Faut-il publier des critiques négatives de jeux?

3708549622_279b817670_z
Flickr, CC, Living Together, by Sergio Alvarez

Après avoir écouté le podcast #7 de Geeklette, qui disait désormais vouloir uniquement parler des jeux qu’elle appréciait et éviter d’émettre des avis négatifs, notamment pour ne pas froisser les éditeurs, posons-nous la question: faut-il poster des avis négatifs de jeux sur le net? N’est-il pas mieux de ne parler que des « bons » jeux, pour éviter de dégoûter les joueurs et se mettre les éditeurs et auteurs à dos?

Ou au contraire, vaut-il mieux parler de tous les jeux, tout simplement, des bons comme des moins bons sans poser de filtre? Est-ce la « responsabilité » des blogueurs / podcasteurs d’analyser les jeux, et d’en exposer tous les attributs, positifs ou négatifs? Au risque de froisser certains éditeurs qui risquent alors de vous retirer de leur liste de distribution de communiqués de presse ainsi que de jeux offerts en exemplaire presse; ça m’est arrivé, après une critique en demie-teinte d’un jeu, je suis devenu « persona non grata » pour cet éditeur.

A la suite des nombreux commentaires extrêmement intéressants au sujet de la transparence des blogs et podcast, Martin « Patate » Vidberg, également membre du jury du Festival de Cannes, dit, et je cite : « même si l’on écrit sur Internet, même si on se prend parfois pour des critiques, il ne faut pas perdre de vue qu’on reste des joueurs avec des goûts différents les uns des autres. »

Du coup, je me demande si émettre un avis négatif repose uniquement sur la subjectivité. N’y a-t-il donc aucun aspect objectif à relever? Telle que la répétitivité du jeu? Des règles mal rédigées? Un thème mal exploité? Une mécanique lourde ou défaillante? Un manque crucial d’originalité? Est-ce que tous ces aspects ne sont finalement que subjectifs?

Alors certes, on pourra dire en fin de compte : « j’ai aimé », « je n’ai pas aimé » en fonction de ses goûts personnels, thème, mécaniques, etc. Mais si c’est pour rédiger une critique, autant essayer d’être le plus objectif possible, non? En relisant le commentaire de Shanouillette sur la transparence je me dis que ce sujet est vraiment délicat et qu’il touche également le monde du jeu vidéo de plein fouet.

Qu’en pensez-vous?

Je ne veux pas influencer votre opinion, mais quant à moi, avec mes 217 années d’expérience de critique de jeu professionnel et mondialement reconnu, je pense qu’il est de notre « responsabilité » de parler de tous les jeux, même s’il faut en publier les mauvais points / points faibles. Tout en cherchant les bons points également. Ménager la chèvre et le chou? La voie du milieu (bien suisse)?

28 réflexions au sujet de « Faut-il publier des critiques négatives de jeux? »

  1. Sur allociné des fois les avis négatif me donnent envie d’aller voir le film et idem pour l’inverse.
    Peut être qu’un bon test ne doit pas rentrer dans le J’aime/j’aime pas, mais plus présenter les mécanismes pour que chacun puisse se faire son avis.
    Donc au final il n’y aurait pas de test positif ou négatif.

    J'aime

  2. c’est pas forcément pour pas froisser moi. quoi qu’un peu. j’avoue je dois être lâche un petit peu LOL

    mais c’est surtout parce que quand je n’aime pas, j’ai du mal à dire pourquoi. mes goûts s’affinent au fil des parties et je reste encore en mode « découverte ».

    et en plus je préfère utiliser le peu de temps que j’ai à des jeux que j’aime.

    ceci dit je suis assez d’accord pour dire que si on identifie / décrit ce qu’on n’aime pas, cela permettra aux gens de se dire « il n’aime pas ça mais moi j’aime » et donc d’attirer les cibles potentielles de ce jeu. donc si c’est un article objectif et sans méchanceté oui pourquoi pas.
    (exemple : trop abstrait pour moi l’est pas pour les autres)

    Chez moi 3 joueurs n’ont pas aimé les batisseurs mais le 4ème joueur était archi fan, du coup j’ai essayé de rendre les avis des 4 joueurs. La discussion était enflammée d’ailleurs.

    en même temps c’est très difficile de créer son jeu pendant des centaines d’heures et de voir ce jeu se faire démonter. donc si l’article est respectueux de ça c’est que c’est un bon article.

