impose de lire son blog comme j’invite les gens qui n’apprécient pas ma ligne éditoriale à ne pas me lire … Chacun ses goûts et ses choix, non ?

    Se permettre « c’est simplement pathétique » et ajouter « je n’ai pas écouté son podcast, je reprend juste ce qui est rapporté ici » est pour moi beaucoup plus gênant en terme de critique objective … Le gobelin rose fait exactement pareil à ce qu’il me semble … Ca ne me gêne pas, c’est simplement un choix. « On parle des jeux qu’on aime et seulement ceux-là ». C’est dit. Point. Fin du débat.

    Pour ma part, je fais le choix de parler des jeux, des auteurs et des éditeurs que je n’aime pas. C’est mon choix, que je n’impose à personne d’autre. Internet est sensé être un espace de liberté. Pas de jugement des autres.

    On parle d’un microcosme ludique sympathique et soudé, mais depuis peu, je vois surtout des gens qui parlent des autres, qui critiquent et creusent dans le caca. Dans quel but ? Faire progresser le milieu ? Très honnêtement, si je peux éventuellement accepter le but de la démarche, je ne peux qu’affirmer très clairement que je pense que ça aura l’effet inverse.

    A bon entendeur, lâchez la grappe des gens qui ne font pas les mêmes choix que vous …

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  9. je voulais marqué un long truc, mais finalement, UltraLord a bien résumé mon point de vue

    après, à quoi sert la critique de jeux ?
    de mon point de vue de joueur, je fais le tour des différents blogs pour avoir des avis divers et variés. je ne pense pas qu’un joueur va acheter les œils fermés un jeu sur une unique critique d’un seul blog. une critique sur un blog, c’est un avis très poussé, très détaillé, mais çà ne reste qu’un avis.
    un jeu n’ayant qu’une seule critique sur le net = prendre la critique avec des pincettes
    un jeu ayant plusieurs critique sur le net, çà donne la tendance, mais çà ne reste qu’une tendance

    et puis, il reste tellement d’autres moyens pour se faire son avis : les TricTrac TV (là, aussi, on ne voit que des jeux qui sont appréciés, rarement de critiques négatives …), les boutiques de jeux (encore faut-il en avoir avec des passionnés et en général, j’ai l’impression d’en connaitre plus que le trois quart des vendeurs, mais c’est un autre sujet), les festivals (meilleur moyen de tester en vrai un jeu, c’est pas génial, çà ?) …

    bref, être subjectif sur une critique d’un jeu, çà risquerait d’être fade et froid (Darty, Fnac, …)

    ps : en effet, une rubrique : « jeux essayé dans les configurations suivantes » serait une excellente information supplémentaire

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  10. @UltraLord
    Quand on se permet une expression publique, on doit logiquement s’attendre à ce que certains donnent un avis sur ce que l’on dit. Cela ne supprime aucune liberté. Je n’interdis à personne de penser autre chose que moi, de le dire et le mettre en acte publiquement. Maintenant, si je veux en débattre des heures durant, en quoi est-ce un problème ?
    Note que j’assume parfaitement et je maintiens mon « c’est simplement pathétique » qui est placé où il doit être : je rappelle que la phrase commence par « si » et que c’est cette hypothèse qui est qualifiée de pathétique, pas Geeklette dans son ensemble. Après, si l’hypothèse s’avère juste (ne pas faire de critiques négatives « pour ne pas froisser les éditeurs » ), et ben, on est pas du tout d’accord sur ce point, et alors ? On est censé être d’accord sur tout ? On ne peut pas en discuter pour autant ? Je ne dois plus aller sur son site (ce que j’ai fait depuis) ? En plus, je reconnais bien volontiers comme toi qu’elle au moins à fait l’effort de transparence et que c’est tout à son honneur. Gus pourrait à la limite se formaliser que je n’ai pas pris ses propos pour argent comptant et préféré utiliser une hypothèse…mais sinon je ne vois pas. Tu dramatises à l’excès quelque chose qui n’a pas lieu de l’être.
    Pour finir, je trouve que pour être cohérent, tu devrais appliquer à toi-même tes principes : tu sembles dire qu’il faut laisser chacun faire comme il le souhaite sans le critiquer et ton message n »est qu’une critique des autres que tu invites à se taire !