    J'aime

    1. Question de lâcheté, ou simplement de respect? Ou les deux?

      Merci pour ton commentaire GL. Sujet délicat en effet. Peut-on être critique, et acerbe, et honnête? En courant le risque de s’attirer les foudres des éditeurs tout en gagnant les faveurs des lecteurs / joueurs à la recherche de tels opinions? Ou vaut-il mieux jouer la carte de la diplomatie, comme souvent demandée par les éditeurs, de ne pas parler du jeu incriminé, tout simplement?

      Perso, je continue à croire que « parlez de moi en bien ou en mal, mais parlez de moi » est une maxime féconde. Un jeu dont personne ne parle, même pour en faire une mauvaise critique, reste un jeu « invisible » et perdu dans la masse des innombrables sorties annuelles.

      J'aime

  3. Pour la Sélection du dimanche, j’ai ouvert le blog en me disant que j’allais faire du conseil pour les néophytes. Dans ce cadre, parler de jeu que je n’aime pas n’avait pas d’intérêt.

    Et puis, j’ai invité des copains rédacteurs, j’ai commencé à faire des comptes rendus de soirées et j’ai spécialisé le blog. Depuis, il y a une rubrique de compte rendu de soirées (la plus active du blog) dans laquelle on évoque tous les jeux en notant notre plaisir sur la partie avec des petites icônes qui correspondent à 7 niveaux de « plaisir » (3 négatifs, 1 neutre et 3 positifs). Par exemple, hier, dans la note où nous critiquons Splendor, Yoannn a beaucoup aimé, moi j’ai noté que j’aimais y jouer avec mon fils mais beaucoup moins avec les gros joueurs, Dncan n’a pas aimé et Jub s’est carrément abstenu estimant que le jeu n’était pas pour lui. Bref, on dit ce qu’on pense parce qu’on a une rubrique pour ça.

    Tout cela pour dire que, comme les magazines, tout dépend de la structure du blog et du temps que l’on peut y consacrer. Nous ne sommes pas obligés de faire tous la même chose et de tenir la même ligne éditoriale, mais quand les choses sont bien présentées, avec honnêteté et sans prétention (la prétention, c’est parfois le gros défaut de certains critiques), on peut faire de la critique négative sans, j’espère, froisser un éditeur.

    J'aime

    1. « On peut faire de la critique négative sans, j’espère, froisser un éditeur ». J’espère aussi. Mais malheureusement mon expérience me dit le contraire…

      J'aime

    2. Bon, par contre, quand même, sur la question particulière des envois de jeux de la part d’un éditeur, c’est à peu près sûr et compréhensible que si vous descendez un jeu, l’éditeur ne vous enverra pas le prochain.
      Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté d’avis, mais les éditeurs ayant peu d’exemplaire presse, c’est humain et je me mets facilement à leur place, ils privilégieront les joueurs qui les apprécient.

      Nous, on a décidé de s’en moquer (on ne reçoit pas grand chose de toute façon), mais il faut en avoir conscience.

      J'aime

      1. Merci Martin pour ton commentaire. Ceci relance encore une fois le sujet de la neutralité des blogs / podcast. Sommes-nous un média d’information et / ou de divertissement (on peut très bien être les deux en même temps, je connais un illustrateur qui le fait avec des bonhommes en patates), ou une vitrine publicitaire / véhicule de comm. des éditeurs?

        J'aime

      2. Je pense que c’est à chacun de se situer et répondant à ces questions :
        – Pourquoi je fais un blog ?
        – Est-ce que j’ai un objectif en le faisant ?

        Pour mon cas très particulier, les réponses sont simples :
        – Je le fais pour partager ma passion du jeu et mes participations à Cannes ou à Paris est ludique sont le prolongement du blog
        – Je fais de la « pub », oui, mais pour le loisir jeu de société dans son ensemble, pas pour un éditeur en particulier. Si mes notes sont encouragées et relayées par les éditeurs, tant mieux pour le blog et tant mieux pour eux. Sinon tant pis mais dans tous les cas, l’attitude des éditeurs ne rentre pas en compte dans ma démarche. (exemple : le weekend prochain, on organise 2 tournois à Besançon. On les signale aux éditeurs mais ils font ce qu’ils veulent avec.)
        – Je veux m’amuser. Quand ça m’amuse moins ou que j’ai moins le temps, j’anime moins le blog. Et ça, c’est une vraie différence avec mes autres activités professionnelles et journalistiques.

        J'aime

      3. Moi, je ne comprends pas cette logique. Car ne pas aimer le jeu d’un éditeur ou d’un auteur ne veut pas dire qu’on aimera pas le suivant. Ne pas envoyer suite à un avis négatif, c’est soit avoir lu une critique négative de l’éditeur (alors que ce n’est que du jeu, et en ce qui concerne une personne seulement), soit une sorte d’avertissement à base « si tu dis pas du bien, t’as plus rien ». J’ai connu ça.
        Il y a même un éditeur qui disait que je descendais ses jeux quand je mettais des avis parce qu’il n’envoyait pas (ou plus) de jeux. Bizarrement, il oubliait la seconde moitié des jeux que j’ensensais et qui mettait à mal son argument déplacé…

        J'aime

  4. J’ai voté non mais je voudrais préciser mon avis. En général, autant ne pas écrire sur ce qui est mauvais tout simplement parce que le réflexe risque d’être du démontage de jeu en bonne et due forme. Mais du coup, si on ne parle pas des mauvais jeux et qu’un jeu n’apparaît pas sur la toile, est-ce que ça veut dire :
    – que le jeu est mauvais ?
    – que personne n’a eu le temps de bien y jouer et d’en parler ?

    Alors il y a les avis des joueurs qui complètent souvent les chroniques des sites (je vais souvent voir sur Tric Trac les avis négatifs pour voir ce qui n’a pas plu et si ça risque de correspondre ou pas à mes attentes ou à mes allergies).

    Donc à moins d’avoir un jeu absolument imbuvable dont il est d’utilité publique de dire qu’il est mauvais (genre un gros gros buzz avec une majorité de joueurs épaté par un jeu nul), je ne pense pas qu’une mauvaise critique soit utile. Pas pour les relations avec les éditeurs mais plus parce que l’énergie passée à écrire un article est telle qu’il vaut mieux qu’elle serve un jeu qui la mérite. 🙂

    J'aime

  5. Alors je vous conseille d’écouter le podcast sur ludology en anglais (http://ludology.libsyn.com/gametek-78-criticism).

    Pour résumer, il fait la différence entre critique d’analyse et critique de revue (si on peut dire).
    * Une critique d’analyse demande du temps et décortique un jeu pour le mettre en perspective dans son contexte et pour démonter les mécaniques. On peut alors donner les points forts et les points faibles de l’oeuvre.
    * Une critique de revue (review) est simplement une opinion personnelle de quelqu’un sur un jeu. Il y a joué ou pas. Il a peut être fait seulement une partie. Et il donne son ressenti.
    J’ajouterais qu’il faut qu’il soit honnête en faisant sa revue du jeu, qu’il donne les conditions de sa revue (joué, pas joué, boîte offerte par l’éditeur ou pas).

    Le problème de geeklette est celui de ceux qui sont devenus importants (j’éxagère un peu). Du coup les éditeurs mettent la pression. Je regrette sa décision. Il faut qu’elle passe sur Patreon pour devenir plus indépendente…

    J'aime

  6. Mon expérience personnelle de chroniqueur – surtout musical – c’est que je ne parle que de choses qui m’intéressent. Parfois, ces choses qui m’intéressent – ou qui devraient m’intéresser – me déçoivent. Ou simplement, je ne les aime pas.

    J’en parle quand même si j’ai l’impression que je peux expliquer pourquoi je n’aime pas ça et/ou que je trouve des choses que j’aime quand même, même si l’ensemble est décevant.

    J'aime

  7. Oui, il faut parler des jeux que l’on a pas aimé Car c’est humain de ne pas tout aimer. Et que faisons-nous quand on aime pas ? On en parle autour de soi et l’effet est le même car on le dit à X qui le répète à Z qui …

    Je ne crois pas aux critiques 100% objectives car on a tous nos préférences et nos envies du moment, nos humeurs, nos préférences … qui nous influencent.

    Après je dis toujours : « On peut ne pas aimer un jeu mais on peut le dire poliment sans être grossier ou cassant. » Il est clair que si on souhaite garder les faveurs des éditeurs, on doit pratiquer l’omission plutôt que de descendre un jeu en ligne.