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  11. Le problème derrière tout ça, c’est que si :
    – on n’a uniquement des tests de jeux fournis par les éditeurs
    – et que les tests ne sont publiés que si les avis sont positifs

    Alors qu’en parallèle, on a une tétra-chiée de jeux qui sortent chaque mois. C’est un cercle vertueux pour les éditeurs qui ont les moyens, car on ne parle que de leurs jeux, en bien, donc notoriété pour leurs produits, donc plus d’achats, donc plus de moyens pour faire parler de leurs jeux.

    Tant mieux pour eux.

    Pour moi, le résultat c’est que :
    – j’ai plus l’impression que les testeurs sont des relais de communication des éditeurs (heureusement que les forums sont là)
    – je me dis que tous ces jeux sont super et que je pourrais tous les acheter indifféremment.

    Or quand bien-même chaque jeu peut avoir ses atouts, sa propre identité, j’aimerais qu’un bloggeur / journaliste / testeur me dise « on a déjà fait mieux / si vous avez déjà tel jeu ne l’achetez pas, mais sinon allez-y / achetez-le si vous êtes fans du thème / récemment, tel jeu est sorti sur le même thème / avec les mêmes mécaniques, et j’ai pris plus de plaisir à y jouer ».

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  12. Je vais répondre en deux temps, tout d’abord sur l’objectivité, et ensuite sur cette polémique avec Geeklette.

    Tout d’abord, il est difficile d’être objectif, étant donné que comme certains de mes prédécesseurs l’ont très bien dit, jouer à un jeu, c’est une personne (et son vécu, sa personnalité, ses gouts, son ressenti) qui rencontre un objet. Vu qu’on est tous différents, on aura des avis pouvant eux aussi être extrêmement différents. D’ou l’impossibilité de l’objectivité. Au mieux, on peut se permettre de rédiger une chronique reportant le plus de choses factuelles, comme la mécanique, le matériel, les conditions de jeu, le prix…
    Mais là encore, ne fut-ce que dans la manière dont on en parle, on ne peut être objectif. La manière de rédiger, l’ordre, le vocabulaire utilisé sera nécessairement conditionné par l’expérience de jeu. On aura tendance, même objectivement, à utiliser des tournures de phrases plus positives pour un jeu apprécié. Alors qu’on parle d’éléments concrets et +/- objectifs…

    Alors pour moi, parler d’objectivité lorsqu’on critique, ou même de manière plus générale, qu’on pratique le métier ou le hobby, selon, communément appelé « journalisme », n’a aucun sens. On n’est pas objectif, jamais. En soi, même choisir de ce dont on parle n’est pas objectif.
    Je pense donc que c’est une question qui devrait plutôt être remplacée par l’honnêteté. Dire dans quelles conditions a été testé le jeu, avec qui. Dire quels sont ses propres gouts, si on a été payé directement ou indirectement pour rédiger ses chronique. Simplement, être honnête, pour que le lecteur puisse juger lui-même s’il apprécie le blogger et ce qu’il rédige, et ensuite, s’il juge l’article pertinent. A ce moment là, on peut déterminer si oui ou non le jeu est bon pour soi.

    Une critique ne doit ainsi pas être de la pommade pour son créateur, mais elle ne doit surtout pas trasher pour le plaisir. En particulier dans un milieu aussi petit et connecté que le jeu de société. Pour moi, une critique se doit d’être honnête, plus que positive ou négative.

    Après ce petit pavé, je vais ajouter mes deux cents à ce pseudo-débat. UltraLord l’a bien résumé pour moi. Chacun est libre d’écrire ce qu’il veut chez lui. J’aime bien l’humour, mais je n’aime pas tailler en pièce quelqu’un, et jeter ses restes en place publique.
    Ainsi, Geeklette est libre d’écrire ses chroniques de la manière dont elle le souhaite. Cependant, la critiquer en utilisant un vocabulaire injuriant sort doucement de la catégorie avis personnel pour rentrer dans l’insulte. On est tous animés par la même passion (à part 10% des gens sur BGG, mais c’est une autre histoire 😉 ), ça serait quand même pas mal qu’on puisse faire mieux que de se tirer dans les jambes à grands coups de critiques injuriantes.