    Maintenant, il faut casser aussi le mythe du « Semi-remorque qui décharge toutes les semaines devant les maisons des blogueurs des tonnes de boîtes de jeux gratuites. » C’est souvent ce que les gens pensent mais ce n’est pas vrai.

    Enfin, c’est souvent une question de temps que de poster un avis négatif car on le rumine plus longtemps, on y réfléchit, et en plus l’on a l’impression que c’est déjà « Time Consuming » de rédiger du positif, alors faire du négatif…

    Voilà, du négatif, il y en a sur LudiGaume et il y en aura encore. Je crois que certains de nos lecteurs attendent ce genre d’avis afin de bien comprendre aussi nos critiques positives.

    J'aime

  8. Pour ma part, aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’aime les articles négatifs. Peut-être même plus que les articles positifs. Je prend en exemple les articles de plato magazine. On y trouve des jeux bien notés et d’autres…ben…moins bien notés. Du coup, je vais plus m’arrêter sur les moins bien notés. Pourquoi ils n’ont pas aimé. Si j’ai joué au jeu, est-ce que je partage leur avis?
    Donc oui aux articles que on n’a pas aimé, mais l’expliquer de manière constructive, argumentée.

    Moi qui achète les jeux de mon association, j’entends trop souvent « pourquoi tu as acheté ce jeu, il est nul, c’est que de la chance ». Pourtant, je suis à même de constater que tout jeu à son public. Certains jeux que je trouve franchement pas terribles, je vois qu’ils sortent le soir au local et…bon sang…les gens s’amusent! Donc il est pas si nul? Et j’aime quand je ressens cette objectivité dans les articles de jeux .

    Donc oui, j’aime les critiques de jeux négatives. A moi de définir si il peut plaire quand même
    Et franchement, si on n’avait que des articles : « super jeu », ca serait juste ennuyant.

    J'aime

  9. Je pense que le problème est autre, l’amalgame entre le « journalisme » et la « critique », même si l’on peu retrouver l’un dans l’autre c’est deux chose distinctes et cela on l’oublie rapidement.

    S’il on souhaite réaliser une « critique » Il faut séparer la considération du jeu comme « objet » et donc le juger sur sa fabrication, son prix, le soin appliqué à sa réalisation, la critique est donc technique, peut être constructive, apporter des éléments précis (c’est de la bonne qualité, il n’y à rien pour ranger les pions, etc..) généralement cela touche directement le travail des éditeurs, c’est leur taff, il peux y avoir un très bon jeu (d’un avis personnel) avec un matos de merde.

    Et il y a la considération du jeu comme « Art » et là on « étudie » les règles, le thème, la re-jouabilité, la création en elle même tout cela jouant sur la sensibilité. Dans ce cas c’est une critique artistique et cette dernière doit prendre en compte que le « Beau » ou le « bien » n’existe pas, ce n’est qu’un Avis personnel qui n’engage qu’une certaine éducation, histoire, personnalité, etc.. et la critique ne ce fait pas sur l’éditeur (enfin un peu vue qu’il à décidé d’éditer le jeu) mais sur le créateur. c’est là que la critique se transforme souvent en « j’aime » et « j’aime pas » qui engage alors le critique.

    En effet, c’est simple de prouver que le jeu à été édité avec du carton moisi au fin fond d’un cave en chine par des gosses de 5 ans en ne dépassant pas un budget global de 2% du jeu que de prouver qu’un jeu n’a pas d’intérêt.

    Pour moi (et je précise bien que cela est mon avis ^^) il faut séparer ces deux aspects (ce qui est fait en général mais mal défini : le fond et la forme), en parlant donc de la forme, vous pouvez brosser le dos des éditeurs dans le sens du poil pour avoir des jeux gratos (si vous arrivez à dormir la nuit sans que votre fierté coule entre les lames du parquet je vous envie) en disant que le jeu à été réalisé par des dieux et fini par les mains même des anges, que la qualité est digne de Vuiton et Fabergé réuni multiplié par 10 puissance infini, ou simplement être honnête mais modéré et donc reconnaitre les qualités présentes tout en soulignant les défauts ; le jeu souffre de mauvaises finissions et d’impressions médiocre bien que la qualité du carton soit présente, etc..) et émettre un « AVIS » le fond du jeu ; « le thème qui plaira surement à des personnes novices mais pas forcément à des vieux briscard tels que moi cependant on note un grand effort dans la recherche du thème,etc… »

    En fait plus comme les critiques musicales de qualité où l’on peux démonter un album sans que le musicien se vexe. Il ne faut pas oublier que tout jeu, même s’il est (quasi)unanimement mauvais, plaira à de nombreuses personnes, et dire que ce jeu c’est de la merde, c’est ouvertement les traiter de con (d’avoir aimé ce jeu) et leur « chier à la gueule » (par principe, l’éditeur à aimer le jeu (ou alors il est franchement inconscient >o<) et fait donc partit de ceux là)

    Enfin je pense que je vous apprend rien, mais de mon point de vue il faut être complètement honnête, mais prendre des cours de rhétorique pour que chacun y trouve sont compte et surtout ne se vexe pas ! ne faire que des critiques de jeu que l'on à aimer c'est bien mais du coup ça relève du blog perso (j'aime les frittes, les trucs kawaïïï et la barbe à papa), pas d'un blog à thème (aujourd'hui parlons des jeux !).

    J'aime

  10. Je pense que oui, il faut absolument pouvoir et devoir émettre autant d’avis négatifs que de positifs. Et ne pas le faire par peur du courroux des éditeurs, c’est affreux, car pire que la censure : l’auto-censure !
    Sans avis négatifs, les positifs n’ont aucune saveur. Après, normalement, nous aimons les jeux, savons les choisir, et préférons prendre un temps à la rédaction d’un article sur un jeu qui nous a plu. Qu’il y ai donc plus d’avis positifs est aussi normal.

    J'aime

  11. Je laisse assez souvent des avis négatifs sur les jeux que je n’ai pas apprécié sur tt. Le but est surtout d’expliquer avec qui, comment j’y ai joué et pourquoi moi ou mon groupe de joueur n’a pas aimé. Je suis persuadé que mes avis, argumentés, aident à savoir si le jeu est fait ou non pour la personne qui lira mon avis, voir même parfois, cela donne envie à certain d’y jouer ou encore de donner le avis, contraire ou non.
    Je reçois régulièrement des mails d’editeurs ou bien je lis des commentaires si et là sur Facebook. J’ai toujours répondu voir même contacté les éditeurs leur proposant d’en discuter… Point de retour.
    Je constate que je ne reçois jamais de mail suite à des avis élogieux (si une fois, un illustrateur).

    Éditer un jeu c’est prendre un risque. Si le jeu est mauvais, raté, mal édité, il faut le dire, ne serait ce que pour que l’editeur comprenne en quoi il s’est trompé, voir même en tire des leçons car peu sont ceux qui vont aller voir un éditeur en chair et en os pour discuter du non intérêt que son jeu engendre. Souvent j’ai l’impression qu’ils découvrent, ce qui moi me paraît comme des défauts évidents.

    J'aime

    1. Je suis d’accord avec tout ce que tu as mis là et ai vécu la même chose. Idem pour les avis après une partie ou avant parution du jeu : les élogieux ne gênent pas et les négatifs sont ouvertement fusillés (enfin, surtout leurs rédacteurs, ce qui est encore moins acceptable).

      Pour anecdote, je me souviens d’un auteur de jeu qui m’avait envoyé un message privé super symathique suite à un avis sur un de ses jeux pour lequel je n’étais pas tendre du tout (surtout d’ailleurs plus du côté édition que jeu lui-même). Il m’avait donné un surnom que je trouvait marrant et sympa et nous avons discuté de façon super appréciable de tous ses jeux que j’avais mal noté (et pas pour tenter de me faire changer d’avis ou me critiquer).

      J’ai trouvé ce monsieur super ouvert d’esprit, humble et sachant faire la part des choses. J’espère que s’il lit ces lignes, il se reconnaitra.
      Et si un jour je m’investissais plus dans la création de jeux et parvenais à faire quelque chose de potable, il fait partie des deux auteurs que j’irais humblement voir pour une collaboration (je crois avoir dit à l’autre que à faire un truc un jour, je le ferais avec lui).
      Reste qu’il faut avoir du talent pour créer un jeu de société, et je ne suis pas certain d’en avoir.

      Mais quand on donne un avis plutôt négatif sur un jeu, on ne revient pas sur le talent ou le potentiel créatif de son auteur ou de son éditeur. Ceux qui voient et comprennent ça ont tout compris.