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  13. Je le redis ma formule ne s’applique pas à elle et ne vise qu’à marquer mon désaccord. Il n’y a aucune intention de l’injurier d’une manière ou d’un autre. Je présente mes plus plates et sincères excuses à Geeklette si elle s’est sentie injuriée.

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  14. Franchement, est-ce que les critiques qui se veulent « objectives », mesurées, qui cherchent forcément les aspects positifs, les aspects négatifs, qui tentent de prendre du recul… sont celles provoquent le plus l’envie d’acheter un jeu ?

    Si je prends mes derniers achats :

    C’est cette vidéo complètement dithyrambique qui m’a fait acheter Nations : https://www.youtube.com/watch?v=fijbN6sLeEg

    C’est cette review passionnée (10/10…) sur BBG qui m’a fait acheter Battlecon :
    http://boardgamegeek.com/thread/1125631/the-old-masters-stable-veterans-and-spunky-fresh-t

    Absolument pas objectifs, ils m’ont transmis leur enthousiasme. Et je les en remercie, parce que ces jeux sont des énormes coups de cœur (plus que ça encore pour Battlecon, c’est l’un des meilleurs jeux auquel j’ai joué depuis des années).

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  15. Après avoir ressassé la question depuis mon dernier commentaire. Etre objectif : Serait-ce être capable de dire « Je n’aime pas ce jeu pourtant il est très bon » ou « J’adore ce jeu mais c’est une bouse » Mais là encore je trouve que ça serait admettre qu’il y a une façon consensuelle d’apprécier une jeu. A l’époque où j’étais pigiste pour JSP on s’est souvent posé la question de l’objectivité. Et j’avoue que j’ai un avis complétement opposé aujourd’hui. Mais je me souviens qu’ l’époque j’avais grosso modo dit très bien on ne sait pas être objectif. Hé bah qu’à cela ne tienne, on fait une présentation de chacun. Les joueurs feront progressivement connaissance avec tel et tel chroniquer et il finiront par savoir de quels avis ils se rapprochent. Dans ce sens le web 2.0 et sa subjectivité sont une chance. On a des tas de bloggueurs avec des avis différents et on arrive plus ou moins a se faire une idée précise de la façon dont on appréhendera un jeu. Mais une fois encore je crois que l’objectivité n’a rien a voir avec ce qui est évoqué ici.

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  16. Merci d’avoir référencé mes articles. 🙂

    @xavo, si je puis me permettre une réponse, qui découle directement de l’impératif d’intention (deuxième partie de l’article: http://lioneldavoust.com/2013/oui-la-critique-peut-etre-objective-2/ )
    Cet impératif n’est absolument pas décorrélé du public dont il est question. Si tu aimes les films profonds, alors oui, Avatar est un navet. En première approche (j’insiste: en première approche), une oeuvre est aboutie si elle remplit ses promesses, mais, et c’est important, les promesses diffèrent en fonction du public qui va les recevoir, et d’à qui elle essaie de parler. Avatar est pour moi un film réussi (je n’aurais peut-être pas dû dire « bon ») parce qu’il assume ce qu’il est et le fait bien. Mais évidemment, faut aimer le genre. En gros, on ne s’attend pas à faire aimer la hard science à quelqu’un qui ne lit que du roman sentimental. (Même si ça peut arriver)

    Je reprécise qu’il s’agit de grilles de lecture pour rédiger de la critique, pas pour recevoir une oeuvre (où, là, on s’attend juste à passer un bon moment). Toutefois on ressenti n’a rien à voir dans la critique et, personnellement, je n’apprend rien d’une ‘critique » qui se résume à « j’ai kiffé ouais grave ». (Sauf si c’est une critique sur un de mes bouquins évidemment, auquel cas c’est évidemment tout à fait légitime. xD ) Je me limite au deuxième mouvement de ce que tu définis dans la critique: l’analyse.

    Après, c’est ma méthode de critique et je ne force personne à l’approuver. A la base, j’ai écrit ces articles pour expliquer à mon lectorat la façon dont je construis mes critiques de films, musiques ou jeux et ce qu’il y trouve. Et pourquoi, aussi, je peux dire qu’un film que j’ai pu détester me semble par ailleurs bon ou réussi: je ne suis pas forcément le public visé. Il me semble intéressant de dépasser le « j’aime / j’aime pas », ne serait-ce même que pour soi.

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