      J'aime

  12. Pour ma part je pense que la critique est fondamentalement un exercice subjectif et c’est ce qui la rend passionnante. Les avis négatifs sont nécessaires et sains. Je ne pense pas que c’est rendre service à l’univers du jeu de n’émettre que des avis positifs et oublier les autres. Les critiques permettent de faire avancer les choses. Pour autant évidemment qu’elles soient argumentées correctement. Sur mon blog (http://www.uncoindepixel.ch) je n’hésite même pas à être parfois assez virulent quand j’estime que certaines limites sont dépassées. Ceci toujours dans l’idée que brosser en permanance les éditeurs et créateurs dans le sens du poil n’aide pas à élever la qualité des jeux. C’est le rôle de la critique de mon point de vue: générer le débat et contribuer à élever le niveau de qualité.

    J'aime

  13. Bizarrement je consulte davantage les avis négatifs que les avis positifs sur un jeu qui m’intéresse, j’ai plus de chance de savoir si le jeu n’est pas pour moi en voyant pourquoi d’autres n’aiment pas. Souvent les points faibles sont mieux soulignés dans un critique négative, la critique positive se focalisant sur les points positifs.

    Donc oui à plus de critiques négatives, non au bisounours de la critique et aux brosses à reluire.

    J'aime

  14. Pour ma part, je pense que les avis négatifs et positifs, sont un peu comme le yin et le yang. Il sont indissociables. Chacun permettant de mettre l’autre en perspective, en relief, et de donner de la crédibilité à l’autre. Quel crédit donner à un avis positif s’il est émis par une personne capable d’émettre ce genre d’avis. Ou revendiquant ouvertement le fait de ne pas vouloir donner d’avis négatifs. « Tu as vu x a aimé tel jeu! » « bah ouais mais x aime tous les jeux de toutes façons »… Et a plus forte raison quand ce qui pousse le critique c’est de ne pas froisser l’éditeur ou l’auteur. Par ailleurs la démarche qui pousserait un éditeur échaudé à ne plus donner d’exemplaire de presse a des médias ayant émis des critiques négatives par le passé n’est pour le coup pas très fair play ni très mature. Car si la démarche du média est honnête, loyale pour le lecteur et argumentée, rien ne l’empêchera, s’il a descendu en flamme un opus, d’aimer le suivant et d’en faire l’éloge. Quand à l’argument qui consiste a dire que l’on en veut pas mettre en péril des acteurs financier déjà fragiles. C’est un peu se donner trop d’importance. Non? Est-ce qu’un avis d’un blogueur à lui seul est capable de faire pencher la balance? Je ne pense pas. Ou, si c’est le cas c’est qu’il s’est construit une certaine crédibilité et que son avis est certainement justifié. Deuxième cas de figure possible c’est que les avis négatifs convergent depuis plusieurs sources différentes auquel cas là aussi il a fort à parier qu’il est justifié.

    J'aime

  15. ouuh gros débat… Je n aime pas vraiment la réponse de geeklette, « pour pas froisser » « j ai pas le temps »….;quand vous allez voir un mauvais film, vous dites « mince j ai pas envie de froisser brad pitt »?…. ici c est pareil, il y a des éditeurs qui proposent un produit, à l autre bout il y a des clients (qui paient) et au milieu des relais. perso j ai envie que quelqu’un me dise (de façon étayée et intelligente) pourquoi il n’a pas aimé ce jeu. Ensuite je trancherai. La presse appartient à des gros groupes, les radios idem, si on fait un blog pour suivre cette logique (pour se récupérer qq jeux gratuit ou avoir un pass ), cela ne sert à rien. je ne connais pas geeklette, c’est peut être une charmante personne, mais sa prise de position est facile et sans risque. pour moi, c’est se décrédibiliser. Ou croire que son avis peut changer le destin d’un jeu…allons…..

    J'aime

  16. Tout d’abord, je voudrais dire que j’aime bien ton site Gus pour ce contenu là : le débat, la prise de recul, l’analyse… des points de vue qui ne plaisent pas forcément à tout le monde mais qui font qu’ici, on a pas simplement à faire à un site d’achat tenu par un animateur déguisé en pseudo journaliste. Merci.

    J’ai commencé à écrire des avis / critiques / analyses / … de jeux de société en 1999 sur mon site « La Guilde ». Mon approche de l’exercice à beaucoup évolué depuis. J’en écris toujours aujourd’hui de temps à autre sur Ludigaume.

    Au début, je jouais au critique objectif qui connait son sujet non sans orgueil : je donnais un avis argumenté sur des jeux, positifs ou négatifs…. mais en fait, sans grande rigueur comme nous allons le voir. Notez que casser un jeu Days of Wonder n’empêchait pas le dit-éditeur de continuer à m’envoyer quelques boites. Mais sincèrement, je m’en foutais complétement, vu le nombre de boites sous cello que j’avais et que j’ai encore en stock (j’ai toujours Colosseum sous cello envoyé par l’éditeur à sa sortie !). Pour moi, jouer la carte du cadeau éditeur est du « gagne petit ». Je connais des bloggers qui contactent par eux-mêmes les éditeurs pour avoir ces cadeaux. Je trouve cela ridicule et intellectuellement malhonnête : soit on est là pour partager sa passion, soit on est là pour gagner quelque chose, faut être clair et le dire. Tiens, je viens de me faire plein de copains !
    Ensuite, je me suis mis à réfléchir un peu à ce que je faisais et j’en ai rapidement déduit que c’était stupide d’écrire un avis sur un jeu après avoir fait une seule partie, juste pour faire du contenu rapidement la plupart du temps. Je me suis donc donné une règle : faire 3 parties d’un jeu avant d’écrire quoique ce soit, si possible dans des configurations en nombre de joueurs différentes et informer les lecteurs du nombre de parties jouées avant critique/avis. Cela permet d’appréhender un petit peu la profondeur du dit jeu et ne dispense absolument pas de passer à côté. J’ai complétement raté par exemple la magie de Carolus Magnus même après trois essais : il a fallut qu’un valeureux internaute me mette la tête dessus pour que je vois enfin les qualités de ce jeu. Une information sur au moins le nombre de parties jouées manque terriblement sur le net où l’on peut lire des tas d’avis dont on ne sait pas à partir de quoi ils ont été rédigés et qui ne valent rien selon moi. Et quand je dis rien, je pense « rien ». Si j’avais encore quelques amis dans la blogosphère ludique, je viens de les perdre maintenant.
    Ce changement est fondamental : qui a envie de tenter trois parties d’un jeu dont on a pas aimé la première ? Mécaniquement, j’écrivais de moins en moins de critiques/avis négatifs(ves), même si parfois je donnais 3 chances à un jeu de me plaire… dans la douleur le plus souvent. En plus, comme cela m’avais bien gavé, je n’étais pas tendre avec le jeu. C’était idiot : la règle du nombre de parties jouées ne doit s’appliquer que lorsqu’on se fait plaisir ! Maintenant, sur Ludigaume, je fais des « premières impressions » sur un jeu qui ne m’a pas botté et j’explique pourquoi.
    Et puis, j’ai continué à réfléchir (je suis lent) et j’en ai déduit que jouer est une expérience hautement subjective à ce point que l’on ne peut décider de le faire : on ne peut se forcer à jouer. On peut se forcer à appliquer mécaniquement des règles, mais pas à jouer. C’est ce que les gens instruits qui s’intéressent au jeu appelle la « posture ludique ». Le jeu est une rencontre entre un objet et une personne : c’est pour cela qu’un baton peut devenir un jeu et que ma femme verra toujours mes boites comme des encombrants. Donc, quand un jeu ne nous plait pas, on ne joue pas. On pousse des pions et on s’emmerde. Ainsi, quand on critique ou donne son avis sur un jeu qui ne nous a pas amusé, on ne critique pas vraiment un jeu au sens où il n’y a aucun vécu de joueur à rapporter. La critique uniquement objective de jeu est morte ce jour-là pour moi : jouer est une expérience et l’on raconte dans nos avis uniquement des expériences, forcément personnelles. Il est donc nécessaire d’essayer de donner au lecteur un maximum d’info sur le déroulement de cette expérience (d’où à mon avis la puissance des CR de parties). Effectivement, il est possible dans un second temps, et uniquement dans un second temps, d’essayer de comprendre pourquoi ce jeu nous a procuré ce vécu là et de décortiquer l’ensemble sans perdre de vue que cela reste un vécu singulier à l’origine. Je rappelle pour ceux qui l’auraient oublié que des gens s’amusent avec des monopoly, des solitaires ou même des jeux de Stefan Feld : ce sont donc de bons jeux pour quelqu’un et l’on peut trouver des critiques positives de ces jeux sur le net.

    Pour moi, Geeklett se trompe et en plus, elle n’a absolument pas les bons arguments. S’il s’agit de ne pas faire de critiques négatives « pour ne pas froisser les éditeurs » (je n’ai pas écouté son podcast, je reprend juste ce qui est rapporté ici), c’est simplement pathétique. Pour ne pas froisser les éditeurs, il suffit d’être humble dans sa rédaction, de rapporter sa propre expérience et le dire. C’est tout. Après, si un éditeur s’imagine que son jeu doit plaire à tout le monde, qu’il change de métier.
    Donc oui, il faut rapporter tous nos vécus : quand un jeu a marché pour nous, ou quand il n’a pas pu créer chez nous cette posture de joueur que l’on aime temps. Cela ne va pas dire que c’est un bon jeu ou un mauvais jeu, cela veut dire qu’on s’est amusé ou pas. Il faut essayer de comprendre pourquoi et l’expliquer. Il faut informer le lecteur de la matière que l’on a utilisé pour rédiger son billet, au minimum le nombre de parties jouées avant. En clair, il faut arrêter de croire que l’on raconte LA vérité sur un jeu, mais juste une pauvre petite vérité : celle d’un joueur qui veut partager quelques moments de sa vie autour d’une table. C’est déjà pas si mal.

    J'aime

  17. toute critique est subjective car liée aux perceptions et à la personnalité de celui qui l’émet… Sinon, cela reste de la description factuelle. Il n’y a donc pas de critique objective.
    En plus, on apprend davantage de nos échecs que de nos réussites, c’est vrai aussi dans la conception d’un jeu, quand on s’aperçoit de ce qui ne plait pas, on a ainsi une chance de le corriger ou de faire mieux….
    Sans critique « négative » publiée, impossible pour les auteurs et les éditeurs de faire mieux en tenant compte des feedbacks… c’est d’ailleurs pour avoir des feedbacks qu’on teste les jeux avant…
    Un éditeur qui les prend mal est un éditeur qui s’auto-sabote…

    J'aime

  18. Je pense que c’est à l’éditeur de cibler ses envois presse en fonction des centres d’intérrêts du chroniqueur. J’estime, par exemple, qu’il serait totalement « suicidaire » d’envoyer la majorité de nos titres de jeux éducatifs (Conjudingo, Calculodingo…) à Gus qui, je le sais, ne les aimera pas. On ne va pas se mentir non plus car, comme tout le monde, je signe des jeux qui me plaisent mais ai aussi une petite partie de la gamme (tous les jeux éducatifs à une exception près) que je qualifierai de purement « alimentaire » et qui répond aux besoins du marché sans être une révolution ludique en soi.

    J'aime

    1. Pas faux en effet, un éditeur a certainement tout intérêt à cibler ses critiques. Moins onéreux et moins de prise de risque.

      À part ça sur ce coup-là c’est dommage pour tes jeux éducatifs Mat, car je suis le formateur romand attitré des enseignants pour l’utilisation des jeux en classe, je donne souvent de formations aux profs. D’ailleurs j’en parle aussi souvent sur notre site https://gusandco.net/2013/08/22/le-jeu-a-lecole/

      Comme quoi, on peut tout à fait apprécier les gros jeux (ou un poil moins gros) et tout de même faire la promotion des jeux éducatifs plus légers / abordables, le public / objectif étant largement différent. J’adore ce côté hybride et « flexitarien » comme on dit dans le milieu végé.

      Donc au final, est-ce qu’un éditeur n’aurait finalement pas tout intérêt à « ratisser large » pour soudainement lever des passions tout à fait inattendues?

      Si tu veux que je présente tes jeux aux enseignants de Suisse Romande tu sais quoi faire… 😉

      J'aime

  19. Salut Gus, J’ignorais que tu avais cette casquette. Du coup, je vais peut être revoir ma position. Finalement il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

    J'aime

  20. Dans le canton de Genève pour les enseignants de lycée : http://bit.ly/1nJR9Bj

    Et je travaille également comme formateur pour toute la Suisse Romande à l’institut fédéral de formation des enseignants : http://bit.ly/1m7lRgO

    Et oui je porte plusieurs casquettes, notamment pour confortablement masquer ma calvitie naissante (en même temps c’est normal j’ai passé la quarantaine…)

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s